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Chronique   

Suicidal Tendencies – World Gone Mad


Suicidal Tendencies - World Gone Mad13, sorti en 2013, était le grand retour de Suicidal Tendencies après treize années d’absence discographique (on ne comptera pas No Mercy Fool!/The Suicidal Family qui était surtout du recyclage ou les deux trois chansons ici et là). Seulement sa longue période de gestation en avait fait un album aux contributions multiples et quelque peu éparpillées. Suicidal Tendencies ne ressemblait pas vraiment à un groupe mais plus à un collectif. 13 n’avait peut-être pas toute la consistance espérée, quoi que satisfaisant pour relancer la machine thrash crossover après tant d’années. Cette consistance, c’est son successeur World Gone Mad qui l’apporte aujourd’hui, certainement parce que les chansons proviennent toutes des mêmes sessions et qu’elles ont toutes été conçues par un même groupe de musiciens. Alors, certes la formation a une nouvelle fois renouvelé son line-up, quasi du tout au tout, à l’exception évidemment du leader Mike Muir et du guitariste Dean Pleasants, inséparables depuis 1996, mais on peut toujours leur faire confiance pour savoir s’entourer de (très) bons musiciens. Qui pourrait oser prétendre le contraire avec désormais Dave Lombardo derrière les fûts ?

Conçu avec l’idée en tête que ce pourrait être le dernier album de Suicidal Tendencies, World Gone Mad se devait d’être une déclaration, un point d’exclamation. Le monde est devenu fou et Suicidal Tendencies ayant toujours fait de la folie son fonds de commerce, le groupe baigne comme un poisson dans l’eau avec cette thématique, s’adressant par exemple à la jeune génération dans « The New Degeneration ». « La jeunesse n’a rien pour leur botter le cul, » nous raconte Muir en interview, « lorsque j’étais plus jeune, il y avait des choses qui me bottaient le cul, et Suicidal est mon botteur de culs. » Et c’est clair que ça dépote sec, d’emblée avec « Clap Like Ozzy », utilisant l’aura de son idole de jeunesse Ozzy Osbourne pour en faire une ode à l’authenticité. Certes la basse slappée de Ra Díaz claque comme des coups de trique, mais Suicidal Tendencies a définitivement réussit à acter la séparation avec Infectious Grooves qui n’était pas aussi claire fut un temps. C’est thrash, c’est punk-hardcore, à l’instar également des nerveux « Living For Life », « One Finger Salute » et autre « The Struggle Is Real » qui garantissent des mosh pits fracassants.

A cet égard, même si on regrettera un instant le groove phénoménal d’Eric Moore, on reconnaîtra vite que Dave Lombardo fait des merveilles, avec une frappe nettement plus « fat », joliment mise en valeur par une production organique, et ses rythmes punks bulldozers ou carrément pesants. Mais c’est peut-être aussi l’occasion de montrer à ceux qui ne le savent pas encore que Lombardo n’est pas que l’ancien batteur de Slayer et qu’il a de nombreux tours dans son sac (les roulements presque jazzy de « Living For Life », les breaks basse-batterie de « One Finger Salute »). Car on est ici loin d’être en présence d’un album à sens unique. Suicidal Tendencies créé la dynamique avec des changements de rythmes lents/rapides dévastateurs (« The New Degeneration » dont l’accélération est fulgurante ou le très heavy « Happy Never After »). On passe d’un punk rock mélodique sur « Get Your Fight On » à une sorte de heavy blues sur le lourd « World Gone Mad ». « Still Dying To Live » fait partie de ces longues chansons plus posées, à la « I wasn’t Meant To Feel This, Asleep At The Wheel ». Elle forme d’ailleurs une sorte de duo pour faire redescendre la pression en fin d’album avec la curiosité que représente « This World ». Il s’agit d’une version complètement retravaillée, en partie acoustique, de la chanson de même nom qui clôturait déjà l’album précédent, 13. Les musiciens lui insufflent une toute nouvelle vie grâce à un climat latent, pré-orageux, particulièrement prenant.

Déclaration faite. Avec World Gone Mad, Suicidal Tendencies offre probablement son opus le plus solide depuis l’indétrônable époque de Light…Camera…Revolution! (1990) / The Art Of Rebellion (1992). Une chanson comme « Damage Control » a tout pour appuyer ce constat, avec son accalmie initiale suivie d’une basse groovy qui propulse la chanson dans un rythme entraînant au possible. Sans parler de la gouaille d’un Mike Muir en pleine forme et des solos hurlants compulsifs de Dean Pleasants. Alors si World Gone Mad était le dernier album de Suicidal Tendencies, il permettrait assurément à la bande de Mike Muir de partir la tête haute. Mais alors, quel dommage ce serait…

Extrait de la chanson « Happy Never After » en écoute :

Chanson « Clap Like Ozzy » en écoute :

Album The World Gone Mad, sortie le 30 septembre 2016. Disponible à l’achat ici.



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