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Chronique   

The Agonist – Eye Of Providence


Le départ d’Alissa White-Gluz pour Arch Enemy en 2014 ne semble pas avoir affecté The Agonist outre mesure. Très vite remplacée par Vicky Psarakis, présentée à l’occasion de la sortie des titres « Perpetual Notion » et « Disconnect Me », le groupe affirmait d’ores et déjà qu’il resterait soudé et c’est dans ce contexte que le successeur de Prisoners (2012), Eye Of Providence, nous parvient. L’enjeu pour The Agonist à travers ce nouvel opus est simple : prouver qu’ils ont atteint un nouvel équilibre. Eye Of Providence est annoncé comme une étape de franchie en matière de composition par le groupe. Auparavant seul effort de Danny Marino, celle-ci est désormais un véritable travail de collaboration où chaque membre du groupe s’investit dans un souci d’authenticité.

Pour autant, accueillir un nouveau membre n’est pas synonyme de renouvellement. The Agonist pratique toujours la même musique : une alternance incessante de passages hurlés et de lignes mélodiques, excepté sur « A Gentle Disease » qui est une ballade acoustique à part entière – une respiration bienvenue, même si tardive dans l’opus. S’il n’a rien d’audacieux, Eye Of Providence a cependant le mérite d’être extrêmement cohérent. Davantage mélodique que son prédécesseur, on peut certainement y voir l’influence de Vicky Psarakis qui, avec son timbre clair maitrisé, apporte sa patte à l’édifice ; le refrain de « Gates Of Horn And Ivory » ou la démonstration à laquelle elle s’adonne sur « As Above So Below » auront tôt fait de museler les sceptiques. Les fans de la précédente incarnation du groupe pourront sûrement regretter un « growl » moins tranché, une couleur tout simplement différente, mais The Agonist n’en perd pas pour autant en puissance. Il est, au passage, amusant de remarquer que le timbre de Vicky se rapproche naturellement plus d’une Angela Gossow (ex-Arch Enemy) que ce qu’on connaissait d’Alissa avant son transfuge… L’alchimie entre riffs et parties vocales est sans doute ce qui sur Eye Of Providence révèle cet « équilibre » tant recherché par le groupe.

En réalité, le problème – parce qu’il y en a un – ne se situe pas au niveau de la performance des musiciens ni même de la production indéniablement plus chaleureuse et agréable sur cet opus. The Agonist peine à transporter, ce même malgré les rythmiques accrocheuses prônées par un titre comme « My Witness Your Victim » ou les outros cathartiques à l’image d’ « Architects Hallucinate ». L’album manque cruellement d’impact, seules les premières notes de « Disconnect Me » ou les valons progressifs de la chanson épique finale « As Above So Below » parviennent à endiguer la monotonie générale de l’œuvre. Peut-être n’est-ce pas tant la faute de The Agonist que celle d’un genre et de ses recettes qui s’essoufflent chez de trop nombreux artistes.

Eye Of Providence n’est pas à proprement parler l’incarnation de la « platitude », loin s’en faut. The Agonist propose un album parfaitement ficelé, la performance de Vicky est sans doute l’un des ses points forts malgré de très légers écarts (« The Perfect Embodiment » et ses montées… Agaçantes). Le principal ressenti reste toutefois celui de l’inertie. The Agonist orchestre bien, joue bien, mais n’émeut point ou trop peu.

Voir les clips de « My Witness, Your Victim » et « Gates Of Horns And Ivory » :

Album Eye Of Providence, sortie le 23 février 2015 chez le label Century Media Records.



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