ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Stratovarius : encore et toujours ?



Artiste : Stratovarius
Lieu : Villeurbanne
Salle : Le Transbordeur
Date : 19-01-2010
Public : 800 personnes environ.

Photos : Julie


Matias Kupianen, le nouveau venu

Depuis cinq ans, une succession de splits et de reformations s’intercalent entre les tournées et les sorties de disques de Stratovarius. Au grand désespoir des fans et au plus grand bonheur de nous autres « journalistes » avides de soap operas.

Selon Matias Kupianen, tout ça…c’est fini.

L’homme, que nous avons d’ailleurs rencontré peu de temps avant le début du show de Villeurbanne, semble être d’un naturel anxieux. Les mains moites, il évitera le plus possible notre regard. Débarquer dans un groupe c’est une chose. Remplacer un membre de longue date en est une autre. Et passer après le fondateur du groupe, sans qui tous pensaient que Strato s’arrêterait, n’est pas vraiment chose aisée…


Lauri Porra

Une anxiété perceptible sur scène, mais qui finira par s’effacer pour laisser place à un bel enthousiasme, grâce aux encouragements de ses compères. Lauri Porra, le bassiste ayant intégré la formation en 2005 à la suite du départ de Jari Kainulainen, est toujours aussi à l’aise et souriant.

Sans atteindre les sommets de la belle époque, immortalisés par l’extraordinaire live Visions Of Europe (1997), découle de ce nouveau line-up une prestation sympathique. Une fraîcheur qui efface les souvenirs difficiles des tournées de 2004 et 2005 marqués par l’apparente froideur des relations entre les membres du groupe.


Un Timo Kotipelto fatigué mais professionnel

Toujours aussi charismatique, Timo Kotipelto est cela dit vocalement fatigué. Cela s’entend dès ses premières lignes. En bon professionnel, il ne laissera néanmoins pas ces difficultés altérer son jeu de scène. Mais c’est surtout Jörg Michael qui retiendra notre attention.

A la différence d’un Phil Rudd (AC/DC) et de sa maîtrise du fond de temps, ou de la subtile nervosité d’un Gavin Harrisson (Porcupine Tree), le batteur de Stratovarius n’a pas construit sa réputation sur son feeling ou son originalité. Jorg est tout simplement la dernière génération de métronomes que propose Roland.

Binaire, précis, sans faille.


Le clic, les amis, le clic !

Pas très rock n’roll, me direz-vous. Pourtant Jörg Michael captive dans sa posture de robot imperturbable et impressionne par sa maîtrise du tempo et sa décontraction absolue. Tellement à l’aise qu’il vous fait croire que la batterie, c’est facile. Lorsqu’il jette ses baguettes dans le public, il reste parfaitement dans le temps. Lorsqu’il perd ses baguettes, personne ne s’en rend compte : il en a déjà récupéré une autre et aucun coup de caisse claire ne manque à l’appel.


Un set honnête et efficace

Un mot sur l’excellente setlist de cette tournée. Les titres qui la composent sont plus ou moins les mêmes depuis des années, c’est un fait. Néanmoins, elle se démarque cette année de par son agencement.

Les finlandais mettent la barre très haute d’entrée de jeu en enchaînant quatre des classiques les plus incontournables : lorsque les lumières s’éteignent, les choeurs de « Destiny » se font entendre. Toute la théâtrale intro est samplée et le groupe n’arrive sur scène qu’au moment de se lancer dans la partie speed du morceau. Les finlandais marquent un temps d’arrêt avant la partie ambiante du titre, faisant ainsi croire pendant quelques secondes qu’elle ne serait pas jouée. Bien vu !

Viennent ensuite « Hunting High & Low », « Speed Of Light » et « Kiss Of Judas ». Un bon début, c’est le moins qu’on puisse dire. Le tout sans temps mort, le groupe ne permettant au public de reprendre son souffle qu’après cet enchaînement. « Deep Unknown » sera le premier des trois titres de Polaris à être joués ce soir. Des morceaux qui passeront bien le cap de la scène. Pour un dernier album, ce n’est pas beaucoup. Ce qui n’est pas une surprise : Elements Part 2 (2003) et Stratovarius (2005) avaient également été délaissés des setlists des tournées précédentes.

Néanmoins, selon Matias, cet état de fait pourrait changer. Laissons lui d’abord le temps d’ingurgiter l’ancien répertoire ! Excellente surprise à signaler : le retour de « Paradise », boudée en 2004 et 2005.


Un bon show

L’un des temps faibles du concert sera indéniablement la partie consacrée aux soli de guitare, basse et claviers. Très longue, sans grand feeling et à des lieues du célèbre « Holy Solos » (dont Jens reprendra le temps de quelques mesures le thème principal). Dispensable, donc.

Le temps d’attente avant le rappel est quasi nul. Même « Forever » qui est traditionnellement rallongée pour laisser chanter le public sera jouée d’une traite. « Black Diamond » conclura sans surprise. Ca fait partie du mythe, certes, mais il est dommage que l’enchaînement « Forever – Black Diamond » soit à ce point systématique. On joue le jeu de la surprise avec plaisir, mais tout de même…


C’était mieux là ? C’était mieux là, non ?

C’est indéniable, la route sera longue pour atteindre à nouveau la magie des shows de la période Visions. Mais par rapport au Strato mourant de 2005, c’est bien mieux. Dans l’absolu, un set de Stratovarius est toujours un très bon spectacle de speed comme on les aime : un karaoké géant, gorgé de tubes kitsch et convivial.

Setlist :

Destiny
Hunting High & Low
Speed Of Light
Kiss Of Judas
Deep Unknown
A Million Years Away
Solos
Forever Is Today
Paradise
Phoenix
Eagleheart

Rappel:

Forever
Father Time
Black Diamond




Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3