ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

The Arrs en toute authenticité


Ce soir, rendez-vous est pris Place de l’Odéon à Paris avec Niko, chanteur de The Arrs, pour discuter de l’actualité brûlante du groupe. Installés dans un des pubs sympas du coin, c’est devant un saucisson et des cornichons que nous attaquons cet apéro-interview. Avec la tournée, le Paris Extreme Fest à la fin de la semaine et évidemment leur DVD, Just Live, qui sort dans quelques jours, il y a de la matière !

Le temps d’avaler une tranche de saucisson et un cornichon, et c’est parti.


Niko
Radio Metal : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était le 10 Octobre au Trabendo pour la première date de votre tournée. Qu’avez-vous retenu de ce concert ?

Niko : Beaucoup de plaisir, d’émotion, de bruit. Beaucoup de gens aussi et un début de tournée qui a commencé super fort. Depuis, nous n’avons pas relâché la pression.

Justement, comment cela se passe ? Une date a-t-elle été plus marquante/galère qu’une autre ?

En fait, elles ont toutes leur lot de sympathie et de nouveautés. C’est sûr que la date du Trabendo était très, très forte mais cela fait aussi plaisir de découvrir des nouvelles villes, un nouveau public et des nouvelles têtes au fur et à mesure des années.

A ce propos, commencer par Paris met-il une pression supplémentaire ? C’est la capitale, vous n’étiez pas franchement chaud.

Effectivement le groupe n’était pas chaud vu que nous n’avions pas tourné depuis six mois et c’est sûr que si nous avions fait le concert de Paris avec une dizaine de dates dans les pattes, nous aurions été plus à l’aise. Ceci dit, vu le public et les gens, cela a été comme sur du coton.

Tes prestations sont très physiques. As-tu une hygiène de vie particulière pour tenir le choc, c’est quand même sportif au vrai sens du terme ?

Le principal est de jouer le plus souvent possible pour garder la forme. Sinon, je fais la fête, je me couche tard et je me lève pour taffer aussi (ndlr : The Arrs n’est pas la seule activité de Niko). Je me dis depuis trois ans que je devrais me remettre au sport, courir, mais je n’y arrive pas !

Lundi, tu t’y mets, c’est ça ?

Tout à fait, après l’apéro de ce soir, c’est reparti ! (rires)

The Arrs participe au Paris Extreme Festival, que penses-tu de cette initiative ?

Enfin, cela se fait et c’est très bien ! Guillaume de Garance nous parle depuis longtemps de monter ce type d’évènement. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de groupes français mais cela fait plaisir de voir tous ces groupes américains et autres qui vont se retrouver sur ces trois jours. Cela en fait l’évènement le plus important après le HellFest. Cela se passe à Paris, à la maison, et c’est très bien.

Vous passez pendant la journée hardcore. Même si l’on se fout des étiquettes, votre public n’est-il pas plus metal ?

Si, notre public est plus métal mais nos racines sont plus hardcore. Nous avons joué dans pas mal de formations hardcore et avons écumé les squats hardcore à l’époque. On va se retrouver dans le berceau de The Arrs.

Vous passez à la fin de la première partie de la journée hardcore. Un avis sur ce positionnement ?

Effectivement, nous sommes le dernier groupe avant l’entracte. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire, si nous sommes les derniers des mauvais ou quoi (rires mutuels)

Agnostic Front (ndlr : tête d’affiche de la journée hardcore) représente-t-il quelque chose pour vous ?

Carrément. Le punk hardcore américain.

Dans une salle comme l’Elysée, le public est plus loin qu’au Trabendo par exemple et tu sembles viscéralement avoir envie d’un contact physique. Est-ce que cet éloignement (relatif) te gêne dans ta prestation ?

Avec les crash barrières, c’est vrai, le contact est moins facile. Si vraiment tu veux attraper quelqu’un par la nuque, le cou ou les cheveux, tu peux toujours descendre et il y a toujours la solution stage diving. Après, ce n’est pas une fin en soi. Je peux rester sur scène sans attraper personne. On verra en fonction du feeling du moment.

La tournée vous amène jusqu’à quand ?

On s’est remis à composer mais je ne pense pas que l’on sorte un album avant début 2011. On va prendre plus notre temps pour tourner. La tournée a eu du mal à se mettre en route, nous n’avons pas fait autant de concert que d’habitude même si nous en avons déjà donné une trentaine. C’est notre envie de jouer qui nous dicte, nous n’avons pas de deadline.

Cette tournée s’appuie sur votre dernier album Heros / Assassin. Quels retours en avez-vous de la part des fans ?

On voit plus de gens qui connaissent les paroles, les gens ont plus compris le délire de notre metal, de se rapprocher de la scène, d’attraper le micro, de monter sur scène, de sauter, de faire vivre le show autant que nous en quelque sorte. Il y a aussi de plus en plus de gens qui nous écrivent en attente de voir passer le groupe dans leur région. Cela fait dix ans maintenant, nous avons pas mal de fidèles. Et puis, vu que nous ne passons pas partout, il y a pas mal d’attente pour le DVD, pour que les gens voient le nouveau The Arrs 2010.

Excellente transition, la question suivante portait justement sur le DVD ! Donc, « Just Live » est sur le point de sortir. Heureux ? Satisfait ?

Oui, énormément. C’est Ronan de HK Corp qui a monté et c’est l’équipe de NRV TV qui a filmé. Ils ont bien su résumer la tension du moment. D’ailleurs, toute à l’heure, après cette interview, je vais bosser sur l’étalonnage et la post production. On va bosser pour que le DVD sorte en temps et en heure.

Justement, quand est-il censé sortir ?

Le 29 Mars (ndrl le 29 mars : la date est repoussée au 30 avril)

Les premiers extraits livrés laissent envisager une belle réussite, un produit soigné, percutant et abouti qui semble restituer l’impact de votre concert. Vous aviez donné des consignes, un cahier des charges aux DVDistes ?

Ce sont des gars que nous connaissons depuis de nombreuses années, qui ont suivi le groupe depuis le début. Ronan avait déjà fait des montages pour nous. Il connaît notre style, il connaît nos attentes.

Le rendu est assez impressionnant.

Il y avait trois ou quatre caméras dans le pit, du coup, il y a des mouvements de caméras qui ne sont pas habituels, que l’on retrouve dans d’autres DVDs évidemment mais pas dans la majorité.


« Il y a des groupes de variétés qui ne ramènent plus rien, […] qui sont juste has been mais continuent à être payés des sommes affolantes au détriment des jeunes groupes.»
Vous n’aviez choisi qu’une date…

Oui, c’était one shot.

Et si cela ne passait pas, la conséquence était pas de DVD ou fallait-il trouver une autre date ?

Il fallait que cela passe, c’est passé, donc aucun problème. Nous avons gardé les pains, tous, donc cela fait un concert unique, cela montre la réalité du groupe. Nous sommes très satisfaits du résultat.

Le DVD ne sera disponible que via le net et sans prix préétabli privilégiant les dons. A la manière d’un Radiohead…

En fait, il sera aussi gratuit. Il faudra aller sur le site, cela sera expliqué. Il y aura deux versions, l’une Héros, l’autre Assassin. Heros permettra de faire des dons de 1 à 20 euros et Assassins permettra le téléchargement gratuit.

Et c’est le même DVD ?

Tout à fait. Après la différence se fera au niveau des formats offerts au téléchargement.

C’est une envie d’être dans l’air du temps, un positionnement fort par rapport au média Internet ?

C’est aussi en réaction à la crise actuelle qui existe aussi dans la musique. Les gens qui ont travaillé pour le DVD l’ont fait à moindres coûts sans dépenser les vingt à vingt-cinq mille euros normalement nécessaires pour produire ce type de produit. Du coup, ces gens seront rémunérés avec les dons. Nous leur verserons la totalité des dons, c’est la moindre des choses.

Ne pas être physiquement dans des bacs des Fnac par exemple n’est-ce pas risqué en termes d’exposition ?

De toutes les façons, si on le met dans les bacs, cela sera avec une petite promo. En fait la version physique du DVD sortira fin de l’année ou début de l’année prochaine. Nous avons un label qui est d’accord pour le sortir, CustomCore, et qui trouve intéressant de réserver cette version physique à des fans qui veulent l’avoir pour le souvenir et pas uniquement via le net.

[/urlb]
Le fait d’avantager Internet ne favorise-t-il pas le téléchargement et toutes ces histoires ?

Il faut vivre avec son temps. Les américains ont très bien su appréhender le téléchargement et faire des millions de dollars avec.

Économiquement est-il facile, finalement, de vivre de votre métier de musiciens ?

Cela dépend du style de musique, si tu es avantagé ou non par les salles qui vont regarder ce qui leur ramène le plus d’argent. Avec le metal, ils vont faire 300 places avec un budget de 10 à 15 euros alors qu’avec C?ur de Pirate, par exemple, la salle sera blindée avec même des places plus chères. Après les écarts sont vraiment bizarres et j’ai toujours du mal à comprendre l’économie dans la musique même après trois cent concerts. Cela me laisse toujours perplexe de voir qu’on ne donne pas la chance aux groupes de metal qui ramènent trois cent personnes, par rapport à des groupes de variétés qui ne ramènent plus rien, même s’ils ramenaient dix milles personne il y a dix ans et qui sont juste has been mais continuent à être payés des sommes affolantes au détriment des jeunes groupes.

A ce sujet, le but ou le graal en 2010 est-il d’intégrer la bande son d’un jeu vidéo voire Guitar Hero ?

Cela reste surtout fun. Je sais que les Mass Hysteria vont avoir une chanson bientôt dans Guitar Hero via le système de téléchargement que le jeu a mis en place. Par ce système, il va y avoir beaucoup plus de groupes de chaque pays qui vont pouvoir être représentés. Ceci dit, franchement, on en a rien à faire. C’est fun évidemment. En tant que kid, j’aurais adoré jouer sur des trucs des Deftones.

Mais au niveau économique, n’est-ce pas intéressant ?

Ils te donnent un forfait pour une chanson. Mille ou deux mille euros. Il n’y a pas de royalties, c’est plus une histoire de promo.

L’artwork de votre site, de votre MySpace sont très soignés et très réussis. Le groupe est-il impliqué dans leur conception ?

C’est surtout Biquet, notre manager et ingénieur light qui s’en occupe. Il vient souvent en répétitions, on discute, on fait des apéros, un tas de choses ensemble et il connaît très bien nos goûts. C’est le sixième membre du groupe, on s’en remet à lui. C’est notre intermédiaire avec le graphiste, Isham. D’ailleurs, nous n’avons rien à redire sur son travail, il est ultra compétent.


« En tant que kid, j’aurais adoré jouer sur des trucs des Deftones.»
Est-il faux de dire que l’on voit un peu plus de lumière dans l’artwork du site ? La pochette de Heros / Assassin était dans des tons automnaux. Juste Live, ça explose, c’est rouge – du sang ? Il y a de l’or dessus. En tous les cas, c’est plus lumineux.

Nous sommes peut-être plus sûr de nous et nous avons moins peur d’avoir des couleurs plus flashy avec une esthétique plus rentre-dedans. Et puis, nous avons été aidés par des professionnels que nous suivons à 200%.

Le chaos est un terme qui revient souvent quand on évoque The Arrs. Quelle signification à ce mot ?

Une renaissance. C’est aussi cet impact qu’il y a pendant nos concerts où tout le monde se lâche, où les kids peuvent vraiment s’extérioriser par une certaine violence – j’assume – et où d’autres vont juste prendre plaisir à voir cette violence dans le pit et sur la scène.

Effectivement, à propos de violence, votre dernier album est très violent jusque dans les paroles.

Cela reste le paradoxe où des gens très sains d’esprit ont aussi ce côté obscur.

L’artiste en fait.

Effectivement. Après il faut apprendre à prendre le pas là-dessus. C’est un peu notre message. A la fois, on a des envies de meurtre mais pour autant on ira pas jusqu’au bout parce que nous sommes des gens raisonnés et notre public, c’est pareil. Ils n’iront pas au bout de la bagarre dans ce contexte-là. Après, s’ils se mettent sur la tête dans la les bars ou dans la rue…

Justement, le fan de The Arrs, sais-tu l’identifier ?

Je pense que nous avons énormément de chances car, au même titre qu’un Mass Hystéria, notre public est varié. Nous n’avons pas de style vestimentaire, nous n’avons pas d’engagement politique. Nous avons toujours joué avec des groupes de styles différents et touché un large public et vu que cela fait dix ans que nous sommes là, notre public va de quinze à trente-cinq ans, avec des émos, des mecs ultra tatoués, des mecs percés, des gens ultra vierges et même des gens en costard qui rentrent du taf.

J’en profite pour faire une dédicace à un de nos potes qui nous a parlé d’un employé de la sécurité de l’aéroport de Roissy, ceux qui bippent pour sortir, qui a reconnu le tee-shirt de The Arrs. Ce qui prouve que nous avons des fans jusqu’aux frontières de la France ! (rires)

A priori, il n’est pas trop tôt pour parler du nouvel album puisque tu disais que vous commenciez à composer. La cible est donc plutôt 2011 ?

Effectivement, plutôt 2011 avec l’idée de sortir un ou deux titres en promo avant et avec la cible de proposer quelque chose de nouveau tous les trimestres.

Et avez-vous une orientation pour ce prochain album ?

Plus noir, plus rapide, plus metal, plus lourd, plus clair. On va essayer d’être plus dans l’atmosphérique, plus mélancolique. Comme cela, en concert, on pourra faire respirer. En fait, le prochain album devrait être varié.

Justement, par rapport aux titres des concerts, revenons au Paris Extreme Fest. Vous avez quarante minutes, allez-vous privilégier les morceaux speed ?

Effectivement, je pense que nous allons balancer le « bourrin ». Ceci dit nous n’avons pas encore réfléchi à la set list.

Surtout que vous serez devant un public hardcore.

Hardcore mais respectueux de ce qui a été réalisé, qui sait d’où nous venons. Je n’ai pas d’inquiétudes par rapport à cela.

Dernière question : comment va Hervé votre camion ?

Mal ! Il a un problème de radiateur. Nous devons faire Toulon et Cannes la semaine prochaine et nous commençons à nous poser des questions. On va mettre treize heures à descendre à Toulon si toutes les deux heures, nous devons changer l’eau. On devrait aussi mettre un système de dons pour changer le camion ! Nous n’avons pas de nouvelles côté MTV et du Pimp pour Hervé. En tous les cas, il y a beaucoup de gens qui nous parlent de Hervé. Cela a fait plus de buzz que l’album, c’est assez drôle !

As-tu quelque chose à ajouter pour finir ?

Nous sommes en promo du DVD, de la tournée. Radio Metal, je sais que cela marche bien. J’espère que les gens vont continuer à se motiver. Il y a des nouvelles formations, des nouveaux albums qui sortent il faut se tenir au courant.

Entretien réalisé par Lost le 22 mars 2010 à Paris




Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Def Leppard @ Hellfest
    Slider
  • 1/3