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Interview   

THE CNK : ENTRETIEN AVEC HREIDMARR ET VALNOIR


Résumé de l’interview :

Radio Metal : Le titre de l’album est une référence à Beethoven. C’est une symphonie dédiée à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse à partir de 1797, un roi qui a perdu de nombreuses batailles et qui s’est exilé. La référence est-elle voulue ?

Rose (chant) : Non, nous c’était pas ça. Plusieurs choses nous intéressaient. Déjà le fait que ce soit l’hymne européen puisque justement, ça allait dans le sens de la satire de la société actuelle et des régimes en place. Et puis il y a une petite référence à Orange Mécanique. Le titre même, « L’Hymne à la Joie », je trouve que ça sonnait bien par l’aspect ironique que nous voulons véhiculer dans l’album. Vraiment, dans son aspect apocalypse.

Ca ne vous embête pas de savoir que la symphonie a été dédiée à cet homme qui finalement a fait perdre ses territoires à la Prusse et a permis la défaite de la grande armée de Russie ?!

Valnoir (basse) : Le sens populaire de « L’Hymne à la Joie » c’est l’hymne européen. Après, le sens premier a été complètement mis de côté. Nous, ce qui nous intéresse, c’est l’aspect populaire et donc l’appréhension populaire qu’il peut y avoir derrière. Les racines historiques sont très secondaires.

Rose : De toute façon nous n’avons pas la prétention de donner des cours d’Histoire ou d’avoir une approche très intellectualisée ! Au contraire, on considère notre art comme de l’art dégénéré.

Hreidmarr, ton passé dans Anorexia Nervosa a permis à The CNK d’obtenir une rapide notoriété, tu en es conscient. Penses-tu que grâce à ce nouvel album vous vous êtes enfin dégagés ?

Rose : Oui et non. Il y a toujours des gens qui me parlent d’Anorexia.

Valnoir : Ce que tu es entrain de faire par exemple !

Rose : Non mais même, que ce soit sur le net par exemple ou quand je rencontre des gens…De toute façon il y en aura toujours pour dire que c’était mieux avant ou qui me demandent tout le temps quand est-ce qu’on va recommencer Anorexia Nervosa…

Une bonne fois pour toutes, est-ce que finalement l’avenir d’Anorexia Nervosa, pour l’instant en stand-by, dépend de celui de The CNK ?

Rose : Pas du tout. En fait, même quand on a repris CNK, il y a eu une confusion à ce niveau là. Je n’ai pas quitté Anorexia Nervosa pour faire CNK. Ca n’avait aucun rapport. De toute façon, avant que je quitte Anorexia, on avait travaillé sur « L’Hymne à la Joie » avec le guitariste. A ce moment là, je me posais déjà des questions, mais le fait est que même si j’étais resté dans Anorexia Nervosa l’album serait quand même sorti ou on aurait fait quelque chose. En fait, ça n’a fait qu’accélérer les choses et évidemment j’ai pu me concentrer là dessus. Mais sinon c’est normal, les gens y sont attachés. Sur Anorexia j’ai tiré un trait dessus, les autres dans le groupe aussi, même Stefan (NDLR : Bayle, guitare dans Anorexia). J’ai été le premier à partir et à réaliser des choses parce que j’estimais que le groupe avait perdu quelque chose, une espèce de passion, d’exaltation qu’il y avait au début. Ce que Stefan m’a dit après c’est que ça lui avait fait réaliser ça ; le fait que je parte. Après, tout le monde s’était mis d’accords là dessus. Il n’est pas exclu que je refasse quelque chose avec Stefan, mais ce ne sera pas Anorexia. Après la plupart des gens ont compris que CNK n’avait rien à voir malgré ma présence. L’avis est très partagé. Des anciens fans d’Anorexia suivent et comprennent CNK et d’autres détestent !

Vous dites que vous n’êtes pas engagés et que votre but n’est pas de faire de la politique. Vous affirmez aussi pratiquer l’autocritique. Mais quand on regarde votre visuel, il est engagé…et peut-être mal compris. Votre visuel est-il un moyen plus fin pour faire passer vos idées ?

Valnoir : Le visuel n’est pas engagé. Il fait référence à des formes de communication qui elles sont engagées ! C’est une référence à l’art totalitaire, ce n’est pas pour ça que nous avons un message totalitaire. C’est une référence à ça en fait. Le visuel n’est pas engagé et propose juste une satire. Cependant, nous avons choisi ce mode d’expression parce qu’il a un sens et que ça soutenait notre propos de façon percutante, tellement percutante que nous avons été censurés à la FNAC. Nous l’avons été pour une histoire d’ombre sous les nez de Nicolas interprétée comme la moustache de notre Führer ! C’est une grotesque fumisterie ! C’est une excuse pour simplement refuser le visuel. Voilà pourquoi il y a un autocollant qui cache toute la pochette…

Rose : La FNAC est l’agitateur culturel auto proclamé qui confond iconographie du Troisième Reich avec iconographie chinoise.

Valnoir : Honte au système pileux !

Vous dégagez une certaine violence à travers vos compositions et votre visuel, ce qui est assez représentatif du monde dans lequel nous évoluons. De cette manière vous devenez ce que vous critiquez. Est-ce une philosophie dangereuse ?

Valnoir : Non, on ne la devient pas, on l’incarne l’espace d’un instant. On porte sur nous les vêtements, on porte à nu l’iconographie d’un régime totalitaire dans lequel on vit d’une certaine manière, et que l’on combat. On se déguise en l’ennemi.

Cette position est très dangereuse parce que peu de personnes le prennent comme ça et beaucoup s’arrêtent au premier degré. Manier l’autodérision comme cela peut s’avérer dangereux !

Valnoir : On ne peut pas s’arrêter parce que les gens sont des abrutis ! On ne peut pas s’auto censurer parce que les gens sont cons et n’ont pas les bonnes références ! Si tu t’abaisses au niveau global de culture générale tu n’iras pas très loin. On préfère ne pas s’en préoccuper et advienne que pourra.

Rose : Pour nous c’est évident, à n’importe quel niveau, que ce soit au niveau des paroles, de l’imagerie, dans tout le discours qu’on peut tenir et même les choses auxquelles on fait référence comme le cinéma. Pour moi c’est évident qu’il y a un côté grosse déconne, satire. On balance des choses. On peut parler de choses très graves mais on le fait d’une manière qui est très « Desproges ».

Antonin Artaud disait : « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer ». Quand on lisait tes feuilles de Rose dans Hard’N Heavy, il semblait que cette citation prenait tout son sens… Comme une sorte d’exutoire.

Rose : J’ai du mal à considérer l’art comme un exutoire. Je pense que tu as besoin de le faire, mais ce n’est pas ça qui va améliorer les choses et faire que tu vas aller mieux. C’est juste un besoin quasiment physique. Mais l’art n’est pas du tout une thérapie. C’est juste que tu as besoin de le sortir !

Valnoir : Pour moi, ça ne te fait pas sortir de l’enfer. Tu restes en enfer mais tu essayes d’en faire quelque chose. Tu essayes d’être créatif et constructif à partir de ça…

Rose : Pour moi, en parlant de la manière que nous avons d’appréhender les choses, l’art te permet d’avoir un certain recul sur toi-même, de relativiser plein de choses que tu peux considérer comme graves sur ta propre personne, ta petite personne. Et au final tu arrives à en rigoler. Les feuilles de Rose, c’était beaucoup ça.

Une question simple : c’est quoi pour vous l’enfer ?!

Valnoir : L’enfer c’est les autres…

Je crois que ça a déjà été dit !

Valnoir : Dommage…j’aurais bien aimé la trouver ! C’est un peu ça réellement.

Rose : Je ne sais pas, je n’ai pas vraiment d’idée…

Valnoir : Les tranchées en 14-18, ça m’avait l’air d’être bien la merde. La Poste…aller à la Poste un samedi matin. La SNCF. Les enfants dans le TGV ça me donne des bouffées de haine, c’est incroyable ! Quoi d’autres ?! Ceux qui protègent les baleines alors que c’est bon. Le gospel, ça me rend fou ! Les végétariens, les gens qui mangent pas de viande…

Rose : C’est l’enfer !

Entretien réalisé le 31 Mai 2008 à Lyon
MySpace The CNK : myspace.com/thecnk



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