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Live Report   

Symphony X ou la démonstration de force


« De toute façon, c’est vendredi, demain personne ne bosse ! ». Saluons cette invitation de René Pedersen, chanteur de Mercenary, à savourer cette dense soirée de concerts, comme l’on savourerait de se réveiller en pleine nuit, paniqué à l’idée d’être en retard au travail avant de réaliser qu’il est dimanche matin. Une déclaration qui s’imposait, afin de profiter pleinement de l’affiche sans s’inquiéter, même inconsciemment, de l’heure tardive à laquelle la soirée (00h30) se terminerait.

C’est avec plaisir que nous constatons également une affluence respectable pour cette affiche de puristes. On pouvait en douter, compte tenu de la tendance qu’a Symphony X à disparaître totalement de l’espace médiatique entre deux albums. Cependant, pour le lot de curiosités (la reformation de Psychotic Waltz, la présence rare de Nevermore en France…) qu’elle proposait, cette affiche avait, avec le recul, tout pour attirer du monde.


Artiste : Symphony XNevermorePsychotic WaltzMercenary
Date : 4 mars 2011
Lieu : Villeurbanne
Salle : Transbordeur

Live Reports : Metal’O Phil (Symphony X et Mercenary), Claude (Nevermore) Spaceman (Psychotic Waltz)

Photos : Spaceman

Mercenary : une mise en bouche enthousiasmante

La soirée commence tout en clichés avec le death à touches mélodiques de Mercenary. Tout est téléphoné, de la musique, les noms des morceaux (« Through The Eyes Of The Devil » quoi !) au jeu de scène et aux prises de paroles du chanteur. Ce qui ne les empêche cependant pas d’être efficaces : un cliché n’est pas populaire pour rien. L’enthousiasme des Danois à jouer leurs titres donne le sourire et surtout l’envie d’écouter, l’envie d’y croire. Du coup, on retiendra notamment quelques refrains mélodiques marquants. Et le public répond à cet enthousiasme. De telles réactions pour un groupe d’ouverture, ça fait chaud au cœur.

Setlist de Mercenary :

Into The Sea Of Dark Desires
World Hate Center
The Endless Fall
Through The Eyes Of The Devil
In A River Of Madness
In Bloodred Shades
The Follower
Firesoul

Devon Graves : la classe

Ce qui fait chaud au cœur, c’est aussi l’arrivée de Psychotic Waltz sur scène. Un évènement inespéré pour les fans, plus personne n’y croyait et pourtant c’est en train de se produire en ce moment même : le groupe culte de Devon Graves, Dan Rock et compagnie est de retour sur les planches. Autant dire que l’attente des quelques fans était élevée, pour les autres (tout de même majoritaire car Psychotic Waltz reste aujourd’hui un groupe méconnu) ce fut une découverte.

D’emblée le très classe et élégant Devon nous emmène dans son monde. C’est un bonheur de ré-entendre ces lignes de chant sophistiquées – un aspect que Devon avait légèrement laissé de côté avec son groupe Deadsoul Tribe – et pleine de sensibilité. Devon est là, magique, en pleine maîtrise de sa voix, de ses émotions. Un vrai showman qui plus est qui n’hésite pas à faire la causette et s’amuser avec le public : « sur cette tournée les gens se moquent de moi parce que je porte des sandales. Alors, pour que tout le monde soit au courant (il lève un pied), voilà, oui, je porte des sandales. C’est quelque chose n’est-ce pas ?! Mais c’est confortable et, en plus, c’est le seul truc qui va bien avec ce pantalon. Et je sais que vous adorez ce pantalon ! »

Brian McAlpine fait des merveilles sur son siège

On regrettera cependant ses absences lors des passages instrumentaux car, pourtant, il possède un véritable charisme parfaitement à même de maintenir l’attention. Dommage qu’il n’en profite pas et n’en joue pas davantage. C’est d’autant plus dommage que derrière et autour de lui, ça bouge peu. Il est clair que la reformation est encore très fraîche et les musiciens n’ont pas encore retrouvé leurs marques ensemble.

Malgré tout, la musique est belle et bien là – même si l’absence de certains titres tels que « And The Devil Cried » aura étonné les connaisseurs. Impeccable, tout comme le jeu exceptionnel du duo de guitaristes, Dan Rock et Brian McAlpine. Chapeau bas d’ailleurs à ce dernier qui se produit sur scène dans un fauteuil roulant, handicapé suite à un accident de voiture survenu dans son enfance.

Une prestation honorable et de qualité, pas plus. La musique était de toute façon là pour transporter les adeptes et conquérir de nouveaux fans. Espérons maintenant que le groupe saura retrouver une plus grande cohésion sur scène. Mais rien ne presse, il y a d’abord un album à finir.

Setlist de Psychotic Waltz :

Ashes
Haze One
Into the Everflow
Morbid
Halo of Thorns
Nothing
I of the Storm

Nevermore : plus jamais ?

Nevermore – ou plus jamais en français dans le texte -, eh bien plus jamais un concert comme ça.

C’est vrai, ils boudaient la France, préférant nos voisins allemands pour répandre leur thrash mélodique et technique, et maintenant qu’ils décident de venir nous voir en compagnie de Symphony X, eh bien c’est la catastrophe sonore.

La catastrophe, c’est surtout que Warrel Dane n’est pas du tout en voix. Lui qui apporte une forte personnalité au groupe grâce à son timbre unique, eh bien le père Warrel est malade. On se rend bien compte qu’il est affaibli. Tout d’abord ça s’entend, ensuite on remarque qu’il s’assoit souvent sur l’estrade de la batterie pour récupérer et puis, c’est carrément évident quand le roadie du groupe vient lui apporter des cachets en plein milieu du set.

L’impressionnant Jeff Loomis

Alors Nevermore sans la voix, c’est déjà pas terrible mais quand en plus on ne comprend rien à ce que font les guitares, où est l’intérêt ? Jeff Loomis est un pu***n de guitariste, sous-estimé (si on le compare à la cote des Petrucci, Malmsteem et compagnie) qui en plus d’avoir un jeu de shredder de la mort, nous balance des riffs d’exception. Ce final sur « Enemies Of Reality » au riff ravageur ! Et là… rien. On ne comprend rien. Nous voyons uniquement des doigts se déplacer très vite sur un manche. Mais l’ingénieur du  son est-il manchot ? N’a-t-il pas enlevé ses moufles ou ôté ses boules Quies ? Au regard des potards de la table de mixage, tout est à fond. Comment dès lors faire ressortir un instrument plus qu‘un autre ? Quel gâchis. Voir Nevermore avec un son pourri, autant rester à la maison et regarder le DVD !

Pour ne rien arranger aux affaires des compères de Seattle – qui n’ont vraiment pas de bol – leur bassiste qui est pourtant très actif sur scène est resté à la maison en convalescence, récemment opéré d’une tumeur au cerveau qu’il est. Au dire de M. Dane, qui mérite lui aussi du repos, tout va bien. C’est une charmante bassiste qui le remplace. Très agréable à l’œil, mais pas d’un intérêt musical inoubliable.

Une intérimaire fort charmante

S’il y a un au moins musicien à retenir, c’est bien Van Williams. Ce mec possède un groove incroyable, une prouesse quand on connait la technique développée par l’ensemble groupe. Et en plus, son jeu est un régal pour les yeux : sa gestuelle, le placement de ses cymbales et le mouvement de ses bras, ses hochements de tête… Tous ces éléments en font un des intérêt du concert. Et puis comment ne pas sourire quand il se lève de son siège à la fin du set pour venir saluer le public sur le devant de la scène :  le monsieur porte un kilt !

Alors chapeau M. Williams, de nous avoir diverti dans de si mauvaises conditions.

Un groupe qui mérite assurément d’être revu dans de meilleures conditions.

Setlist de Nevermore :

Inside Four Walls
Moonrise (Through Mirrors of Death)
The Termination Proclamation
Your Poison Throne
Born
The Heart Collector
The River Dragon Has Come
Emptiness Unobstructed
This Godless Endeavor
Narcosynthesis
Enemies of Reality

Le grizzli Russel Allen en action

Power of Metal Tour oblige, le set de Symphony X n’est composé que des titres les plus immédiats du répertoire du groupe. Sacré exercice de style pour un groupe de metal progressif ! Un examen que Symphony X passera avec brio avec une prestation des plus percutantes. Et ce, en grande partie grâce à cette bête de scène qu’est Russel Allen, dont l’agressivité n’a rien à envier aux frontmen de thrash. Le terme « bête » est d’ailleurs on ne peut plus approprié, tant au niveau du physique du chanteur que de l’attitude. Pour plus de photos de ce Wolverine du metal, rendez-vous dans la galerie photos. Au-delà de son charisme, soulignons également les merveilles vocales de Russel, tant dans un registre thrash que dans les aigus les plus Judas Priestiens. Un personnage qui en éclipserait presque ses collègues musiciens pourtant également déchaînés. Mention spéciale, tout de même, à Michael Romeo, arborant le sourire du début jusqu’à la fin.

Michael Romeo tout en sourire

Le set passe à la vitesse de la lumière, le groupe enchaînant les titres sans temps morts et à un tempo légèrement plus élevé que la normale. Une accélération dont nous ne sommes, en général pas friands mais qui, dans ce cas précis, apportait une dimension frénétique à la soirée. Cerise sur le gâteau, le groupe interprètera deux nouveaux titres extraits du prochain album The Iconoclast à sortir au mois de juin, dont le très metal et excellent « Dehumanize ».

Symphony X réalise là une démonstration de jeu de scène percutant dont beaucoup de groupes de progressif devraient s’inspirer.

Michael LePond sait aussi se faire remarquer

Setlist de Symphony X :

Of Sins And Shadows
Domination
Serpent’s Kiss
End Of Innocence
Paradise Lost
Inferno (Unleash The Fire)
Smoke and Mirrors
Dehumanized
Set the World on Fire (The Lie Of Lies)

Rappels :
Evolution (The Grand Design)
Eve Of Seduction



Laisser un commentaire

  • Un excellent concert avec un grand Symphony X.
    Une soirée bien longue qui a commencé à 18h, arrivant à 19h j’ai raté quasiment tout le premier groupe :/
    Une bonne découverte : Psychotic Waltz

    [Reply]

  • Je trouve que vous êtes un peu dur avec ce pauvre Warrel… Au moins il était sur scène! Plus d’un groupe aurait annulé pour moins que cela! (Je dit rien mais j’en pense pas moins…) Et puis, quelle joie de voir Nevermore, enfin!!!! Malgré tout, j’ai adoré!

    [Reply]

  • ah putain qu’est ce que je regrette de ne pas avoir put venir…
    c’était prévu pourtant, mais pas assez de thunes…
    ça m’aurai fait de la peine de voir Warrel dans cet état, mais manquer un set de symphony X avec des titres aussi destructeurs, et 2 indétis, ça me fait vraiment chier…
    vivement la tournée pour le prochain album!!!! pitié! des dates en France!!!!

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  • J’étais déçu de ne pas assister a ce concert, car j’adore le dernier Nevermore, mais après ta critique, je ne suis plus dégouté du tout !
    Merci Phil’ !

    [Reply]

    Spaceman

    En l’occurrence la critique de Nevermore c’est celle de Claude. 😉

    Mais c’est clair que Nevermore en live, j’ai aussi été déçu. Déjà au Hellfest le groupe ne m’avait pas plus emballé que ça. Mais là, c’était vraiment pas terrible. Dommage car à coté ils ont de superbes albums et des titres vraiment excellents.

    Au hellfest j’avais bien apprécié. J’ai assisté au show depuis la fosse au photographe, le son était correct (pas excellent) et Warrel chantait pas mal !

  • Excellente soirée, surtout avec Symphony X et Thaurorod. D’ailleurs, il ne manquerait pas un groupe dans la critique ? Il n’est même pas mentionné :/

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