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Chronique   

The 69 Eyes – Universal Monsters


The 69 Eyes - Universal MonstersIl y a des collaborations entre artiste et producteur qui marquent une carrière et revêtissent une nostalgie toute particulière dans le cœur des fans. C’est le cas de celle entre The 69 Eyes et Johnny Lee Michaels. C’est ce dernier qui a permis à ceux que l’on surnome les Helsinki Vampires de figer leur style, ce mélange de glam, rock ‘n’ roll et de musique gothique, et rencontrer un certain succès avec les albums Blessed Be (2000) et Paris Kills (2002), aujourd’hui érigés en classiques dans la discographie du groupe. Car, avant la rencontre avec le producteur, même si les choses commençaient à prendre forme avec Wasting The Dawn (1999), The 69 Eyes était encore un groupe qui se cherchait, pratiquant un hard rock/sleaze beaucoup plus brut et traditionnel. Alors voilà, après plusieurs albums où Michaels s‘est vu de moins en moins impliqué, les finlandais ont estimé qu’il était temps de raviver l’alchimie.

Le résultat, c’est Universal Monsters. Dans le fond, depuis qu’il a mis au point sa recette, The 69 Eyes n’a pas beaucoup changé et s’en targue même : « The 69 Eyes restera The 69 eyes, c’est comme ça que ça doit être, » nous dit le chanteur Jyrki 69 (interview à paraître). Alors il est clair que les amateurs de goth ‘n roll, porté par cette voix grave et sensuelle de crooner, ne seront pas dépaysés. Mais ne pas être dépaysé ne signifie pas nécessairement ne pas être surpris. Car ces retrouvailles avec Johnny Lee Michaels semblent avoir provoqué un enthousiasme chez The 69 Eyes qui les a poussés dans quelques intéressants partis pris. A ce titre, « Blackbird Pie » profite d’une dimension orchestrale grandiose pour une approche toute hollywoodienne ; on l’imagine bien servir à un western moderne comme Tarantino les affectionnent ces derniers temps. Autre ambiance avec « Jerusalem » qui vire un brin mystique et se termine avec un chant féminin arabisant. Sur « Rock ‘n’ Roll Junkie », The 69 Eyes renvoie à son propre passé en reprenant une casquette – comme le titre l’indique – purement rock ‘n’ roll, allant notamment chercher du côté des Rolling Stones, toujours avec une bonne dose de fun. Et puis comment ne pas esquisser un sourire à l’écoute de « Miss Pastis » ? Sorte de rock new wave, avec des touches de rockabilly, son d’accordéon et ses synthés kitchs, où Jyrki 69 demande en français « Salut, ça va ? » en guise de refrain, à la manière d’un séducteur qu’on imagine rôti aux UV et cheveux gominés ; autant dire qu’avec celle-ci on frise les chansons-sketchs des Inconnus !

The 69 Eyes a l’art de jouer les équilibristes entre romantisme noir et légèreté, voire bouffonnerie déguisée, et c’est bien là tout son charme. Il va même survoler une thématique politique – ce dont ils se sont tenus à l’écart jusqu’à présent – sur « Jet Fighter Plane ». Un single où la contribution de leurs compatriotes de Santa Cruz, qui officient en tant que chorale sur l’album, fait son effet et rappelle à quel point le groupe sait produire des hits simples et qui nous touchent facilement. Ce qui est également le cas, par exemple, du dramatiquement langoureux « Blue » ou de l’entêtant « Never », et même de titres plus ordinaires mais non moins efficaces telle l’ouverture « Dolce Vita ». Car c’est surtout pour ça que l’on reviendra sur Universal Monster : cette mélodicité aigre-douce sur laquelle on peut toujours compter et qui rend la musique de The 69 Eyes effectivement universelle, quoi qu’elle n’ait rien de foncièrement monstrueux.

Voir les clips des chansons « Jet Fighter Plane » et « Dolce Vita » :

Album Universal Monsters, sortie le 22 avril 2016 via Nuclear Blast.



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