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Interview   

Super interview d’Andréas Et Nicolas


Ce sont deux jeunes gens frais, en bonne santé et bien intentionnés. Ils sont les fils spirituels de Pierre Perret, de Corbier, des Musclés, de J.J. Lionel (interprète de « La Danse Des Canards ») ou encore de Michel Sardou – surtout les soirs où on fête le Beaujolais nouveau. On sent même parfois une influence des Minikeums, surtout chez Nicolas qui a sans doute quelque chose de Nicky des Bogoss Five, qui n’étaient que trois… comme Andréas et Nicolas… et le Singe Farceur… et Poussin aussi.

En plein milieu de leur tournée intergalactique à dos de cheval le duo Andréas Martin et Nicolas Patra (alias Fetus d’Ultra Vomit) nous a passé un coup de fil. En résulte une interview d’Andréas Et Nicolas qui n’en serait pas une si elle ressemblait à une interview. Sans surprise, le 6 novembre dernier, s’est déroulé à l’antenne un concours de vannes, entrecoupé de questions et de réponses absurdes et, à de très rares occasions, de quelques échanges sérieux. Et il ne saurait en être autrement pour une interview de ces pitres qui ne se disent d’ailleurs « pas vraiment musiciens ». Enlever tout le « contenu additionnel » de l’échange serait donc manquer de fidélité à l’esprit d’Andréas et Nicolas. Et concrètement, ce serait enlever une bonne moitié de l’interview.

Voici donc pour vous une retranscription on ne peut plus brute d’un échange peu professionnel entre des journalistes qui ne font pas leur boulot et des musiciens qui ne le sont pas.

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Interview Andreas & Nicolas.mp3|titles=Interview Andreas & Nicolas]

« Le profil type du petit fanatique d’Andréas et Nicolas, j’ai l’impression que c’est un petit mec qui n’écoute pas forcément de musique. Il vient comme s’il allait voir un spectacle d’humoriste. »

Radio Metal : Allô ?

Andréas et Nicolas : Allô, vous allez bien ?

Oui… Qui est à l’appareil ?

C’est Papy [rires] ! C’est Andréas.

Du coup vous êtes tous les deux, là ? C’est nickel, vous êtes à l’antenne, on vous prévient tout de suite !

Ha oui, il y a des gens qui écoutent, là ?

Ben oui, c’est ça le problème justement !

Ha, du coup on ne peut plus dire Hitler alors…

Oui, voilà, il vaut mieux éviter de dire Hitler à l’antenne à voix haute comme ça, comme il vaut mieux éviter de dire des trucs comme « J’aime pas les Arabes », parce que si des gens nous écoutent, ce qui n’est pas le cas maintenant bien sûr… [rires] Par contre on vous a appelé sur Skype mais on ne voit pas vos tronches, ça c’est un gros problème…

Il faut que tu me rappelles et que tu mettes « vidéo ». Par contre la bande passante sera moins efficace…

Spaceman : Je ne suis pas sûr qu’on ait envie de voir leur tronche en fait…

Metal’O Phil : Tu n’as pas envie de voir leur tronche ? [rires] Si, on tente le coup quand même… On vous rappelle et on fait un appel vidéo.

Spaceman : Ce qui est dommage, c’est que les auditeurs ne vont pas pouvoir voir leurs tronches…

Metal’O Phil : Au pire je prendrais une photo avec mon iPhone…

Spaceman : Ou tu fais une capture d’écran…

Metal’O Phil : Aaaah, ils sont là !

A&N : Salut les mecs !

Magnifique ! Juste pour les présentations : vous, vous êtes Andréas et Nicolas et nous, on est Philippe et Nicolas, donc c’est facile !

Andréas : De la concurrence ? [rires]

« On aime la musique mais on n’est pas musicien. […] Pour moi, le talent qu’on a il est plutôt dans la mise en scène, trouver des vannes, écrire des choses. »

Je vois que tu as un t-shirt « Justine », qui est Justine ?

Justine, c’est un groupe de musique de Nantes. Ils font du punk rock de merde…

D’accord… Avec des chaises, donc, sur leur artwork ?

C’est ça. C’est leur emblème en fait.

Mais c’est très bien les chaises, hein ! Je veux dire, si tu n’en as pas, tu es un peu con. Là, typiquement, si on n’avait pas de chaises, je serais sur le sol, ce serait quand même un peu bête…

Oui, en plus on n’en parle jamais…

Il faut en parler. Il faudrait qu’Andréas et Nicolas fassent une chanson sur les chaises, d’ailleurs.

Pour le coup c’est vrai que c’est un bon sujet. Des fois on nous dit : « Oui, il faudrait que vous fassiez une chanson sur les pingouins manchots en Antarctique »

C’est sûr. Pour le prochain album. C’est un vrai sujet, ça…

Oui, non, bah, je sais pas…

Bon, OK, vous êtes prêts à répondre à nos questions sournoises ?

Oh oui…

Très bien. On va commencer par faire un bilan : l’album est sorti il y a quelque temps, en 2011, c’est ça ?

Non, en 2010, le 15 novembre, un truc comme ça.

OK, il a donc eu le temps de mûrir un peu auprès de votre public. Qu’est-ce que vous retenez de cet accueil ?

Comme tu dis, il a eu le temps de mûrir, il a eu le temps d’ennuyer les gens, ça y est… Non, je déconne. C’est cool parce que quand on fait des concerts, on a l’impression que c’est quand même pas mal repris : dès qu’on lance un morceau, les mecs se mettent à chanter, donc c’est agréable.

Ce qui est un peu étonnant, c’est que finalement, ce n’est pas du metal qu’on retrouve sur cet album…

Non !

… Et pourtant il y a quand même un grand succès auprès des métalleux. Est-ce que les métalleux seraient des grands gamins, finalement ?

A mon avis c’est le fait qu’on ait tous les deux des affiliations avec des combos metal. Il y a aussi peut-être le côté décalé un peu geek, un peu violent dans l’humour, un peu trash… C’est sans doute un peu ça, parce que c’est sûr que musicalement, il n’y a rien à voir.

Mais justement dans votre public, est-ce qu’il y a autre chose que des metalleux aujourd’hui ?

Oui, oui, carrément, souvent. Je m’étais fait la remarque pendant notre dernière tournée : le profil type du petit fanatique d’Andréas et Nicolas, j’ai l’impression que c’est un petit mec qui n’écoute pas forcément de musique. Il vient comme s’il allait voir un spectacle d’humoriste. Il est là, il est avec sa petite chemise peinard et il est magnifique ! Il est là « C’est excellent ! » et tout… C’est un petit mec comme ça. Ça renforce le décalage avec le gros métalleux qui est juste à côté de lui et qui lui fout des pains.

« On ne révolutionne rien, on fait plutôt du recyclage de vannes pour les gens qui ne connaîtraient pas ces références-là. »

Donc, tu dis que, grosso modo, il y en a beaucoup qui écoutent surtout pour le côté humour mais pourtant je vous ai déjà entendu dire que vous vous sentiez quand même plus musiciens que humoristes. Est-ce qu’il n’y a pas un côté un petit peu décalé par rapport à la perception des gens et puis finalement votre perception à vous ?

A mon avis, j’ai menti quand j’ai dit ça. On ne peut pas dire qu’on soit musicien. On aime la musique mais on n’est pas musicien. Je me faisais la réflexion quand on marchait dans la rue, il y avait un mec, un vieux gars qui jouait des trucs de fou au violon et tout le monde s’en foutait… Pour moi, lui, c’est un pur musicien, et, à côté de lui, je suis une grosse merde. Je sais faire trois notes de guitare et c’est tout. Pour moi, le talent qu’on a est plutôt dans la mise en scène, pour trouver des vannes, écrire des choses, mais musiciens… On est aussi musiciens, c’est un ensemble de trucs mais après quand j’ai dit « Je me sens plus musicien », pas forcément.

En fait, ce que j’avais lu c’était que vous vous sentiez plus groupe que duo humoristique…

Ouais, là où tu as raison, c’est qu’on a l’impression qu’on vient nous voir plus pour entendre des chansons que pour voir des sketchs, même s’il y a des petits trucs entre les morceaux. On est quand même un groupe, à la fin on fait des chansons.

Par rapport à ce que tu disais, est-ce que toi tu te sentirais incapable d’avoir un projet musical vraiment sérieux sans qu’il y ait cette dimension humoristique ?

Tout à fait ! [rires] Non, peut-être pas incapable, peut-être que quand j’aurais 50 piges j’aurai des trucs à raconter, mais pour l’instant je n’arrive pas trop à avoir des trucs intéressants, sérieux, concluants à côté.

Andréas et Nicolas, c’est avant tout des chansons qui, d’apparence, font chansons pour enfants mais qui ont derrière des sujets qui sont parfois un peu graveleux ou même un peu violents. Est-ce que ça veut dire que vous avez été traumatisés dans votre enfance par des chansons pour gamins ?

Non, non, non ! Non, mais je pense qu’on a eu les même références au niveau des humoristes, ce qui fait qu’on se trouve bien. On a été bercé comme vous, je pense, par Les Inconnus, Canal+, Les Nuls, et du coup j’ai l’impression qu’on fait sans cesse des plagiats ou du recyclage de vannes des Inconnus. Pour moi, on n’invente rien, on met juste un peu au goût du jour et en chansons ce qui nous faisait marrer quand on était petit. Ce n’est ni plus ni moins que ça. On ne révolutionne rien, on fait plutôt du recyclage de vannes pour les gens qui ne connaîtraient pas ces références-là.

Nicolas : C’est vrai que souvent, quand on prépare des concerts, on cherche des idées de vannes et on se dit : « Ouais, ça me fait penser à ce sketch-là », « Ah ouais carrément !» En fait, on se fait rigoler nous-mêmes… Après, musicalement, ça reste assez bateau dans les arrangements parce que c’est pas de la parodie, mais parfois ça peut ressembler à de la variétoche. L’ensemble fait que je trouve que ce qu’on fait est quand même assez original parce que pour la plupart des gens qui font des chansons d’humour, musicalement, ça ne va jamais ressembler à des espèces de tubes, ça va être un truc avec des paroles débitées à fond… Moi, je n’entends pas trop de groupes qui ressemblent à ce qu’on fait.

Andréas : On aime qu’il y ait un décalage entre un truc où on essaie de s’appliquer sur la composition des mélodies, et raconter des conneries. En fait, ce qu’on fait, c’est de la variété avec des paroles dégueulasses. C’est vrai qu’il y a des groupes qui sont très bien qui font des paroles dégueulasses avec de la musique dégueulasse, mais ce n’est pas ce qu’on fait.

« Si musicalement ça ne nous plaît pas, ça ne nous fait pas rire. Ce qui nous fait rire souvent, c’est qu’on a l’impression de faire un truc qui pète bien et qu’ensuite on le dégueulasse avec les paroles. »

C’est vrai que tu as beaucoup d’artistes parodiques qui font des paroles très marrantes mais derrière, musicalement, ça tient pas forcément la route ; et vous, j’ai quand même l’impression qu’il y a cette volonté certes d’être drôle, mais aussi d’écrire des choses qui se chantent, qui se retiennent, des vraies chansons tout simplement.

Ouais, c’est ça, nous on dit des tubes parce que ça a vraiment un côté super catchy… On aime bien que ce soit catchy, pas trop long : nos chansons, en général, font deux, trois minutes maximum… En fait, si musicalement ça ne nous plaît pas, ça ne nous fait pas rire. Ce qui nous fait rire souvent, c’est qu’on a l’impression de faire un truc qui pète bien et qu’ensuite on le dégueulasse avec les paroles. Par contre, si on mettait des paroles sérieuses, par exemple sur « Je déteste le sexe », ça nous ferait sur-gerber, parce que ce truc [chante], c’est affreux. On le tolère parce qu’il y a des paroles « de merde », drôles. Enfin moi ça me fait marrer…

C’est vrai qu’on peut dire qu’il y a un peu de vulgarité dans vos chansons, je vois sur le chat de Radio Metal des gens qui citent Bigard : est-ce qu’il y a un lien, est-ce que c’est une de vos influences ?

Jean-Marie, c’est le patron. Mais, par contre, ce n’est pas tellement notre style d’humour.

Nicolas : Mais on l’aime bien…

Andréas : On se marre. Mais, enfin, nous, parfois, on n’a pas forcément envie de parler de cul et tout, c’est un truc qui revient sans qu’on le veuille.

Nicolas : C’est obligatoire.

Andréas : Ouais, voilà. En fait, c’est tellement marrant, direct, qu’on a pas mal de chansons et de mini-chansons où ça ne vole pas plus haut que du Bigard en termes de vulgarité. Mais moi, Bigos, je le défendrai toujours, il y va à fond, pour le coup ça me fait marrer.

Justement Bigard a beaucoup de critiques par rapport à sa vulgarité, est-ce que vous vous subissez un peu la même chose ?

Justement, non. On aurait pu en avoir plus mais non, en fait. Il y a eu un festival où on a dû se censurer, un festival de lycée où les élèves avaient choisi la programmation et voulaient inviter Andréas et Nicolas. Apparemment, le proviseur avait reçu des pressions des parents et voulait qu’on ne joue pas « Chatroulette ». C’est complètement arbitraire, du coup on s’est dit : « Ça ne sert à rien d’y aller si c’est pour ne pas pouvoir jouer nos chansons, c’est idiot. » Comme si les élèves n’allaient pas eux-mêmes sur internet voir les chansons… Mais bon, ce n’est pas grave. On a eu l’inverse aussi, quand on est allés au Québec on nous a dit [il imite l’accent québécois] : « Vous devriez aller plus dans le vulgaire, c’est pas assez vulgaire »

Toutes les chansons vraiment très courtes qui durent 10 à 20 secondes que vous avez sur l’album et qu’Ultra Vomit a aussi sur ses albums, rappellent un peu le principe des chansons flash que fait Corbier. Je ne sais pas si vous en avez déjà entendu, mais il me semble que justement, vous avez rencontré Corbier avec Ultra Vomit. Est-ce que c’est fait exprès ce clin d’œil-là, est-ce que c’est une influence ou bien est-ce juste un hasard ?

Non, c’est un hasard, mais je trouve ça génial. Quand j’ai vu ça en concert j’ai trouvé ça hyper bien. Par contre, je ne pense pas que ce soit lui spécialement qui l’ait inventé, je pense que ça existait déjà avant… Et avant de rencontrer Corbier, on avait déjà fait des mini-chansons. Mais voilà, maintenant on a un répertoire de mini-chansons. Corbier il a des petites chansons, moi d’ailleurs, c’est ce que je préfère dans son répertoire, ses mini-chansons sont assez cool.

« On nous a déjà dit une fois : ‘Mais en fait c’est pas un peu facile ?’, et c’est vrai qu’on était un peu comme des cons à répondre ‘Ben, ouais’, mais en même temps on s’en fout que ce soit facile. »

Il y a pas mal de chansons qui parlent d’animaux…

Oui, c’est ma passion !

Alors justement, quel est votre rapport avec les animaux ? [rires]

Euh, c’est assez compliqué. C’est un rapport équestre avant tout. Je ne sais pas. C’est que les animaux, c’est tellement chaud, c’est tellement mignon que la violence qu’on peut faire avec est encore plus effroyable qu’avec des êtres humains [rires]. Non, je ne sais pas vraiment pourquoi… C’est assez conventionnel, en fait. C’est vrai qu’un chien, t’as envie d’en parler. Mais attention, tous les animaux ne nous font pas marrer. C’est bizarre, hein ? Il y a des animaux qui nous font marrer et d’autres non.

C’est vrai, j’ai l’impression que chez vous, la violence n’intervient pas sur des sujets qui à la base sont violents comme la guerre, etc. Vous, vous aimez bien prendre un truc qui est complètement innocent et le dégueulasser. C’est un peu ce que vous disiez tout à l’heure finalement : prendre un truc qui au départ est tout naturel comme un chien, et puis en faire un sujet dégueulasse.

C’est pas faux.

C’est quoi que tu n’as pas compris, c’est chien, c’est ça ? [rires]

C’est pas faux du tout. Et, par exemple, tu vois, on adore Hitler et tout ça, mais en fait ça nous ferait chier de parler de trucs politiques. C’est vraiment pas notre créneau.

Mais justement, il y a pas mal de sujets violents dans ces chansons, d’où vient toute cette violence ?

Si ce n’est pas violent, ce n’est pas drôle. On en revient au même truc : ce qui nous fait rire…

Nicolas : On nous a déjà dit une fois : « Mais en fait c’est pas un peu facile ? », et c’est vrai qu’on était un peu comme des cons à répondre « Ben, ouais », mais en même temps on s’en fout que ce soit facile. Si ça marche, ça marche. Si ça nous fait marrer, c’est bon, on ne va pas chercher à faire des jeux de mots pour faire genre « Oh ils sont distingués, ils font des jeux de mots ! » Tu vois, par exemple, j’adore Raymond Devos, pour moi, c’est un monstre, mais par contre c’est tellement de boulot pour arriver à un résultat marrant qu’à un moment, quand tu peux juste dire des trucs dégueulasses et que ça fonctionne direct, tu le fais.

C’est vrai que Devos n’est pas toujours nécessairement drôle… On admire parfois plus l’acrobatie verbale que l’on ne rit.

Andréas : Ouais c’est ça, exactement.

Une auditrice nous dit : « Cher Andréas et Nicolas, en tant que chieuse de connasse de végé qui aime les bêtes, je tiens à ce que vous sachiez que je prendrais beaucoup de plaisir à vous pendre par les couilles et à vous laisser sécher comme des saucissons. » [rires] Voilà, qu’est-ce que vous avez à répondre ?

Ben écoute, c’est tout à ton honneur Patricia. Tu n’as pas bien compris notre propos : nous adorons les animaux. Par contre, je te déteste parce que t’es végé [rires].

A quand une chanson sur les végétariens, alors ?

Apparemment, il y a plusieurs races de végétariens. Je ne connais pas exactement toutes les différences mais je sais qu’il y a plusieurs degrés.

Et du coup, après les animaux, pourquoi ne pas parler des plantes, justement ?

Boh, ce n’est pas rigolo les plantes, si ? C’est comme ça, là, ça ne fait rien… Les plantes, c’est comme du Raymond Devos, tu te dis : « Ha, putain bravo, c’est bien fait ! » mais tu ne te marres pas forcément tout le temps. Les plantes, ce n’est pas drôle !

« Je sais qu’il y a des gens qui n’attendent que ça, que je leur montre mes canards, je vais me les faire piquer, ça me saoule. »

Sur le chat, il y a DM qui dit « C’est quand qu’on mange ? », ce qui est une question pertinente… Alors, qu’est-ce que tu veux manger dans ce cas-là ?

Moi, je ferais un steak avec des haricots verts et de l’ail.

Nicolas : J’ai une question en retour : quel jour on est la semaine prochaine ? J’aimerais bien qu’il me réponde !

Metal’O Phil : Tu rajoutes sept jours et on est le même jour que la semaine d’avant !

Spaceman : Vous dites souvent que c’est la passion du foot qui vous a réunis tous les deux…

Andréas : Je tiens à signaler tout de suite que vos conneries nous font rater une journée de Ligue des Champions. Non, mais ça va, je pense que je pourrai voir la deuxième mi-temps.

Il y a quand même un truc par rapport à ce qu’on disait tout à l’heure : vous êtes beaucoup écoutés par les metalleux pour le côté geek etc., mais dans le metal, il y a quand même une aversion pour le foot en règle générale… Est-ce que vous ne vous retrouvez pas un peu coincés entre deux étaux, du coup ?

Ce n’est pas spécifique au metal : la musique en général et le football, ça ne va vraiment pas ensemble. Dans le rock, en tout cas. Dans le rap, c’est différent. C’est vrai que parmi tous les groupes qu’on fait et les musiciens qu’on rencontre dans nos concerts, ils n’en ont rien à branler du foot, c’est clair. Les gens qui sont dans la salle, non. Parfois on se fait des private-jokes sur scène sur des joueurs ou des trucs comme ça et on se prend des énormes bides.

Justement, je me rappelle de la dernière interview qu’on avait faite avec Nicolas – pour Ultra Vomit cette fois –, on avait longuement parlé de l’équipe de France à la fin. qu’est-ce que tu penses de l’équipe de France aujourd’hui Nico ?

Il y aura forcément un avant et un après France/Espagne, je pense, parce qu’une semaine avant ils se font battre par le Japon, on a l’impression qu’on est des merdes… J’ai l’impression que le message délivré, c’est qu’on a des purs joueurs mais qu’il faut qu’on pense à l’équipe de France plus comme une équipe, comme un groupe. J’imagine qu’on a de très bons joueurs mais qu’on peut s’en passer…

Oui, qu’on a une équipe mais qu’il n’y a pas encore de vraie équipe en fait, que pour l’instant ce sont des joueurs qui sont réunis les uns avec les autres mais qui n’arrivent pas forcément à créer une entité.

Ouais, on se dit : « L’équipe de France c’est tel ou tel joueur, sans lui on ne peut rien faire » ; mais aujourd’hui si tu me dis : « Il n’y a pas Benzema », je me dis « Il n’y a pas Benzema ! » et j’ai l’impression qu’on peut gagner quand même. La preuve, c’est que là, ce n’est pas lui qui a marqué le but. Si ça, ce n’est pas une preuve… Benzema reste un très bon joueur mais c’est ça que j’ai bien aimé. Je suis assez confiant.

Du coup, Didier Deschamps entraîneur de l’équipe de France, ça te plaît ?

Ha ouais, ça me plaît, mais de toute façon, j’ai toujours pensé que ça serait le mec idéal pour le poste.

On a une question sur le chat : « Moi j’ai bien une question pour Andréas : tu as aussi ton propre projet solo acoustique assez isolé de l’atmosphère Andréas et Nicolas, est-ce que tu arrives quand même à toucher un public autre que les collectionneurs de canards? »

Avec ce projet-là, pas vraiment, parce qu’en fait j’ai un peu abandonné à un moment donné… Enfin, pas vraiment abandonné, j’écrivais et je faisais mes chansons tout seul mais je ne faisais pas de concerts. C’était des trucs pour moi, un peu intimistes. Mais, après, avec Andréas et Nicolas on a commencé à faire pas mal de choses et, du coup, je n’ai pas trop le temps de continuer… Peut-être que quand j’aurai 50 piges, je jouerai mes chansons tout seul dans les bars… Mais, c’est vrai que, pour l’instant, je n’ai pas le temps de développer ça. On ne peut pas tout faire… Nico a déjà Ultra Vomit à côté de ça et moi j’ai un cover-band (ndlr : Rage Against The Peppers) qui commence à marcher pas mal.

OK. Par rapport à toutes ces petites histoires qu’il y a dans l’album d’Andréas et Nicolas, quelle est la part de vécu voire de fantasme dans les paroles ? [rires] Est-ce que par exemple, écraser les animaux c’est un fantasme ?

De vécu, euh… « Elle change la K7 dans la tête du chat » c’est une histoire vraie, « Ours et compagnie » ce n’est pas vraiment vrai mais j’avais composé le refrain quand j’étais au collège… La crème, c’est une histoire vraie : on était en train de jouer à PES, je suis parti me raser, j’avais de la crème sur le visage et j’ai commencé à chanter le truc, Nico a pris la guitare et puis voilà, la magie opère… « Toutes les filles qui jouent au foot » c’est une histoire vraie, on était en train de jouer à PES et il y a eu un reportage sur les filles qui jouent au foot et le fait que c’est compliqué au niveau du physique… La plupart sont des histoires vraies. Les canards aussi. Tu rigoles mais c’est vrai. C’est vraiment vrai.

Est-ce que tu peux nous montrer tes canards, alors ?

C’est compliqué [rires]. Je ne peux pas parce que je sais qu’il y a des gens qui n’attendent que ça, que je leur montre mes canards, je vais me les faire piquer, ça me saoule. Non…

Toi, tu n’es pas du genre à montrer tes canards le premier soir, je pense… Il faut attendre au moins le troisième rencard !

Non, mais tous les deux, quand on a commencé le groupe, on a montré les canards mais on a eu pas mal de soucis de vol donc, du coup, avec le succès, l’album et la tournée on a décidé de les mettre vraiment à l’abri et de ne plus trop en parler.

Je comprends, néanmoins avez-vous envisagé un partenariat avec Canard WC ?

Je préfère laisser Nicolas vous en parler…

Nicolas : Bah, ils voulaient nous enculer, tout simplement, et prendre un pourcentage complètement délirant [rires]. Non, mais on a signé avec Canard+, on est très contents comme ça.

Et par rapport à la chanson où vous parlez de votre envie d’avoir un gamin sans avoir à faire l’amour…

Andréas : En fait, c’est l’inverse qu’on veut.

Voilà, en fait la plupart des personnes qui enchaînent les conquêtes veulent plutôt l’inverse justement…

Ce n’est pas vraiment une biographie : c’est, comment dire ça, un personnage qu’on a inventé. C’est le même mec que dans « Montrez-moi vos miches », pour moi c’est un petit mec avec un chapeau un peu humilié par la vie qui chante très simplement. On se met dans la peau de ce personnage, mais ce n’est pas nous, c’est un personnage fictif qu’on a inventé et qu’on retrouve dans plusieurs chansons. C’est un peu lui partout en fait. C’est un peu une espèce d’idiot, mais il est assez lucide quand même [rires]. C’est une espèce de mec. Ce n’est pas vraiment nous mais c’est un mec qui chante un peu toutes les chansons, un peu idiot mais bon, c’est pas grave.

A propos d’ultra Vomit : « Manard est sur une île des Galapagos, d’un côté c’est chiant pour les répèt’ mais avec Skype ça va. Et Flockos est mort d’overdose ! »

Quelle est vraiment la part d’Andréas et Nicolas qu’il y a dans Ultra Vomit, c’est-à-dire quel influence a eu le duo sur Ultra Vomit ?

Ultra Vomit existe depuis 2000 et Andréas et Nicolas a commencé après, en 2006.

Nicolas : Je pense que c’est plus l’expérience d’Ultra Vomit qui a bénéficié à l’autre que l’inverse. Il y a aussi des morceaux comme les canards qui ont été composés avec Andréas et Nicolas mais qu’on a repris avec Ultra.

Justement, pourquoi les avoir repris avec Ultra Vomit du coup ?

La raison est simple : quand on a commencé à faire des chansons, on ne pensait pas forcément faire un truc carré, faire un groupe avec des tournées, des albums etc., mais simplement on voulait faire des chansons, se marrer et jouer à PES, donc, à la base, la finalité était plutôt de jouer. C’étaient plutôt des blagues, et quand on répétait avec Ultra et qu’Ultra devenait assez pro, ce qui s’est passé c’est qu’Andréas venait en répèt’, on jouait le morceau, on se disait : « Ha, tiens celle-là elle marche bien en metal », et on la reprenait sur l’album. Si on avait su qu’on ferait un album juste après dans la foulée, on n’aurait peut-être pas forcément fait ça, c’est juste que ça s’est présenté comme ça et tant mieux.

Pour rester dans le sujet, et plutôt pour Nicolas : est-ce que tu as des nouvelles d’Ultra Vomit du coup ? Ça fait un moment qu’est sorti Objectif : Thunes !

Ben, là, il ne m’a toujours pas rappelé Manard [rires]… Non, mais Ultra Vomit, c’est un groupe qui se voit régulièrement pour répéter et pour composer des morceaux. Donc voilà, on écrit des trucs.

Et est-ce que tu as des titres à nous donner en exclusivité, des thématiques ?

C’est compliqué mais il y aura du Manard qui chante, je pense, il y aura des voix de merde de Manard, et puis ce sera assez horrible [rires].

Spaceman : Parfait, très bien… Autre chose à ajouter Philippe ?

Metal’O Phil : J’avais une question à poser mais je l’ai oubliée… Ha, si, il y a une question que je m’étais posée. Pour toi, Nicolas, par rapport à Ultra Vomit. La dernière tournée que vous avez faite s’appelait « Renouvellement of intermittence »… Est-ce que ça correspond à une réalité, est-ce que vous êtes intermittents du spectacle ?

Oui, complètement, du coup, c’est ça qui faisait que la vanne nous faisait marrer : c’était vraiment le cas, je ne peux pas faire plus transparent que ça.

Ouais, il fallait vos heures quoi !

Ha, mais complètement, c’est vraiment ça. Et du coup comme c’était ça et qu’on avait le choix (tu as toujours le choix, tu peux toujours dire : « Ah non on ne fait pas ça, on refuse parce que ça ne se fait pas »), on a fait ce choix-là et on s’est dit : « Ah non, on va faire encore pire, on va le faire, et on va tellement l’assumer qu’on va le dire ». Du coup c’est ce qu’on a fait : on a dit « Ben voilà »… Mais ça ne nous a pas empêché de faire des choses malgré tout, je ne pense pas qu’on ait enculé les gens, si tu veux, mais dans l’esprit c’est ça, tu as un album qui est sorti en 2008 et on s’est retrouvés en 2012 à faire un concert sur le même album avec quand même des nouveautés, du coup on s’est dit : « Non, on va assumer jusqu’au bout » et c’est pour ça qu’on a trouvé ce titre-là. Ça nous a fait bien marrer de le faire.

Et vos heures, vous les avez faites du coup ?

Ouais, ouais…

Est-ce que l’objectif thunes de l’album a été atteint ?

Techniquement, j’ai envie de te dire que oui, mais, après, les thunes, c’est toujours quelque chose… Non mais l’objectif a été atteint, on est pété de tunes. Là, Manard est sur une île des Galapagos, d’un côté c’est chiant pour les répèt’ mais avec Skype ça va. Et Flockos est mort d’overdose ! Je vous le dis parce que je viens de l’apprendre par texto, là [rires].

« Will Smith pour moi ça devrait être le président des États-Unis. »

Est-ce que pour vous Will Smith c’est vraiment le meilleur acteur ?

Ben, ouais, je laisse Andréas te répondre…

Andréas : C’est quoi la question ?

La question c’est : est-ce que pour vous Will Smith est le meilleur acteur ?

Alors, la vérité c’est que oui ! C’est quoi, c’est une vraie question ou une fausse ? Non, c’est une vraie question ! Oui, bien sûr. Will Smith est le meilleur acteur, mais en France c’est sûr que c’est Depardieu [rires]. Je pense qu’un jour on fera une version française. Will Smith pour moi ça devrait être le président des États-Unis.

[Rires] D’accord, très bien. Et à quand un nouvel album d’Andréas et Nicolas, du coup ?

Ben demain normalement, demain matin.

Ha, ouais, c’est bien ça ! Normalement, on aura le promo après demain alors, c’est ça ?

Non, demain 9h on fait chauffer le café et on y va !

Alors, du coup, on refait une interview jeudi pour le nouvel album ?

C’est ça ! Non, mais sérieusement, peut-être d’ici un an, un an et demi, je ne sais pas, on ne sait pas avec le métier…

Et vous avez pensé éventuellement à avoir des invités sur vos futurs albums, peut-être justement avec Corbier, on en parlait tout à l’heure…

Le problème du featuring, c’est qu’il faut faire venir un mec plus excellent que toi sur l’album, et là ça va être dur d’en trouver [rires]. On avait déjà des petites idées, là on va voir si ça peut se faire ou pas.

Nicolas : Peut-être Fetus (NDLR : lui-même)…

Andréas : Ouais, Fetus d’Ultra Vomit…

Ha, il y aura Fetus d’Ultra Vomit sur le prochain Andréas et Nicolas, c’est bien ça !

On ne peut pas trop en parler encore…

Interview réalisée le 6 novembre 2012 par téléphone durant l’émission Anarchy X
Questions : Spaceman et Metal’O Phil
Retranscription : Chloé

Site officiel d’Andréas et Nicolas : www.andreasetnicolas.com



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