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Live Report   

Suicidal Tendencies : Bon pied, bon œil… et toujours le feu sacré !


Mine de rien, ça fait maintenant plus de quarante ans que Suicidal Tendencies arpente toutes les scènes du monde et quarante ans que l’increvable Mike Muir est à la barre de ce fringant navire, et ce, malgré les très nombreux changements de line-up. Trois petits jours après avoir clos de main de maître la première soirée du Hellfest et mis le feu sur la scène de la Warzone, voilà que le groupe vient en ce soir du 20 juin poser ses amplis à Toulouse, dans l’arène du Bikini. Au vu de l’immense foule qui se presse devant les portes de la salle toulousaine pour un lundi soir, force est de constater que Suicidal Tendencies fait toujours recette auprès des fans, alors que le groupe passe très régulièrement dans la ville rose depuis maintenant une bonne quinzaine d’années !

Et même si l’ex-Slayer, Dave Lombardo, ne sera pas de la partie ce soir (il est parti s’acoquiner avec les thrashers de Testament) et que le bassiste Roberto « Ra » Díaz sera lui aussi aux abonnés absents (il tourne actuellement avec Korn), le line-up de cette tournée n’est pour autant pas en reste. Bien au contraire ! Mike Muir a eu la bonne idée de faire appel au batteur Brandon Pertzborn (Corey Talor, Marylin Manson, Doyle, Limp Bizkit, Black Flag,…) pour remplacer le sieur Lombardo derrière les fûts et de laisser la quatre-cordes au tout jeune Tye Trujillo, le fils d’un certain Robert qui a fait ses gammes avec Mike Muir dans Suicidal Tendencies et Infectious Groove il y a quelques années et qui officie maintenant dans un obscur petit groupe du nom de Metallica…

Artistes : Suicidal Tendencies7 Weeks
Date : 20 juin 2022
Salle : Le Bikini
Ville : Toulouse [31]

Mais pour l’heure, dans le cadre de leur tournée Sisyphus Tour Part. III – Spring & Summer 2022, c’est aux Français de 7 Weeks que revient la lourde charge de lancer les hostilités devant un public certes un peu clairsemé. Ainsi, la plupart des spectateurs sont restés autour de la piscine ou attablés près du bar extérieur pour profiter des derniers rayons de soleil et de la chaleur ambiante. Toutefois, les premiers rangs du Bikini sont déjà très en forme pour accueillir comme il se doit le quartet qui taille directement dans le lard avec « Idols », tiré du dernier album en date, Sisyphus (2020). En l’espace de quelques mesures, le bassiste/chanteur Julien Bernard et sa bande distillent leur stoner bluesy à la sauce grunge à la façon d’une chape de plomb sonore qui capte l’attention. Ainsi, le son lourd et vrombissant du groupe s’abat sans crier gare sur le Bikini et n’a pas de mal à faire bouger l’audience qui se prend vite au jeu.

Comme on pouvait légitimement s’y attendre, 7 Weeks met en avant les titres de Sisyphus à l’instar de « Solar Ride », « Gone », « Insomniac » ou « 667-Off » qui font mouche. En effet, ça fait maintenant un peu plus de deux ans que les Limougeauds présentent leurs nouvelles compositions sur toutes les planches de France et de Navarre et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils font preuve d’un savoir-faire indéniable en alternant titres percutants (« Solar Ride ») et passages plus aériens (« Gone »). Le public toulousain ne s’y trompe pas en rentrant totalement dans l’univers de 7 Weeks, quitte à parfois se laisser aller pour se perdre dans les ambiances planantes proposées par le quartet.

Sur scène, la machine 7 Weeks est parfaitement huilée, notamment grâce à la section rythmique au cordeau mise en place par le tandem Jérémy Cantin-Gaucher à la batterie et Julien Bernard à la basse. De leur côté, les guitaristes Fred Mariolle et PH Marin délivrent des riffs intéressants et parfois alambiqués plutôt bien sentis. À ce titre, les articulations entre les passages corrosifs et les parties plus calmes sont initiées via les nappes de clavier de PH qui lâche parfois sa guitare au gré des titres. Cela donne pas mal de relief à l’ensemble et une jolie plus-value.

Petite cerise sur le gâteau, la bande des quatre remontera un petit peu dans le temps en proposant des vieux morceaux du groupe comme « At The Drive In » et « Four Again » tout droit sortis du très bon Dead Of Night (2011) avant de terminer sur le costaud « Acid Rain » sous les acclamations d’un public toulousain ravi d’avoir eu affaire avec les Limougeauds. Ainsi, en l’espace de moins d’une heure, 7 Weeks a réussi le tour de force de faire monter la température dans l’arène du Bikini alors même que son style musical est aux antipodes de celui de Suicidal Tendencies… Chapeau !

Setlist 7 Weeks :

Idols
Solar Ride
Gone
Insomniac
At The Drive In
Four Again
667-Off
Acid Rain

Après un rapide changement de plateau et quelques petites balances, l’heure est venue pour les Californiens d’investir les planches. En l’espace d’un instant, le public se presse en masse devant les barrières, prêt à en découdre avec les héros du soir.

C’est « You Can’t Bring Me Down » qui fait office d’opener pour Suicidal Tendencies sous la clameur du parterre du Bikini. La longue intro instrumentale permet aux guitaristes Dean Pleasants et Ben Weinman (ex-The Dillinger Escape Plan) de faire monter la pression, rejoints quelques mesures plus tard par Tye Trujillo et Brandon Pertzborn. C’est ensuite au tour de Mike Muir de faire une entrée fracassante pour lancer véritablement le morceau avec une énergie ra(va)geuse : le groupe prend vite possession de la scène et n’a pas de mal à faire bouger l’audience. Il faut dire que les Américains font montre d’une remarquable intensité dans l’attaque des compositions et que le quintet semble bien rodé. De son côté, malgré le poids des années, des excès et quelques soucis de dos, ce bon vieux Cyco Miko se donne toujours à fond en arpentant la scène dans tous les sens. Et même si le frontman est un peu moins virevoltant qu’à la belle époque à l’aube de ses soixante ans, l’homme reste toujours très énergique dans sa gestuelle et incisif dans ses lignes de chant (« Two Sided Politics », « Possessed To Skate », « Subliminal »,…). C’est lui le patron et il le prouve !

À la différence du concert du Hellfest où l’ami Mike Muir parlait beaucoup entre les morceaux, on a l’impression que Suicidal Tendencies veut aller à l’essentiel ce soir. De fait, il y a très peu de temps morts entre les titres qui s’enchaînent plutôt rapidement (« Send Me You Money », « Freedumb »,…) à la plus grande joie du public qui répond comme un seul homme à la moindre des sollicitations de l’ineffable frontman. Ainsi, lorsque ce dernier demande aux fans de monter sur scène pour « War Inside My Head » en plein milieu de set, c’est une véritable marée humaine qui se précipite sur le plateau pour chanter à l’unisson avec le groupe et mettre le feu sur les planches, si bien qu’il est difficile de voir les membres de Suicidal Tendencies dans toute cette cohue ! Du côté des compositions présentées ce soir, les Américains n’ont opté que pour des titres classiques du début des années 1990 comme « Two Sided Politics », « I Saw Your Mommy », « Possessed To Skate », « War Inside My Head » ou bien « Subliminal ». On aura même droit à quelques petites pépites qu’on ne s’attendait pas à prendre dans les dents, à l’instar de « Lovely » et de l’excellent « Trip At The Brain ». Autant dire que les fans sont aux anges !

Sur les planches, même si tous les yeux étaient rivés sur le charismatique Mike Muir, le jeune Tye Trujillo était lui aussi observé par le public tant l’aura de son père planait au-dessus de lui. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le bassiste est loin d’être manchot ! Même s’il n’a pas (encore) la même dimension que son paternel, il n’en reste pas moins que ce tout jeune homme possède un sacré toucher (« Subliminal », « Trip At The Brain, « Cyco Vision »). De son côté, le batteur Brandon Pertzborn, qui n’a pas la même envergure que Dave Lombardo, n’a pas à rougir de sa prestation. En effet, le cogneur de fûts n’a jamais été pris en défaut et a su mettre en place des rythmiques en acier trempé. On n’en attendait pas moins pour un set de Suicidal Tendencies…
Quant à Ben Weinman, en poste chez SxTx depuis l’automne 2018 suite à la mise sur la touche de Jeff Pogan, il semble être comme un poisson dans l’eau depuis la dissolution de The Dillinger Escape Plan. L’énergie bouillonnante du guitariste apporte pas mal de peps à l’ensemble et équilibre parfaitement le jeu très propre de Dean Pleasants. Espérons que ce duo de gratteux dure dans le temps…

Après environ 1h20 d’un set, les Californiens décident de clore leur prestation comme ils l’avaient commencée… sur les chapeaux de roue ! Pour ce faire, le groupe termine par la triplette « I Saw Your Mommy », « How Will I Laugh Tomorrow » et « Pledge Your Alliance », histoire de mettre le public du Bikini à genoux. La messe est dite. Amen.

Au final, après quarante ans d’activité, Suicidal Tendencies prouve encore une fois qu’il se bonifie avec le temps comme le bon vin sans jamais perdre sa fougue d’antan. L’indéboulonnable Mike Muir a encore des choses à dire et force est de constater qu’il a toujours la hargne. Vivement un nouvel album… et une nouvelle tournée !

Setlist Suicidal Tendencies :

You Can’t Bring Me Down
Two Sided Politics
Send Me Your Money
Freedumb
Lovely
War Inside My Head
Subliminal
Trip At The Brain
Possessed To Skate
Cyco Vision
I Saw Your Mommy
How Will I Laugh Tomorrow
Pledge Your Allegiance



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