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Live Report   

Stone Sour : Y avait-t-il un groupe sur scène ?


Paré d’un tout nouvel album, House of Gold and Bones – Part I (le Part II étant pour bientôt), concept album existentialiste sur le passage du monde adolescent au monde adulte, Stone Sour entame sa tournée européenne par Paris. Et de belle manière puisque le concert affiche complet. De quoi donner la pêche aux Américains.

Dans sa besace, le groupe emmène Hounds, formation britannique qui œuvre dans un rock punkoïde énergique à tendance industrielle. Kaléidoscopique ? Autant finalement que le metal multi-facettes que délivrent Corey et sa bande avec ses airs de Big Rock saupoudré du zeste qu’il faut de plans âpres et musclés et de vocaux agressifs pour garder un air de musique extrême.

Quoi qu’il en soit, le public venu nombreux au Bataclan a clairement montré son intérêt pour le groupe et la musique qu’il propose depuis dix ans maintenant (« Stone Sour », le premier album, est sorti en 2002). A dix ans, on n’est pas très grand, on se balade le mercredi une paille dans la limonade comme Alain Souchon, l’adolescence est encore loin, le monde adulte, une galaxie fort, fort lointaine, mais est-ce pour autant que l’on n’a rien à montrer ? Eh bien, suivez le guide pour voir. Et gaffe à ceux qui trainent en chemin, on les attend à la récré.

Artistes : Stone SourHounds
Date : 25 novembre 2012
Salle : Bataclan
Ville : Paris

Olly Burden, frontman charismatique de Hounds

Les Anglais de Hounds entament leur set devant une salle assez bien remplie. Le son est correct, les lumières assez riches pour une première partie. Le public écoute attentivement et applaudit sans difficultés à l’invitation du chanteur qui reste celui qui mouille le plus la chemise sur scène. Des titres comme ‘Fear Of Gold’ ou ‘Monster’ sont très efficaces. Le public salue la prestation des Britanniques qui quittent la scène au bout de vingt minutes. Un peu court tout de même pour une unique première partie. Sans tomber dans l’heure dont a bénéficié Anthrax en ouverture de Motörhead un peu plus tôt dans la semaine, les Anglais auraient mérité de bénéficier d’un peu plus de temps. D’autant que le public attendra quarante minutes avant le début de la tête d’affiche.

Setlist de Hounds :

Shark In The Water
Fan The Flames Of Fire
In Your Eyes
Posh Boy
Fear Of Gold
Monster
The Wicked Witch

Corey Taylor vous accueille à bras ouverts.

20h30, les lumières s’éteignent, le public explose littéralement et « Gone Sovereign » résonne dans un Bataclan chaud bouillant. Pour l’instant, point de musiciens sur scène. En fait il s’agit de la bande du morceau auquel le groupe se raccroche en arrivant sur scène. Bizarre comme entame de concert. On a vu mieux et plus pertinent. Néanmoins le titre phare du dernier opus ouvre très énergiquement la soirée et le groupe – ha, non, Corey Taylor – prend le Bataclan d’assaut. Juché sur son estrade placée sur le devant de la scène, le chanteur fait montre immédiatement d’une espèce d’envie d’en découdre quasi viscérale. Elle restera tout au long du concert, impressionnante, comme si elle faisait partie intégrante du bonhomme, à l’instar du langage ou de toute autre fonction naturelle. D’ailleurs, à propos de langage, Corey s’exprime beaucoup expliquant en début de concert que le public aura tout ce qu’il veut, espérant un peu plus tard que les fans ressentent tout ce que le groupe a à donner.

« Absolute Zero » suit logiquement, comme sur album, et confirme la puissante entrée en matière des Ricains qui prennent le public directement à la gorge. Côté son, un tantinet trop fort et pas le plus propre entendu au Bataclan, l’un expliquant peut-être l’autre. Les bouchons d’oreille permettent même de mieux apprécier la prestation ! Après « Hell And Consequence », Corey introduit « Orchids », titre rarement joué sur scène et qui célèbre en quelque sorte les dix ans de la sortie du premier album. Bon anniversaire ! Le groupe enchaine sur « Made of Scars » et doit être ravi de la réaction du public qui saute, applaudit, scande des « Hey ! Hey ! » dès que l’occasion se présente. L’introduction de « Rumor Of Skins », issu du dernier album, sera l’occasion pour Corey de vérifier qui dans l’assistance possède cet opus. Pas mal de monde manifestement. Mais combien l’ont réellement payé ? Oups… Pardon…

Toujours connecté avec son public – très féminin pour un concert de metal – Corey demande : « Do you want some more ? » avant de lancer le titre « Reborn » qui a un gros impact sur les fans qui applaudissent, hurlent sans qu’on les en prie. Vous l’aurez compris, ce soir, l’ambiance est très chaude. Suit le très heavy « Monolith » sur lequel le chanteur headbangue à s’en rompre le cou.

Maître indéniable de la cérémonie, Corey présente le groupe. Ha, oui, le groupe, on l’oublierait presque tellement il est discret ! Jim Root, Josh Rand aux guitares, figures connues de Stone Sour. A la batterie, Roy Mayorga et enfin, le nouveau bassiste Johny Shaw qui pallie le départ de Shawn Economaki. Les poignets en mousse de Johny flanqués du logo de Cavalera Conspiracy rappellent qu’il œuvre dans le groupe de Max et Igor.

Les présentations faites, Corey somme le public de faire exploser le lieu ! Et le très enlevé et presque hardcore « RU486″ claque dans le Bataclan. Corey ne peut que se réjouir de ce public qui reprend les refrains, scande les « Hey, hey » qui vont bien, tend les bras, applaudit et se positionne finalement comme une sorte de sixième membre. « You are very loud, I fuckin’ love it » souligne d’ailleurs le chanteur avant d’inviter l’assistance à l’aider à chanter le prochain titre, « Say You’ll Hunt Me », qui ramène un peu de mélodie et de douceur dans la salle. Évidemment, le Bataclan accompagne le groupe et salue à juste titre ce très bon morceau.

Hey ! Mais c’est Corey Taylor !

Les titres s’enchaînent à un bon rythme et Corey ne faiblit jamais, ni dans son animation, ni dans son chant. Vocalement, il est très impressionnant et possède une sacrée voix avec un timbre vraiment intéressant. Peut-être certains passages sont-ils plus difficiles que d’autres mais au vu de l’énergie qu’il dépense, cela est bien normal. Il est aussi un grand meneur qui sait tenir un public, animer le concert. Le contraste est d’ailleurs énorme avec le reste du groupe qui ne fait rien ou si peu. A un tel point que le concert s’apparente trop à une performance de Corey Taylor et son orchestre. Jim et Josh sont flanqués chacun sur un côté de la scène, participant peu à l’animation, ne changeant jamais de côté, ne se positionnant même pas au centre de la scène pour exécuter leurs solos qui se déroulent bien souvent sans qu’aucunes lumières ne mettent en valeur le guitariste. Johny, placé derrière, se positionne parfois sur le devant de la scène, mais il s’agît là d’une bien maigre compensation. Très dommage car du coup le concert devient routinier, sans surprises avec un déroulé finalement connu dès le départ, chaque musicien a sa place, Corey en pointe, omniprésent, juché sur son estrade, assurant seul l’animation. Mince ! C’est un anniversaire tout de même, il faut des cadeaux et des surprises ! Dix ans, ça compte ! Le seul changement de schéma interviendra au rappel quand Corey – encore lui – prendra une guitare. D’accord, la musique est là, largement appréciée. D’accord, Corey assure. Toutefois, leur façon d’aborder la scène ressemble plus à la performance d’un seul homme que d’un groupe dans son ensemble.

Au bout d’une heure intense malgré la répétitivité que nous venons d’évoquer, la pause rappel donne l’occasion au public de manifester à nouveau sa présence en applaudissant et en faisant pas mal de raffut. Corey revient sur scène, muni d’une guitare, sans son orchestre, pour un moment plus calme avec « Bother ». Le public, aux anges, ne compte pas se calmer et montre qu’il ne faiblit pas lui non plus, applaudissant, hurlant des « Corey ! Corey ! » dès que le musicien s’interrompt. Ce passage, un peu sirupeux musicalement tout de même, offre enfin une variation dans le déroulé du concert et donne un beau moment de partage entre un groupe – son leader – et son public. D’ailleurs, Corey applaudira à son tour les fans, ravi de leur réaction.

A nouveau, cet intermède Corey-seul-avec-sa-guitare-et-son-public renforce cette impression qu’il est le centre de toutes les attentions, volant la vedette au reste du groupe. La même idée acoustique mais avec la participation d’un des guitaristes, voire même les deux, aurait été mille fois plus percutante au niveau Stone Sour. Le public présent ne partage certainement pas cette analyse – ou s’en moque-t-il – et n’est là que pour profiter, partager et saluer son héros.

Le batteur arrive et les fans applaudissent spontanément au rythme de ses tintements de cymbales. C’est au tour des guitaristes de revenir chacun à leur tour sur scène, à leur place, entrant tour à tour dans le morceau. Le bassiste complète la formation quelques minutes après afin que le groupe revienne à un propos plus musclé. A l’issue de ce passage plus posé, Corey remerciera le public, soulignant que les Français ont placé la barre très haut pour le reste de l’Europe et promettant de revenir dans les deux ans que va durer la tournée (on sait déjà qu’on les verra en festoche cet été). A nouveau, il fait hurler le public et le groupe termine une heure vingt de concert de manière plus violente avec « 30/30/150 ».

Stone Sour : on l’a entendu, ressenti, mais pas beaucoup vu…

Assurément, la mission a été accomplie au vu de la réaction du public qui a clairement apprécié la prestation de ce soir. Tant mieux pour Stone Sour et tant mieux pour l’assistance car l’essentiel est là, que les hommes et les femmes (nombreuses !) qui se sont déplacés soient satisfaits de leur soirée. Toutefois, une affiche « Corey Taylor & co. » aurait été plus en phase avec ce que nous avons vu ce soir.

Setlist de Stone Sour :

Gone Sovereign
Absolute Zero
Mission Statement
Hell and Consequence
Orchids
Made of Scars
Rumor Of Skin
Reborn
Monolith
Blotter
RU486
Say You’ll Hunt Me
Digital

Rappels :
Bother
Through Glass
30/30/150

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du set de Hounds
Galerie photos du concert de Stone Sour



Laisser un commentaire

  • C’est Johny Chow et non pas Johny Shaw.

    Sinon concernant le « groupe », Josh n’a jamais été très expressif, Roy est planqué derrière ses futs, Johny se met en retrait car ne faisant pas vraiment partit du groupe, et on a connu James plus présent, mais tout de même fidèle à lui même.

    [Reply]

  • Depuis le 1er album, l’intérêt de STONE SOUR était d’écouter Corey Taylor dans un autre registre vocalement. Musicalement, chacun ira de son appellation…

    Mention au public qui était vraiment dingue.
    Corey super chanteur, super frontman. Tout ce que j’attendais de lui.

    En effet, groupe inexistant. Corey Taylor est STONE SOUR à lui seul sur scène. Les guitaristes complètement amorphes. Le bassiste venait trop rarement sur le devant, mais quand il se pointant ça faisait son effet. Dommage. En tout cas, il se donnait.
    Roy Mayorga est un super batteur, mais à la fin du concert il aurait pu venir sur le devant de la scène saluer le public. D’ailleurs c’est un truc récurrent constater sur mes derniers concerts… limite ils font le job et basta.

    En parlant de fin de concert, 1h20 la durée. Si c’est pas se moquer du monde. Avec 4 albums au compteur, ils sont jeunes et en forme, et on a droit qu’à 1h20. Ils se sont bien économisés pour une 1ère date.

    En ce qui concerne les rappels, Corey l’a débuté avec une reprise de « Nutshell » d’Alice in Chains. Ni courte, ni longue, juste ce qu’il faut qui mérite d’être ajoutée à la setlist 😉

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