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Chronique   

Stone Temple Pilots – Stone Temple Pilots


On ne présente plus Stone Temple Pilots. Ventes platine, Grammys… Le groupe a un talent inné pour pondre des titres accrocheurs (« Plush », « Interstate Love Song », « Trippin’ On A Hole In A Paper Heart »…) et est devenu l’une des formations rock les plus iconiques encore en activité. Pourtant, ce dernier disque sobrement intitulé Stone Temple Pilots, à l’image de l’album de 2010, aurait pu ne jamais voir le jour. L’actualité du groupe a en effet été marquée par des événements tragiques avec en premier lieu le décès de leur chanteur emblématique Scott Weiland en 2015, suivi de celui de son successeur d’un EP Chester Bennington l’année dernière. Mais c’est dès février 2016 que le groupe commence à chercher celui qui deviendra son nouveau chanteur. A l’issu d’un fastidieux processus qui aura duré pas moins de dix-huit mois, c’est finalement Jeff Gutt, anciennement frontman de Dry Cells (et candidat de The X Factor) qui est chargé de prendre le relais. Après ne serait-ce qu’une écoute de ce Stone Temple Pilots, force est de constater que l’intégration est réussie, et que le groupe ne ment pas quant à sa faculté de résilience.

La musique de Stone Temple Pilots a deux facettes principales, que ce soit un aspect plus heavy du début des années 90 ou un feeling plus léger, plus rock ‘n’roll. Ce dernier album se trouve justement entre les deux, avec un penchant pour le second. « Middle Of Nowhere » se charge d’ouvrir l’album de manière énergique, avec une forme de légèreté dans les mélodies qui vient contraster avec des approches plus lourdes telles que le groovy « Just A Little Lie » et sa basse ronflante. Le single « Meadow » était la première occasion de découvrir le timbre de Jeff Gutt qui, ne nous mentons pas, a des airs de Scott Weiland parfois troublants de similitude. Surtout, le frontman fait preuve d’une capacité à délivrer des lignes de chant caractéristiques, dans la droite lignée de son prédécesseur, dénotant d’un profond amour et respect pour le passé du groupe. Si ce dernier était le point d’interrogation majeur quant à la musique de Stone Temple Pilots, nul besoin d’angoisser. Que ce soit sur les titres aux refrains les plus fougueux comme « Roll Me Under », le bluesy « Never Enough » ou les pseudo-ballades (« Thought She’d Be Mine », « The Art Of Letting Go », « Reds & Blues »), ce dernier est désarmant de facilité. Comme si le registre de Stone Temple Pilots lui seyait parfaitement. Jeff Gutt a ce qu’il faut de réserve et d’exubérance pour être dans une mesure qui ne semble jamais hors-propos. Comme il le dit lui-même dans « Middle Of Nowhere » : « there is a right way, and there’s a wrong way, and there is my way ».

Au-delà de la performance de son nouveau frontman, ce disque de Stone Temple Pilots fait honneur à une tradition désormais bien ancrée dans la carrière du groupe : le hit. Leur dernier effort ne fait pas exception et rassurera les fans de la première heure. Stone Temple Pilots sait rebondir et semble ne jamais avoir douté. Que ce soit « Meadow » et son introduction très pop-rock qui fera le bonheur des stades ou bien le refrain très enjoué de « Guilty », Stone Temple Pilots occupera les ondes sans démériter un bon moment. Les réminiscences du passé grunge se sentent seulement vraiment sur « Roll Me Under » ou le timbre de Jeff Gutt flirte avec un certain Layne Staley d’Alice In Chains. Lorsque le groupe s’attèle à des compositions plus lentes, il arrive toujours à convaincre, peut-être davantage sur « The Art Of Letting It Go » qui s’amuse à souligner les poncifs de la ballade rock et n’est pas aussi proche des terres de Pearl Jam que sur la conclusion « feel-good » de « Thought She’d Be Mine ». L’album se conclut sur le délicat « Reds & Blues » porté par le travail des guitares de Dean DeLeo qui vient agrémenter une ligne acoustique de leads, formule qui nous renvoie élégamment vingt ans en arrière.

Stone Temple Pilots a encaissé. Il est pourtant debout et semble à peine amoché. La formation des frères DeLeo a eu le nez creux en s’appropriant les services de Jeff Gutt qui ne peine aucunement à illustrer l’esprit Stone Temple Pilots. Nul doute que le catalogue du groupe est entre de bonnes mains. Encore une fois un album qui fait presque succession de hits, Stone Temple Pilots recycle de nombreux éléments du rock des années 90, sans le galvauder. Classique. Très classique, et tout aussi agréable.

Chanson « Never Enough » en écoute :

Chanson « The Art Of Letting Go » en écoute :

Chanson « Roll Me Under » en écoute :

Lyric vidéo de la chanson « Meadow » :

Album shift, sortie le 16 mars 2018 via Warner Music . Disponible à l’achat ici



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