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Chronique   

Steven Wilson – To The Bone


Steven Wilson est sans doute insatiable. À peine deux ans après le plebiscité Hand. Cannot. Erase. (2015), sa tournée internationale, un peu de rab avec l’EP 4½ (2016), et plus récemment la sortie de Blackfield V (son projet avec Aviv Geffen), celui-ci a trouvé le temps de composer et d’enregistrer son cinquième album solo, To The Bone. D’une part, on ne sait pas où il trouve le temps. D’autre part, la qualité est toujours au rendez-vous, une évidence lorsqu’on connaît les scrupules du musicien à peaufiner les moindres détails de ses compositions. To The Bone marque néanmoins des changements de premier plan : exit le batteur Marco Minnemman et le guitariste Guthrie Govan qui avaient officié sur les deux précédents opus. En outre, Steven Wilson n’a cette fois pas articulé son œuvre autour d’un seul concept phare. Il s’inspire des albums pop qui l’ont marqué, à savoir Hounds Of Love (1985) de Kate Bush ou encore Seeds Of Love (1989) de Tear’s for Fears. Si la thématique de l’observation du chaos contemporain est en filigrane des onze compositions, To The Bone se démarque des précédents albums par une tonalité plus « enjouée », peut-être la facette la plus avenante du personnage de son compositeur.

Ceux qui attendent de To The Bone une nouvelle pièce progressive aux morceaux complexes risquent d’être déçus. Il est primordial d’aborder To The Bone pour ce qu’il est avant tout : un album de pop, certes très éloigné de la simplicité commerciale mais parfois plus proche d’un Blackfield ou d’un « Trains » de Porcupine Tree que des envolées de The Raven That Refused To Sing (2013). Le single « Pariah » avec à nouveau la participation de Ninet Tayeb (déjà présente sur « Routine » de Hand. Cannot. Erase.) est justement l’un des titres les plus mélancoliques de l’album, proche de ce à quoi Steven Wilson nous a habitué dans sa facette la plus inoffensive, tandis que « Song Of I » explore le côté sombre du trip-hop anglais. Néanmoins, la tonalité de l’œuvre est annoncé d’emblée par le titre d’ouverture éponyme et un riff de guitare rock, soutenu par des percussions entraînantes à la Toto. Steven Wilson en revient justement à des rythmiques plus simples et des structures plus évidentes. Ce goût pour des parties de guitare épurées et des rythmiques binaires transparaît dans « Nowhere Now », qui rappellera le Porcupine Tree de Stupid Dream/Lightbulb Sun. Il ne faut néanmoins pas s’y tromper, Steven Wilson n’a rien perdu de son génie pour les arrangements et les variations. To The Bone contient toujours une certaine audace et une identité progressive, simplement moins mise en avant. Le pont de « The Same Asylum As Before » a justement ce cachet étrange, sorte de fusion entre un Led Zeppelin et un Pink Floyd, le chant doublé de Steven Wilson en plus. On ne mentionnera pas le riff de conclusion, petit frère de « Prodigal » présent sur In Absentia (2002)…

Plus enjoué, plus accessible mais pas pour autant moins entraînant. Si la direction musicale empruntée par Steven Wilson tranche assez radicalement des autres opus, To The Bone contient toujours des moments de grâce propre à l’artiste, qui légitiment à eux seuls une écoute attentive, au casque de préférence. Ainsi, « Refuge » et ses arrangements de clavier tout droit issus des années 80 couplé à une batterie aux accents tribaux et des interventions d’harmonica s’érige en l’une des pièces maîtresses de l’album. Steven Wilson démontre ainsi qu’il n’a pas besoin de composer de véritables fresques pour toucher l’auditeur. Le seul titre dépassant les neuf minutes est « Detonation » et bien différente des monuments de nostalgie auxquels Steven Wilson nous a habitués (quoi qu’on pourra établir un parallèle avec le « Synchronicity II » de The Police dans son ambiance initiale), évoluant vers un groove aux accents funk et un final carrément acid jazz montant en intensité. Celui-ci n’a d’ailleurs que faire en réalité des attentes de son audience, n’ayant plus rien à prouver. Nombreux seront ceux qui seront totalement pris de court par « Permanating » et son esprit presque disco des années 80. Extrêmement déstabilisant de la part du musicien, pourtant tout fonctionne. Oui, contre toute attente, la musique de Steven Wilson peut vous faire danser.

To The Bone respecte à merveille la volonté de son auteur : rendre justice à la musique qu’il a appréciée plus jeune, sans la parodier. Steven Wilson ne recopie rien, si ce n’est à de rares endroits sa propre musique. To The Bone n’a pas l’aspect majestueux de ses prédécesseurs, il ne le recherche pas. Pour autant il n’est en rien superficiel. Il mêle simplement une sorte de joie, ou du moins la vision que Steven Wilson en a, à des sentiments chers au musicien tels que la mélancolie. To The Bone est presque optimiste dans ce sens. Surtout, il laissera un sourire béat sur le visage de son auditeur.

Lyric vidéo de la chanson « Refuge » :

Clip vidéo de la chanson « Permanating » réalisé par Andrew Morgan :

Clip vidéo de la chanson « Song Of I », interprétée en duo avec la chanteuse suisse Sophie Hunger, réalisé par Lasse Hoile :

Clip vidéo de la chanson « Pariah », en duo avec la chanteuse Ninet Tayeb, réalisé par Lasse Hoile :

Album To The Bone, sortie le 18 août 2017 via Caroline International. Disponible à l’achat ici



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