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Live Report   

The Darkness : Quelle belle annulation !


The Darkness, formation d’une vingtaine d’années d’existence et forte de six albums studio, investit la Cigale pour célébrer l’annulation de Pâques. Un sacré programme pour nos contrées ancrées dans le christianisme. Easter Is Cancelled, titre du dernier opus des Anglais, se présente comme un concept album qui imagine ce que serait la vie si Jésus avait encore vécu tout en abordant notamment la question des univers parallèles. Un programme ambitieux et intellectuel que les Anglais ont manifestement à cœur de défendre. Rendez-vous donc boulevard de Rochechouart dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Pour les soutenir, un trio australien est aussi présent, DZ Deathrays. Le groupe a déjà sorti quatre albums studio et si vous ne les connaissez pas, eh bien, profitez de l’occasion qui vous est offerte et pénétrez avec nous dans la belle salle de La Cigale.

Artistes : The DarknessDZ Deathrays
Date : 26 janvier 2020
Salle : La Cigale
Ville : Paris [75]

Les Australiens démarreront à 19h30, une demi-heure de prestation plutôt énergique, bien accueillie par un public déjà assez nombreux. On retrouve sur scène deux guitares, une batterie et des musiciens investis. Même le batteur communique avec la salle. Si leur page sur un célèbre réseau social les classe dans le thrash, leur musique tient davantage d’un rock énervé et âpre ou « punkoïde ». Quelles que soient les étiquettes, les Australiens auront en tout cas honnêtement rempli leur rôle de première partie.

Deux guitaristes, un batteur… une photographe

Au changement de plateau, la salle se remplit et la fosse est désormais bien mieux occupée. Si les côtés restent libres, les Anglais ont largement réussi à mobiliser les troupes. À 20h30, l’excellent « Rock and Roll Deserves To Die », premier titre du dernier album, ouvre le bal et reçoit un accueil massif pour inaugurer la soirée. Justin Hawkins, plein d’humour, dira avant « How Can I Lose Your Love » qu’il s’agit là du meilleur concert de sa carrière. S’il est sans doute un peu tôt pour se prononcer, ce deuxième morceau reçoit lui aussi un très bel accueil de la part de la salle. Toutefois, et pour aller dans le sens du chanteur, ce début de concert montre de beaux atours : les bons titres s’enchaînent et ils sont très bien exécutés : que dire, notamment, de la voix de Justin ! Les musiciens sont parfaitement impliqués et, de surcroît, bien habillés dans leurs élégants costumes blancs. La sauce anglaise prend finalement très vite et la réaction de la salle sur « Heart Explodes » est magnifique – avec les applaudissements qui soutiennent le morceau – notamment sur la fin du titre où l’on ne peut s’empêcher de penser au percutant « We Will Rock You ». C’est beau, émouvant et l’ovation est amplement méritée tant l’exécution se veut qualitative, avec un son très agréable et un groupe manifestement en forme. Si l’émotion est présente, la déconcentration ne l’est pas moins, comme le démontrent les cris de la salle qui s’élèvent lorsque Justin retire sa veste de costume.

A ce stade du concert, les plus attentifs auront remarqué que The Darkness joue son dernier album dans son intégralité. Les morceaux s’enchaînant en effet sur scène comme ils s’enchaînent sur le disque. Concept album oblige ? Grande fierté liée à leur dernière production ? Les fans du dernier album ne peuvent en tout cas que s’en réjouir. Il s’agit assurément d’une démarche originale et intéressante voire courageuse. L’habitude ces derniers temps est en effet davantage de jouer en intégralité un album classique de la discographie, et il semble plus rare de voir un combo assumer à ce point son dernier méfait. Evidemment, les plus curieux d’entre vous étaient déjà au courant de la démarche et ne sont donc pas surpris ce soir.

Toujours en contact avec le public

Nous disions que le groupe assumait totalement son dernier album et jouer l’atypique « Deck Chair » en est une belle illustration. Sur ce morceau, Justin présente les musiciens qui ont tous troqué leur instrument de prédilection contre un autre instrument. Dan Hawkins joue de la basse, Frankie Poullain est à la guitare acoustique tandis que Rufus « Tiger » Taylor est aux claviers. L’ambiance sur scène est détendue et l’on sent que les Anglais prennent du plaisir à jouer. Notons qu’un guitariste supplémentaire, silhouette dans l’ombre, accompagne le groupe sur scène.

« Easter Is Cancelled » reprend à pleine puissance après cet intermède jazzy, avant que ne soit entonné le survitaminé « Heavy Metal Lover ». Les interruptions franches de ce titre sont du plus bel effet. Et que dire, aussi, de ce moment extrêmement fun où Dan affublé d’une casquette se met à rapper le refrain. On touche ici à l’essence de ce qu’est The Darkness : des riffs efficaces, des morceaux atypiques, une attitude totalement rock’n’roll accompagnée d’une bonne dose de second degré et de facéties, ainsi qu’un contact permanent avec le public qui permet de tenir tout le monde en haleine. Justin qui gratte sa guitare et joue avec le public, Dan qui sollicite les applaudissements de La Cigale ou encore ce passage rappé totalement délirant. Le magnifique « In Another Life » paré de magnifiques rais de lumière est presque féerique. L’instant est beau. Arrêtons-nous d’ailleurs sur l’habillage lumière de cette soirée : plutôt travaillé, s’appuyant sur des éclairages tamisés, il souligne efficacement une prestation que La Cigale semble véritablement apprécier. Une nouvelle fois les applaudissements le démontrent, le public est à fond !

La première partie du concert, consacrée à Easter Is Cancelled, arrive à son terme après que le groupe a joué le punk « Choke On It » et que Justin a conclu seul avec une guitare acoustique sur « We Are The Guitar Men ». Il est alors 21h15 et la pause est assez courte. En effet, Frankie revient rapidement sur scène et, muni d’une cloche de percussion, joue avec le public avant que ses camarades ne le rejoignent pour lancer l’énorme « One Way Ticket » qui reçoit un énorme soutien des fans ! La Cigale est bouillante, et cela fait vraiment plaisir à voir ! Remisés les costumes, place à des habits plus habituels pour nos Anglais : une combinaison excentrique, ouverte sur le torse, pour Justin (il en changera d’ailleurs au cours de cette seconde partie de concert), une sorte de tenue d’intérieur japonisante avec une touche années soixante-dix pour Frankie, tandis que Dan a revêtu un classique tee-shirt Thin Lizzy et un cuir noir et que Rufus est torse nu derrière sa batterie.

Un groupe explosif

Justin plaisante et remercie les fans pour leur patience puisqu’ils n’ont pas encore entendu de chansons issues de Permission To Land. Sans humour, un concert de The Darkness serait raté ! Le sur-musclé « Growing On Me » répare cet impair. Un soutien-gorge atterrit sur scène. Pourquoi pas ? Que dire de l’arrivée de ce classique des Anglais, « Love Is Only A Feeling », si ce n’est que ce titre de toute beauté remporte un vif succès ? Il est d’ailleurs l’un des points culminants de ce concert de haute volée.

Voilà que Justin a besoin d’un médiator qu’il cherche sur sa poitrine. En effet, l’homme stocke ses médiators sur son torse, collés avec un peu de salive ; plutôt original, non ? En l’occurrence, à ce moment du concert, cette zone de stockage est vide. Il faut dire que le groupe en distribue tout au long du concert. Il en récupère donc un sur un pied de micro, largement plus banal. « Solid Gold », efficace, continue la fête, donnée par un groupe éminemment plus puissant qu’au Trabendo – alors que la prestation du Trabendo était excellente –, en pleine forme.

Toujours aux avant-postes de la communication, le chanteur précise que le morceau suivant est le préféré de son petit frère et le petit frère de balancer le riff diablement efficace de « Givin’ Up ». Ce morceau maintient La Cigale en liesse avec l’auditoire qui chante les « oh, oh, oh » du refrain. Et comme Justin l’incite à chanter et applaudir, l’ambiance reste aux sommets qu’elle avait finalement très rapidement atteints. Le chanteur était peut-être visionnaire en disant dès le début de la prestation qu’il s’agissait de son meilleur concert, car de fait, public et groupe donnent ce qui pourrait bien être parmi les meilleurs concerts de 2020. Eh oui, on n’est qu’en début d’année !

Bel habillage, non ?

Laissons là les pronostics inutiles et subjectifs pour apprécier la reprise de Radiohead et son insert Beatles. Que ces guitares sont accrocheuses ! Et cette voix, si magnifiquement haut perchée ! Les effets sur la voix lors de « Get Your Hands Off My Woman » dénotent quelque peu, mais le titre reste sacrément efficace. Qui plus est, c’est l’occasion grandiose de voir Justin faire le poirier pour accompagner les fans en applaudissant avec ses jambes. Le morceau s’arrête net et déclenche une belle ovation de la part du public qui se régale de cette superbe prestation. Celle-ci continue tambour battant et Justin entraîne La Cigale à faire quelques vocalises, tout en indiquant que cela pourra être « a little bit messy ». Le chanteur prend différents timbres de voix. Le public suit cependant le chanteur jusque dans les extrêmes, qui s’amuse à moduler sa voix en différents timbres.

22h00, la pause rappel intervient mais le public ne lâche rien et le montre en faisant du bruit : pas question pour lui d’en rester là.
Justin revient avec une nouvelle tenue – laminé satin – et remercie la première partie et le public avant que le groupe ne vienne conclure avec le classique « I Believe In A Thing Called Love ». Le chanteur s’offrira par ailleurs un slam pour profiter pleinement de ce public parisien enthousiaste.

Les Anglais auront finalement délivré une prestation de haute volée. 2020 démarre plutôt bien et les autres groupes n’ont qu’à bien se tenir pour faire mieux !

N’oubliez pas de déconnecter

Setlist The Darkness :

Rock and Roll Deserves To Die
How Can I Lose Your Love
Live ‘Til I Die
Heart Explodes
Deck Chair
Easter Is Cancelled
Heavy Metal Lover
In Another Life
Choke on It
We Are the Guitar Men

One Way Ticket
Barbarian
Growing On Me
Japanese Prisoner Of Love
Love Is Only A Feeling
Solid Gold
Givin’ Up
Street Spirit (Fade Out) (Reprise de Radiohead)
Get Your Hands Off My Woman

Rappel :
I Believe In A Thing Called Love



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  • Mr Claude dit :

    J’suis arrivé un poil à la bourre au concert du Ninkasi à Lyon, et j’avais pas pigé qu’ils jouaient tout l’album dans le 1er set. Par contre la scéno’ répondait bien à un concept. Une vraie ambiance.
    C’était un excellent concert, et bien d’accord que cette tournée mérite de figurer dans le top des concerts de 2o2o.
    Avec l’écrémage de ce printemps, y’aura moins de concurrence pour le titre!

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  • Purée j’ai bugué sur ce titre. Visionnaires les gars.

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