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Nouvelles Du Front   

The Bloodhound Gang joue avec le feu russe


The Bloodhound Gang aurait peut-être dû se méfier avant de s’attaquer à un symbole patriotique russe, surtout après l’affaire encore assez fraîche des Pussy Riot. Le groupe américain de Pop-Punk s’est ainsi vu refuser la participation à un festival en Russie, et s’est même fait canarder d’œufs et de tomates par un groupe ultra-conservateur après que le bassiste du groupe a feint de s’essuyer les fesses avec le drapeau russe lors d’un concert en Ukraine, tout en ajoutant un : « Ne le dites pas à Poutine », qui ne lui sera sûrement pas d’un grand recours face à l’opprobre russe.

Après que le ministre de la Culture Russe a pris connaissance de la vidéo sur Internet, et ayant décrété à travers son compte Twitter que ces « idiots » ne joueraient pas sur scène, les Bloodhound Gang, groupe satyrique qui n’en est déjà pas à sa première polémique outre-atlantique, ont découvert en arrivant sur le site du festival Kubana à Anapa dans le sud-ouest de la Russie qu’ils n’étaient plus programmés. Ils avaient pourtant fait des excuses publiques, mais rien n’y a fait : les Américains risquent des poursuites pénales dans un pays où on ne badine pas avec le drapeau, et où le salir, comme dans d’autre pays du monde, est même un crime.

Il est vrai que Bloodhound Gang n’en est pas à son coup d’essai quand il s’agit de titiller quelque peu les autorités morales, avec des textes sexuellement explicites et des agissements scéniques un peu borderline (on se souvient notamment de leur passage au festival Novarock, en Autriche, en 2006 où le bassiste a littéralement uriné sur le chanteur – loin de s’en plaindre – sur scène). Et si chanter « Toi et moi bébé, nous sommes des mammifères, alors faisons l’amour comme ils font sur Discovery Channel », le refrain éloquent de leur titre « The Bad Touch », a plutôt tendance à faire sourire en dépit des critiques qu’ils peuvent faire naître, s’attaquer au patriotisme russe aux portes de son territoire s’avère être une autre paire de manche. Surtout alors que la tension ces derniers jours entre les deux grands ennemis de la Guerre Froide a remonté d’un cran après l’affaire Snowden, la Russie ayant accordé l’asile temporaire au dénonciateur américain et les Etats-Unis, en retour, ayant menacé de boycotter la réunion bilatérale entre Vladimir Poutine et Barack Obama en septembre. Alors quand un hurluberlu américain fait le malin à Odessa, pas question de faire de cadeau à la formation auquel il appartient et de la laisser s’exprimer sur la scène russe. Même si le Gang a présenté des excuses – ce qui révèle bien la nature « comique » de leur acte subversif, plus qu’un acte engagé pour les droits d’expression en Russie, par exemple.

L’affaire des Pussy Riot est bien sûr dans toutes les têtes après ce nouvel incident opposant rock et autorités russes : la condamnation à une détention dans un camp sibérien de ces trois punkettes ayant clamé leur opposition à Poutine à travers plusieurs chansons et actions, notamment celle qui les mena en prison (l’interprétation d’un « Te Deum Punk » au sein même de la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou le 21 février 2012) a interpellé les observateur du monde entier, le sujet étant même venu à la table des chefs d’Etat. Le département d’Etat américain, qui s’était dit « préoccupé » par la situation de la liberté d’expression en Russie lors de la condamnation des Pussy Riot, risque bien de se trouver devant un casse-tête cette fois-ci, avec des ressortissants de son pays allant se mêler des affaires de Poutine dans un état de l’ex-URSS. Il n’est pas certain qu’il les défende publiquement en raison des fortes perturbations diplomatiques que cela engendrerait. Il est en revanche probable que les Bloodhound Gang aient été réduits au silence après leur retentissant fait d’arme : leur site officiel ne fonctionne apparemment plus depuis l’affaire, et aucune communication du groupe n’est disponible sur les réseaux sociaux. En revanche, des Russes se lâchent sur les commentaires de la vidéo sur YouTube notamment, peu enclins à pardonner au groupe d’avoir ainsi souillé leur drapeau.

The Bloodhound Gang, qui a connu ses heures de gloire au début des années 2000 avec leur troisième album, Hooray For Boobies et le fameux single « The Bad Touch », fait certes ressortir le nom du groupe de l’anonymat dans lequel il était tombé. Mais il le plonge également dans une tourmente diplomatique qu’un groupe de rock tel que celui-ci n’a pas les épaules pour affronter sans l’aide de l’état fédéral américain. Surtout que, selon les dires du groupe et leurs excuses, le message était plutôt comique et gratuitement provocateur que politique. Si une fois de plus, effectivement, la question de la liberté d’expression ainsi que celle de la connivence entre le pouvoir et les évènements culturels se posent en Russie, les observateurs du monde entier pourront légitimement se poser la question de l’intérêt d’une telle provocation pour un groupe qui s’en va faire une tournée dans le pays visé juste après. Il n’est pas certain, par exemple, que les Américains auraient aimé qu’un quelconque artiste étranger, russe ou autre, se frotte l’entrejambe avec la bannière étoilée sur le territoire canadien, par exemple, avant de venir faire le fanfaron sur la Terre des Braves, d’où la difficulté pour le gouvernement américain de les soutenir dans leur acte, et peut-être la raison du silence du groupe. The Bloodhound Gang a, dans tous les cas, joué avec le feu. L’avenir dira si le jeu en valait la chandelle.



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  • screamingformetal dit :

    Ils n’auraient pas osé le faire avec le drapeau français car ils savaient qu’ils risquaient super gros: une relaxe!

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  • Et au passage, le vieux groupe qui fait son coup de provoc sans neurone et part sous la table se cacher au premier coup de sifflet, c’est quand même la loose.
    Boujou

    [Reply]

  • Je ne supporte pas soral et aime dieudo ( en tant que comique, j’en ai rien à battre du côté politique du bonhomme ) mais c’est quand même une question qui méritait autre chose comme réponse que des vieux lolismes.
    ça pousse pas HLPSDNH ( dites donc il est bien chiant à se rappeller ce pseudo ) à voir la chose autrement.

    Sur ce HLPSDNH : Ton discours est à côté. Les Femen ne sont pas le thème de l’article. Les Femen si ça peut te rassurer crachent aussi sur la religion juive. Et , oui, ils auraient un retour de baton dût au fait que les défenseurs du judaisme sont bien organisés et ont du répondant. MAIS ils auraient pu jouer en Asie, en Afrique, en amérique latine et même en Russie. Si ça peut relativiser le côté Maître du monde du « lobby ».
    Boujou

    [Reply]

  • Les HLPSDNH dit :

    Et si il faisait ça avec le drapeau israélien, il n’aurait plus de maison de disque, serait banni de spotify, censuré sur Youtube et ses concerts annulés partout sur la planète…

    Pourquoi ces FEMEN, subversifs de pacotilles & co. crachent toujours sur les cathos, les musulmans, sur Obama, sur Poutine… mais jamais sur une Ménorah, Bibi Nethanyaou et Israël?

    [Reply]

    Sebastien

    Salut Alain ? Ca va ?

    Bastard

    Tiens ils sont sur Radio Metal les « Fdesouche » maintenant ?

    RedMetalhead

    Tiens! Le fans de Dieudo-Soral-Intransigeants sont de retour sur Radio Metal!

    arnaud

    sa fait tellement soral meme si c’est vrai XD

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