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Live Report   

Tarja Turunen colore la route de l’avenir


Peu aurait vraiment parié sur la pérennité de la carrière post-Nightwish de Tarja Turunen qui, dans les mémoires, restera toujours l’emblématique voix du groupe finlandais. Mais voilà, avec Colours In The Dark, son nouvel album, la chanteuse montre qu’elle vit très bien sa carrière solo. De nouveaux fans, quelques anciens, mais en tout cas un rythme de croisière qui lui convient.

Ainsi Tarja Turunen au Transbordeur de Lyon – pour la deuxième fois depuis son éviction de Nightwish – ça ne brasse pas des foules conséquentes, c’est vrai. Mais en ce 6 février, ça en aura plus brassé qu’au dernier passage de la chanteuse. Et ce même si le Transbo est en configuration réduite.

Mais avant de voir débarquer la tête d’affiche du soir, place aux Parisiens d’Elyose à qui incombait de chauffer, au mieux, cette salle qui se remplit petit à petit.

Artistes : Tarja TurunenElyose
Date : 6 février 2014
Salle : Transbordeur
Ville : Villeurbanne

Elyose a encore besoin de grandir.

Elyose c’est une toute jeune formation, simplement armée d’un premier album (Théogyne) et dont le second n’est pas encore terminé. Autant dire qu’en termes de notoriété, même infime, en dehors des murs de la capitale, Elyose ne parle pas à grand monde. Plus encore quand la moyenne d’âge dans la salle avoisine la quarantaine déjà bien tassée ! Il y a un vrai fossé, au moins culturel, qui se dresse ainsi entre Elyose et ce public. Pour autant le Transbordeur ne boude pas les jeunes Français menés par Justine Daaé. Le groupe est même satisfait de l’accueil qui lui est réservé. En même temps chez les plus jeunes membres de l’audience, avoir Tarja Turunen en tête d’affiche entraîne nécessairement une première partie qui se doit de mettre une chanteuse sur le devant de la scène. Le minimum syndical pour répondre à leurs attentes. Or si sur ce point les termes du contrat sont respectés, sur le point de la qualité, c’est une autre histoire.

Indéniablement, Elyose gardera des souvenirs impérissables de ces dates en ouverture de cette grande dame du metal. Quel jeune groupe n’en garderait pas, d’ailleurs ? Mais malheureusement, bombardé sur des scènes de l’ampleur d’un Transbordeur demeure risqué. Car ici Elyose se laisse absorbé par la taille de la scène. La faute au statisme du groupe, timide, peu à l’aise pour occuper son espace. Et le constat est inévitable : musicalement, ça peine, et l’absence d’énergie scénique ne fera que plomber un peu plus la performance. Pourtant Elyose a déjà accompagné Therion en « main support » de sa tournée européenne. Donc cela ne serait-il qu’une question de temps avant que le groupe se sente enfin à l’aise dans cette peau de groupe bombardé comme valeur montante ? Peut-être ! Mais il faudra confirmer musicalement. Et ce soir, pas aidé par un son qui a fait disparaître la guitare de Marc De Lajoncquière (lui-même étant le plus mal à l’aise sur scène), Elyose n’a pas forcément convaincu par sa virtuosité. La section rythmique (Ghislain Henry à la basse et Pat Kzu à la batterie) assure pourtant le job avec un propos maîtrisé, propre et assuré. Malheureusement si sur disque Elyose arrive à mélanger ses diverses influences (électro, metal et lyrisme), sur scène, avec un son pas tip-top, le tout fait un peu flop.

C’est longuet, peu emballant, manquant de dynamisme. Bref, constat un peu amer mais de toute évidence Elyose n’a pas encore les épaules nécessaires pour supporter cette place qui lui était attribuée ce soir. Pourtant, de la bonne volonté il y en a ! Mais cela ne fait pas tout. Le temps, la patience et le travail sont donc les meilleures armes du groupe qui a au moins pu travailler, dans son format extra-large, ses nouveaux titres.

La star est là !

Quand « Deliverance » s’éparpille enfin dans le Transbordeur, ce dernier se dresse de tout son long, de toute sa hauteur. L’introduction accompagne l’arrivée des musiciens. Un à un. Premier constat de la soirée dressé suite aux nombreux applaudissements à son entrée : le batteur Mike Terrana est bien la deuxième star derrière la chanteuse ; tout au long du concert certains membres de l’audience s’exclameront avec des « Tu as vu le batteur ! » totalement ahuris, scotchés par la prestation ô combien visuelle du cogneur. Puis la voilà : Tarja Turunen, celle que tout le monde attend. « In For A Kill », la bien efficace, suivie de « 500 Letters » ouvrent ce show. Sobrement et efficacement. Il y a même une réelle simplicité qui se dégage déjà. Tarja n’est plus cette diva qui la caractérisait au sein de Nightwish. La chanteuse est plus à l’aise, tout sourire et dans un nouveau rôle qui lui sied à ravir : celui de frontwoman lambda (enfin, ça reste Tarja hein !).

Et en tant que frontwoman, le but est certes d’assurer le boulot devant le public (ce que l’on nomme le charisme et Tarja n’en manque pas), mais il faut aussi savoir se retirer, laisser respirer ses musiciens. Et la bonne humeur est vraiment générale. Anna Portalupi, la nouvelle bassiste de la formation, par exemple, assure une prestation dynamique et communicative (ce pied qu’elle tape avec conviction sur les planches du Transbordeur pour marquer les temps). Sa complicité avec Terrana (tous deux jouant ensemble dans Hardline) participe grandement à cette jovialité. Notamment quand le batteur s’amuse à embrasser ses (énormes !) biceps et que la jeune musicienne essaie de l’imiter avec beaucoup moins de réussite. Christian Kretschmar aux claviers est pour sa part au service de sa chanteuse : profond et concentré. Alors que Max Lilja (violoncelle) et Alex Scholpp (guitare) sont de leur côté au taquet, réagissant avec le public autant que possible et démontrant tout leur talent musical. Tout cela se sacralisant même lors d’une outro de « Never Enough » où chacun ira de son solo lors d’une vraie-fausse session jam bien trop maîtrisée pour être spontanée.

Mike Terrana, l’autre vedette de la soirée.

Il est donc clair que Tarja et sa troupe ont su avancer avec le temps. Si le propos musical ne convaincra pas plus aujourd’hui les réticents d’hier, le combo satisfait ses fans qui sont désormais tassés devant la scène. Un public réactif face aux titres très radiophoniques de la chanteuse – « I Walk Alone », « Anteroom Of Death » (toujours très intéressant dans son format live), « Never Enough » et « Until My Last Breath » (en rappel). Jubilant face à certaines reprises (« Wish I Had An Angel » de Nightwish en premier, mais aussi sur « Over the Hills and Far Away » en toute fin de set). Plus calme et intrigué (voire décroché) sur un « Darkness » de Peter Gabriel. La variété de la setlist parle un peu à tout le monde, à des degrés différents. Cependant certains titres trop « progressifs » tels que « Neverlight » et « Medusa » (tout deux extraits de Colours In The Dark) souffrent de leur longueur et de leur caractère de nouveauté. Une dimension progressive présente sur le dernier opus et qui demandera un peu de temps avant d’être retranscrite au mieux sur scène, au milieu de titres plus « tubesques » qui forment l’ossature principale du répertoire de Tarja.

Alors que retenir de ce concert ? Un bon moment, indéniablement. Il est bon de voir que la chanteuse arrive à développer et peaufiner son propre univers musical avec le temps. La stabilité du groupe l’accompagnant rode des performances scéniques toujours soignées visuellement. Et hormis les habituels détours en backstage pour la dame le temps de changer de tenue (seulement deux, ce soir là), il se passe véritablement quelque chose sur scène. Mais, comme sus-mentionné, dans la bande existe Mike Terrana qui est, de toute évidence, le moteur metal (avec sa frappe de mule hallucinante) du projet et qui permet de lier deux mondes que l’on retrouve dans la diversité générationnelle de la foule. Car il faut croire que le nom de Tarja ne se suffit (peut-être) pas toujours à lui-même pour parler au plus grand nombre. Et ce, malgré sa conséquente base de fans.

Photos : Spaceman

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