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Chronique   

The Dead Daisies – Holy Ground


« L’âge d’or du rock n’roll ». Une idée qui devient de plus en plus abstraite avec le temps, avec le vieillissement et la disparition inévitable de la plupart de ses représentants. Il y a pourtant des formations qui entretiennent le savoir-faire d’une époque prospère où le genre régnait en maître, sans pour autant sonner daté ou passéiste, à l’instar du collectif The Dead Daisies. La formation emmenée par le guitariste David Lowy est célèbre pour ses rotations de line up à laquelle n’échappe pas Holy Ground, le dernier effort en date. Le chanteur John Corabi et le bassiste Marco Mendoza sont retournés à leurs projets solos, remplacés par la seule légende Glenn Hugues. The Dead Daisies est désormais un quatuor. Et il n’a peut-être jamais été aussi fringant.

Holy Ground a été produit à Saint-Rémy-de-Provence aux studios La Fabrique par Ben Grosse. Le choix de quitter Nashville pour un cadre radicalement différent se justifie par cette volonté de « vivre » l’enregistrement. The Dead Daisies a impliqué Glenn Hugues dans l’écriture et l’enregistrement le plus tôt possible. Bien lui en a pris, Holy Ground donne un rôle prépondérant aux lignes de basse joliment mises en valeur par une production claire et ultra-puissante. Si le single classic rock « Holy Ground (Shake The Memory) » joue le rôle de garantie quant à l’adéquation du chant de Glenn Hugues avec The Dead Daisies, « Like No Other (Bassline) » met en lumière la recherche de lignes de basse, de groove et d’articulations qui élèvent Holy Ground dans son entier. Glenn Hugues va chercher ses vocalises haut perchées tout en distillant savamment les appuis nécessaires et en nous gratifiant, en prime, d’un solo délectable. De fait, Holy Ground prend les allures d’une partie de plaisir, dans tous les sens du terme. The Dead Daisies pioche dans tous les registres du rock, du heavy au hard en passant par des inspirations seventies très marquées, à l’instar de « Come Alive » et de son pont zeppelinien (guitare folk et chant à la Robert Plant). Le riffing haché de « Bustle And Flow » se repose quant à lui sur des phrasés blues qui sentent bon à la fois l’outback australien et le sable chaud de Californie.

Holy Ground est en effet extrêmement généreux. Derrière ses airs de pot-pourri, il veut éviter la copie facile et fuit l’ennui coûte que coûte. Chaque titre brille individuellement en raison d’influences différentes et de l’investissement de Glenn Hugues. Les guitares massives de « My Fate » et ses arpèges mélancoliques empruntent une partie du lexique d’Alice In Chains. « Unspoken » s’apparente à une fausse ballade qui se transforme en rock « feel-good » taillé pour la route sous le soleil couchant. Quel que soit le terrain d’expression, Glenn Hugues excelle, David Lowy et Doug Aldrich impressionnent par leur alchimie que ce soit en rythmique, gimmicks ou soli et Deen Castronovo cherche la simplicité et la justesse. Des qualités qui se trouvent sublimées lorsque The Dead Daisies étend son horizon musical. « Far Away » s’engage sur un terrain progressif – largement marqué par la fibre musicale et émotionnelle de Glenn Hughes – en proposant une lente évolution mélancolique qui dévoile un riffing épique et un final extatique, le tout soutenu par des arrangements de cordes. Une orientation inédite pour The Dead Daisies qui augure un avenir radieux si ce dernier décide d’approfondir l’exploration. En fin de compte, seule la reprise d’Humble Pie « 30 Days In The Hole », chanté en partie par Deen Castronovo, bien qu’agréable, paraît dispensable.

Holy Ground est le fruit de ce qui pourrait constituer l’incarnation la plus fertile de The Dead Daisies. Glenn Hugues honore son statut de légende du rock et permet d’insuffler une dynamique omniprésente à toutes les compositions. Rien ne se refuse, Holy Ground suit ses préceptes et sanctifie le rock en tant que genre. Il y a de quoi nous inciter à prier pour que la prochaine messe soit dite par les mêmes officiants.

Clip vidéo de la chanson « Holy Ground (Shake The Memory) » :

Chanson « Unspoken » :

Chanson « Righteous Days » :

Album Holy Ground, sortie le 22 janvier 2021 via SPV. Disponible à l’achat ici



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  • David de Lozère dit :

    Quel chanteur exceptionnel, le dernier chef d’œuvre que j’ai écouté avec Glenn était Iommy/Hugues fused et je trouve que cela s’en rapproche. Mais il est vrai que la basse est Très présente.

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  • À peine sorti de l’audition de ce Holy Ground,et je suis, en partie déçu : non pas que les compos soient mauvaises mais une légère sensation de redondance dans les lignes mélodiques…en fait le surmixage de la basse de Glen Hugues a tendance à canibaliser le son des autres musiciens, au final,les morceaux s’enchaînent un peu uniformément ! Ce qui rend le résultat un »peu » banal ! Et la »quasi » absence du magnifique jeu de Doug ajoute encore à ma frustration !! À l’instar de tous ces artistes »nomades »comme Portnoy,Romero,Hugues,Morse,Sheenan..à force de se disperser dans plusieurs formations et plusieurs styles,les groupes concernés ont du mal à imposer un son et un style caractéristiques,ce qui est primordial pour sortir de l’anonymat. Bon,ya bien 3 ou 4 morceaux qui decapent un peu, c’est déjà pas si mal…

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