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Metalanalyse   

Stone Sour montre le chemin


Bien que Stone Sour soit un projet antérieur à Slipknot, ce dernier n’a jamais fait que croître dans le sillon laissé par les hommes masqués. Cela fait désormais vingt ans que Stone Sour existe et aujourd’hui, crise d’adolescence passée – après l’exutoire qu’a été Slipknot, en grande partie – Corey Taylor, en maître à penser des Stone Sour, semble fin prêt à offrir « cet album de la maturité » si cher à de nombreux groupes. Cependant, comment le groupe en est-il arrivé là ? Comment a-t-il fait pour se détacher de sa propre ombre ? Indubitablement, Corey Taylor pense enfin avoir atteint l’âge adulte, c’est d’ailleurs le thème central du concept-album en deux parties que Stone Sour s’apprête à sortir en deux temps. Une première pour le groupe.

Récemment interviewé, Corey Taylor nous expliquait : « Chaque personne, lorsqu’elle grandit, est confrontée à des choix et à ce qu’elle va faire du reste de sa vie […] il existe beaucoup d’adultes qui refusent de grandir et qui commettent les mêmes erreurs que celles qu’ils faisaient étant jeunes alors qu’ils arrivent à un moment de leur vie où ils devraient avoir compris certaines choses ». Qu’est-ce que le temps a appris à Corey Taylor pour qu’il veuille ainsi l’exposer à travers sa musique ?

La première réaction possible serait la suivante : être confronté au décès d’un proche est une épreuve marquante et, malheureusement, la famille Slipknot porte encore le deuil de son bassitse Paul Gray. Cependant il n’en n’est rien. Premièrement, selon les dires de Corey Taylor : « J’avais le concept dans ma tête depuis quelques années en fait, mais je n’ai jamais pris le temps d’y réfléchir et de l’améliorer ». Puis, deuxièmement, après écoute de l’album, la musique en elle-même ne sonne à aucun moment de manière morbide, mélancolique ou nostalgique. Ce concept-album met en scène l’histoire d’un jeune homme se retrouvant face à ce choix : rester jeune ou devenir adulte. Et devenir adulte implique l’acceptation de la mort ainsi que de ses conséquences. Résultant d’un passé lourd, Corey Taylor souhaite partager et exprimer une forme d’optimisme suscitée par une « confiance dans notre capacité à écrire des morceaux et dans la manière de nous exprimer artistiquement que je sais que ce que nous venons d’enregistrer va bien au-delà de tout ce que nous avons fait avant ». Ainsi, avant toute histoire de choix, l’expérience de la vie semble primordiale en amont de toute questions existentielles.

Musicalement, Stone Sour est un groupe qui a peu bougé depuis ses débuts discographiques en 2002, où Taylor s’était offert un retour à ses racines croisées grunge et heavy, ce dix ans après la fondation du groupe en 1992. Or, si la musique ne réinvente pas ou guère, les thèmes qui lui sont liés ont désormais évolué. En effet, à l’époque Stone Sour se définissait comme n’ayant « jamais essayé d’être une sorte de groupe d’un genre spécifique. Nous avons toujours essayé d’être, simplement, un groupe de hard rock. » Effectivement, les trois précédents opus du groupe sont un condensé de musique « sans prise de tête », sans réelle ambition philosophique. Preuve en est avec le titre « Dying » issu d’Audio Secrecy et son refrain déchirant : « Si je ne peux pas vivre sans toi, je ne respire pas quand je suis avec toi. » abordant le thème d’une douleur sentimentale insurmontable, thème particulièrement populaire chez l’adolescent romantique que beaucoup d’entre vous ont été ou sont encore. Cet album, Audio Secrecy, alliait énergie à du sentimentalisme par de nombreux slows ou titres mid-tempo croisant acoustique et électrique et était particulièrement long. Ce House Of Gold & Bones Part 1, en comparaison, est lui beaucoup plus concis. Plus adulte.

Cette première partie – prochainement suivie par sa seconde moitié – reste l’opus du combo offrant le moins de titres (onze au total). Un condensé qui, métaphoriquement parlant, représente le choix des priorités d’un homme, d’un adulte devant faire des choix et donc, ne plus apposer de manière brute toute ses idées sur une même œuvre. Un condensé utile puisqu’il offre un panorama précis de ce que sait faire le groupe aujourd’hui : du brut de décoffrage avec les deux titres ouvrant l’œuvre « Gone Sovereign » et « Absolute Zero » ou encore le très groovy (surtout sur son refrain) « RU 486 » en passant par les titres mid-tempo : « Influence Of A Drowsy God » et les ballades telles que la très planante « The Travelers, Part 1 » ou la plus classique « Taciturn ». En étant plus court que ses prédécesseurs, cet album semble plus enclin à faire naître un sentiment d’impatience au lieu de celui de longueur chez l’auditeur. La production est toujours massive et, de ce point de vue, l’album retrouve les composants faisant de What(ever) May ou autre Audio Secrecy des albums de heavy rock moderne. Le savoir-faire sur le plan musical est maîtrisé et cet album démontre ce professionnalisme acquis après tant d’années dans le monde de la musque.

Le groupe a donc attendu le moment propice afin de grandir. Un peu à l’image d’un couple qui établirait une assise financière solide avant de penser à construire une famille. Corey Taylor a donc pris le temps de regarder son passé afin de comprendre son présent. Une fois compris, le groupe se tourne vers le futur non sans ambitions car désormais sûr de son fait. Allant à l’essentiel sur cette galette, Stone Sour s’évite le contenu superflu. Cependant, il est possible d’appréhender, avec le second disque, que le groupe invalide cette analyse et tombe dans le « trop ». Mais malgré les quelques déséquilibres de ce nouvelle opus il y a fort à parier qu’accouplé à son autre moitié ceux-ci disparaîtront. Cette première partie est donc cet album de la maturité souhaité par le combo, mais il ouvre sur un avenir encore plus ambitieux, pouvant malheureusement brisé cet équilibre actuel.

House Of Gold And Bones Part 1, sortie le 12 octobre 2012 via Roadrunner Records.



Laisser un commentaire

  • Tout ça, c’est du baratin.

    L’avant-dernier album, sorti en 2010, était vraiment sympa et je suis persuadé que House Of Gold & Bones a été conçu dans le même état d’esprit, avec peut-être plus de recul par rapport au décès de Paul Gray. Ca fait un bail que Stone Sour sonne mature, l’important aujourd’hui est de savoir s’ils sont toujours aussi inspirés.

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    Le baratin désigne les paroles de Corey Taylor, et non la chronique d’Alastor.

  • cannibal-dad dit :

    a force de voir les article sur stone et sur slipnkot paraitre je commence a sérieusement me demander si corey ne serait pas en train de tourner le dos a slipknot, joey qui reçoit des proposition d’autre groupe et du clown ( désoler j’ai pas retenu son nom .. honte sur moi ) qui parler de laisser sa place a son fils je me dit surtout que slipknot et en train de rendre l’ame depuis que paul n’est plus la ..

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    Franco

    Il est vrai que la mort de Paul a teinté l’avenir de ce groupe (dont je suis un grand fan) ce qui se ressent par des enchainements de ré-éditions d’albums ou de best-of et non d’un nouvel opus. Après cela va permettre à Stone Sour de sortir de cet ombre et de livrer de très bons albums, qui étaient déjà bon à mon sens. Nous verrons bien le rendu au bataclan sous peu ^^ !

  • L’album ne sort pas le 12/10 mais le 22/10.

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