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Le Son D'Histoire   

The Beatles : graines de metal


Le premier album des Beatles a 50 ans tout pile aujourd’hui. Please, Please Me a atterri pour la première fois dans les bacs le 22 mars 1963 et avant que la frange la plus true ou hardcore des lecteurs ne se plaignent, disons le tout de suite, tout net : oui, c’est un événement. Un tel anniversaire a de quoi faire jubiler tout le monde du rock au sens large. Et cela inclut, par conséquent ce fils du rock qu’est le metal. Alors célébrons ce demi-siècle de règne (bien qu’il ne fut pas actif plus de dix ans) d’un des plus grands groupes de l’histoire du rock, sans qui le rock et le metal ne seraient pas ce qu’ils sont cinquante ans après.

Oui, que ça vous plaise ou non, le metal ne serait pas le même sans ces « quatre garçons dans le vent ». En moins d’une décennie, ils ont planté des graines qu’on récolte encore à l’heure actuelle, même dans les musiques les plus extrêmes. Et nous allons nous acharner à vous le démontrer en 10 points. Vous trouverez parfois qu’on grossit un peu le trait (principalement pour s’amuser, pas pour vous persuader à tout prix), mais c’est aussi pour mettre sous le microscope ce phénomène pour que vous puissiez distinguer les fibres d’ADN métalliques dans les élytres de ces Scarabées.

1°) La Beatlemania : jamais genre musical n’avait provoqué un tel émoi dans le public avant la naissance du rock. Elvis avait déjà prouvé qu’avec une belle gueule, une belle voix et quelques mouvements de bassin, on pouvait faire crier les filles d’envie, provoquant aussi chez les garçons le désir d’obtenir les mêmes résultats. Les Beatles ont poussé le concept à son paroxysme à travers ce qu’on appelle la Beatlemania, avec son cortège de produits dérivés pour alimenter le culte des idoles via des produits à l »effigie des Fab Four, mais surtout son cortège de fans (féminines surtout) hystériques hurlant, pleurant, s’évanouissant à leur vue. Une hystérie qui poussera, en partie, le groupe à se ranger de la scène en 1966 : depuis leur explosion, impossible d’entendre quoi que ce soit à un concert des Beatles, ce n’est que cris stridents dans toutes les plus grandes salles du monde. Mais ça n’a pas découragé les musiciens en herbe de l’époque. Combien de groupes se sont formés simplement après avoir vu l’effet que provoquaient ces petits gars de Liverpool. Combien de jeunes hommes (ne citons que Gene Simmons de Kiss) n’ont pas rêvé en voyant les images de ces scènes de folie de causer le même effet, d’avoir des milliers de femmes à leurs pieds ? L’origine du phénomène (et du fantasme côté musicien) de la groupie est très probablement à chercher par là.

2°) L’anticonformisme : Pour vous, les Beatles, c’est le genre fils de bonne famille, coupe au bol, costards et boots assortis ? C’est oublier que ces fils de la classe prolétaire n’ont pas toujours ressemblé à l’image que leur manager leur a conseillé de prendre et qui a participé aux débuts de leur succès. Il ne faut pas croire que si les Rolling Stones étaient les durs, eux étaient les doux. C’est même le contraire. A l’origine, les Beatles, c’était un groupe de blousons noirs (au temps où mods en scooter et rockers en cuirs s’affrontaient dans de vraies guerres de gang sanglantes) qui n’hésitaient pas à sauter de la scène pour mettre un coup de boule à un mec dans le public qui leur chercherait des noises (c’est pour cela qu’on a longtemps vu Lennon sans lunettes, l’habitude de garder cet accessoire dans les loges, au cas où). Et trois ans après l’apparition du look Beatles (costard – coupe au bol), celui-ci était déjà de l’histoire ancienne à mesure que les membres de cette bande se laissaient pousser cheveux, moustaches et adoptaient l’esthétique en même temps que les mœurs et les idées du mouvement contestataire hippie.

3°) Un groupe blasphématoire : il n’a pas fallu attendre Black Sabbath (et la croix inversée dans la pochette, simple coup marketing de la maison de disques, sans prévenir le groupe) ou même le black metal pour que le rock devienne satanique ou tout simplement blasphématoire. Il est vrai que bien avant les Beatles, le blues avait été taxé de musique du Diable (cf. la légende de Robert Johnson) et les ligues de vertu pointaient déjà, dans les années 50, du doigt le rock et son odeur de soufre – pourtant Elvis aimait toujours chanter du gospel à sa maman, et Little Richard n’a pas mis longtemps avant de tourner bigot. Mais les Liverpuldiens ont été les premiers à faire un vrai pied de nez à l’Église avec une seule déclaration choc de John Lennon, affirmant en 1966 que les Beatles étaient plus grands que Jésus.

4°) La « butcher cover » : A l’instar du point précédent, il n’a pas fallu attendre le death metal pour avoir de la viande froide et des nourrissons décapités sur une pochette de disque. Et là, on vous parle de vraie bidoche, une vraie boucherie ! Et pas en peinture : en photo. On est encore en 1966, le marché américain a droit depuis le début à des versions abâtardies des albums des Anglais et c’est au tour de Yesterday And Today (contenant des chansons des précédents LP et de celui qui venait à l’époque) et pour leur pochette, ils posent en habits de boucher, couverts de pièces de viande et de poupons en plastique décapités. Scandale chez les disquaires (enfin, surtout chez ceux qui les voient dans les rayons) ! On interprète l’image comme une métaphore d’un carnage humain et dans les jours qui suivent la maison de disques doit rappeler tous les exemplaires, pour les redistribuer ensuite « maquillés », avec un autocollant par dessus la pochette d’origine, affichant un portrait beaucoup plus consensuel. Plus tard, cette pochette sera réutilisée, détournée, pour l’album de reprises metal Butchering The Beatles (cf. points 7 et 8 ; pour en savoir plus sur cette affaire).

5°) « Helter Skelter » : Vous n’avez jamais écouté que des musiques brutales et pour vous les Beatles, c’est des machins gnan-gnans du genre « Love Me Do » et « PS: I Love You » ? Pourtant, il ne s’agissait là que de leurs premiers singles et s’y arrêter serait comme considérer que l’histoire de l’humanité n’a pas dépassé la préhistoire. Car ils en ont fait du chemin de 1962 (quand sont sortis les premiers 45-tours) à 1968, année de sortie de l’album blanc et de « Helter Skelter », chanson reconnue par tous les historiens du hard rock et du metal comme une des pierres fondatrices (à l’instar du « You Really Got Me » des Kinks) de ces genres avec un rock énervé comme on en avait encore rarement entendu à l’époque.

6°) Charles Manson : Le metal aime chanter toutes les représentations du Mal, des dragons aux crimes nazis, de Belzébuth aux tueurs en série. Et aux Beatles on peut associer l’un des plus célèbres tueurs du XXe siècle : Charles Manson, qui clamait qu’il avait entendu dans « Helter Skelter » un message qui l’a poussé à commettre ses terribles crimes. Donc, sans les Beatles, pas de Marilyn Manson, ni d’Axl Rose portant un T-shirt à l’effigie du criminel sur scène dans les années 90, etc.

7°) et 8°) Les reprises : bon, on va tricher un peu pour atteindre les 10 mais le surnombre de reprises des Beatles impose la sur-numérotation. Car, oui, quand on est le plus célèbre et le plus influent groupe de rock de ces cinquante dernières années, forcément, on est aussi le plus repris par les musiciens admirateurs de leur œuvre. Et dans la large famille du rock, les musiciens de metal ne font certainement pas exception et ce n’est pas nécessairement avec les titres les plus heavy de la disco des Scarabées. On ne va pas les énumérer toutes, ce serait interminable, seulement citer les meilleurs exemples : « I Want You (She’s So Heavy) » par Coroner, « Helter Skelter » par Mötley Crüe, le « Day Tripper Medley » de Type O Negative ou plus récemment « Here Comes The Sun » du groupe suédois à succès Ghost. Parfois on y consacre des albums entiers comme le Butchering The Beatles auquel avait participé un casting grand luxe (Lemmy Kilmister, Billy Gibbons, Alice Cooper, Geoff Tate, Yngwie Malmsteen, John Bush, Tim « Ripper » Owens, etc.) pour payer son tribut à ceux qui les ont influencés, qui ont bercé leur jeunesse, voire ont changé leur vie. Mais tout ceci ne montre pas seulement combien de musiciens de metal sont fans des Beatles mais aussi à quel point il est aisé de « métalliser » leurs chansons, comme si elles avaient en eux de quoi créer une chanson de heavy metal.

9°) Beatallica : bon, là, vous vous dites qu’on manque d’inspiration puisqu’on aurait pu parler de Beatallica dans le point précédent. Mais on tient quand même à offrir à cette pièce à conviction une place entière. Car comment mieux prouver ce que nous disions quelques lignes plus haut ? La musique des Beatles se marie tellement bien au metal qu’un groupe a trouvé comment toutes les transformer en chansons de Metallica (et vice-versa) et en a donc fait toute sa raison d’être.

10°) Lemmy :

Et allez donc dire le contraire au Patron ! Si une partie des groupes de metal existent aujourd’hui, c’est parce que Lemmy. Oui, Lemmy est un argument en soi. Un argument ultime dans l’univers metal. Et si Lemmy est fan des Beatles, alors vous devriez déjà avoir pris le temps d’écouter la disco des Beatles. Si Lemmy dit qu’il ne serait pas là sans les Beatles, alors dites vous que vous ne seriez même pas là à lire cet article sans les Beatles (ce qui est parfaitement logique). Enfin, si vous avez besoin qu’on développe l’argument Lemmy (hérétiques !), on ne peut que vous diriger vers l’autobiographie du leader de Motörhead : White Line Fever. Penchez vous alors sur les pages concernant le quatuor de Liverpool et vous découvrirez par exemple des choses qui vous ramèneront à notre point n°2, comme quand il les a vus (avant d’entrer dans la lumière) jouer sur scène en slip avec des lunettes de chiotte autour du cou.



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  • unmecquiaimelamusique dit :

    Beaucoup de rapprochements au niveau des effets esthétiques de mode sont justes, le métal n’est que l’extrémisme et la provocation visuels poussés à leur paroxysme. Cependant, il ne faut pas minimiser le chemin réalisé d’un point de vue strictement musical, ce qui est quand même le critère le plus important il me semble… on parle de musique, pas d’un défilé de mode pour Dior, merde! Allez me trouver ne serait-ce qu’un point commun évident entre l’approche musicale d’un groupe comme Emperor (puisque l’on parle de black metal) et celle adoptée par les Beatles, bonne chance!
    Evidemment que l’influence des Beatles a été et est encore aujourd’hui énorme, qui irait le contester? Les plus grands tout comme les groupes anecdotiques s’en sont inspiré (y compris dans le metal), il n’a jamais été question de remettre en cause leur héritage.
    Je trouvais intéressant le topic de l’article, et j’étais bien curieux de connaitre les arguments en faveur d’un rapprochement Beatles-métal de l’auteur. Grand mal m’en a pris, il est encore une fois ici question des sempiternelles arguments d’apparences et d’attitude « rock & roll », sans le moindre traitement de fond. Dommage, le rock, et mieux encore : la musique en général, valent bien mieux que ça. Une fois de temps en temps, ça peut être marrant, dans ce cas autant souligner le côté parodique et ouvertement humoristique de l’article. Mais ‘faut pas que ce soit systématique non plus.

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  • il y a aussi osbourne qui y étais influencé pas les beatles

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  • Article intéressant, j’ai appris des choses ! Merci Radio Métal !

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  • RedMetalhead dit :

    D’autres groupes de cette époque ont eu au moins autant d’influance que les beatles:
    Les Kinks, par exemple:
    http://www.youtube.com/watch?v=dk3Ei_yoI4c
    Des riffs aussi puissants en 1963!!

    Ou encore les Yardbirds:
    http://www.youtube.com/watch?v=adbGT8Rg9OE

    Ou même un groupe oublié qui est trop peu connu nommé Blue Cheer: il a alourdi les riffs des Yardbirds et de Cream en ajoutant un côté Psyché/hendrixien et un son fuzzy. Du stoner-rock avant l’heure:
    http://www.youtube.com/watch?v=YXcYZsqkZ-g

    Leurs pochettes sont prémonitoires sur le metal en montrant un motif psychédélique assombri:
    http://3.bp.blogspot.com/-TmPUgfFXCK0/UTtJ9HLJLpI/AAAAAAAAC4E/Jfe3wp5un1Q/s1600/Vincebus-Eruptum-Blue-Cheer.jpg

    Et je n’oublie pas Jimi Hendrix et ses pédales d’effet augmentant la puissance de la guitare et etandant la palette de son ou encore sa puissanchttp://www.youtube.com/watch?v=4913gaj0_4we sonore, ni la nervosité des Who:
    http://www.youtube.com/watch?v=4913gaj0_4w

    Les oreilles des hippies venus à Woodstock voir Crosby Stills and Nash (je n’ai rien contre ce groupes mais il faut marquer le contraste…) ont du siffler au passage des who. D’ailleurs, les performances vocales de Roger Daltrey préfigurent les chanteurs de metal des 70’s :
    http://www.youtube.com/watch?v=cH9IgJZCx4c

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  • Güns n' Fuckin' Crüe ! dit :

    Vous avez oublié que les Beatles sont les premiers musiciens (a ma connaissance) a avoir utilisé la « Mano Cornuto » :
    http://29.media.tumblr.com/tumblr_lq1i8ra6nC1qdoy52o1_500.jpg

    Bon article !

    [Reply]

    Alex

    J’ai lu comme quoi c’était Ronnie James Dio, après c’est c’que j’ai lu.

  • petitbois dit :

    et si!! ils en sont les fondations!! sans eux pas de metal c’est comme ca!!

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  • Game-system dit :

    Franchement, les Beatles n’ont rien à voir avec le metal.

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    Muzak

    On te parle de l’influence qu’ils ont eu sur les musiciens.

    HeavenNorHell

    Franchement…t’as pas compris grand chose à cet article et au métal…
    Ca dit pas que c’est du metal !! Mais que ça a influencé…

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