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Chronique   

Stuck Mojo – Here Come The Infidels


Stuck Mojo - Here Come The InfidelsAvec l’envol de la carrière de Fozzy, au départ simple projet « pour rigoler » du guitariste Rich Ward avec le catcheur Chris Jericho, on a bien cru que Stuck Mojo était mort et enterré. Le rappeur Lord Nelson avait pourtant formidablement réussi à s’imposer après le départ de Bonz, mais il faut croire que les tergiversations expérimentales de The Great Revival ont eu raison des derniers fans de la grande époque et avec eux de la motivation du groupe. Depuis 2008, plus aucun signe de vie, si ce n’est l’annonce d’un EP qui devait coïncider avec l’élection présidentielle américaine de 2012, finalement avorté. Alors quelle surprise ne fut-elle pas de voir Stuck Mojo se regrouper en décembre 2014 sur la base du line-up de 1996 à 1998 et des mythiques Pigwalk et Rising ! Reformation de courte durée puisque les soucis relationnels avec Bonz ont repris de plus belle. Pas de quoi décourager Rich Ward qui décide de continuer malgré tout sur sa lancée avec une nouvelle voix, le jeune et inconnu Robby J. découvert sur YouTube.

Il faut dire que Stuck Mojo, c’est son bébé qui lui permet de s’exprimer d’une façon que ne lui permettra jamais Fozzy, surtout dans un contexte mondial difficile qui offre à commenter et où la liberté de parole a pris un coup dans l’aile. Ward lui-même reconnait que nos sociétés sont en train de se museler et qu’en conséquence, ses propos, tout sauf politiquement corrects (on se souvient encore de la controverse sur « Open Season »), pourront apparaître offensants aux yeux de certains. C’est ainsi que d’un côté il s’attaque à des sujets plutôt politiques avec « The Business Of Hate » ou utilisant la figure de l’acteur de films d’action Charles Bronson pour faire un commentaire social, sous-jacent à la légèreté apparente de la chanson. D’un autre côté il provoque les religions de toutes sortes dans « Here Come The Infidels », « I Am Legion » ou « Blasphemy ». En somme ses deux sujets de prédilections, les deux castes qui tendent à se dresser sur son chemin en tant que libertaire revendiqué et convaincu.

Et en huit ans, son for intérieur a dû bouillir. C’est sûrement pourquoi ce Here Come The Infidels est aussi tapageur musicalement. Exit les expérimentations – quoi qu’on en retrouve un peu dans « Destroyer », avec ses sonorités électro-rap – pour laisser parler la poudre avec les riffs et le groove dont Stuck Mojo a le secret dans un enchaînement de hits « in your face » ; ce qui ne les empêchent pas de proposer quelques moments de grâce, comme ce solo langoureux, quasi gilmourien, sur fond d’orgue hammond dans « Verbal Combat ». Il y a non seulement une fureur qui s’exprime à travers cet album mais aussi une certaine exaltation sous couvert d’irrévérence. Here Come The Infidels défoule avec ses guitares outrancièrement heavy, ses chœurs de gangs grisants et ses voix qui alternent entre les grognements bestiaux de Ward contrastant avec ses phrasés mélodiques et le rap tendu comme un string de Robby J.. Certes, il faudra à nouveau s’y faire, car le style de ce dernier est différent autant de ce fêlé de Bonz que de Lord Nelson, avec un timbre moderne et à géométrie variable (on pense au Anthony Kiedis des vieux Red Hot Chili Peppers sur « Tamborine »). Ward a par ailleurs invité pléthore d’amis à rejoindre la fête, à tel point qu’on ne sait jamais qui chante quoi, ce qui a le mérite d’apporter un aspect orgiaque et familial à l’ensemble.

L’un des fleurons du rap-metal est bel et bien de retour, plus fort, bruyant et motivé que jamais. Qui plus est maître de son destin, puisque l’album a été entièrement conçu par Rich Ward lui-même avec l’aide de son ami Andy Sneap, qui a offert à l’album une production des plus explosives, et sort uniquement via Pledge Music, se dispensant de label. Espérons maintenant que la mayonnaise reprendra auprès du public et que Stuck Mojo retrouvera sa place dans le panthéon aux côtés des Rage Against The Machine et consorts. En tout cas, avec ce Here Come The Infidels, il n’y aura aucun regret à avoir.

Ecouter l’album :

Album Here Come The Infidels, sortie le 24 juin 2016.



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