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Chronique   

Sylosis – Cycle Of Suffering


En 2016, Sylosis annonçait une pause pour une durée indéterminée. De quoi inquiéter les amateurs de la bande à Josh Middleton, soucieux quant à son inspiration et ses choix d’orientation musicale. L’incertitude quant à l’avenir du groupe s’est accrue lorsque Josh Middleton a entrepris de travailler avec Architects en devant l’un des artisans du succès d’Holy Hell (2018). Étant donné la nouvelle stature de la formation et l’emploi du temps rocambolesque qui en découle, un retour de Sylosis avait de quoi être compromis. Il faut croire qu’en réalité, Josh envisageait bel et bien une pause et rien d’autre, le temps de reconsidérer l’identité de Sylosis. Cycle Of Suffering est à ce jour l’album de la formation le plus incisif et « focalisé », comme si Josh Middleton cherchait à se contenir et ne conserver que les accroches les plus pertinentes.

Sylosis a toujours une identité thrash très prononcée, le groupe n’a aucunement désiré renier ses origines. Les premières rythmiques effrénées d’« Empty Prophets » ou les breaks old-school de « Shield » et « Arms Like A Noose » ne trompent personne : les Anglais embrassent pleinement le genre et Cycle Of Suffering n’offre que très peu de répit. La production met énormément l’accent sur le jeu de guitare, où les rythmiques hachées et brutes viennent côtoyer des arrangements plus subtils, à l’instar des arpèges mélodiques de « Shield » justement. La formule de Sylosis est restée la même : la voix de Middleton joue un véritable rôle de balise : lorsque celui-ci se laisse aller, Sylosis privilégie un riffing épique, plus aérien et qui contraste avec la densité rythmique environnante, à l’instar du single « I Sever » où Josh se met à scander en suivant simplement la mélodie en guise de catharsis. « Invidia » est un autre exemple flagrant de la méthode Sylosis : des transitions savamment ficelées entre une agressivité décuplée et des diatribes purement heavy allant jusqu’au jeu traditionnel des guitares lead enchevêtrées (« Apex Of Disdain »). Définitivement, la réflexion de Josh Middleton n’a pas abouti à une nécessité de faire table rase.

Au contraire, le frontman profite d’appuis très bien consolidés. La différence avec des opus tels que Dormant Heart (2015), Monolith (2012) ou Edge Of The Earth (2011) tient à la notion d’éparpillement. Le groupe de Reading a d’ailleurs sans doute profité de l’expérience Architects, véritable machine productrice de hits metal. Si pléthore de riffs il y a, Sylosis a pris relativement soin d’éviter la surenchère. « I Sever » se veut l’avocat de cette nouvelle philosophie : le thème principal se retrouve à l’incipit comme à la conclusion. Sylosis oriente mieux ses compositions et les articule autour de refrains accrocheurs comme « Idle Hands » ou de conclusions cathartiques et galvanisantes (« Empty Prophets », la progressions mélodique d’« Apex Of Disdain », le power-metal de « Devils In Their Eyes »). Il y a toujours une technicité autour des soli et des breaks, elle est simplement moins débridée et peut-être plus pertinente. Sylosis s’essaye en outre à de nouvelles sonorités, quitte à s’inspirer (grandement) de mastodontes de la scène tels que Gojira, dont l’ère From Mars To Sirius (2005) et The Way Of All Flesh (2008) a laissé son empreinte sur « Calcified », que ce soit pour son tapping, sa rythmique syncopée ou les variations de growl. Parfois Josh Middleton accepte quelques prises de risques : la conclusion sinistre et pesante « Abandon » le voit s’exprimer en voix claire, contrastant avec la fureur déployée sans cesse auparavant.

Sylosis n’est pas nouveau : il est juste ô combien plus efficace. D’aucuns regretteront justement ses allants plus sauvage, reste que Josh Middleton dissémine de nombreux moments identifiables et marquants tout au long de Cycle Of Suffering. On pourrait presque s’amuser à avancer que Cycle Of Suffering est une sorte d’Holy Hell version thrash, aussi homogène qu’exaltant. Les années de pause ont fait prendre conscience à Josh Middleton que les préjugés de genre et le positionnement de son groupe dans la sphère metal n’ont au final que très peu d’importance. Il a sublimé sa recette et Cycle Of Suffering rend justice à son approche, il ne reste que du plaisir.

Clip vidéo de la chanson « Calcified » :

Clip vidéo de la chanson « I Sever » :

Album Cycle Of Suffering, sortie le 7 février 2020 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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