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Live Report   

Textures, le premier rôle


À chaque fois que l’on se rend à un concert catégorisé « djent », on constate sempiternellement la même chose : la réputation du genre peut être mitigé, impossible de nier qu’il continue d’attirer. En outre, refuser d’assister à une prestation de Textures après la sortie de l’excellent Phenotype ne se justifie tout simplement pas. À vrai dire, la prestation des Hollandais ne laissait pas beaucoup de suspense. Textures est une machine de guerre, un groupe qui live après live continue de démontrer qu’il est l’un des fleurons de la scène européenne, rien que ça. Pour certains, la véritable interrogation, ce sont les Français d’Uneven Structure en passe de sortir La Partition après la petite prouesse qu’était Februus (2011). Quand on connaît l’atmosphère dégagée en studio par ces derniers, la question fatidique survient : « Rendent-ils justice à leurs morceaux ? ».

Comme toujours, le CCO de Villeurbanne était le théâtre parfait pour y apporter une réponse.

Artistes : TexturesUneven StructureNonsense
Date : 27 février 2016
Salle : CCO
Ville : Lyon

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Textures (Kulturfabrik, 27/03/2016)

C’est un autre groupe français qui a la lourde tâche de lancer la soirée : Nonsense. Ces derniers sont en train d’obtenir de plus en plus de notoriété et à juste titre. La salle est déjà suffisamment remplie pour que leur prestation ne fasse pas seulement office de simple chauffe. Nonsense n’invente rien, la formation défend parfaitement son EP In Earth qui évidemment lorgne du côté des aînés de Textures voire de Periphery en certains endroits. Malgré un certain classicisme des compositions et un son oscillant entre le brouhaha et le surplus de basse, Nonsense dégage une expérience plutôt rare chez les jeunes groupes. Suffisamment pour intriguer et envisager que, plus tard, ils pourront être parmi les groupes français les plus influents de la scène. Certes, Nonsense n’y est pas encore, mais ils ne donnent pas de raison de penser le contraire.

La salle est presque comble lorsqu’Uneven Structure foule les planches. Il est plaisant de voir qu’une bonne partie de l’audience est au fait du talent de ces derniers. Uneven Structure délivre un métal d’une grande complexité, avec une homogénéité des titres qui loin d’être rébarbative donne une impression de grand « tableau » plutôt qu’un agglomérat de morceaux. Les musiciens s’effacent d’ailleurs très rapidement pour laisser les compositions s’exprimer, en témoigne le peu de lumières utilisées sur scène. La question était de savoir s’ils étaient capables de s’exprimer en live ? L’ouverture avec « Awaken » clôt le débat très vite.

Textures (Kulturfabrik, 27/03/2016)

Même avec une production indigne de la virtuosité des musiciens, tout fonctionne. Uneven Structure cultive l’art de la catharsis à merveille. Surtout, leur concert est l’occasion de constater la progression du groupe depuis Februus : Uneven Structure nous gratifie de « Funambule » qui figurera sur le prochain album, aux accents plus progressifs. Le public respecte suffisamment les atmosphères proposées pour que l’alchimie fonctionne : Uneven Structure en impose, sans vraiment forcer. Plus discret qu’un Hypno5e, un Hacride ou un Klone, il se range pourtant à leurs côtés sans pâlir.

Et Textures arriva. Sans fioritures, simplement quelques nappes de clavier pour préparer les esgourdes. Évidemment, Phenotype allait être à l’honneur. Le concert de Textures a dévoilé quelque chose qui n’était pas apparent à l’écoute de l’album : ce dernier est taillé pour le live. Chaque titre fonctionne à merveille, accroche sans peine et fait headbanguer tel un jeune éphèbe qui vient de découvrir ses premières rythmiques binaires. Textures bénéficie du meilleur son de la soirée, limpide après quelques ajustements des guitares et du chant par l’ingé-son. Daniel de Jongh fait jouer son charisme et excelle tant dans les parties claires qu’hurlées. Les Néerlandais n’utilisent pas une pléthore d’artifices, ils n’en ont pas besoin.

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Textures (Kulturfabrik, 27/03/2016)

Les titres parlent d’eux-mêmes et font mouche à chaque fois, que ce soit le très suave « Reaching Home », le dantesque « Ocean Collide » ou le brutal « One Eye For A Thousand ». Surtout, l’enchaînement « Zman »-« Timeless » risque de s’avérer l’un des moments forts des futures performances de Textures. On retrouve tout ce qui fait la force du groupe, à savoir un talent certain pour les mélodies travaillées et accrocheuses et les riffs meshuggesques (version édulcorée). En parlant de Meshuggah justement, Textures clôture avec le torturé « Laments Of An Icarus » qui assoit définitivement le public après quatre titres de rappel. On peut l’affirmer sans sourciller : Textures est un groupe qui a aujourd’hui une setlist d’une qualité exceptionnelle et qui déroule sans faire de faux pas. Qui plus est, le groupe dégage une impression d’humilité qui ne fait que renforcer son statut de monstre du metal. Facile.

Encore une fois, Sounds Like Hell a permis d’assister à une soirée qui sur le plan artistique et du divertissement restait l’une des meilleures options qui puisse se trouver ce soir-là sur Lyon et Villeurbanne. Car qu’on apprécie le métal ou non, personne ne pourra objectivement enlever le mérite qu’ont eu les groupes de ce soir.

Setlist Textures :

One Eye For A Thousand
Oceans Collide
Old Days Born Anew
New Horizons
Shaping A Single Grain Of Sand
Swandive
Reaching Home
Illuminate the Trail
Awake
Zman
Timeless
Rappels :
Drive
Regenesis
Singularity
Laments Of An Icarus

Live report : Thibaud Bétencourt.
Photos : Bénédicte Duval (Kulturfabrik, 27/03/2016).



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