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Chronique   

Testament – Brotherhood Of The Snake


Testament - Brotherhood Of The SnakeAvec Anthrax, Megadeth et la fougue de Lost Society (et l’annonce du prochain Metallica…), 2016 est l’année où le thrash prouve qu’il a encore une sacrée vigueur. Il manquait seulement Testament pour que la fête soit vraiment lancée. Avec Brotherhood Of The Snake, le onzième opus des californiens, c’est désormais chose faite. Après The Formation Of Damnation (2008) et Dark Roots Of Earth (2012) qui ont vu le groupe revenir en grande pompe, y compris en live où il est toujours aussi probant avec un véritable line-up all-star, coupons court au suspense, Brotherhood Of The Snake montre que Testament en a encore énormément sous la pédale.

Impossible de ne pas être un tantinet interpellé par ce Brotherhood Of The Snake. Pour commencer, l’inspiration quant au titre de l’album intrigue, Chuck Billy ayant déclaré s’être inspiré d’une société secrète fondée par le dieu Ea selon les tablettes mésopotamiennes. Une histoire dantesque qui fait de l’homme une création hybride née esclave, que la confrérie du serpent se charge d’éduquer en secret. Au-delà des inspirations rocambolesques, le groupe interpelle surtout par sa musique. En effet, ce dernier semble avoir accordé une importance à l’alternance de groove et d’une agressivité accrue, avec de nombreux passages plus lents, ou parfois la basse de Steve DiGiorgio ronronne comme un gros matou, qui viennent côtoyer des riffs thrash dans la plus pure tradition de Berkeley, en témoigne le pont de « The Pale King » mené par un Gene Hoglan mesuré qui vient soutenir les escapades inspirées d’Alex Skolnick et Eric Peterson, à la suite d’un passage bien thrashy de la vieille école. L’exemple type de ce procédé reste justement le titre éponyme qui ouvre l’album sans préambules, à coup de blasts et un cri death metal effroyable, puis survient un passage heavy tout en mélodie au tempo presque rock.

De fait, Brotherhood Of The Snake conjugue élégamment vieille recette et volonté de ne pas se complaire dans ce qu’on a déjà montré à maintes reprises. Évidemment, on reste en territoire balisé, à l’image des effrénés « Stronghold » et « Centuries Of Suffering », qui toutefois va jusqu’à flirter sérieusement avec le metal extrême, avec trémolos black metal et un chant rocailleux à la Vader. Testament démontre un véritable parti pris en misant sur un impact maximum, y compris au niveau de l’accroche. Le refrain de « Seven Seals » se mémorise immédiatement, scandé par un Chuck Billy au timbre qui ne semble pas vieillir, et même étale ici toute sa large palette (incluant des voix parlés tantôt diaboliques, tantôt dans l’esprit Pantera). On peut de même évoquer le brûlot heavy mélodique « Born In A Rut » qui, là aussi, restera en tête longtemps après. Le constat est le même pour les soli des sieurs Skolnick et Peterson, incisifs que ce soit dans l’exercice classique du solo thrash (« Canna Business ») ou des mélodies moins cavalières (« Neptune’s Spear », « Born In A Rut »).

On pourra bien trouver à redire ici et là, suivant ce que chacun attend. Par exemple, bien que Gene Hoglan excelle dans un style thrash académique, atteignant des vitesses fulgurantes et gratifiant de roulements à s’en décrocher la mâchoire, les rythmiques peuvent parfois manquer d’un peu de panache – à ce titre, Peterson, qui compose les parties de batterie, devrait peut-être songer à davantage se reposer sur la créativité du batteur. On pourra également regretter le refrain malaisé de « Black Jack » ou que l’album se termine de façon anodine avec « The Number Game ». Brotherhood Of The Snake n’est ainsi pas totalement exempt de longueurs.

Au-delà de leur constance en concert, les californiens se font toujours figure de proue d’un genre qui paraît rajeunir. Brotherhood Of The Snake se fond sans peine dans la discographie du groupe et se taille une place de choix. Sans aller jusqu’à dire qu’il se bonifie avec l’âge, Testament évolue avec une vraie pertinence, désormais voué à trouver ce qui se retient et serait d’une efficacité maximale plutôt que ce qui impressionne. Plus agressif, plus speed, plus heavy, plus mélodique… Avec Brotherhood Of The Snake, Testament met tous les voyants au vert !

Chanson « Stronghold » en écoute :

Lyric vidéo de la chanson « Brotherhood Of The Snake » :

Album Brotherhood Of The Snake, sortie le 28 octobre 2016 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici.



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  • Assez d’accord avec l’opinion de l’auteur ici. C’est solide, efficace, mais pas aussi surprenant que Dark Roots précédemment. Le début de l’album (avec Pale King et Stronghold) est monumental mais se rallonge un peu vers la fin pour moi

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