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Interview   

The Best Is Yet To Come



Le lendemain de l’enregistrement de Taratata, les Scorpions accueillaient à leur hôtel une horde de journalistes de la presse musicale, mais pas que ! En effet, nos confrères de Paris Match étaient aussi de la partie.



Cela se passait dans un des ces hôtels à 600 euros la nuit avec plateau de macarons et machine à café dans la chambre et dans lesquels vous pouvez commander un café pour 6 euros 50. Ce que, par principe, votre serviteur a fait, savourant chaque gorgée et se rappelant ainsi le sketch de Gad Elmaleh sur les restaurants en altitude. c’était également l’occasion d’assister au traditionnel concours phallique auquel se livrent les journalistes, jouant à qui est le plus old school, qui a rencontré le plus de stars, et vous démontrant par A + B que leur média est le plus lu de France. Entre nous, des « premiers médias sur le metal en France », j’ai du en rencontrer une bonne cinquantaine.



Quand on sait que c’est probablement notre dernière occasion de discuter avec les Scorpions, on essaye de tout prévoir, d’aborder tous les sujets possibles. Matthias Jabs est un personnage accessible et amical. Au bout de quelques minutes, il vous traite comme un bon pote. Avec son éternelle casquette sur la tête, il vous accueille dans sa chambre, vous propose du café, des macarons (qu’il ne peut de toute façon pas manger compte tenu de son allergie) et se marre avec vous de cette étrange fontaine qu’on aperçoit depuis sa fenêtre :



Cette interview était l’occasion de décortiquer avec précision les références et autres clins d’oeils de ce nouvel opus Sting In The Tail. Vous découvrirez notamment une cultissime anecdote sur le titre « Sly » et sur le baby boom engendré par « Still Loving You ». Matthias reviendra évidemment sur la récente décision du groupe d’arrêter sa carrière après une ultime tournée d’adieux. Comme il leur reste donc encore plus de 2 ans à tourner et qu’ils sont encore en pleine lune de miel post-album, le guitariste ne semble pas encore réaliser ce qui arrive.

« Still Loving You est responsable d’un paquet de parties de jambes en l’air, surtout en France (rires)! »
Radio Metal : Au cours de votre carrière, vous vous êtes livrés à quelques expériences musicales. L’une d’elles, Humanity Hour I, a été plutôt couronnée de succès. Une autre, Eye II Eye, a été moins bien reçue, même si l’album avait ses bons moments. Que penses-tu de ces albums aujourd’hui, et plus précisément de Eye II Eye ?

Matthias Jabs (guitare) : Lorsqu’on a une carrière aussi longue que celle des SCORPIONS, il y a des hauts et des bas, c’est inévitable. Mais n’oublie pas que les SCORPIONS ont connu davantage de hauts ! Les années 90 ont marqué une période difficile pour tous les groupes des années 80. Certains groupes étaient déjà finis à l’époque. Nous avons connu notre plus grand succès avec Crazy World et « Wind Of Change ». Cet album et le suivant, Face The Heat, étaient très solides et sonnaient très bien. La première moitié des années 90 a été très positive pour nous. Avec la sortie de Pure Instinct en 1996 on commençait à ne plus savoir où on en était. C’était une période difficile pour tous ceux qui tentaient de faire ce type de musique. On nous reprochait d’être vieux jeu, pas assez modernes, et de ne pas coller à l’époque. Quand nous avons sorti Eye II Eye, nous n’étions plus très sûrs de nous ; entendre ce genre de commentaire ne peut que vous influencer en tant que musicien. Il faut dire également que nous n’avions pas le bon producteur ; d’ailleurs, nous ne nous sentions pas capables de dire à un producteur, quel qu’il soit, que nous voulions faire les choses à notre façon et point final. Eye II Eye n’est pas un mauvais album, mais ce n’est pas du SCORPIONS. C’est ce que les fans n’ont pas aimé.

Eye II Eye et Hour 1 étaient des disques qui s’inspiraient de l’actualité musicale de l’époque où ils sont sortis. Un peu comme si vous disiez au public : « voici ce que nous aurions été si nous étions nés 10, 20 ans plus tard ». Était-ce une remise en question de vos capacités de musiciens, une sorte d’exercice de style pour savoir si vous auriez pu percer à une autre époque, dans un autre contexte?

Non, je ne dirais pas ça. Même s’il est vrai qu’un musicien est toujours influencé par ce qui se passe autour de lui, par l’actualité musicale. Humanity Hour 1 a été produit par Desmond Child, qui a défini le concept de l’album. Celui-ci traitait de sa vision de l’avenir. Ce concept nous plaisait et nous l’avons adopté. L’album a été produit aux Etats-Unis et a un petit côté américain. Pour ce nouvel album, nous ne voulions aucune influence étrangère. Nous voulions que l’album transmette l’essence des SCORPIONS, ce son que nous avions trouvé au début des années 80. Si on demandait au public de citer nos albums les plus caractéristiques, 99 % des sondés répondraient Blackout et Love At First Sting. « Rock You Like A Hurricane » et « Still Loving You », voilà le son des Scorpions. Cette fois, nous avons choisi de ne faire aucune expérience et de jouer ce que nous aimons jouer

J’ai entendu dire qu’un Hour 2 avait été envisagé. Pourquoi avoir abandonné le projet ? Vous êtes-vous rendu compte que les compos que vous aviez écrites pour ce nouvel album étaient trop différentes de celles Hour 1, et que cela n’avait pas de sens de considérer le disque comme une suite ?

Nous n’avons jamais envisagé de Hour 2. Cette « heure une » ne signifie pas « épisode un ». L’idée de Desmond était de dire que l’homo sapiens a vécu la première partie de son histoire, ses 20 ou 30 000 premières années. A l’heure actuelle, l’histoire connaît des changements majeurs, et la race humaine est en train d’évoluer – même si on ne sait pas vers quoi. On pourrait appeler ça « l’heure deux », mais il n’a jamais été prévu que cela fasse l’objet d’une suite.


« Nous n’avons jamais aimé enregistrer des duos.[…] Imagine un instant qu’un duo devienne un tube : où qu’on aille, il faudrait emmener l’autre artiste avec nous. Impossible ! »
Tarja Turunen fait une apparition sur la chanson « The Good Die Young ». Une apparition très discrète, néanmoins, n’a-t-elle pas été trop frustrée ?

Sa participation est très appréciable. Nous l’avons rencontrée au Brésil il y a quelques années, lors de l’un de ses derniers concerts avec NIGHTWISH. Ils assuraient notre première partie au festival Loud And Louder à Sao Paulo et nous l’avons croisée brièvement. Nous n’avons jamais aimé enregistrer des duos, même si les maisons de disques ne demandent que ça, pour des raisons marketing et non musicales. Cette chanson n’a pas été écrite en tant que duo. Quand on enregistre un duo, on devient dépendant d’un autre artiste et de son management. Cette chanson fonctionne avec et sans Tarja. Nous l’avons jouée hier soir à Taratata. Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre d’elle pour une chanson, car elle vit entre la Finlande et l’Argentine. Et puis, pourquoi devrions-nous partir en tournée et emmener Tarja dans nos valises ? C’est très bien qu’elle participe à ce titre, elle apporte une atmosphère très sympa. La chanson sonne mieux avec elle, mais nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre d’elle. Imagine un instant qu’un duo devienne un tube : où qu’on aille, il faudrait emmener l’autre artiste avec nous. Impossible !

Les intonations de voix sur « No Limit » font penser à Robert Plant chez LED ZEPPELIN. Ce clin d’?il était-il volontaire ?

Non, pas du tout. En fait, dans l’ensemble, c’était même très spontané. Sur cet album, nous avions deux producteurs suédois. Le responsable des claviers s’est également occupé du chant, il est très bon dans ce domaine. Parfois, avec le responsable des guitares, nous enregistrons en overdub, avec ma guitare et la voix de Klaus. Mais dans tous les cas, tout ça était très spontané et nous mettait très à l’aise. De nombreux passages ont été enregistrés en une prise. Nous avons enregistré cet album plus vite que n’importe quel autre. Les choses coulaient toutes seules.

Arrête-moi si je me trompe, mais le disque était déjà composé au moment où vous avez décidé d’arrêter votre carrière. Qu’avez-vous pensé en réalisant après coup que ce serait votre dernier disque ?

Je n’en sais toujours rien. Je fais partie du groupe depuis près de 32 ans. Jour après jour, pendant toutes ces années, ça a été toute notre vie – et ce sera encore le cas pour les deux ans à venir. J’ai beau essayer, je ne réalise toujours pas, alors je renonce. Je préfère me concentrer sur la tournée. Personne ne sait réellement ce que sera la vie lorsqu’il n’y aura plus SCORPIONS. C’est impossible à imaginer.

Le début de « Raised On Rock » fait écho à « Rock You Like A Hurricane » ; on peut même entendre : « I was born in a hurricane ». Il y a également cet arpège sur « Sly », très similaire à celui de « Send Me An Angel » ou de « Still Loving You ». D’ailleurs, « Sly » est l’acronyme de « Still Loving You ». Ai-je mis le doigt sur quelque chose ou est-ce une pure coïncidence ?

Tu as raison en ce qui concerne « Raised On Rock », le titre sonne un peu comme « Rock You Like A Hurricane ». C’était voulu. Quant à « Sly », c’est effectivement l’acronyme de « Still Loving You ». La chanson est tirée d’une histoire vraie. En 1985, un jeune couple français a eu un bébé. Ils m’ont montré une photo de leur fille, en me disant qu’ils l’avaient appelée Sly, en hommage à la chanson. A l’époque, la rumeur disait qu’il y avait eu un baby-boom en France à cause de « Still Loving You ». J’ai tellement entendu cette histoire qu’il doit y avoir un fond de vérité ! Il y a trois ans, quand nous avons joué à l’Olympia, la jeune fille était présente avec ses parents. J’ai raconté l’histoire à Klaus, et il en a tiré des paroles. Cette jeune fille existe vraiment ! Musicalement, Rudolph a une façon très particulière de faire ses arpèges, et nous sommes conscients de similitudes. C’est un peu ironique, on le fait avec le sourire.

« Still Loving You » est donc responsable d’un paquet de parties de jambes en l’air…

Tout à fait ! Surtout en France, d’ailleurs (rires)!

Imaginons que vous ayez décidé d’arrêter AVANT de composer l’album. Auriez-vous abordé l’écriture du disque différemment ? Il y aurait eu plus de pression, j’imagine…

J’imagine, en effet. Si nous avions décidé avant de le composer que cet album serait le dernier, nous l’aurions probablement mentionné dans certaines chansons. Je suis sûre que nous l’aurions écrit différemment. Cette année, mes collègues auront 62 ans (je suis un peu plus jeune), et à la fin de la tournée, ils en auront 65. Vous nous voyez retourner en studio après ça pour enregistrer un nouvel album, puis repartir sur les routes pendant des années ? L’idée était de finir notre carrière avec classe et dignité. Nous voulons que les gens se souviennent de nous comme un bon groupe, avec des musiciens en pleine forme. Nous ne voulons pas qu’ils se disent : « Ils étaient bons, mais maintenant, ils sont vraiment trop vieux ».


« Nous ferons peut-être en sorte de prolonger la tournée au maximum, mais quand ce sera fini, ce sera fini. « L’effet KISS » a commencé il y a dix ans. Aujourd’hui, les groupes donnent une première tournée d’adieu, puis une deuxième, une troisième… Nous n’avons pas envie de nous ridiculiser. »
A une époque, KISS avait annoncé une tournée d’adieu. Aujourd’hui, le groupe est toujours actif et a même sorti un nouvel album l’an dernier. Etes-vous sûrs de vous lorsque vous affirmez que SCORPIONS s’arrêtera après cette tournée ? Saurez-vous résister à la tentation de reformer le groupe ?

Je suis sûr que nous résisterons. Nous ferons peut-être en sorte de prolonger la tournée au maximum, mais quand ce sera fini, ce sera fini. « L’effet KISS » a commencé il y a dix ans. Aujourd’hui, les groupes donnent une première tournée d’adieu, puis une deuxième, une troisième… Nous n’avons pas envie de nous ridiculiser, nous sommes très sérieux.

L’album Sonic Boom de KISS a été très bien reçu par la critique comme par le public. Au bout du compte, leur décision de ne pas arrêter et de prendre le “risque” de faire un nouvel album s’est révélé positif pour eux et pour leurs fans. Avez-vous jamais pensé que vous alliez passer à côté d’un paquet de bons albums ?

Pour l’instant, personne ne sait ce que nous ferons à la fin de notre carrière. Il est trop tôt pour y penser. Dans les deux ou trois années à venir, quand nous serons en tournée, notre avenir nous apparaîtra de façon évidente. Ce sera peut-être un projet musical, ce sera peut-être tout autre chose. On peut tout imaginer, nous n’avons encore aucun projet concret. Pour l’instant, tout ce dont nous devons nous préoccuper, c’est de la sortie de l’album et de la tournée. Nous allons faire le tour du monde. Demain nous partons à Francfort pour faire de la promo, nous serons en Autriche la semaine prochaine pour un show télé, puis nous nous rendrons à New York et à Los Angeles et après ça nous donnerons des concerts en Belgique. Nous avons joué à Moscou hier et avons pris l’avion pour Paris à quatre heures du matin ! Cette tournée va accaparer toute notre énergie, il est beaucoup trop tôt pour penser à quoi que ce soit d’autre. Tu sais où tu seras dans trois ans, toi ?

Non, je n’en sais rien ! Quant on organise une tournée comme celle là, la dernière image que l’on va laisser au public, j’imagine qu’on essaie de penser à tous les détails, à tous les clins d’?il que l’on pourrait faire, pour ne pas avoir de regrets…

Nous voulons des concerts grandioses, mais c’est encore à l’étude. Jusqu’ici, nous n’avons donné que deux concerts. La production sera énorme et il y aura énormément d’effets visuels. Malheureusement, nous ne pourrons pas les emmener partout. Pour Paris, par exemple, l’Olympia est trop petit pour ces effets. Nous avons des écrans géants et toute une technologie très moderne, c’est génial. Mon intuition me dit que le concert que nous donnerons au mois de mai ne sera pas la dernière date parisienne. J’espère que nous pourrons revenir dans une plus grande salle – Bercy, par exemple.

Concernant cette massive tournée d’adieu, pourquoi avoir choisi de la commencer en Allemagne, au lieu de la conclure « à domicile » ?

Il n’est pas impossible que nous finissions la tournée en Allemagne. Nous ne savons ni où ni quand exactement, mais je pense que nous finirons notre carrière dans notre ville natale. Ce serait une excellente chose, parce que c’est là que tout a commencé. Les promoteurs n’aiment pas vraiment cette idée, mais j’aimerais que nous organisions un concert géant dans un stade et que nous invitions toute la planète gratuitement ! Pour moi, ce serait la meilleure façon de conclure la tournée. Ni notre management ni les promoteurs n’ont apprécié cette idée lorsque je leur en ai parlé, mais je reste convaincu qu’elle est bonne !

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« Les promoteurs n’aiment pas vraiment cette idée, mais j’aimerais que nous organisions un concert géant dans un stade et que nous invitions toute la planète gratuitement ! Pour moi, ce serait la meilleure façon de conclure la tournée. »
Toutes les dates seront-elles exceptionnelles, pour qu’il n’y ait pas de jaloux, ou bien y aura-t-il au contraire une date spéciale, le tout dernier concert par exemple, qui sera différente des autres ?

Je vais te raconter une anecdote qui s’est produite il y a des années. Je crois que c’était en 1992. Nous devions prendre l’avion pour Tokyo, et on nous avait distribué des pass « access all areas ». Le numéro inscrit sur mon pass, je m’en souviens parfaitement, était le 182. J’ai dit au responsable de la tournée que je n’avais pas besoin de pass, que nous ne faisions que prendre l’avion, et je lui ai demandé ce que ce numéro signifiait. Il a répondu qu’il s’agissait du concert numéro 182, et j’ai pensé : « Wow, tout ça, déjà ? » Pour nous, ce concert était le 182è, mais pour nos fans à Tokyo, c’était le concert numéro 1. C’est pour ça qu’on se donne toujours à 100 %, qu’on donne tout ce qu’on a : parce que c’est important pour le public, parce que pour certains, ce sera leur premier concert des Scorpions.

Il est déjà arrivé par le passé que les SCORPIONS invitent d’anciens membres du groupe sur scène. Compte tenu de ce que représente cette tournée, j’imagine que c’est également au programme ?

Pourquoi pas ! Nous avons toujours de bonnes relations avec la plupart des anciens membres – pas tous, mais la plupart. Nous avons déjà fait ce genre de choses plusieurs fois : on le voit sur un DVD du Wacken, nous l’avons fait à Strasbourg, Uli et Michael étaient avec nous en Angleterre, Herman nous a rejoints en Grèce… Aujourd’hui, Herman vit à Munich et je le croise souvent. Ce serait très facile de faire appel à eux, mais nous ne le ferons pas à chaque fois. Nous le ferons quand ils seront disponibles, car évidemment, ils ont d’autres projets.

Doit-on s’attendre à des surprises concernant la set-list ? Des titres rarement, voire jamais joués ?

Nous modifierons probablement la setlist au fur et à mesure. Sur les deux premiers concerts, nous avons joué trois chansons du nouvel album et nous allons probablement en ajouter deux ou trois. A cela viennent s’ajouter les tubes que nous sommes obligés de jouer pour ne pas décevoir le public – et il y en a une bonne dizaine. Si on ajoute les quatre nouveaux titres, ça ne laisse plus beaucoup de place. Nous avons quelque chose comme 25 chansos de prévues sur notre set-list. Parfois nous jouerons « Dynamite », parfois « Can’t Get Enough »… Il faut faire des choix, sinon nous jouerions pendant des heures.

Revenons sur le dernier message que vous adressez à vos fans à travers le disque : « The Best Is Yet To Come », le dernier morceau de Sting In The Tail. « The best », c’est quoi ?

Nous avions cette chanson dans un tiroir depuis six ans, ça n’a rien à voir avec la fin de notre carrière ! Nous avons délibérément choisi d’en faire la dernière chanson de l’album pour que les auditeurs se posent des questions. C’est très ironique, mais la chanson existe depuis longtemps. Nous avions prévu de l’enregistrer pour l’album précédent, mais entre-temps, nous avons reçu l’offre de Desmond Child et sommes partis aux Etats-Unis pour enregistrer Humanity Hour 1, à la place des chansons que nous avions prévues. Certaines ont fini sur cet album, et ce titre en fait partie. Ce n’était pas voulu, c’est une forme d’humour tordu !


« Le pire moment sera probablement le lendemain du dernier concert. »
Finalement, il reste encore deux à trois ans avant la fin des SCORPIONS. Est-ce que vous appréhendez le moment où ce sera vraiment fini ?

Non. Pour nous, deux ans, ce n’est pas si long. La tournée pour Humanity Hour 1 était aussi longue. C’est une durée normale si vous voulez jouer dans le monde entier. Si on le voulait, on pourrait jouer deux mois en Amérique du Sud, six mois aux Etats-Unis et trois mois en Asie. C’est tout à fait normal, pour nous, on fait ça depuis plus de 20 ans. Et puis, comme je l’ai déjà dit, je ne sais pas dans quel état d’esprit nous serons à la fin de la tournée. Une tournée, ça vous maintient en forme. Voyager peut être fatiguant, mais être sur scène tous les soirs, c’est comme faire du sport. A la fin, nous serons sans doute en meilleure forme qu’aujourd’hui !

L’arrêt de la carrière de SCORPIONS marque-t-il la fin de vos carrières de musiciens ?

Non.

Si tu ne devais retenir qu’un bon et un mauvais souvenir de toute la carrière des SCORPIONS, quels seraient-ils ?

Ce n’est sans doute pas la réponse que tu veux entendre, mais pour moi, la meilleure chose à retenir, c’est le fait que nous soyons ici aujourd’hui. Nous avons eu une longue carrière, et aujourd’hui nous pouvons partir en tournée avec notre dernier album. C’est le meilleur moment. Le pire sera probablement le lendemain du dernier concert.

Hier, vous avez enregistré l’émission Taratata, au cours de laquelle vous avez évidemment joué « Still Loving you » et « Wind Of Change ». Je suppose qu’on vous l’avait demandé. Il s’agit incontestablement de ballades formidables, mais n’êtes-vous pas fatigués de la jouer uniquement pour faire plaisir à ceux que ne connaissent que ces titres ? Vous ne vous dites jamais : « marre des ballades, je veux leur montrer ce qu’est le rock ! » ?

C’est le public qui fait toute la différence. Hier, on nous a demandé un medley de nos chansons les plus célèbres. Cela nous convient très bien. Du moment que le public réclame ces chansons, ça nous va. On ne joue pour ainsi dire jamais sans public, sauf en salle de répétition. Pourquoi devrions-nous jouer ces chansons pour nous-mêmes ? Sans public, on ne les jouerait pas.

Au bout de toutes ces décennies de concerts, il doit bien il y avoir un morceau que tu ne peux plus supporter de jouer…

Même réponse : si le public est déchaîné, je suis prêt à jouer n’importe quelle chanson. Il y aura environ 200 concerts au cours de la tournée, ce qui signifie que nous jouerons chaque chanson 200 fois. Mais ce n’est absolument pas un problème si le public les réclame.

As-tu des regrets ?

Rien de particulier. Si je pouvais tout recommencer, je ferai exactement les mêmes choses. De toute façon, penser au passé n’a aucun intérêt, car on ne peut rien y changer ! Le passé est ce qu’il est. Mais grâce à Dieu, nous n’avons pas grand-chose à regretter.

Entretien réalisé par Spaceman et Metal’o Phil le 20 mars 2010 à Paris.

Site Internet SCORPIONS : www.myspace.com/officialscorpions




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