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Chronique   

Stratovarius – Survive


Stratovarius est l’un de ces rares cas où la formation actuelle ne compte plus aucun membre original. Une singularité qui peut s’expliquer par une carrière de plus de trente-cinq ans qui a connu plusieurs remous, le principal étant le départ du guitariste-chanteur Timo Tolkki qui a fini par abandonner tous ses droits sur Stratovarius. Depuis cette date, les Finlandais n’ont cessé de se consolider, menés par la voix de Timo Kotipelto. Survive est techniquement leur dix-septième album studio, sept ans après Eternal (2015). Un titre à propos pour un groupe qui aurait pu exploser en vol à plusieurs reprises. C’est surtout, pour la première fois depuis longtemps, un véritable effort collaboratif : Timo, Matias Kupiainen et Jens Johansson se sont retrouvés pour composer ensemble dans la même pièce. Une prouesse où la pandémie empêchait les réunions pendant de nombreux mois.

Si les concerts récents de Stratovarius mettent à l’honneur les classiques du groupe dans un contexte de retrouvailles, Survive ne cherche pas à réellement à jouer la carte de la nostalgie. Sur le plan de la production, Survive n’hésite pas à gonfler ses guitares comme jamais et à « surproduire » à dessein ses nappes de clavier. Une philosophie déjà présente sur Eternal, qui prend une tout autre ampleur avec Survive. Pas question de jouer la carte des productions faussement vieillies pour s’accaparer un cachet « old-school » galvaudé. « Survive » ouvre les débats en puissance avec ces guitares typiques du metal mélodique scandinave avant de laisser le timbre de Timo Kotipelto s’exprimer en grande pompe. Dès les premières secondes, Survive montre l’efficacité de la méthode : Stratovarius a pris grand soin de s’interroger sur les lignes vocales pendant la composition, là où auparavant chacun composait de son côté et où le frontman devait parfois se débrouiller avec un texte reçu cinq minutes avant la prise. « Survive » indique en outre la volonté de Stratovarius de dessiner des refrains fédérateurs qu’Europe ne refuserait pas. Evidemment, si les élancées vocales ne suffisent pas à rassasier, le travail de Jens Johansson au clavier et celui de Matias Kupiainen à la guitare noient le gâteau sous le sucre glace. Un affect pour l’épique que les premiers leads de « Demand » ne font que confirmer. Stratovarius se trouve toujours à la croisée d’un heavy traditionnel, d’un power rock typé années 80 et du speed mélodique qui a fait ses grandes heures, tout en apportant par moments une touche de gravité toute scandinave. Il conserve en outre des sympathies pour la musique symphonique, à l’instar des ponctuations de clavier qui accompagnent la rythmique effrénée de « Broken ». Peu importe les chemins empruntés, la destination de Stratovarius est toujours le refrain scandé cheveux au vent. Survive se veut le parfait défouloir permanenté. De quoi se photoshoper seul avec sa guitare sur un glacier pour flatter son ego.

Si le déroulé de Survive n’a rien de véritablement surprenant, la production gonflée à bloc et la générosité des compositions empêchent une forme de lassitude de poindre. Les enchaînements de soli de « Broken » (qui dérivent presque vers de la folk) sont le symbole de cette décharge de glucose qui finit par nous accoutumer. Stratovarius ne lève jamais vraiment le pied et Survive parvient à maintenir une dynamique tout à fait respectable. Le refrain aux rythmiques tranchées de « Firefly » précède parfaitement les mélodies plus cavalières et les quelques accalmies sensibles de « We Are Not Alone », qui provoque davantage de sympathie que d’intolérance pour des sonorités proches du mauvais goût eurodance. « Frozen In Time » joue la carte du titre cinématographique avec ses arpèges, ses chœurs, ses percussions massives et ses sonorités de cordes simulées par le clavier. « Breakaway » en rajoute une couche sur la solennité : Stratovarius nous livre sa version du contraste martialité/délicatesse sans se leurrer sur une quelconque recherche de subtilité. Là où l’auditeur pense avoir atteint le faîte de l’ouvrage, Stratovarius surenchérit toujours, en l’occurrence avec les chœurs homériques de « Before The Fall ». Survive se termine d’ailleurs par l’épopée que constituent les onze minutes de « Voice Of Thunder ». Jusqu’à la dernière seconde, Survive assume son opulence.

Survive brille par l’honnêteté de sa formule musicale et son absence totale de complexe. Stratovarius n’a rien à prouver à personne et délivre un metal ultra-mélodique qui veut toujours être accrocheur et qui refuse par principe le minimalisme. C’est précisément cette conscience de ne pas avoir à se restreindre qui permet à Survive de se tailler une place de choix dans la discographie du groupe. Si Survive peut certes amener à l’indigestion, il ne fera jamais regretter les excès.

Clip vidéo de la chanson « Firefly » :

Clip vidéo de la chanson « World On Fire » :

Chanson « Survive » :

Album Survive, sortie le 23 septembre 2022 via earMUSIC. Disponible à l’achat ici



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