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Song For The Deaf   

Terminer un album est un art



Chanteur, guitariste et surtout tête pensante du groupe Rotting Christ, Sakis Tolis a du talent. Mais son groupe fait partie de cette nombreuse frange d’artistes qui ont du mal à toucher un public important. Il faut dire que, quelque part, Rotting Christ est un groupe d’extrême. Extrême dans l’expérimentation. Au début purement black metal, la formation grecque est parvenue à proposer un metal coloré et fort intéressant. Le combo n’hésitant pas à incorporer toute sortes d’instruments et influences diverses et variées.

Sakis, le pauvre, s’est blessé au pied récemment et se remet doucement. Conséquence : la tournée de Rotting Christ prévue en Amérique du Sud a été repoussée. Malgré ces problèmes, les Grecs continueront à leur retour de faire la première partie d’autres groupes à travers toutes les salles d’Europe pour promouvoir Aealo, leur dernier album sorti cette année. Mais là n’est pas l’objet du débat. La vraie question qui concerne Rotting Christ est la suivante : comment ce groupe fait-il pour terminer à chaque fois d’une manière magistrale ses albums ? Éléments de réponses ici.

On va prendre deux exemples sur le principe bien différents pour illustrer le propos.

Sleep Of The Angels est un album où la voix de Sakis se rapproche grandement du parler de Vorph (Samael). Rien d’étonnant car l’album a été produit par Xy, compositeur de Samael et également producteur à ses heures perdues. « Thin Is The Kingdom » est le dernier morceau de cet opus sorti en 1999 sous le label Century Media. Le clavier et les guitares font vraiment Samael mais à partir de 3 minutes ce morceau prend une ampleur considérable et propre à Rotting Christ avec ce superbe riff qui sera répété à l’envi une minute plus tard. Et ce jusqu’à la fin.

Rotting Christ sait bien que qu’un album DOIT se terminer en beauté. Sakis recherche cette grandiloquence, ce côté incontestablement épique du dernier morceau qui a pour mission de laisser une trace indélébile dans l’esprit du fan. Car le dernier titre est ce que l’auditeur gardera le plus facilement en tête. En l’occurrence il se dira « mais franchement c’est trop bon, j’en veux encore ». Oui c’est vraiment ce qui se passe lorsque le fade out s’achève définitivement sur « Thin Is The Kingdom » : on n’a qu’une envie, remettre le couvert du cd. Ah ils sont malins ces Grecs quand même : ce sont de sacrés commerciaux. A moins que ce ne soit tout simplement de super compositeurs ! J’opte bien sûr pour la seconde hypothèse même si cet opus reste inégal avec 5 chansons remarquables au début, un trou d’air où on ne retient pas grand-chose au milieu puis ce titre à la dimension épique qui clôt magnifiquement le disque. L’hypothèse est donc la suivante : les Rotting Christ font exprès de garder le meilleur pour la fin.

Nouvel exemple sur le très bon album aux sonorités parfois orientales qu’est Aealo sorti l’année dernière chez Season Of Mist. Avec « Orders From The Dead », si ce n’est pas une fin en beauté alors je ne m’y connais pas ! La voix de Diamanda Galás y est hallucinante de force et confère une dimension sacrificielle presque irréaliste à l’ensemble.

Emmanuel, rédacteur du webzine Obscure, souligne dans sa chronique de l’album « l’impulsion singulière, incantatoire » de Diamanda sur « l’un des titres les plus hypnotiques, rituels et hantés que le groupe ait jamais écrits. » Tout est dit, nous assistons à une véritable mise à mort (et encore un riff qui se répète chez Rotting Christ) où l’auditeur est subjugué devant tant de force, de puissance et de symbolique. La voix de Diamanda est déchirante – on a l’impression d’une prédication – et cela convient magnifiquement bien aux riffs de Rotting Christ qui sont, comme à l’accoutumée, à couteaux tirés.

Pendant près de 9 minutes, les Grecs nous emmènent sur une autre planète. La voix de Diamanda Galás apporte cette originalité, ce supplément d’âme qui confère au morceau « Orders From The Dead » une conclusion d’album encore une fois idéale.

Devant tant de talent, inclinons-nous et donnons à Rotting Christ la part de lumière qu’il mérite tellement.



Laisser un commentaire

  • rotting christ un groupe que j’admire enormement 🙂 et puis leur album et super c’est vrai sa donne un cote vorph mais apres sa passe cet album et parfait 🙂

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  • Rotting Christ est vraiment un grand groupe et c’est clair qu’il est étonnant qu’il n’obtienne pas plus de succès…
    Ils utilisent des arrangements et des gammes qui sortent du carcan metal extrême et qui donnent des compo’ énormes.

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  • King Asator dit :

    rien de mieux que Rototoap grown Christ ^^

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  • Bien d’accord avec toi sur Demonon Vrosis : quel hit !

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  • Reneï_Rotlovic dit :

    C’est vrai que j’ai l’impression que leurs nouveaux opus sont à chaque fois de mieux en mieux, AEALO est une grande réussite, du début à la fin, on ne voit pas le temps passer. 🙂
    J’adore aussi Eon Aenaos et Demonon Vrosis, respectivement la piste 2 et 3 sur AEALO.

    Et en concert on retrouve bien cette ambiance, et ils assurent sur scène ! A voir et à revoir !

    Pour les belges ou les nordistes, ils jouent au Metal Méan festival, près de Namur le 21 Aout 😉

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