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Live Report   

The Dead Daisies & The Answer : duo de choc en toute intimité


Si le site web du Transbordeur pouvait laisser comprendre que The Answer était la tête d’affiche de cette tournée, en mettant les irlandais en avant, c’est bel et bien en co-tête d’affiche que ces derniers et The Dead Daisies sont partis à la conquête du vieux continent. L’un profite d’une certaine ancienneté, sa formation pouvant être remontée jusqu’au début des années 2000 avec pas moins de six albums sous le coude, l’autre s’il est jeune et a déjà connu de nombreux changements dans ses rangs (on parlait même de collectif il fut un temps), est constitué de vétérans de la scène ayant déjà fait leurs armes au sein de grandes pointures telles que Whitesnake, Thin Lizzy et autres Mötley Crüe. Ce partage d’affiche semblait donc s’imposer de lui-même, avec une heure quinze allouée à chacune des formations. A voir si cette équité est justifiée avec les prestations proposées.

C’est en tout cas dans le Trans-Club et donc sur la petite scène attenante au bar du Transbordeur que les groupes joueront. Visiblement, la notoriété des deux formations réunies ne suffisait pas à remplir une plus grande salle. Certains s’en étonneront, d’autres se réjouiront de pouvoir profiter d’une telle intimité et proximité avec les musiciens.

Artistes : The AnswerThe Dead Daisies
Date : 14 décembre 2016
Salle : Transclub
Ville : Lyon [69]

Démarrage à vingt heures pétantes pour The Dead Daisies, dont les membres foulent chacun leur tour la scène, Doug Aldrich, Brian Tichy, David Lowy puis Marco Mendoza, au son de « Whole Lotta Sabbath », un mashup de « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin et « War Pigs » de Black Sabbath. Une introduction qui place tout de suite le groupe en déférence de son héritage, comme le prouve d’autant plus les diverses reprises de standards du rock présentes dans leur répertoire et qui seront jouées ce soir (peut-être un peu trop nombreuses reprocheront certains). Le chanteur John Corabi entre en scène et ça part pied au plancher sur un « Long Way To Go » survitaminé, enchaîné à l’entêtant « Mexico ». Il n’en faut pas plus pour mettre tout le monde d’accord. Et si « Make Some Noise » fait un peu retomber le soufflé par sa cadence ralentie, qu’on imagine plus adapté aux stades qu’aux vapeurs d’un club, le hit « Song And A Prayer » reprend derrière pour faire tourner les têtes de son refrain grisant.

Car The Dead Daisies n’est clairement pas venu pour faire de la figuration. Déjà avec une setlist efficace, sans véritable temps mort, pas même de ballade. Corabi s’en amusera même après un « You And I » grave, introduit en évoquant « toutes les merdes qui se passent dans le monde en ce moment, surtout en France mais aussi aux Etats-Unis et partout dans le monde » et affirmant que si l’on veut changer les choses, ça doit commencer par « vous et moi », il demande au public à la fin de la chanson s’ils sont en forme, prêts à se donner. « Parce qu’on va jouer une ballade maintenant » dit-il avant de se reprendre, taquin : « Nan, il n’y a pas de ballade sur l’album ! Mais si on faisait une ballade, ça ressemblerait à ça » et d’enchaîner sur le frénétique « Mainline », auquel l’assistance ne peut résister ; à l’instar de la reprise des Beatles « Helter Skelter », certainement celle qui aura récolté le plus d’adhésion.

Mais ce concert n’aurait pas été le même sans la classe incommensurable de Doug Aldrich et ses solos flamboyants, parfois rejoint par David Lowy, un peu plus en retrait de par sa position excentrée de la scène. De la classe également chez Corabi, aux fausses allures parfois de Steven Tyler, sensation venant sans doute de sa chevelure et certaines intonations de chant, renforcée par les échos d’Aerosmith que renvoient plusieurs chansons du nouvel album. Le chanteur n’hésite pas à aller au plus près du public, se montrer parfois même tactile, et se penchant pour chanter par-dessus les premiers rangs. Même le batteur Brian Titchy, qui arbore un incongru t-shirt de Meshuggah et a eu l’occasion de montrer ses jongleries batteuristiques via un solo, profite de la proximité en se donnant comme un beau diable. Mais la palme du showman revient sans conteste au bassiste Marcos Mendoza, qui dans ses déhanchés a évité de justesse quelques collisions avec ses collègues, mais a également été jusqu’à jouer en plein milieu du public ! Un public à qui il s’est même amusé à confier sa basse entre deux chansons, lors d’un changement d’instrument ; c’est dire la confiance !

Ambiance des plus chaleureuses, donc, y compris au sein d’une assistance bon enfant, comme si nous étions en famille. « Est-ce que je peux retourner aux Etats-Unis et leur dire que vous êtes tous mes nouveaux amis ici ? » dira Corabi avant de présenter ses « vieux potes » dans le groupe, chacun ayant le droit à un petit extrait musical. Arrivé à la fin du show, on se dit que ce ne sera pas un cadeau pour The Answer de prendre la main après une telle prestation, tant tout était vibrant, jusqu’à l’éclairage qui rarement aura été aussi bon dans cette petite salle.

Setlist (sous réserve) :

01. Long Way to Go
02. Mexico
03. Make Some Noise
04. Song And A Prayer
05. Fortunate Son (reprise de Creedence Clearwater Revival)
06. We All Fall Down
07. The Last Time I Saw the Sun
08. Join Together (reprise de The Who)
09. With You and I
10. Mainline
11. Helter Skelter (reprise de The Beatles)
12. We’re an American Band (reprise de Grand Funk Railroad)
13. Midnight Moses (reprise de The Sensational Alex Harvey Band)

Mais force est de constater qu’une bonne part de l’assistance était venue aussi et surtout pour The Answer. D’ailleurs, entendant des discussions entre spectateurs, on constate que Solas, le nouvel album du combo de Belfast, et sa remise en question ont fait mouche. Et c’est tant mieux. Preuve que l’audace et la sincérité payent parfois. C’est d’ailleurs avec les deux premiers titres de l’album que le concert démarre. « Solas » et « Beautiful World » sont deux chansons longues et ambiancées, ce qui n’empêchera pas le chanteur Cormac Neeson, affublé de son chapeau, d’arriver en sautillant frénétiquement sur le premier. Mais deux chansons à la profondeur et l’intensité émotionnelle très bien transcrites en live, avec des progressions cathartiques des plus prenantes.

Si ce démarrage annonce un set qui sera surtout focalisé sur le nouvel opus, avec pas moins de neuf titres interprétés sur les onze que comprend l’album, The Answer jouera tout de même sur deux tableaux, comme l’annoncera Cormac lui-même. Il y a donc les chansons plus ouvertes, folk, « différentes et farfelues » pour reprendre les termes du chanteur, mais qui aussi offrent l’occasion au groupe de mettre en avant avec une certaine fierté leurs origines irlandaises. « Est-ce qu’il y en a ici qui sont déjà allé à Belfast ? » demande Cormac. Voyant seulement deux ou trois mains se lever, il réplique : « Ce n’est pas grave ! On va vous y faire voyager ! » Et c’est en effet sur l’ile celte que le groupe nous emmène avec une chanson comme « In This Land », le guitariste Paul Mahon sortant la mandoline pour l’occasion, de même pour Cormac sur « Being Begotten » avec une guitare traditionnelle irlandaise – réclamant d’ailleurs des cours à son guitariste, « je suis encore en train d’apprendre ! » déclare-t-il un sourire en coin.

Mais The Answer n’en a pour autant pas oublié son hard rock bluesy plus classique. A commencer par le redoutable « New Horizon » qui relance le feu après un début de concert assez calme, suivit d’un « Demon Driven Man » groovy au possible. La pression monte d’un cran arrivé au furieux « Demon Eyes » mais aussi avec « Spectacular » et son riff aux consonances stoner, dont l’impact est décuplé en live. Pourtant le public reste globalement relativement sage. Les têtes bougent machinalement, on peut voir des sourires sur les visages, mais pas de grandes effusions, en dépit d’un Cormac survolté sur scène. Peut-être est-ce justement ça : ses collègues, le guitariste Paul Mahon à gauche, le bassiste Micky Waters à droite et le batteur James Heatley au fond, même s’ils sont impliqués, jouent plutôt la carte de la sobriété en comparaison des Dead Daisies. Ce qui n’empêchera pas le frontman de suivre l’exemple de Marco Mendoza un peu plus tôt et descendre au milieu de la foule chanter et danser, entraînant le public autour de lui ; un véritable moment de fête et de convivialité.

La prestation se termine sur « Battle Cry » qui « représente bien ce que nous avons voulu dire sur cet album » déclare Cormac, qui évoque également la période sombre que le groupe a traversé mais assurant que maintenant ils sont près à embrasser l’avenir avec encore plus d’ardeur. Chanson folk lumineuse, pleine de chaleur, au rythme trépidant, un brin progressive, avec un refrain chanté en gaélique. Le chanteur sort un petit instrument de percussion, appuyant le côté festif du final. Et lorsque l’on croit la chanson terminée, telle que sur l’album, le quatuor repart à la charge sur la chanson en version plus rock pour clore le concert en beauté.

Si l’ordre de passage des groupes nous laisse avec un étrange sentiment d’inversion, la prestation de The Dead Daisies, tout comme l’aura du groupe, étant légèrement au-dessus, y compris au niveau des lumières ayant moins valorisé The Answer, ces derniers n’ont pour autant pas démérité et ont offert une prestation à l’enthousiasme communicatif, faisant passer à l’album Solas l’épreuve du live haut la main. Les deux groupes ont en tout cas offert une soirée mémorable pleine de partage, certainement favorisée par le lieu. On ressort du Trans-Club se sentant quelque peu privilégié, car gageons que la prochaine fois que nous retrouverons ces groupes, ce sera dans de plus grandes salles, avec un peu plus de distance entre les musiciens et le public.

Setlist (sous réserve) :

01. Solas
02. Beautiful World
03. New Horizon
04. Demon Driven Man
05. Tunnel
06. Waste Your Tears
07. Untrue Colour
08. In This Land
09. Thief Of Light
10. Under The Sky
11. Demon Eyes
12. Being Begotten
13. Spectacular
14. Battle Cry



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  • Olivier Bourdin dit :

    Soirée inoubliable où le grand esprit rock’n’roll était sur scène comme dans ce club. J’avais des doûtes quant à la configuration club pour ce concert. Doûtes levés, le groupe comme le public a été super. Juste un regret, c’est d’avoir loupé Dead Daisies en dédicace. Je pensais qu’ils venaient après le show des deux groupes. Ce n’est que partie remise. J’attends leur retour dans ce genre de configuration scénique idéale : un club.

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