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Chronique   

The Crown – Death Is Not Dead


On ne l’attendait pas. On ne les attendait plus. The Crown revient dans une certaine indifférence et, pourtant, il revient en voix – c’est le cas de le dire – et en grande forme. Cinq ans se sont écoulés depuis Doomsday King, opus du retour mais qui n’était pas prévu pour l’être au départ, pas forcément au niveau des hauts standards du groupe, si bien que la sensation est plutôt que The Crown aurait disparu des écrans radars depuis 2003/2004. Mais à peine un an après l’album de 2010, The Crown retrouvait sa voix, et par la même le sacro-saint line-up d’origine : Johan Lindstrand reprend sa place gardée au chaud par l’intérimaire Jonas Stålhammar. Voilà qui met le feu aux troupes qui envisagent une entrée en studio dès début 2012. Death Is Not Dead ne sort finalement que trois ans plus tard, avec deux membres en moins : Janne Saarenpää et Marcus Sunesson. Mais toujours avec une certaine flamme.

D’ailleurs il en faut de la flamme pour, comme le guitariste-compositeur Marko Tervonen, décider non seulement de prendre en charge tout le travail de production mais aussi toutes les parties de batteries ! Chapeau l’artiste, parce que le travail est fait et ne dénote pas ; il suffit d’écouter la batterie bien costaude d’ « Herd Of Swine » pour se rendre compte que Tervonen n’a pas plus à rougir de son coup de baguette que de son coup de médiator. Que le retour de Lindstrand, et sa voix mieux valorisée que jamais, ait donné un coup de boost au combo et l’arrivée du guitariste soliste Robin Sörqvist ait apporté un peu de sang frais à la musique ne serait pas étonnant. Dans le fond rien de vraiment neuf à l’horizon. The Crown ne se réinvente pas mais se retrouve. Death Is Not Dead, un titre d’album cliché, sûrement volontairement, pour à la fois célébrer le death metal mais aussi rappeler qu’on avait enterré The Crown peut-être un peu vite. Death Is Not Dead c’est le thrash-death à la vieille école suédoise – comprendre un déluge de riffs, une production brute et puissante et de la mélodie par-dessus tout ça (« Horrid Ways ») -, généreux et rappelant le ténor du genre qu’a été dès 1995 et qu’est, manifestement, encore aujourd’hui The Crown.

Un album qui honore une certaine tradition mais n’offre pas moins quelques surprises. A commencer par la plus évidente, cette reprise du « Eternal » de Paradise Lost (album Gothic, 1991) – seule chanson (avec les différents bonus) jouée par le batteur Henrik Axelsson -, à la fois emprunte d’un grand respect et parfaitement digérée dans le son et le jeu de The Crown. Pas étonnant que le groupe ait choisi de la mettre si tôt dans le disque, tant elle accroche immédiatement l’auditeur sous son atmosphère conquérante. Mais les références et hommages qui feront plaisirs ne s’arrêtent pas ici. Outre la reprise du « Agent Orange » de Sodom en bonus et celle d’ « Unfit Earth » de Napalm Death qui accompagne le single « Headhunter », l’on pourra immédiatement retrouver la sempiternelle influence de Slayer dans les riffs et le solo chaotique du vicieux « Herd Of Swine », à faire rougir Kerry King. Mais aussi « Iblis Bane » qui dissimule un clin d’œil au « Left Hand Path » d’Entombed dans son couplet et le Carmina Burana de Carl Orff dans son refrain. Sans compter « Meduseld » qui s’inspire des instrumentales de Metallica (l’intro acoustique, la mélodie de guitare finale) à la sauce scandinave, et avec pour petite originalité un violon traditionnel suédois qui apporte une touche d’exotisme folk à ce qui s’avère être un des points culminants de l’album.

Loin de chercher le plagiat, The Crown s’amuse avant tout et saupoudre volontairement sa musique de petites sucreries à qui saura les apprécier. Le groupe n’a de toute façon pas besoin d’aller chercher ailleurs que dans son propre répertoire pour convaincre en premier lieu. Death Is Not Dead pourrait bien être la vraie renaissance de The Crown.

Ecouter « Headhunter » et « Speed Kills » :

Album Death Is Not Dead, sorti le 15 janvier 2015 chez Century Media.



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