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Interview   

Stone Broken : de la frustration à l’inspiration


Certains artistes n’ont décidé de se consacrer à leur passion que sur le tard. D’autres ne le font que sur leur temps libre, en cumulant cette activité avec un travail dit plus « alimentaire ». Une majorité d’entre eux vous parleront de frustration quant au temps qui leur est alloué ou qu’ils s’allouent pour créer. Les artistes professionnels eux-mêmes manquent souvent de temps à consacrer au pur travail de création. Pourtant, cette frustration est souvent source d’inspiration. Au point même de se demander si plus de liberté ne serait pas nocive à l’inspiration.

C’est la question qu’inspire en partie cette interview du fondateur de Stone Broken, Rich Moss. Suite à un épisode traumatique, celui-ci a arrêté la musique et s’est installé derrière un bureau. Mais son amour de la musique lui est revenu et ne pouvoir s’y consacrer pleinement a réveillé en lui une fièvre créatrice. Aurait-il ressenti ce déclic sans ces années à vide ?

Quoi qu’il en soit, il est de retour avec une envie de conquérir le marché, de partager son message et d’inspirer son public. A l’occasion de la sortie de l’album Ain’t Always Easy, nous sommes donc revenus avec lui sur ce parcours tourmenté, sur cette motivation qui semble désormais inébranlable et sur ses textes sombres, personnels et sur leur portée.

« Quand j’ai appris le décès de notre guitariste, et quand j’ai su qu’il était mort à cause de l’alcool, cela m’a vraiment dégoûté, parce que j’avais toujours associé la vie de musicien et l’alcool. En fait, je n’ai pas touché une guitare pendant environ deux ans. Je suis en quelque sorte presque tombé en désamour, car j’avais l’impression que la musique avait fait quelque chose de mal. »

Radio Metal : Au début des années 2010, tu avais abandonné ton vieux rêve de devenir musicien professionnel suite à la disparition tragique d’un membre de ton ancien groupe, qui souffrait d’alcoolisme. Il a ensuite fallu attendre 2013 pour te voir revenir à la musique et former Stone Broken. Quel rapport as-tu entretenu avec la musique entre-temps ?

Rich Moss (chant & guitare) : Quand j’ai appris le décès de notre guitariste, et quand j’ai su qu’il était mort à cause de l’alcool, cela m’a vraiment dégoûté, parce que j’avais toujours associé la vie de musicien et l’alcool. En fait, je n’ai pas touché une guitare pendant environ deux ans. Je suis en quelque sorte presque tombé en désamour, car j’avais l’impression que la musique avait fait quelque chose de mal. Et puis j’ai contracté le virus à nouveau, j’ai eu envie de jouer. Je commençais à me sentir frustré, alors j’ai pris ma guitare et j’ai commencé à écrire ce que je ressentais, ce qui ne m’était jamais arrivé avant. Voilà comment c’est arrivé.

En fin de compte, qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans la création d’un nouveau groupe ?

C’est vraiment né de ce sentiment de frustration, qui venait du fait que je n’avais pas joué de musique depuis longtemps, et aussi parce que la musique occupait une grande partie de ma vie deux ans avant ça, j’en ai vraiment eu marre de ne plus jouer de musique. Avec Robyn, notre batteuse, nous avons décidé de trouver un local de répétition, pour pouvoir jouer aussi fort que nous le voulions, et très vite deux autres musiciens nous ont rejoints. Nous avons intégré Kieron, puis Chris a rejoint le groupe, et tout a commencé. Nous savions que chacun pouvait composer, mais sans nous douter que cela donnerait le groupe que nous sommes maintenant. C’est donc arrivé très naturellement. Nous ne sommes pas entrés dans le local de répétition en espérant monter un groupe, mais nous savions que nous aimerions que d’autres membres nous rejoignent, et quand c’est arrivé nous avons compris que nous tenions quelque chose de spécial. C’est comme ça que nous avons commencé.

Penses-tu qu’avoir formé Stone Broken était finalement la meilleure manière de rendre hommage à ton ami ?

Oui. Nous avons écrit deux ou trois morceaux sur toute cette histoire. L’addiction est un sujet récurrent dans nos paroles, nous écrivons sur ce sujet pour que les gens prennent conscience du problème, et je pense en effet que c’est un modeste hommage à ce qu’il a pu faire pour nous de son vivant. C’était un type super, un guitariste génial, et c’est vraiment une tragédie que l’alcool ait eu le dessus. « Fall Back Down », sur notre premier album, était en fait le premier morceau que j’ai écrit entièrement : il traite de sa dépendance à l’alcool et de sa volonté d’essayer de s’en sortir, mais il a fini par rechuter. Ce n’est pas une histoire très gaie, mais nous nous en servons comme support pour montrer aux gens ce qu’est la dépendance. C’est encore un gros problème dans notre société ; beaucoup de gens sont accrocs à plein de choses différentes. Nous avons utilisé le groupe comme moyen de faire passer ce message, et j’espère que cela a pu aider des gens. Parce que notre musique, c’est exactement ça : nous voulons que les auditeurs s’y identifient, nous souhaitons que chacun puisse entendre le message qu’elle véhicule et que cela l’aide à avancer dans sa vie.

Dans la biographie du groupe, Robyn Haycock est présentée comme ton âme sœur musicale de longue date. Peux-tu nous parler de votre rapport commun à la musique ?

Robyn et moi nous sommes rencontrés sur les bancs de la fac quand nous étudions la musique – c’était il y a environ onze ans – et nous avons commencé à nous fréquenter en tant que musiciens lorsque nous suivions nos cours. Aujourd’hui nous sommes fiancés, nous sommes en couple. Nous avons fait partie de pas mal de groupes avant celui-ci. Nous avons passé un certain temps à ne rien faire d’autre qu’écrire de la musique ensemble. Et maintenant bien sûr nous sommes dans Stone Broken, ce qui nous donne l’occasion de faire de la musique ensemble tous les jours, et c’est génial !

Vous avez sorti votre premier EP en 2014, puis votre premier album il y a deux ans, et voilà que vous vous apprêtez à sortir le deuxième. Votre rythme est assez soutenu. Dirais-tu qu’il est essentiel aujourd’hui de tourner ou de sortir des nouveaux morceaux en permanence pour ne pas risquer d’être oublié des médias ou du public ?

Absolument. C’est une des choses qui comptent le plus pour nous. Nous voulons continuer sur notre lancée, continuer à nous montrer, être sur scène tout le temps. Et quand nous ne donnons pas de concert, nous avons envie de composer notre prochain album. Nous avons toujours une longueur d’avance. Nous commençons déjà à penser à l’album numéro trois, alors que le numéro deux n’est pas encore sorti. Je pense que c’est important d’anticiper, d’avoir toujours un objectif à atteindre. De nos jours, il y a beaucoup de groupes en activité, et ils ont plein de moyens de se faire connaitre, le public ne peut pas se rappeler absolument de tous les groupes qu’il entend ou qu’il voit, tellement ils sont nombreux. Il est donc primordial de rester dans le champ de vision des auditeurs, sinon ils t’oublient, et dès qu’on perd le rythme, il faut tout reprendre à zéro et gravir à nouveaux tous les échelons. Nous ne voulons pas que cela nous arrive.

Vous avez été rapidement remarqués par divers médias suite à la sortie de votre premier album, et vous n’avez pas tardé à obtenir un contrat avec Spinefarm Records. C’est un bon début pour un jeune groupe. Qu’est-ce qui vous rend si attractifs, d’après toi ?

C’est assez difficile de trouver une raison particulière. Je peux juste dire que nous travaillons très dur, jouons autant de concerts que possible et essayons de nous montrer au maximum. C’est peut-être dû au style de morceaux que nous écrivons : nous essayons de faire en sorte qu’ils restent en mémoire, qu’ils aient une mélodie accrocheuse. Nous voulons composer des chansons qui, lorsque nous les jouons sur scène pour la première fois et que les gens ne les connaissent pas encore, leur donnent envie de bouger et leur permettent d’entrer dans le morceau sans forcer, sans avoir à l’entendre beaucoup avant. Donc je pense que tout cela s’explique par nos morceaux et notre éthique de travail : nous faisons de notre mieux, en travaillant sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre [petits rires].

« Nous voulons que nos fans aient les mêmes impressions que nous en écoutant l’album, […] qu’il se sentent à l’aise pour venir nous parler après un concert ou pour nous envoyer un message s’ils ressentent le besoin de parler à quelqu’un. »

Robyn a déclaré dans une interview que cet album était « très attendu », parce que vous aviez placé la barre très haute avec votre premier album. Comment cela a-t-il influencé l’écriture de ce nouvel album ?

C’est vrai que nous avions beaucoup de pression sur les épaules, pour deux ou trois raisons. La première étant que, comme tu l’as dit, nous pensions que cet album était très attendu, et donc il nous fallait écrire des morceaux vraiment super bons. La deuxième raison est que nous n’avions que six semaines pour écrire l’album de A à Z, car nous avions une deadline pour entrer en studio. Je pense que cela a modifié notre approche de la composition, car sur le premier album nous pouvions passer pas mal de temps à retravailler les morceaux, à les améliorer, pour s’assurer qu’ils soient les meilleurs possibles. Pour le nouvel album il nous a fallu prendre des décisions rapides. Si un morceau nous semblait prendre une mauvaise tournure, alors il fallait nous en débarrasser et repartir d’une page blanche parce que, d’une part, nous voulions sortir le meilleur album possible, et d’autre part, nous ne voulions décevoir personne. Nous avons beaucoup de fans fidèles qui s’attendaient à un grand album, alors c’était ce qu’il fallait leur donner.

Elle a aussi dit que vous vous étiez vraiment « dépassés » cette fois. Sur quels aspects de l’album avez-vous travaillé si dur ?

Nous sommes quelque peu sortis de notre zone de confort. Sur le premier album nous avions composé surtout des morceaux rock plutôt heavy et rapides, mais sur celui-ci nous voulions plus de contrastes, et explorer un plus large spectre. Nous avons composé de façon plus dynamique, et avons mis l’accent sur les arrangements et la production, aussi. Quand nous étions en train de créer les morceaux et d’enregistrer des démos dans notre studio personnel, nous nous assurions que nous prenions bien tout cela en compte et que tout serait prêt pour notre arrivée au studio et notre travail avec le producteur. Nous avons donc un peu pris en charge nous-mêmes une partie de la production, ce que nous n’avions jamais fait auparavant. C’était un processus important pour nous, car cela nous a permis de faire passer une plus grande part de nous-mêmes dans l’album.

Vous avez à nouveau enregistré aux Long Wave Recording Studios, à Cardiff, avec le producteur Romesh Dodangoda, qui avait déjà produit votre premier album. Comment définirais-tu votre collaboration avec lui ?

Le courant passe très bien entre nous. Dès le premier album, il savait exactement où nous voulions en venir, alors quand nous entrons dans le studio, tout se met facilement en place, car nous sommes sur la même longueur d’ondes : il sait ce que nous voulons, et nous savons qu’il sait comment y arriver. Nous sommes donc très détendus en studio, parce que nous le connaissons depuis si longtemps que c’est comme aller enregistrer un disque avec ton pote. J’estime qu’il nous apporte une bonne dynamique, car il est très cool et reste ouvert aux suggestions, tout en s’assurant d’obtenir la meilleure prise possible. C’est grâce à ça que nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes, j’imagine.

Le titre de l’album est Ain’t Always Easy (Pas toujours facile, NdT). Que voulez-vous dire par là ?

Beaucoup de gens auront eu le temps de découvrir notre travail avec le premier album, nous avons réussi à attirer l’attention de certaines radios, nous nous sommes retrouvés dans des magazines et sur les scènes de supers festivals. Mais parfois c’est moins facile ; il peut devenir compliqué de regarder droit devant soi, à cause de choses qui vont de travers. Il faut voir ça comme une sorte de message : « Bon, parfois tout va très bien, et d’un coup quelque chose se met à moins bien marcher, mais il faut quand même continuer à avancer, donner de soi-même pour atteindre ses objectifs. » Ce ne sera jamais un long fleuve tranquille, il y aura toujours des obstacles. Et c’est quelque chose qui nous arrive autant qu’à n’importe qui d’autre. Voilà le message que nous voulions diffuser avec cet album. Nous sommes humains, pas des espèces de… Les rock stars, ça n’existe plus, et il faut travailler dur pour réussir dans ce qu’on aime. Voilà ce que nous voulions dire.

« This Life » est l’un des premiers morceaux que tu as écris pour Stone Broken : tu y disais qu’on ne vit qu’une fois et qu’il faut surmonter ses problèmes. Cet esprit combatif est un thème central de tes paroles, car il semble qu’il revienne à chaque nouvelle sortie, comme cette fois-ci, avec le morceau « Worth Fighting For », par exemple. Dirais-tu que cet esprit combatif est ce qui représente le mieux Stone Broken ?

Oui, sans aucun doute. Je pense que chacun des membres du groupe est dans cet état d’esprit. On n’a qu’une seule chance de faire ce que l’on aime. On n’a qu’une vie, donc il faut la vivre comme on en a envie. Si nous devions donner un seul conseil, ce serait « prenez-vous en main et faites ce qui vous plait. » L’an dernier, j’ai lâché mon travail alimentaire pour me consacrer à plein temps au groupe, et parfois ce n’est pas facile de quitter un travail salarié et la sécurité qui va avec, pour se lancer dans la musique. Mais on ne vit qu’une fois, donc autant tout faire pour être aussi heureux que possible.

« Certains des meilleurs morceaux de musique naissent de situations frustrantes, parce que c’est une émotion qui peut servir d’étincelle à l’inspiration. »

Vos paroles sont évidemment très personnelles mais il semble aussi que vous ayez envie d’inspirer les gens, de leur transmettre votre combativité, comme on peut l’entendre dans la chanson « I Believe », par exemple…

Oui, totalement. Quand nous avons sorti le premier album, nous ne nous attendions pas à ce que notre lien avec le public évolue de cette façon. Beaucoup de gens nous envoient des messages pour nous dire : « Tel morceau m’a aidé à surmonter des épreuves », ou bien « Je peux vraiment m’identifier à cette chanson. » C’est un lien privilégié avec nos fans. C’est comme partager quelque chose avec eux, quand ils écoutent nos morceaux. C’est quelque chose que nous voulions voir perdurer et devenir encore plus fort sur notre deuxième album, Ain’t Always Easy, pour partager nos histoires, et écouter les leurs. C’est là l’essentiel : partager nos expériences. Beaucoup des morceaux que nous avons écrits sont intimes, comme « Heartbeat Away », un morceau très fort et aussi très personnel pour moi, car j’ai vécu certaines des choses que nous abordons. Et même si parfois les morceaux ne parlent pas de moi ou d’un autre membre du groupe, on voit parfois des gens vivre certaines situations, nous essayons de nous mettre à leur place et d’écrire à ce sujet. Nous essayons d’aborder des sujets authentiques et auxquels les gens peuvent s’identifier. Que cela nous soit arrivé à nous ou à quelqu’un d’autre, nous essayons d’écrire des paroles aussi personnelles que possibles, car beaucoup de gens vont chercher à s’y retrouver. Nous voulons que nos fans aient les mêmes impressions que nous en écoutant l’album. Nous aimons chacun des morceaux que nous écrivons, et nous voulons que ce soit pareil pour eux, qu’il se sentent à l’aise pour venir nous parler après un concert ou pour nous envoyer un message s’ils ressentent le besoin de parler à quelqu’un. Voilà ce que nous voulons continuer à faire. Nous ne voulons pas oublier cet aspect de notre musique, pour ne pas perdre ce lien avec nos fans.

Comme tu viens de le dire, des gens vous contactent pour vous remercier de les avoir aidés à traverser une période difficile. Est-ce que la même chose t’est arrivée, avec un morceau d’un autre artiste, à un moment où tu avais besoin de soutien ?

Je suppose, oui. Quand j’écoute de la musique, je le fais avec beaucoup d’attention. J’écoute les paroles et j’essaie de m’y identifier. Il y a une chanson d’Alter Bridge, « Broken Wings », que j’adore vraiment. Elle m’a aidé dans des moments difficiles, parce que quand je l’ai découverte, j’étais dans mon ancien groupe, qui n’allait nulle part, puis j’ai appris que notre guitariste était mort… Ce morceau, que j’écoutais dans ma voiture à l’époque, m’a aidé à surmonter tout ça, dans une certaine mesure. Je ne dirais pas qu’il m’a totalement permis de m’en remettre, mais ce qui est sûr, c’est que j’essaie d’écouter attentivement les morceaux, je ne me contente pas de les faire passer en fond sonore.

Des morceaux comme « Let Me See It All », « Just A Memory », « Anyone », « Heartbeat Away » ou « Home » traitent de l’addiction, du deuil, les violences conjugales ou le mal du pays. D’où viennent les idées de toutes ces paroles ?

Comme je l’ai déjà dit, nous essayons d’écrire à propos de l’addiction pour sensibiliser les gens. Cela fait référence à notre ancien guitariste, dans le groupe précédent, qui est mort à cause de sa dépendance à l’alcool. Le mal du pays ne me concerne pas personnellement, à vrai dire : nous étions en tournée, il y a environ deux ans, quand un groupe américain était venu ouvrir pour nous. Leur chanteur souffrait du mal du pays. C’était très dur pour lui. Il est resté au Royaume-Uni plus ou moins deux semaines, et la seconde semaine, il avait beaucoup de mal à supporter. Il avait des gamins chez lui, en Amérique, et il vivait mal d’être loin d’eux. Ce morceau a été inspiré par sa situation, car nous l’avons vécue avec lui, nous étions là avec lui et nous pouvions voir à quel point c’était difficile. Le morceau sur les violences conjugales… Je n’ai jamais vécu ça, mais je suis proche de quelqu’un à qui c’est arrivé, et j’ai vu les dégâts que cela pouvait faire. C’est un problème majeur aujourd’hui et j’ai l’impression qu’il faut en parler car personne ne le fait, sinon. C’est important d’aborder ces sujets si on a une tribune pour le faire. Nous voulons pouvoir faire passer un message et faire que les gens ont conscience de tout ça.

Est-ce que cela vous donne une forme de responsabilité, d’après toi, vu que vos paroles peuvent toucher des gens n’importe où dans le monde ?

Question difficile, parce que je ne saurais pas dire si c’est une responsabilité ou ce devrait en être une. Je n’y ai jamais pensé en ces termes, mais puisque des gens nous demandent des précisions sur nos paroles, disent pouvoir s’y identifier, donc oui, je dirais qu’il y a une forme de responsabilité à devoir continuer ainsi. Nous voulons continuer à le faire, de toute façon, et nous ne ressentons pas vraiment de pression à ce sujet, car c’est ce que nous voulons. Mais si nous commençons trop à penser à cette responsabilité, alors cela pourrait changer notre façon d’écrire, et nous voulons éviter cela.

Tu as dit que tu avais quitté un travail alimentaire parce que tu étais frustré de ne pas pouvoir jouer de musique. Dirais-tu que ces moments de frustration t’ont apporté l’inspiration ?

C’est sûr. Certains des meilleurs morceaux de musique naissent de situations frustrantes, parce que c’est une émotion qui peut servir d’étincelle à l’inspiration. Comme tu l’as rappelé, c’était un travail à temps plein, je travaillais derrière un bureau, devant un ordinateur, et cette situation ne m’inspirait rien du tout. C’est une situation que nous avons décrite dans certains morceaux : être derrière un bureau et gamberger. Si travailler derrière un bureau n’a rien de réjouissant pour toi, alors il ne faut pas se contenter de ça. C’est le message que nous transmettons. Dans le morceau « Stay All Night », que j’ai écrit pour le premier album, il y a un moment où je dis : « J’ai besoin de changement, j’ai besoin de changement ». Ces paroles sont nées de cette frustration. Je la laissais enfin s’exprimer, parce que je n’en avais jamais parlé à qui que ce soit avant. Se servir des chansons pour laisser s’exprimer un sentiment comme celui-là, c’est une bonne chose, car ce n’est pas comme si tu allais voir plein de gens pour leur dire que tu n’aimes pas ton boulot. En faire une œuvre d’art, c’est créer quelque chose à partir d’une situation pénible, pour en faire un message positif. Alors oui, cela m’a aidé à écrire.

Vos fans se font appeler The Broken Army. Quelle est l’histoire derrière ce nom ?

Nous avons de plus en plus de fans qui nous suivent sur Facebook, qui sont très fidèles et avec qui nous avons un lien particulier. Nous leur avons donc demandé : « Quel nom voudriez-vous porter ? » Ils ont laissé des commentaires, nous avons retenu les dix meilleurs et lancé un sondage, et The Broken Army a recueilli le plus de voix. C’est aussi simple que ça, et ils adorent ce nom.

Interview réalisée par téléphone le 8 février 2018 par Philippe Sliwa.
Retranscription & traduction : Julien Morel.
Photos : Paul Harries.

Site officiel de Stone Broken : www.stonebroken.com.

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