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Interview   

Stolen Memories : le futur s’écrit au présent


Ce n’est par parce que Stolen Memories n’en est qu’à son deuxième album (Blind Consequence, sorti en mars 2013) qu’il n’a pas déjà trouvé où se placer dans la scène prog metal. Car si, parmi les mauvaises habitudes du metal progressif, persiste et demeure la manie récurrente d’en faire trop pour en faire trop – constat que l’on relève souvent chez les jeunes formations qui veulent se lancer dans l’immensité de ce genre, où musicalement tout semble permis – la musique a ses codes et on relève la maturité d’un groupe quand celui-ci sait aller à l’essentiel en épurant sa musique de tout superflu et surplus. Il semble donc que c’est dans cet état d’esprit que Stolen Memories a voulu avancer.

Les Lyonnais tracent leur route avec leur prog toujours inspiré, accompagnés de leur nouveau bassiste : Alexandre Fiorentini. Antoine Brun, batteur du quatuor mais également compositeur, nous offre de faire connaissance avec leurs fraîches histoire et œuvre qui ne prévoit aucun ralentissement, puisque son futur s’écrit déjà maintenant.

« Même si tu maîtrises ton instrument tu as d’autres façons de le montrer, tu peux faire quelque chose de beaucoup plus efficace, ce qui a été le but avec notre deuxième album, de faire plus des chansons que des morceaux instrumentaux parsemés de parties chantées. »

Radio Metal : Concernant le nom de votre groupe, Stolen Memories, est-ce en rapport avec le film du même nom sorti dans les années 20 ?

Antoine Brun (batterie) : Ah non, ça n’a vraiment rien à voir pour le coup.

D’accord, d’où vient ce nom alors ?

En fait c’est simple, on s’est fait un brainstorming en répète avec les potes du groupe. Il y avait deux mots qui revenaient souvent, « stolen » et « memories », au début c’était très abstrait, avec le mot « memories » on peut faire un peu tout et n’importe quoi. On s’est dit, pourquoi pas quelque chose de plus surnaturel dans l’idée, donc on a collé « stolen » devant, et puis ça sonnait bien pour être tout à fait franc. C’est resté comme ça, Stolen Memories.

Musicalement, vous faites un metal prog très clairement 90’s, avec un son très proche de l’époque, avez-vous cette volonté d’affirmer ce côté traditionnel ?

Ce n’est pas forcément volontaire, nos influences sont clairement des années 90, la première influence qui ressort est Symphony X, la base de notre musique vient d’eux. C’est vrai que petit à petit on essaie d’aller vers quelque chose de plus accessible je dirais, même si on reste dans ce côté prog traditionnel. Aujourd’hui le but pour nous c’est d’évoluer vers quelque chose de plus moderne. Blind Consequence, le nouvel album, sera un peu la transition qu’on veut faire pour les compos à venir, quelque chose d’un peu plus « futuriste ».

Vous avez un nouveau bassiste, est-il arrivé après la composition de ce nouvel album ou a t-il eu un rôle à jouer ?

Oui, Alexandre est arrivé il n’y a pas longtemps, ça s’est passé il y a quelques mois, et le dernier album a été fait avec notre ancien bassiste Mathieu. Pour le coup, il n’a eu aucun impact dessus, il est arrivé juste après la sortie en mars.

Que s’est-il passé avec Mathieu ?

Comme dans pas mal de groupes, tu as tout simplement des points de vue qui divergent sur l’orientation musicale, et puis il avait un emploi du temps pas mal chargé parce qu’il a d’autres projets à côté. Ça reste un bon pote mais on a décidé d’arrêter de jouer ensemble.

Tu penses donc que le nouveau bassiste va apporter un vent de fraîcheur au groupe ?

Oui, pour le coup on ne le connaissait pas du tout avant, on l’a rencontré par annonce, il cherchait un groupe de metal prog, dans le sens large du terme. Ça a été une belle rencontre pour l’occasion, c’est un sacré zicos qui a pas mal d’expérience derrière lui et de groupes à son actif. Il est très motivé par notre démarche pro, et je pense que pour les compos à venir il pourra apporter un bon groove de basse personnel.

« Le projet est surtout d’attaquer un troisième album dans la foulée, pour essayer de l’enchaîner assez vite. »

On peut lire dans votre biographie promotionnelle que vous avez vraiment essayé de personnaliser le son et l’identité du groupe, avez-vous eu une démarche pré-établie par rapport à ça ?

On était parti sur le principe qu’on voulait évoluer par rapport au premier album, The Strange Order, on voulait vraiment faire quelque chose de plus accessible tout en restant dans le metal prog. On a donc réduit les temps de morceaux, moins de longueurs, avec le choix de supprimer le clavier en tant que musicien et de le mettre au second plan, qu’il ait plus un rôle d’arrangement. On voulait revenir à un gros son de guitare. Donc oui, on a plus défini ce son là avant d’aller en studio. C’était l’expérience du premier album qui nous a fait prendre conscience que l’on maîtrisait nos morceaux mais que l’on n’avait pas vraiment d’idée sonore en tête, pas de style de son, que ce soit pour nos instruments personnels ou pour le mix global. Là pour le coup, on s’est beaucoup plus posé en amont, on a plus réfléchi à la question, l’album était beaucoup plus préparé à l’avance.

Penses-tu que ce recentrage vers l’essentiel est un passage obligé pour les groupes de progressif ?

Oui, je pense que pas mal de groupes ont eu cette démarche, après ce n’est peut-être pas une majorité. Les groupes d’il y a quinze ans en mettaient plein la tronche, étaient beaucoup basés sur la technique. Dream Theater n’est pas vraiment notre influence, mais il faut reconnaître qu’ils ont mis la barre très haut. On avait donc cette volonté de montrer ce qu’on savait faire, de taper un gros coup dès le début. Et puis en fin de compte, avec le recul, tu te rends compte que ce n’est pas le plus important. Même si tu maîtrises ton instrument tu as d’autres façons de le montrer, tu peux faire quelque chose de beaucoup plus efficace, ce qui a été le but avec notre deuxième album, de faire plus des chansons que des morceaux instrumentaux parsemés de parties chantées, si tu vois ce que je veux dire. C’est vrai que tu as d’autres groupes de prog qui sont dans cette veine là en ce moment, je pense à Andromeda, qu’on aime beaucoup et dont on s’inspire beaucoup. Ils ont eu cette démarche, un peu plus étalée que nous disons. Ils arrivent à faire des albums un peu plus concis, pas forcément des morceaux de dix minutes, et c’est pas plus mal je pense.

Le titre de l’album, Blind Consequences, dégage beaucoup cette idée d’agir de manière irréfléchie, sans penser aux conséquences. Était-ce intentionnel ?

Inconsciemment ça marche bien, mais non à la base, avant la phase d’écriture des paroles, on s’était mis d’accord sur l’idée de développer un concept album. Plusieurs thèmes reviennent au fur et à mesure des pistes, et on a pensé que chaque texte pourrait partir d’un événement dans la vie d’une personne ou d’une communauté, qui aboutirait à une conséquence plus ou moins dramatique. On fait du metal, donc ce n’est jamais des textes très joyeux ! (rires) On a pris cette démarche pour chaque texte et on a ressorti naturellement le titre de l’album. Mais c’est vrai que pour le coup ça collerait presque avec la musique aussi.

Avec des morceaux tels que « Fake Romance » ou « Greed », vous semblez vouloir particulièrement aborder le sujet de la superficialité, non ?

Pas forcément, car tu vois pour le coup, « Fake Romance » c’est Najib qui l’a écrit, « Greed » c’est moi, et on ne s’est pas vraiment concertés avant. On avait des thèmes à aborder, pour ne pas traiter des mêmes bien sur, mais c’est venu un peu naturellement, ce n’était pas vraiment volontaire.

« Tant que tu es dans le rock, en général, tu aimes ‘Beat It’ de Michael Jackson. »

Vous avez déjà repris sur scène « Beat It », était-ce juste pour le fun ou Michael Jackson est une influence indirecte pour vous ?

Je pense qu’on est tous des gros fans de Mickael Jackson, ce n’est pas parce que tu écoutes du métal que tu ne peux pas t’ouvrir à des styles complètement différents. C’était quand même un génie de la musique ce mec, enfin pour moi en tout cas. A côté de ça, Baptiste, le guitariste, est un gros fan d’Eddie Van Halen, c’était aussi un petit challenge pour lui de se coller le solo de Van Halen sur ce morceau.

Est-ce que vous envisagez de faire d’autres reprises sur scène dans le futur ?

Non, ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour, mis à part la promo du deuxième album, le projet est surtout d’attaquer un troisième album dans la foulée, pour essayer de l’enchaîner assez vite vu qu’il y a beaucoup de matière dans la tête de Baptiste. Les reprises ça n’a jamais été notre priorité, c’est pour ça qu’on a « Beat It » depuis pas mal de temps, ça marche toujours bien. Les gens sont toujours contents d’entendre ce morceau, quel que soit le type de musique, tant que tu es dans le rock, en général, tu aimes « Beat It » de Michael Jackson.

Qu’est-ce que tu peux nous dire sur ce futur album ?

Le compositeur de 80% voire 90% de la musique ça reste Baptiste, et il m’a plus ou moins présenté un album quasiment complet. Après on avait déjà vu quelques parties rythmiques ensemble, guitare/batterie, on travaille souvent comme ça sur chaque album, selon le même schéma. On a vu aussi deux-trois choses avec Najib, et Alex aussi pour lui montrer ce que sera notre musique dans l’avenir. Donc on peut dire qu’on a un album en chantier.

Interview réalisée par téléphone le 23 septembre 2013 par Metal’O Phil.
Retranscription : Le Phasme.
Introduction : Alastor.

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Album Blind Consequence, sorti le 12 mars 2013 chez Brennus Music



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