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Chronique   

The Dead Daisies – Burn It Down


The Dead Daisies trace sa route, au sens propre comme au figuré. Car si cette fois-ci le groupe a laissé passer deux ans entre ses albums, c’est surtout parce qu’il les a essentiellement passés à parcourir le monde, aboutissant à l’album Live & Louder. Assurément un groupe de scène avant tout, ils sont tout de même retournés faire le plein de carburant en studio à Nashville afin de donner un successeur à Make Some Noise. De retour auprès du producteur Marti Frederiksen à qui ils ont donné les pleins pouvoirs, à la manière des Georges Martin et autre Eddie Kramer des grandes années du rock, The Dead Daisies inaugure son premier album avec le prestigieux Deen Castronovo à la batterie. Voilà pour le contexte.

Pour le reste, The Dead Daisies n’a pas changé son fusil d’épaule : le rock’n’roll est à l’honneur ! « Resurrected » pose les bases avec une déclaration forte, autant dans les paroles – « je suis de retour ressuscité », ça en dit long sur l’état d’esprit de ces vétérans du hard -, que dans la musique : heavy à souhait, un refrain à scander à tue-tête et une fin orchestrale pompeuse digne du « Live & Let Die » de Paul McCartney à la sauce Gun N’ Roses, en plus massif. Une chose est sûre, The Dead Daisies a cette fois misé sur le côté lourd, sans pour autant perdre en entrain. En atteste les riffs et bends de guitare sabbathiens de « Rise Up », bien mis en valeur par le groove écrasant de Castronovo. Toujours du groove avec l’arena rock « Dead And Gone » qui ne manquera pas de nous faire hurler ses « yeah » dans les stades. On tombe carrément dans le stoner avec « What Goes Around » et son overdrive crasseuse. Même l’énergique reprise des Rolling Stones, « Bitch », avec sa basse épaisse et ronflante, se prend une belle injection de testostérone. Et si la cadence est plus enlevée sur l’infectieux « Leave Me Alone », il y a cette frappe de mule à la Tommy Lee qui vient nous asséner ses coups de massue. Il peut d’ailleurs paraître étrange de terminer le disque sur un tel titre, plus propice à une relance ou une entrée en matière qu’à un final.

En marge d’un parti pris évident, recherchant l’efficacité et l’intelligibilité de riffs simples à l’impact immédiat, parfaitement pensé pour le live, The Dead Daisies offre toutefois un album moins uniforme que n’avait pu l’être Make Some Noise. Le titre éponyme est un heavy-blues aux alternances d’accalmies et de montées en intensité. La basse de Marco Mendoza y est là encore bien mise en valeur, avec un son monstrueux, grâce à un final groovy quasi-jammé. On retrouve ce même genre de dynamique sur « Judgement Day » – là encore, l’agencement de la tracklist pose question : répartir ces deux chansons aurait peut-être été plus judicieux que de les enchaîner. Les couplets rayonnent d’un soleil crépusculaire, touchant à la folk sudiste, avec de petits arrangements d’harmonica en prime, tandis qu’on se fait à nouveau happer par des riffs de camionneurs sur les refrains. Cette fois The Dead Daisies n’a pas esquivé l’exercice de la ballade : la délicate « Set Me Free », au feeling très soul et seventies, apporte cette dose de légèreté qui autrement aurait certainement manqué au disque.

The Dead Daisies conserve son caractère propre et reconnaissable, par le grain de voix toujours aussi chaud et légèrement voilé de John Corabi, sachant se montrer tantôt puissant, tantôt plus moelleux, et la générosité des musiciens, en particulier un Doug Aldrich dont on imagine la guitare fumer sous ses doigts à la fin des chansons tant ses leads et solos font des étincelles à tous les tournants. L’influence d’Aerosmith, très présente sur Make Some Noise, est certes mieux dissimulée, mais toujours présente par petites touches sur les lignes de chant de « Resurrected » par exemple. Simplement, The Dead Daisies peint son tableau avec une palette de couleurs encore sensiblement différente. Ainsi le quintet parvient à chaque album à dévoiler de nouvelles facettes, et démontre avec Burn It Down à quel point il lui en reste sous la pédale.

Album Burn It Down, sortie le 6 avril 2018 via Spitfire Music / SPV. Disponible à l’achat ici



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