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Interview   

Testament : la confrérie mise à l’épreuve


Chuck Billy - TestamentLorsque l’on écoute un album, on ne se doute pas forcément de l’envers du décor et tout ce qu’humainement cela a impliqué, que ce soit la joie et la camaraderie mais aussi parfois les frustrations et le manque de communication entre les membres, comme ça a pu être le cas avec Brotherhood Of The Snake, le nouveau disque des thrasheux californiens de Testament. Le frontman Chuck Billy est, en effet, suffisamment honnête pour révéler que la conception de ce onzième album n’était pas une partie de plaisir, émaillé de doutes, de colère et de frustrations. Un discours qui peut sembler alarmant quant à la solidité d’un line-up par ailleurs constitué de parmi les plus grosses pointures du genre. Mais au final, Testament est arrivé à bout de l’oeuvre, et tous ces sentiments négatifs semblent avoir servi pour donner son caractère à un album dont le groupe peut être fier.

Un disque dont les thématiques, à quelques exceptions près, ont pour point de départ l’ancienne société secrète de la Confrérie Du Serpent, qui donne son nom à l’album, et de façon générale la fascination de Billy pour les religions mais aussi les liens qu’on peut établir entre ces dernières et une hypothétique présence extraterrestre passée. Billy nous parle de tout ceci.

Testament 2016

« C’était frustrant, ça faisait vraiment chier et je lui ai dit [à Eric Peterson] que plus jamais je ne veux enregistrer comme ça. »

Radio Metal : Eric Peterson a dit au cours d’une interview que vous étiez « pris [avec les concerts] et que [vous] n’avi[ez] pas vraiment le temps en tant que groupe pour vraiment [vous] concentrer et jammer sur ces chansons. [Il] a à peu près tout écrit, et tout s’est fait à la dernière minute. » Il a aussi dit que l’album « a été écrit très, très rapidement. » D’un autre côté, tu as déclaré que, au contraire, le processus a été très long et frustrant…

Chuck Billy (chant) : « Très rapidement, » eh bien, je ne sais pas de quoi il parle. J’avais les chansons depuis environ un an et demi mais elles n’étaient pas terminées, elles étaient tout juste démarrées sous la forme d’un paquet de parties. C’est pour ça que je pense qu’il y avait beaucoup de frustration et de colère de ma part et de la part de Gene [Hoglan], Alex [Skolnick] et Steve [DiGiorgio]. Car ils ont été en studio sans jamais entendre les chansons au préalable. Jamais. Ils ne les ont jamais répété, n’ont entendu aucune démo… Ils n’ont rien entendu. Donc Eric a juste fait jouer toutes ses parties à Gene et Steve et Alex. Donc je ne sais pas pourquoi il raconte que ça s’est fait si rapidement. Je pense que c’était un problème dû à la communication qui était mauvaise entre Eric et tout le monde.

Donc ce manque de communication était un facteur dans cette frustration ?

Oui, ça créait une frustration. Mais je pense qu’au milieu de la frustration et de la colère, et toutes les émotions que tout le monde ressentait, nous avons reversé tout ça dans l’album. Dans le groupe, il y a de très bons musiciens. Lorsqu’ils ont commencé à faire les enregistrements, Gene, Alex et Steve n’ont entendu aucun chant, ils enregistraient juste la musique. Ils ne savaient rien du feeling ou quoi que ce soit. Heureusement, ce sont tous de si bons musiciens qu’ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient, et ça défonçait. Donc ils n’ont rien entendu avant… Même moi. Lorsque Gene avait fini d’enregistrer, je me préparais à commencer mes enregistrements, et j’ai entendu dire que « oh, il y a une nouvelle chanson qu’Eric a enregistré. » « Quand est-ce que je vais pouvoir l’entendre ? Il faut que j’écrive des paroles pour cette chanson ! » Donc ça rajoutait encore plus de frustration, et plus de colère. Mais certaines de ces chansons ont fini par devenir certaines des meilleures parce qu’il y avait une pression, nous étions dos au mur, nous étions irrités, à essayer de finir cet album depuis longtemps, depuis au moins un an et demi. Même plus longtemps ! Lorsqu’Eric a dit ça, à propos d’avoir été très rapide, j’étais là : « Mec ! »

J’avais cette chanson écrite. J’ai regardé dans mon ordinateur, j’avais écrit la chanson il y a un an et demi. J’avais des chansons qui étaient écrites depuis un bail. Mais les chansons, il ne les avait lui-même pas encore terminées, donc lorsqu’il m’a fait écrire mes paroles, il ne savait pas encore où les leads allaient aller. Donc j’ai écrit des paroles par-dessus tout, les sections de leads, les couplets, tout. Donc je suis venu au studio, parfois je chantais mes parties et il disait : « Non, ne chante pas ici, c’est là où il y a les solos. » Ou parfois, je chantais et il disait : « Oh, j’aime ce chant ici, du coup trouvons un nouvel endroit pour les solos. » C’était donc frustrant, ça faisait vraiment chier et je lui ai dit que plus jamais je ne veux enregistrer comme ça.

C’est le premier album pour lequel nous ne sommes jamais allés en studio pour répéter et faire des démos avant de l’enregistrer. Mais nous savions que nous venions en Europe le 15 juin, donc il fallait que nous ayons terminé les enregistrements d’ici là. Donc lorsque nous avons terminé la tournée avec Slayer en mars, nous savions que nous avions mars, avril, mai, et il fallait que ce soit fini. Donc nous avons commencé à travailler un peu plus dur, et ensuite nous avons réservé le studio parce que Gene avait une petite période de libre, quelque chose comme douze jours. Donc nous étions là : « Eh merde ! On le réserve ! On doit le réserver même si nous ne sommes pas prêts. Il n’a même pas entendu les chansons, mais on le réserve. Il faut qu’on le fasse. » Et donc nous avions la pression, et Gene, Steve et Alex ont assuré avec ce qu’ils ont fait.

Même moi j’écrivais des trucs en studio, sur place, certaines des mélodies, même certaines des paroles. « Seven Seals » était la dernière chanson qu’Eric m’a donnée en studio. Je l’ai écouté pendant quelques jours et ensuite je suis rentré chez moi et je l’ai écrite. Je suis revenu le lendemain et je l’ai enregistrée. Elle a fini par devenir peut-être une de mes chansons préférées. Du fait que nous avions la pression, ça a apporté quelque chose de spécial au processus d’enregistrement. Nous n’avons pas trop réfléchi ou essayé de rendre les chansons basiques, genre couplet, refrain, couplet et imiter et transposer. Il y a plein de parties différentes dans ces chansons. Donc je pense que ça a produit des chansons très spéciales à partir de quelque chose qui était très dur.

Cet album couvre tout le panel de ton chant, du growl death metal puissant qui commence l’album au refrain plus rock n’ roll et mélodique de « Stronghold » ou les parties parlées diaboliques de « Seven Seals ». A quel point était-ce un défi pour toi de chanter dans une telle variété de styles ?

C’est plus facile pour moi de chanter en voix claire. Chanter davantage avec ma voix death en permanence, surtout en live lorsque nous tournons beaucoup, ça m’use bien plus que de chanter avec une voix plus claire. Et je savais que je voulais aborder cet album avec davantage de mélodie. Je voulais que cet album soit plus rapide mais je voulais quand même qu’il soit mélodique et pouvoir chanter plus. Tu sais, je ne fais qu’expérimenter. Généralement, j’écris et chante en fonction de ce que je ressens avec la musique qui m’est présenté. Dans des albums comme Demonic, une bonne part des chansons avaient une voix vraiment heavy-death parce que c’est ce que la musique renvoyait. Mentalement, à l’époque, pour ce [nouvel] album, nous nous y sommes mis avec une idée en tête. Je voulais que la batterie soit énorme, avec de gros toms, mais je voulais qu’il ait la vitesse et l’agressivité de The Gathering, tout en ayant la mélodie de Practice What You Preach ou autre. C’est ce que nous voulions dès le départ et recherchions, donc nous sommes restés sur cette direction. Je pense que nous y sommes parvenus, car c’est thrashy, rapide, mais il y a quand même de la mélodie et des accroches vocales.

Testament - Brotherhood Of The Snake

« J’avais un peu peur, me disant : ‘Bon sang, ce sera un de ces albums qui craignent, et nous allons commencer à écrire un nouvel album tout de suite après et oublier celui-ci !’ Jusqu’à ce que les chansons commencent à se développer en studio, et ensuite que nous puissions les entendre vraiment pour ce qu’elles sont. »

Est-ce que vous avez voulu pousser tous les aspects du son de Testament au maximum ?

Oui. Mais en t’y mettant, tu as une idée et un plan mais ça ne fonctionne pas toujours comme tu veux. Comme je l’ai dit, nous étions loin d’avoir des chansons terminées, nous ne savions pas ce qu’il se passait. J’avais un peu peur, me disant : « Bon sang, ce sera un de ces albums qui craignent, et nous allons commencer à écrire un nouvel album tout de suite après et oublier celui-ci ! » C’est peu en se disant ça que nous nous y sommes mis, car nous ne savions pas, jusqu’à ce que les chansons commencent à se développer en studio, et ensuite que nous puissions les entendre vraiment pour ce qu’elles sont. C’est là que nous nous disions : « Wow, il se passe plein de trucs là-dedans ! Et tout semble bien s’imbriquer. »

Eric a aussi dit que « la seule différence sur celui-ci, c’est que [vous] av[ez] essayé d’être un peu plus organique, et [vous] éloigner de la perfection du son d’Andy Sneap. » Qu’est-ce qui vous a fait dire que Testament avait besoin d’une approche plus organique et brute ?

Parce que nous ne voulions pas être prévisibles dans la composition. Il y a des chansons où tu deviens un peu prévisible quant à la direction que tu cherches à prendre. Avec celui-ci, je sais qu’Eric ne voulait pas juste écrire, comme je l’ai dit, un riff et ensuite le répéter dans toute la chanson. Il y a des chansons qui sortent un peu des sentiers battus, pendant que le chant va également ailleurs, et pourtant ils fonctionnent quand même bien ensemble. Je pense qu’après trente ans à composer ensemble, c’était simplement une situation où nous avons démarré sachant ce que nous voulions mais nous ne savions pas si nous l’obtiendrions, mais au final, tout a évolué avec la frustration et tout ce qui a été dans cet album. D’une manière ou d’une autre, nous y sommes arrivés. Tu essaies toujours de faire en sorte que ton nouvel album soit meilleur que ton dernier album. Je trouvais que Dark Roots était un très bon album, et je me disais : « Comment allons-nous mettre de meilleures chansons là-dedans ou faire un meilleur album ? » Nous savions que nous voulions qu’il soit plus rapide mais nous ne savions pas si plus rapide allait être mieux, jusqu’à ce que nous écrivions ces chansons.

Et est-ce que c’était un challenge pour Andy de s’éloigner de la perfection du son qu’il fait habituellement ?

Nous avons commencé en disant à Andy ce que nous voulions. Nous voulions un plus gros son de batterie, nous ne voulions pas que la batterie soit faite avec un paquet de samples. J’avais le sentiment que dans les mix d’Andy pour certains groupes récents, surtout les groupes de thrash rapides, le son de batterie sonnait trop artificiel à mes oreilles, surtout la grosse caisse, c’était trop « tacatacatac ». Nous voulions des trucs qui sonnent plus organiques, gros et réels. Je veux dire que si nous pouvions le faire à notre manière, nous aurions essayé d’enregistrer sur bandes magnétiques deux pouces, exactement comme les vieux albums étaient faits. Ça aurait sonné plus chaud, plus gros. Nous voulions que ça sonne comme un album old-school. Tu essaies toujours d’obtenir ce son d’album, mais nous n’avons jamais pu le faire. Ceci est le plus proche que nous avons été de sonner comme ça, car c’est plein, c’est puissant, et c’est précis.

C’est d’ailleurs la seconde fois d’affilée que vous travaillez avec Andy. Comment votre collaboration a évoluée avec le temps ?

C’est tout une question de communication. Lorsque nous avons commencé pour la première fois à travailler avec lui, moi et Eric, nous avons pris l’avion pour l’Angleterre pour mixer l’album avec lui. Et moi et Eric, nous le rendions complètement dingue parce que nous étions là : « Essaye ci, essaye ça, met cet effet, essaye ça ! » Nous le rendions fou ! Il était là : « Allez, les mecs, ça suffit ! » J’étais d’un côté, Eric était de l’autre côté et nous n’arrêtions pas de l’agresser ! Après l’album Dark Roots, nous nous sentions en confiance en nous disant : « Je pense qu’il peut le faire, laissons-les commencer l’album sans que nous soyons tout le temps sur leur dos. » Et c’est ce que nous avons fait. Immédiatement, il avait un mix qui était très proche [de ce que nous voulions], et nous n’avons fait que quelques ajustements. Ces chansons ont été écrites de telle façon que je me sentais un peu plus à l’aise en ayant un son un peu plus sec sur la voix, alors que par le passé j’avais plein de délais et d’effets, et ça faisait que le chant ne ressortait pas aussi bien, et ça affectait aussi le reste du mix, alors que maintenant, sur le dernier album, sur Dark Roots, les guitares avaientt encore un peu d’effets mais le chant était un peu plus sec, car j’avais plus confiance en ayant ce genre de son. Du coup j’étais beaucoup plus à l’aise en abordant cet album, avec un chant vraiment sec, comme si tu le recevais en pleine face, et tu entends chaque mot. Les guitares aussi sont très sèches, ce qui a laissé plus d’espace pour la batterie et la basse, car tu peux vraiment les entendre, de manière massive. Donc nous sommes juste tombés là-dessus la fois dernière ou bien nous avons la chance qu’Andy ait pu faire que ça fonctionne, et nous l’avons poussé un peu plus loin cette fois avec cet album.

Vous avez donc une nouvelle fois fait appel à Andy Sneap pour la production mais également Eliran Kantor pour l’artwork, tout comme Dark Roots Of Earth. Du coup, est-ce que tu vois Brotherhood Of The Snake comme un développement ou une amélioration de son prédécesseur ?

Je le vois comme une amélioration, à tous points de vue, de la musique à l’artwork. Nous avons fait appel à Eliran Kantor pour la pochette et nous avons fait appel à Marcelo Vasco pour l’intérieur du livret, et les deux ensembles ont vraiment fait un joli boulot. Le résultat est vraiment super.

La Confrérie Du Serpent (Brotherhood Of The Snake, NDT) était une société secrète fondée il y a environ six mille ans par des extraterrestres pour exploiter les hommes, inventant notamment les religions pour les détourner de la vérité. Peux-tu nous dire comment tu en es arrivé à t’inspirer de ce thème ?

Il y avait une émission à la télé qui s’appelait Ancient Aliens. C’était une fascination partagée entre les extra-terrestres et la religion, et il y avait toujours ce lien avec différentes religions autour du globe, datant de très longtemps, où dans leurs écrits, les bibles, les avertissements, il y avait ces êtres extra-terrestres, et ils avaient tous la même grosse tête sur leur corps et des vaisseaux volants dans les cieux et tout. Ça m’a toujours fasciné. Il n’y avait pas d’internet, pas de téléphone, comment ceci a bien pu se retrouver partout dans le monde, dans différentes religions, surtout étant donné la nature-même d’une religion ? C’est quelque chose d’assez fort et puissant, le fait de documenter ce genre de choses. Donc lorsqu’il y avait un lien, ça m’a vraiment fait réfléchir parce que je suis catholique, ma mère était très religieuse, j’ai été élevé en apprenant la bible, etc. Donc maintenant que j’ai grandi et que j’ai mes propres pensées et opinions, j’ai eu cette fascination pour toutes ces religions qui m’a donné un regard différent sur, je suppose, la religion, mais surtout simplement la spiritualité.

Testament 2016

« Il y avait ces êtres extra-terrestres, et ils avaient tous la même grosse tête sur leur corps et des vaisseaux volants dans les cieux et tout. Ça m’a toujours fasciné. Il n’y avait pas d’internet, pas de téléphone, comment ceci a bien pu se retrouver partout dans le monde, dans différentes religions, surtout étant donné la nature-même d’une religion ? »

Le groupe étant lui-même baptisé Testament, à quel point justement la religion a été un centre d’intérêt pour toi en tant que personne et artiste, dans ta vie et ta carrière ?

Etant dans un groupe de metal et ayant grandi dans tout ce truc religieux, voir le lien, ça me fait réfléchir. Evidemment, l’histoire qu’on m’a apprise, grandissant en tant que catholique, comme Moïse qui ouvre la Mer Rouge et tout, maintenant, on se dit : « Vraiment ? Quelqu’un a vraiment ouvert l’océan ?! » Je ne sais pas, c’est difficile à croire maintenant. Et puis tu apprends sur les religions, leurs croyances, leurs Dieux, et tu en viens à comprendre que l’important, ce n’est pas une religion en particulier, c’est la foi ou l’au-delà ou le simple fait d’être une bonne personne, c’est presque la religion ultime, simplement vivre une bonne vie, et le fameux adage, « ce que tu désires qu’il te soit fait, fais-le toi-même pour les autres », traite les gens de la façon dont tu aimerais être traité. Donc il y a une forme de spiritualité derrière ça. Dans ma vie, je n’ai pas découvert mes racines amérindiennes avant d’avoir eu mon cancer, et ensuite j’ai été voir quelques guérisseurs, et ça m’a vraiment un peu changé, ça m’a ouvert les yeux sur ma spiritualité avec la culture amérindienne, même si j’ai été élevé en catholique. Ça m’a donc ouvert les yeux et l’esprit un peu plus sur la spiritualité, mais pas forcément la religion.

Comment le thème de la Confrérie Du Serpent a inspiré le reste de l’album ? Et quelles sont les autres sujets abordés ?

Pas mal de chansons ont démarré avec le truc de la société secrète, les aliens, la religion, ça a un peu donné le ton pour les chansons. Mais il y a des chansons comme « Neptune’s Spear », « Black Jack » et « Canna Business » qui s’éloignent de ce thème de la société secrète. Par exemple, « Black Jack » est un peu une métaphore sur les jeux d’argent ; le fait de risquer sa vie mais en utilisant les jeux d’argent en tant que métaphore. Et « Canna Business », tu sais, les lois médicales en Amérique, en Californie, dans le Colorado et tous ces états qui en viennent à légaliser la marijuana, en plus j’ai un inhalateur que je vends via un site web… Une fois que j’ai eu ma carte médicale, j’ai découvert que ce business avait une application baptisée Weedmaps. C’est un genre d’Uber, tu l’ouvres et tu peux voir tous les gens autour de toi qui peuvent te fournir de l’herbe. Donc tu cliques sur le bouton, tu peux voir le menu, tu peux les appeler et commander ce que tu veux sur le menu ! Genre : « Regarde ce business, c’est Canna Business ! » Si le reste des états se mettaient à faire autant d’argent que le Colorado, merde ! Nous n’aurions plus aucun putain de déficit aux Etats-Unis! C’est donc clairement quelque chose qui m’a inspiré à écrire sur le sujet. Et « Neptune’s Spear », c’est assez excentrique. C’était une des chansons que j’avais écrites il y a environ un an, je crois, avant que je ne pense à la Confrérie Du Serpent. « Neptune’s Spear » était le nom de la mission de SEAL Team Six lorsqu’ils recherchaient Osama Bin Laden. Donc la chanson parle de débarquer par les airs, capturer et tuer Osama, en gros. C’est trois chansons se démarquent un peu du concept de l’album.

En 2012, Eric Peterson a déclaré : « Si Testament passe par des jours sombres, je ne sais pas si ce line-up tiendra. » Depuis lors, le bassiste Greg Christian est parti mais penses-tu, comme Eric le ressentait il y a quelques temps, une fragilité dans le line-up du groupe ?

Non, je pense, en fait, que nous avons un line-up encore plus solide. Steve DiGiorgio est de retour dans le groupe, et Steve et Gene jouaient dans Death To All, donc ils forment une section rythmique vraiment forte. Et pour Steve, je m’en suis voulu lorsque… Car il était sur l’album The Gathering, et lorsque je suis tombé malade, et ensuite nous avons fait notre tournée de reformation avec Louie [Clemente], Alex et Greg… Je m’en suis voulu parce qu’il était dans le groupe mais nous avons décidé : « Hey, on fait le truc de la reformation. Ensuite nous verrons ce qui se passera. » Mais ensuite, sans s’en apercevoir, trois, quatre, cinq ans se sont écoulés, et une fois que Greg a décidé de partir, c’est là qu’il y a eu l’opportunité. Immédiatement, la première idée était : « Appelons Steve ! » « Steve, est-ce que tu veux venir jouer ? » Il était là : « Bordel, ouais ! » Et il était de retour, à nouveau dans le rythme. Lorsqu’il est allé en Australie avec nous, c’était sa première fois [qu’il jouait avec nous] depuis qu’il est revenu.

Et comment c’était son retour et quel a été son apport à l’album ?

C’était super qu’il soit revenu parce que c’est un excellent bassiste et il apporte une autre énergie, rien qu’en traînant dans les coulisses ou dans le bus. Donc ça faisait du bien de l’avoir ici. Sur l’album, Eric a tout écrit, la totale. Comme je l’ai dit, Steve ne savait même pas ce qu’il allait enregistrer lorsqu’il a été en studio, il n’avait jamais écouté les chansons, tout comme Gene, tout comme Alex. Eric a tout fait.

Il y a eu une querelle avec l’ancien bassiste Greg Christian et il a eu des mots durs dans la presse à votre encontre. Est-ce que les choses se sont un peu calmées avec lui ? Avez-vous eu l’occasion de parler et arranger les choses entre vous ?

Non, nous ne parlons pas, parce que Greg voit les choses à sa manière, d’une certaine manière, et nous voyons les choses d’une autre manière, et ça ne changera jamais. Il a décidé de partir et nous avons décidé de passer à autre chose.

Le line-up actuel est probablement l’un des plus prestigieux que Testament ait jamais eu, dans la mesure où tous les mecs dans le groupe sont des stars et de fortes personnalités musicales. N’y a-t-il aucun problème d’égo parfois ?

Non, pas d’égo. Tout le monde est assez à l’aise et tout le monde s’entend bien. Je ne connais pas l’avenir mais j’espère que ce line-up perdurera.

Eric a dit : « Ce qui est bien, c’est qu’il y cinq autres chansons que je n’ai pas pu enregistrer parce que nous n’avions pas le temps. Donc j’ai un peu une longueur d’avance pour le prochain. » Que peux-tu nous dire sur ces cinq chansons ?

Je ne sais strictement rien sur ces cinq chansons. Je sais qu’elles existent mais je n’ai rien entendu, il ne me les a jamais montrées. En revanche, je lui ai parlé, j’ai dit : « Mec, ça ne va pas recommencer, on ne va pas attendre quatre ans pour faire un album. » Nous ne rajeunissons pas, nous n’avons pas le temps de perdre quatre ans. J’espère que dans deux ans, nous sortirons un nouvel album. Mais je suis content qu’il ait des chansons, parce que nous devrions nous y mettre maintenant et prévoir d’avoir un album dans deux ans.

La dernière fois qu’on t’as parlé, tu nous a dit que vous envisagiez de réenregistrer vos premiers albums afin de leur donner un son plus moderne. As-tu des nouvelles à ce sujet ?

Nous voulons les remixer, mais nous n’arrivons pas à mettre la main sur les bandes originales. Nous avons réenregistré First Strike Still Deadly, qui contenait des chansons de The Legacy, The New Order et Practice What You Preach. Mais refaire tout l’album Legacy, je ne sais pas. Nous en parlons parce que The Legacy arrive à son trentième anniversaire l’année prochaine, donc puisque nous ne pouvons pas le remixer, nous pensons peut-être faire un récit pour chaque chanson, où on parlerait de chaque chanson, de quoi elles parlent, ce qui les a inspiré, comment c’était à l’époque pour nous, etc.

Interview réalisée en face à face le 22 août 2016 par Valentin Istria.
Retranscription : Robin Collas.
Traduction, fiche de questions et introduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Gene Ambo.

Site internet officiel de Testament : www.testamentlegions.com

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  • C’est super intéressant comme interview parce qu’on a un retour sur ce qui s’est passé en interne pendant l’enregistrement. Son explication de la section batterie plus puissante (voir sur-mixée des fois) et de la ligne de chant est parfaitement claire et colle tout à fait à l’impression générale du CD (la mienne du moins). Ce genre de retour sincère manque un peu parfois en interview…

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