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Interview   

The Crown n’est pas mort, loin s’en faut


Le véritable retour de The Crown c’est cette année. Doomsday King, sorti en 2010 après une séparation de six ans, était un album honorable mais n’avait pas vraiment été conçu, en premier lieu, comme un album de The Crown et surtout, Johan Lindstrand, la voix du groupe – au point qu’ils avaient été jusqu’à réenregistrer Crowned In Terror (2002), pourtant chanté par le réputé Tomas Lindberg (At The Gates), avec lui sous le nom de Crowned Unholy (2004) – manquait à l’appel. Alors avec le retour de Lindstrand, et même si aujourd’hui deux autres membres d’origine ont mis les voiles pour des raisons différentes que nous explique le guitariste-leader du groupe Marko Tervonen dans l’entretien qui suit, The Crown retrouve sa forme d’antan et, avec son nouvel opus Death Is Not Dead, tape du poing sur la table, affirmant haut et fort que leur thrash-death qui prend aux tripes est loin d’être mort et qu’il faudra compter sur eux à l’avenir.

On fait donc le point sur la situation et l’état d’esprit du groupe aujourd’hui avec Tervonen, mais aussi quelques retours dans le passé pour comprendre d’où vient The Crown, qui fête cette année ses 25 ans de carrière et les 20 ans de son premier album. Et évidemment, nous décortiquons avec lui l’opus sorti il y a quelques semaines. Un album qui lui aura donné du fil à retordre, prenant à sa charge, en plus des guitares, la production et les parties de batterie. Mais un album aussi à côté duquel les fanas du genre n’auront pas le droit de passer.

« J’ai l’impression que The Crown a toujours été le genre de groupe donné perdant. […] Nous avons toujours eu le sentiment de nous battre pour gagner de l’attention. »

Radio Metal : Le chanteur originel Johan Lindstrand a réintégré The Crown seulement un an après la sortie de Doomsday King. Comment est-ce que cela s’est passé ?

Marko Tervonen (guitare) : C’était une progression assez naturelle en fait. Nous avions déjà demandé à Johan pour l’album Doomsday King s’il voulait en faire partie et rejoindre le groupe, mais il était pas mal occupé à cette époque avec son autre groupe One Man Army, donc il avait le sentiment d’avoir des engagements à honorer par rapport à ça. Voilà pourquoi il n’a pas voulu rejoindre The Crown à ce moment-là. Ensuite, Jonas [Stålhammar] est entré en scène, nous avons fait l’album et quelques concerts. Il se trouve juste que j’ai à nouveau croisé Johan dans un bar [petits rires], et je lui ai juste demandé : « Qu’est-ce que tu dirais de revenir dans le groupe ? » Et il a dit : « Ouais, je suis prêt. » Car il s’apprêtait à quitter One Man Army. Il a dit qu’il n’avait du temps que pour un groupe et a décidé que The Crown serait son groupe principal. Ça s’est fait très naturellement et paraissait être une bonne chose. Nous avons parlé à Jonas et nous avons dit que… Je veux dire que j’ai adoré tout le travail qu’il a fait pour Doomsday King, il a fait de l’excellent boulot, mais nous avons simplement eu le sentiment que si the Crown devait continuer à faire partie de nos vies, il fallait que ce soit fait avec nos meilleurs amis et les anciens gars qui étaient là depuis le début.

Quelle a été la réaction de Jonas à cette décision ?

Il a été assez cool. Je veux dire que nous en avons parlé et nous avons été très clairs sur le fait que ce n’était pas à cause de lui. C’était juste que nous avons eu l’opportunité de rassembler à nouveau la vieille équipe et c’était ce qu’on préférait. Jonas l’a bien pris. Jonas vit sur la côte est alors que nous vivons sur la côte ouest, il avait donc six heures de voiture pour venir aux répétitions. Je veux dire que nous voulions continuer de manière simple. Mais au final il l’a bien pris, donc aucune rancœur.

Johan semble avoir une relation assez complexe avec le groupe, dans la mesure où il est parti et revenu à plusieurs reprises dans l’histoire de The Crown. Comment l’expliquer ?

Johan est juste comme tout le monde : tu t’adaptes à la situation dans laquelle tu te trouves et agis en conséquence. A l’époque, lorsqu’il a quitté le groupe, sa situation était telle qu’il ne pouvait plus avoir The Crown dans sa vie. Je veux dire qu’à cette époque, The Crown était une autre machine : nous tournions beaucoup, donnions beaucoup de concerts, ça occupait la majeure partie de notre temps. La première fois qu’il a quitté le groupe, il n’avait pas le temps de s’investir dans The Crown, donc voilà pourquoi il est parti. Si tu ne peux pas faire le boulot, tu dois partir et faire quelque chose pour arranger ça. Mais désormais, comme je l’ai dit, Johan a le sentiment de pouvoir consacrer beaucoup de temps à un groupe et ce groupe, à l’heure actuelle, c’est The Crown. Donc, là tout de suite, ça marche bien. Nous avons tous trouvé une solution pour que ça fonctionne, donc c’est super.

Lorsque Johan est revenu, le line-up d’origine était de retour. Mais plus récemment Janne Saarenpää et Marcus Sunesson ont tous les deux quittés le groupe. Es-tu déçu de ne pas avoir pu garder ce line-up ?

D’une certaine manière oui. Evidemment, le line-up originel c’est quelque chose de cool. Je veux dire que nous avons commencé à jouer avec le groupe lorsque nous avions quatorze ou quinze ans, nous étions des gosses. J’ai joué dans le groupe avec le line-up d’origine pendant, en gros, la moitié de ma vie ! [Petits rires] Donc évidemment, c’est triste lorsque tu ne peux pas faire en sorte que ça marche. Mais encore une fois, tu dois juste te poser et te demander : « Quelle est la meilleure chose à faire ? Devrait-on accepter le fait que l’on ne puisse pas faire ça avec le line-up d’origine ou bien devrait-on trouver une autre manière de continuer à faire ça ? » Ça devient une question de problème à résoudre. Il faut le résoudre : soit tu arrêtes, soit tu continues d’une autre façon. Avoir l’atout que représente Robin [Sörqvist] dans le groupe, c’est en fait une très, très bonne chose. Je suis sûr que tu as entendu l’album et les solo qu’il fait sur l’album sont vraiment phénoménaux. Nous avons donc le sentiment que c’est une bonne chose et Robin est un vieil ami à nous. Il est en fait le cousin de mon ancienne épouse ! Nous nous connaissons depuis que nous sommes gamins ! Ce n’est pas comme s’il était un mec complètement nouveau que nous apprenons à connaître. Nous savons précisément ce que nous avons et c’est un bon apport à The Crown.

D’ailleurs, qu’est-ce qui s’est passé avec Janne et Marcus ?

Avec Janne, c’était une situation assez unique. C’est un gars très intelligent et il a en fait décroché une offre de travail pour Apple en Californie. Ils voulaient lui faire signer un contrat de deux ans pour développer les futurs iPhones. Il a donc déménagé en Californie avec sa famille et il travaille maintenant là-bas. C’est quelque chose que nous avons bien entendu complètement soutenu. C’est une opportunité fantastique pour lui d’avoir été repéré par Apple et de travailler pour, probablement, l’une des plus grosses entreprises au monde, et il développe les futurs modèles d’iPhones. C’est donc merveilleux. Il travaille comme ingénieur acoustique ; c’est génial. Donc attendons de voir à la fin de son contrat de deux ans ce qu’il se passe, s’il revient, s’il a toujours le death metal en lui… Mais là maintenant, nous avons un nouveau gars qui s’appelle Henrik Axelsson qui s’occupe des concerts que nous avons programmé. Il a aussi joué sur quelques titres bonus que nous avons enregistré pour l’album. Henrik est vraiment un chouette type et nous sommes certains qu’il sera conforme à ce que nous recherchons de la part d’un batteur. Je veux dire qu’il est super rapide et technique, et je le connais depuis longtemps, donc c’est une bonne chose.

Pour Marcus, c’était un peu différent. Comme tu le sais sûrement, Marcus joue depuis longtemps dans un groupe qui s’appelle Engel. On en est en gros arrivé au stade où ça provoquait des conflits de plannings. Il y avait un festival en Finlande où nous devions jouer et Marcus, plus tard, est venu nous voir pour nous dire : « Je suis désolé, je ne peux pas faire le festival parce que j’ai un autre concert avec Engel. » C’était devenu vraiment problématique. Au final, en gros, par ses actions, il a démontré ce qu’il préférait faire. Il met la priorité sur Engel, donc nous lui avons dit que nous allions continuer sans lui parce que ça devenait très, très difficile. Car nous ne jouons pas si souvent en concert et le peu de choses sur lesquelles nous nous engageons, il faut que nous puissions nous assurer que nous pouvons les faire. Nous donnons peut-être dix show à l’année et ce n’est pas beaucoup mais si tu as un membre qui compromet ça et fait qu’on ne peut pas s’y engager, ça devient très difficile.

« Il y a trois groupes supers importants pour moi, ce sont Metallica, Paradise Lost et Morbid Angel. »

En 2011, le groupe a publié un communiqué affirmant que vous espériez entrer en studio début 2012…

[Petits rires]

Comment ça se fait du coup que vous vous êtes finalement retrouvés à enregistrer l’album deux ans plus tard, en juillet 2014 ?

Eh bien, ça a en grande partie à voir avec les trucs que je viens de mentionner. Particulièrement Janne qui part aux États-Unis, c’était quelque chose d’important parce que nous étions à quelques mois d’entrer en studio pour enregistrer l’album lorsque Janne a eu l’opportunité de travailler pour Apple. Nous avons parlé de beaucoup de choses : « Que devrions-nous faire ? Devrions-nous embaucher un mercenaire ? Que diable devrions-nous faire ? » Et Janne s’est rapproché de moi et m’a dit : « Tu devrais t’occuper toi-même de la batterie sur l’album ! » Et ça a en quelque sorte fait venir pas mal d’idées mais en premier lieu j’ai trouvé que c’était vraiment dingue de suggérer ça ! [Petits rires] Mais j’y ai réfléchi et au final, j’ai fini par enregistrer les batteries. Mais pour pouvoir en arriver là, il a fallu que je me mette en place une session d’entrainement de trois ou quatre mois avant même de commencer à enregistrer les chansons. Ca faisait donc beaucoup de travail ! Mais au final, je l’ai fait. Je suis le batteur sur l’album [petits rires]. C’est carrément fou ! Je fais les batteries, les guitares et j’ai produit l’album.

C’est assez impressionnant en fait pour un guitariste de prendre en charge la batterie comme tu l’as fait ! Quelle est ton expérience par rapport à la batterie ? Comment as-tu appris à jouer de cet instrument ?

[Rires] Eh bien, merci ! Je joue de la batterie depuis très, très longtemps mais la seule chose que je n’ai jamais vraiment joué ce sont les trucs de death metal techniques. J’avais pour habitude de jouer de batterie il y a très, très longtemps. J’ai enregistré une cassette démo pour un groupe de death metal local qui s’appelle Impious. Mais aussi – je ne sais pas si tu le sais – j’ai fait deux albums, des genres d’albums solos, sous le nom d’Angel Blake et j’ai enregistré tous les instruments moi-même sur ces albums. J’ai donc beaucoup joué de batterie mais c’était pour les trucs techniques dont je me disais que si je voulais pouvoir les rentrer, il fallait que je m’entraine énormément. Je savais que j’avais ça en moi mais ça a impliqué beaucoup d’entraînement ! [Rires]

Et étais-tu confiant par rapport à ça et tout le travail que ça impliquait ?

Non ! [Rires] lorsque Janne m’a dit que je devrais faire les batteries, je lui ai tout de suite rétorqué : « Tu es malade. C’est complétement dingue d’avoir le guitariste qui se charge des parties de batteries ! » Mais lorsque j’ai commencé à digéré ce qu’il disait, je savais que je pourrais relever le défi. Mais pendant cette période, lorsque j’enregistrais les chansons, je l’ai regretté à de nombreuses reprises, genre : « Bordel, mais qu’est-ce que je fais ?! » [Petits rires] Car ça faisait beaucoup de boulot ! Et aussi parce que je ne voulais pas programmer la batterie et me faciliter la tâche. Il y avait de la fierté là-dedans également, en disant : « Je veux vraiment jouer la batterie et ne pas faire les conneries de studio habituelles qu’on peut très bien faire. » C’est donc bien moi qui joue la batterie. Maintenant, lorsque j’écoute l’album, j’en suis très fier mais j’ai sué sang et eau et j’ai beaucoup pesté… [Rires]

Comment c’était de travailler à nouveau avec Johan après autant de temps ? Est-ce que ça a ramené une inspiration supplémentaire d’avoir la voix originale de The Crown ?

Ouais, c’est sûr que c’est toujours un sentiment agréable. Dans le passé, lorsque nous enregistrions les premiers albums, Johan n’écrivait pas beaucoup de paroles. Il chantait grosso-modo ce qu’on lui disait de chanter. Mais désormais, il est arrivé, a écrit les paroles, s’est chargé du chant et a mis son empreinte sur toutes les chansons. Johan est l’un de mes amis les plus proches et bien sûr, il est bon d’avoir ce genre de personnes impliquées lorsque tu fais un album, parce que c’est un processus long et tu traverses un paquet d’émotions, c’est donc bien d’avoir de bon amis qui composent avec toi.

L’album s’intitule Death Is Not Dead et ça sonne comme une déclaration pour le groupe. Penses-tu que, à un certain stade, les gens se disaient que The Crown était mort et qu’il fallait que vous leur démontriez qu’ils avaient torts ?

Les deux : oui et non. Pour ma part, j’ai l’impression que The Crown a toujours été le genre de groupe donné perdant. Nous n’avons jamais été mis en avant. Nous n’avons jamais eu un album a succès ou quoi que ce soit dans le genre. Nous avons toujours eu le sentiment de nous battre pour gagner de l’attention. Nous faisons notre death metal à notre façon. Il y a comme un noyau dans le son qui sera toujours pertinent mais nous essayons au sein de notre propre bulle de toujours aller de l’avant. Pour moi, le death metal que tu entends sur l’album sonne comme un bon pas de plus en avant. Il y a des choses là-dedans que nous n’avons jamais faites auparavant mais beaucoup de choses sont aussi dans notre périmètre et notre style. Mais ouais, j’ai clairement le sentiment de toujours devoir prouver que nous sommes encore un bon groupe. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles nous investissons beaucoup de temps et d’effort dans chaque album.

Et d’ailleurs, qu’est-ce que vous aviez en tête avec ce titre, Death Is Not Dead ?

C’était l’idée de Magnus. Il y a d’autres albums qui s’appellent Rock Is Not Dead, Punk’s Not Dead, etc. Nous trouvions que c’était quelque chose de plutôt cool d’avoir un titre qui disait que le death metal n’est pas mort. Nous essayons de le développer, de progresser et faire quelque chose de frais et de neuf, au sein même de notre propre bulle, comme je l’ai dit [petits rires]. Je ne suis pas en train de dire que nous sommes un groupe très original mais la musique que nous faisons, je crois, est de grande qualité. Donc ouais, comme tu l’as dit, c’est une sorte de déclaration.

« Pour le prochain album je me verrais bien n’être que guitariste et me plaindre auprès du producteur au sujet du son ou n’importe quoi [rires] et être un gros chieur, ça serait marrant ! [Rires] « 

Ce nom d’album sonne un peu cliché en fait. Dirais-tu que les clichés sont quelque chose avec lesquels vous avez toujours joué ?

Ouais. Ouais c’est le cas. Je veux dire que ça fait partie de nous depuis, je crois, l’album Hell Is Here ou quelque chose comme ça. Il y a toujours eu quelques trucs dans le groupe qui sont un peu clichés mais pour nous c’est, je ne sais pas… Nous vivons dans le moment présent. Nous disons genre : « Ouais, mettons des cornes sur la pochette ! » Comme sur Hell Is Here. C’était super cliché à l’époque mais nous pensions : « Et puis merde ! C’est bien comme ça ! Ça sera super d’avoir ça… » Et nous les avons gardé. Nous n’avons donc pas peur de paraître cliché, tant que nous pensons le faire pour de bonnes raisons. Donc, et puis merde ! [Rires]

Le groupe sonne vraiment revigoré sur Death Is Not Dead. Quel était votre état d’esprit en faisant l’album ? Dans la mesure où votre chanteur était de retour, est-ce que vous avez jeté une oreille sur vos anciens albums ?

Je pense que tu fais toujours [ça], même si… Je veux dire que nous ne nous posons jamais pour avoir un genre de meeting de groupe et dire : « Ok, maintenant on va discuter du nouvel album. Il faudrait que l’on ait une chanson super rapide, quelques chansons lentes et ça devrait sonner comme ci et comme ça… » Ce n’est pas comme ça que nous fonctionnons. Il a été créé de la même manière que nos albums précédents, et c’est d’ailleurs sûrement ce que tu entendras sur cet album. C’est un travail de groupe. Je veux dire que Doomsday King était un album plutôt sympa mais ce n’était pas un album typique de The Crown. Selon moi, un album typique de The Crown, c’est lorsque Magnus et moi nous nous partageons équitablement la musique. Sur Doomsday King, Magnus a écrit toutes les chansons et Jonas est arrivé et a écrit toutes les paroles, les motifs vocaux et tout. Donc, pour moi, celui-ci sonne davantage comme un album de The Crown, comme nous avions l’habitude de les faire. Tu as les trucs mélodiques, les trucs rapides, les trucs lents, etc. Il y a une variété là-dedans qui je trouve fait partie intégrante du son de The Crown. Après avoir terminé quatre ou cinq chansons, nous étions là : « Putain ! Ça c’est bon ! » [Rires] Nous avons juste essayé de nous pousser à écrire de bonnes chansons et ne pas essayer de copier nos anciens morceaux. Donc au final, ça créé quelque chose qui est très, très bon. Nous n’avons jamais été un groupe du genre : « Ouais, écrivons trente chansons et choisissons les dix meilleures. » Nous écrivons les chansons nécessaires pour l’album. Et même après avoir enregistré l’album, nous avions tous le sentiment que c’était super ! Je me souviens que Magnus était encore en « mode composition » alors que nous avions déjà un paquet de nouvelles chansons de prêtes ! Du coup, pour le prochain album, il n’y aura pas à attendre quatre ou cinq ans.

Les chansons ont des riffs, pour ainsi dire, généreux, et sonnent même parfois un peu complexes. Est-ce que cette générosité et le fait d’être un peu challengé sont importants ?

Ça l’est. C’est comme je l’ai dit : nous évoluons en tant que groupe tout en restant dans notre propre bulle, d’une certaine manière. Mais j’ai vraiment le sentiment que dans chaque chanson, nous essayons de faire quelque chose que nous n’avons pas fait auparavant. Au moins un style de riff ou un refrain que nous n’avons jamais fait… Je veux dire qu’il y a un genre de… C’est assez difficile à expliquer mais nous essayerons effectivement constamment de nous améliorer. Je sais qu’il y a eu quelques albums dans le passé que les gens aiment vraiment, comme Deathrace King, mais je ne vais pas essayer de partir là-dedans et copier cet album ou ces chansons. Nous devons faire quelque chose qui nous donne le sentiment que : « Ouais, nous poussons les choses plus loin, nous avançons. » Mais évidemment, l’essence de The Crown sera toujours présente. Mais c’est important d’essayer de se démener. La réalité c’est : plus tu écris de chansons, plus ça devient difficile parce que tu essaies vraiment d’éviter de te répéter.

Apparemment Doomsday King n’était pas prévu à l’origine pour être un album de The Crown. Dirais-tu donc que Death Is Not Dead est le véritable album de reformation de The Crown, d’une certaine manière ?

Ouais, je dois dire que c’est ce que je ressens ! Enfin, j’aime Doomsday King. Ce n’est pas un mauvais album ! C’est un bon album mais, de bien des façons, c’est un album très spécial. Mais pour moi, comme je l’ai dit, celui-ci paraît davantage être un album typique de The Crown où tu as la collaboration de tous les membres du groupe qui font leur truc. Donc ouais, je suis d’accord avec ça !

Le riff de refrain d’ « Iblis Bane » rappelle énormément le fameux Carmina Burana de Carl Orff. Etait-ce intentionnel ?

Eh bien, ça ne le rappelle pas, c’est Carmina Burana ! [Rires] Ouais ! En fait, dans cette chanson, il y deux vols [rires]. Celui de Carmina Burana était complètement intentionnel parce que nous pensions : « Oh mon Dieu ! C’est la meilleure super méga intro classique de tous les temps ! » Mais ça n’a jamais été utilisé dans le death metal, donc Magnus a eu l’idée d’utiliser ça dans la chanson. Et aussi les couplets sont un super hommage à la mélodie de « Left Hand Path » d’Entombed ; en fait, à l’origine ça vient d’une BO d’un film d’horreur qui s’appelle Phantasm, je crois. Ce n’est pas surprenant venant de notre part. Nous avons toujours, avec les années, piqué de petites parties venant d’ici et là. Dans Crowned In Terror, nous avons même utilisé le thème de la série TV Knight Riders. C’est un truc sympa à faire. Et il y a une chanson qui a fini en bonus où, en gros, nous avons piqué la mélodie du thème d’une vielle série de science-fiction qui s’appelle V. Je suis un dingue de science-fiction, j’ai donc aussi piqué cette mélodie pour l’incorporer dans la musique de The Crown. Je trouve ça marrant à faire ! Il faut être honnête avec ce que tu voles parce que tout le monde vole [rires], alors pourquoi ne pas rendre ça évident ?

Tu viens de dire que tu étais un énorme fan de science-fiction. Es-tu en fait inspiré par les films de science-fiction lorsque tu composes de la musique ?

Eh bien, je ne suis pas sûr que ça aille de pair avec le death metal mais dans le cas présent, avec la chanson « We Come In Peace », c’était un hommage évident à la science-fiction. Autrement, je ne sais pas. La musique dans les films de science-fiction peut être vraiment fantastique et grandiloquente. Mais si je suis influencé par ça, c’est sans doute pas quelque chose d’évident.

« Il y a plein de gens intelligents qui jouent du death metal mais ils ne peuvent jamais se permettre d’avoir de bons boulots parce qu’ils mettent toujours la priorité sur le groupe. […] Pour nous, ça nous a sauvés la vie [d’arrêter le groupe]. »

Peux-tu nous parler de l’instrumental « Meduseld » et ce nyckelharpa (sorte de violon folk) que l’on entend et qui est assez inhabituel ?

Ouais, j’ai produit quelques albums d’un genre de groupe folk rock qui s’appelle Fejd. J’aime vraiment ces mecs et je trouve qu’ils sont vraiment sympas. Ces mecs sont vraiment des purs et durs dans ce qu’ils font. Je veux dire qu’ils construisent leurs propres instruments. C’est vraiment « super-authentique » ! Niklas (Rimmerfors), le joueur de nyckelharpa est vraiment un type sympa et lorsque j’ai composé « Meduseld », j’ai toujours trouvé que le cœur de la chanson sonnait un peu comme de la musique folk ; il contenait déjà des éléments de ce type. L’intention originelle était de simplement mettre un solo de guitare de cinq minutes par-dessus toute la chanson mais à un moment donné pendant le processus, je me suis dit que peut-être nous devrions accentuer ce côté nordique et ajouter un nyckelharpa. Nous avons passé un jour au studio, moi et Niklas, et avons trouvé quelques trucs. Je trouve que le résultat est vraiment cool. Je veux dire que ce n’est pas super original, je suis certain qu’In Flames l’a fait il y a vingt ans, mais pour nous c’est un super truc. L’instrument ajoute une atmosphère sympa à la chanson. Ça met en avant l’âme de la chanson.

Cette chanson est un peu dans le style des instrumentales de Metallica, comme « Orion ». Est-ce votre référence pour ce qui est des instrumentales dans le metal ?

C’est en fait assez cool que tu mentionne ça parce que « Orion » était le nom de travail de la chanson [rires]. Je suis un énorme fan de Metallica et « Orion » est une chanson sensationnelle. Dans « Meduseld », lorsque j’ai trouvé la partie finale, la mélodie de fin [il chante la mélodie], tout le monde était là : « Wow, c’est tellement ‘Orion’ ! » Mais pour moi, c’est cool ! Je n’ai pas entendu de groupe s’attaquer à ce type de chanson instrumentale… depuis « Orion » ! [Petits rires] Donc ça m’allait très bien, si c’est ce que les gens ressentaient. Pour moi, les instrumentales de Metallica sont magnifiques, elles sont géniales.

Vous avez sur l’album une reprise de la chanson « Eternal » de Paradise Lost. Est-ce que Paradise Lost a eu un impact particulier sur The Crown ?

Oui, absolument. Beaucoup de gens, je crois, lorsqu’ils écoutent nos albums, pensent que nous n’écoutons que des putains d’albums de Venom [rires]. Il y a trois groupes supers importants pour moi, ce sont Metallica, Paradise Lost et Morbid Angel. Ceux-ci sont mes influences principales pour ma musique. Même avant d’obtenir le premier contrat, lorsque nous donnions des concerts, nous jouions des chansons de Paradise Lost en live. Nous avions l’habitude de jouer « As I Die ». Paradise Lost est un groupe super important pour moi. J’adore ce groupe. J’adore tous leurs albums. J’étais très jeune lorsque j’ai entendu les albums Lost Paradise et Gothic et ils ont eu un énorme impact sur moi. Et je trouve qu’ « Eternal » est une chanson fabuleuse. La seule chose qui m’a toujours ennuyé lorsque j’écoutais la version originale, c’est la production parce que c’était mal produit [petits rires], mais la chanson en elle-même est superbe. Notre intention était en fait qu’ « Eternal » soit un titre bonus mais lorsque nous étions en studio, Johan a commencé à chanter les paroles et nous avons trouvé que : « Wow, ça sonne d’enfer ! » La décision a été rapide : « D’accord ! Ajoutons ‘Eternal’ et retirons une autre chanson ! » [Petits rires] Beaucoup de gens ont réagit au fait qu’elle apparaisse si tôt sur l’album. Habituellement, la reprise est reléguée à la fin pour essayer de cacher le fait qu’on a succombé à la tentation de faire une reprise pour l’album [petits rires]. Mais pour nous, c’est super de la mettre en avant. Peut-être que certaines personnes dans le milieu ne sont pas très familier avec le vieux Paradise Lost, c’est donc aussi sympa de leur montrer cette chanson.

Et que penses-tu de Nick Holmes faisant désormais du death metal suédois avec Bloodbath ?

Ouais, je suis partagé parce que Nick est l’un des meilleurs chanteurs pour ce qui est de la voix masculine « normale ». Je veux dire que son chant est incroyable et ses vieilles vocalises death metal étaient incroyables aussi, d’ailleurs… J’ai entendu Bloodbath et j’ai entendu quelques vieilles chansons qu’ils ont réenregistrées où il refait du death metal, et il a une bonne voix mais tu peux entendre qu’il n’a pas fait de death metal depuis des années. La technique n’est pas vraiment là. Sur le nouveau Paradise Lost qu’ils enregistrent en ce moment, je crois qu’ils vont inclure pas mal de death metal mais j’espère vraiment qu’ils vont quand même compter sur la voix normale de Nick parce qu’elle est superbe.

Vous avez aussi une reprise de Sodom sur l’édition limitée de l’album, une reprise de Napalm Death sur le single de « Headhunter » et vous avez fait pas mal de reprises par le passé. Est-ce que vous aimez tout particulièrement l’exercice de la reprise ?

C’est super marrant de faire ça ! Tu crois connaître une chanson mais en réalité tu ne connais pas la chanson tant que tu ne l’as pas jouée avec un groupe. Tu apprends toujours beaucoup de choses et c’est très amusant à faire. Nous avons fait quelques reprises par le passé et il y a même eu un moment où nous avons parlé de peut-être faire un album de reprises ou un genre de Garage Inc. Voyons ce qu’il va se passer. Mais pour moi, c’est très intéressant de reprendre des chansons. J’adore ça.

L’une des influences que l’on peut entendre chez The Crown depuis longtemps c’est celle de Slayer, et c’est particulièrement évident sur la chanson « Herd Of Swine ». Pourtant ce n’est pas un groupe que tu as mentionné parmi les trois plus importants…

Eh bien, évidemment, Slayer est dans l’ADN de chaque metalleux, tu sais [rires]. Bien sur que nous adorons le Slayer classique, le vieux thrash de Kreator et tout ça. C’est complètement inscrit dans notre ADN mais si j’ai mentionné Paradise Lost, Metallica et Morbid Angel c’est parce que, pour moi, ces groupes sont encore pertinents aujourd’hui. Bien sûr que je peux écouter du nouveau Slayer mais ce n’est pas la même sensation que lorsque tu as entendu « War Ensemble » pour la première fois, tu sais. Mais, ouais, bien entendu, Slayer est toujours pertinent.

Que penses-tu du fait que Slayer continue et fasse un nouvel album sans Jeff Hanneman et Dave Lombardo ?

Ouais, c’est un peu étrange mais je ne sais pas… C’est comme n’importe quel groupe qui change de membres, comme nous l’avons fait. Au bout du compte, si tu demandes à un fan de Slayer : « Qu’est-ce que tu préfères ? Tu voudrais plutôt qu’ils arrêtent ou alors avoir un nouvel album avec d’autres gars ? » Je suis certains qu’ils diraient : « Oh, donnez-moi plus de Slayer ! » [Petits rires] Donc, je suis sûr que ce sera différent mais je suis aussi sûr qu’ils feront de toute façon un bon album. On verra.

« Lorsque j’étais un jeune gamin turbulent de quatorze ans, notre plus grand rêve était de faire une cassette démo ! Et tout d’un coup, tu te retrouves à jouer aux USA, en Europe, au Japon, etc. »

Tu as pris en charge toute la production de l’album par toi-même. Etait-ce important d’avoir un contrôle total sur le processus créatif ?

Oui et non. J’aime produire. Je produis beaucoup d’albums pour d’autres groupes. Je trouve ça bien mais peut-être que pour le prochain album je ne le produirais pas. L’une des raisons pour lesquelles j’ai produit cet album c’est que nous avions besoin de faire l’album sous des circonstances particulières. Ce n’était pas possible pour nous d’être en studio pendant cinq semaines pour faire l’album. Nous avons passé quelques soirées, quelques week ends, etc. Il y a eu plein de courtes périodes pendant lesquelles nous avons effectivement réussi à ramener nos fesses tous ensemble dans le studio. C’est pourquoi j’ai pris le commandement et dit : « Ok, je vais faire ça parce qu’ainsi nous pourrons travailler avec un planning différent qui marchera pour tout le monde. » Mais avec un peu chance, pour le prochain album je me verrais bien n’être que guitariste et me plaindre auprès du producteur au sujet du son ou n’importe quoi [rires] et être un gros chieur, ça serait marrant ! [Rires] C’est quelque de très schizophrène parce que j’essaie d’être, genre : « Ok, maintenant je suis le guitariste », j’enregistre mes trucs et ensuite, lorsque je commence à tout mixer, j’essaie vraiment d’assumer la casquette d’ingénieur ou du producteur. C’est très difficile à faire. Mais aussi, je ne suis pas le type qui décide de tout. Toutes les suggestions de mixage et tous ces trucs, tout passe par le groupe et tout le monde doit avoir le sentiment que : « Ouais, t’as fait du bon boulot, d’accord, on appuie sur le bouton ‘enregistrer’ ! »

Et est-ce que tes collègues se plaignaient lorsque tu produisais ?

[Rires] Eh bien, je crois c’était surtout moi qui me plaignais à moi-même ! [Rires] Mais ils me font effectivement confiance et c’est pourquoi ils ont dit que c’était une bonne chose que je produise l’album. Mais je suis le plus grand critique de mon propre travail. Certains jours, j’étais là : « Bordel, mais qu’est-ce que je fais ? Pourquoi est-ce que je fais ça ? Pourquoi est-ce que je me punis en essayant de faire ça ? » [Rires] Et le jour suivant, c’était : « Oh ! Eh bien, ça sonne pas mal du tout ! » Tu passes par des hauts et des bas, de la haine à l’amour… C’est une situation très extrême. Je comprends Peter Tägtgren, Dan Swanö et tous ces mecs qui sont des membres qui prennent les décisions finales par rapport au mixage dans leurs groupes respectifs… J’ai lu des interviews d’eux et ils disent que c’est difficile et maintenant je comprends à quel point ça l’est.

Cette année marque les 25 ans du groupe et les 20 ans du premier album The Burning. Avec le recul, que penses-tu de la carrière du groupe et ce de ce que vous avez accomplis ?

Je trouve ça intéressant à bien des égards. D’abord c’est merveilleux que nous existions encore, franchement. Beaucoup de groupes qui étaient là dans cette scène lorsque nous avons commencé ont arrêté ! Je veux dire qu’il n’y a plus beaucoup de groupe de cette époque encore en vie. J’avais pour habitude de dire que lorsque nous avons arrêté après Possessed 13, c’était vraiment l’une des meilleures choses que nous pouvions faire parce que ça nous a en quelque sorte sauvés. Nous avons commencé à jouer dans The Crown lorsque nous avions quatorze ou quinze ans et les choses ont évoluées d’album en album, de tournée en tournée, et au milieu de tout ça, nous n’avons jamais priorisé nos vies normales. Nous étions toujours là : « Ouais, tout le monde dans le groupe devrait se trouver des jobs de merde qu’ils pourraient toujours quitter quand nous devrons partir en tournée ! » [Rires] Ca devient une situation très compliquée : tu n’as pas de famille et, même si tu sais que tu es capable d’avoir un bon boulot – comme être ingénieur ou peu importe -, tu ne peux pas prendre ce genre de boulot parce que quelques mois plus tard tu devras démissionner pour pouvoir partir sur une putain de tournée, tu sais… Durant la période où nous avons arrêté The Crown, tout le monde s’est occupé de sa vie normale, a eu le temps de se construire une famille et un bon environnement sociale avec un bon boulot et tout. Après ça, lorsque nous avons senti cette démangeaison qui voulait dire que nous devions à nouveau créer des putains de nouvelles chansons, tout le monde était épanoui. Tout le monde était heureux, nous avions tous une famille et des enfants… Donc lorsque nous sommes effectivement revenus, il y avait plein de bonne humeur. Nous n’avons pas rejeté la vie « normale » pour simplement être dans le groupe. J’ai parlé à beaucoup de groupes qui étaient dans la même situation que nous lorsque nous étions super actifs… C’est quelque chose de difficile. Je veux dire qu’il y a plein de gens intelligents qui jouent du death metal mais ils ne peuvent jamais se permettre d’avoir de bons boulots et ce genre de chose parce qu’ils mettent toujours la priorité sur le groupe. Ils sont obligés de quitter leur boulot pour chaque satanée tournée. Pour nous, ça nous a sauvés la vie [d’arrêter le groupe].

Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Oh, il y en a beaucoup ! Nous avons sorti nos deux premiers albums sur un plus petit label suédois mais lorsque nous avons signé sur Metal Blade pour Hell Is Here, c’est là que les choses ont vraiment commencé. Tout d’un coup nous partions en tournée avec nos héros Morbid Angel, Emperor et des groupes comme ça. C’était génial. Il y a quelques semaines, j’ai demandé dans combien de pays nous avons joué : nous avons joué dans plus de vingt pays et c’est incroyable ! Lorsque j’étais un jeune gamin turbulent de quatorze ans, notre plus grand rêve était de faire une cassette démo ! Et tout d’un coup, tu te retrouves à jouer aux USA, en Europe, au Japon, etc. C’est donc effectivement incroyable. Il y a plein de bonnes choses. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles que n’aurais jamais de crise de la quarantaine où j’aurais besoin d’acheter une putain de Harley Davidson, tu sais [rires]. Je crois avoir fait plein de bonnes choses dans ma vie qui me donnent beaucoup confiance en moi.

Dans le communiqué de presse il est brièvement mentionné une bière envoyé à la tête d’un membre de l’équipe de Metal Blade par Johan en 1998. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Ouais [rires], c’est un grand classique. Avec Andreas qui travaille chez Metal Blade, nous nous marrons toujours à propos de ça lorsque nous nous voyons. Ça s’est en fait vraiment passé. Nous étions sur notre première tournée européenne, c’était en 97 ou 98, quelque chose comme ça, et nous venions tout juste de sortir Eternal Death. Nous sommes partis en tournée avec nos potes de Sacrilege et c’était le dernier concert que nous donnions en France, à Strasbourg. Nous avions entendu dire avant le concert que Metal Blade était là et qu’ils allaient voir si nous étions assez bons pour nous proposer un contrat. Pendant l’une des chansons, Johan a attrapé une bière, là envoyée dans l’audience et elle a atterri sur la tête d’Andreas ! [Rires] Du coup on a pris l’habitude d’en rire, en disant : « Ouais ! Ça, ça a attiré ton attention salope ! » [Rires] Et lui disait : « Ouais, grâce à ça, nous venons de signer un nouveau groupe de death metal ! »

Allez-vous célébrer les anniversaires avec des concerts spéciaux ?

Ouais, c’est quelque chose dont nous discutons en ce moment-même, le fait que nous devrions faire quelque chose. Nous avons décidé qu’il fallait célébrer ça, nous voulons le célébrer, mais nous n’avons pas encore décidé sous quelle forme. Que ce soit un DVD ou quelque chose comme ça. Mais nous avons commencé à filmer nos concerts. Ce sera filmé lorsque nous partirons au Japon. Attendons donc de voir ce qu’il se passe. Nous avons environ six mois pour déterminer ce que nous devrions faire. Je suis certain que quelque chose va se faire cet été. L’une des propositions était aussi de faire un album de reprises.

Tu as mentionné plus tôt ton projet Angel Blake. As-tu l’intention de faire d’autres albums avec ?

Je n’ai vraiment pas le temps là tout de suite. Et aussi ça fait du bien d’être dans The Crown aujourd’hui, tout particulièrement avec le retour de Johan. Là tout de suite, toute la musique que je créée finie quoi qu’il arrive dans The Crown. A l’époque, je trouvais que : « Ok, The Crown est un un groupe de death metal super extrême et lorsque je trouve des trucs mélodiques à la Paradise Lost, il faut que je le fasse ailleurs. » Mais désormais, je pense plutôt : « Ce n’est pas un souci ! Intégrons ça à The Crown. » Il me manque donc effectivement du temps et je trouve aussi qu’il est difficile de délimiter ce qui devrait être Angel Blake et ce qui devrait être The Crown. Aujourd’hui, je mets tout dans The Crown. Donc The Crown va clairement se développer avec le prochain album. Il y aura aussi de la diversité là-dedans. Et je trouve ça bien. Beaucoup de gens ont l’habitude de nous percevoir comme un groupe super extrême ou quelque chose comme ça mais je crois qu’ils n’ont pas très bien prêté attention, parce que ça n’a jamais été un de nos objectifs que d’être ce groupe super extrême. Nous créons juste des chansons et elles deviennent ce qu’elles deviennent. Je suis certain que pour les quelques prochains albums il y aura plus de variété. Les gens qui se plaignent que ça manque de vitesse ou peu importe, ce sera leur problème [petits rires].

Interview réalisée par téléphone le 24 janvier 2015 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Patrik Solglöw.

Site officiel de The Crown : www.thecrownofficial.com.



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