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Chronique   

The Doomsday Kingdom – The Doomsday Kingdom


The Doomfather : voilà le pseudonyme que s’est choisi Leif Edling pour son grand retour avec un nouveau groupe, The Doomsday Kingdom, après un gros burn-out et des années de ralentissement forcé de son activité (qui n’a pas empêché cet hyperactif de plancher sur plusieurs projets). Et après tout, au-delà du bon mot, c’est plutôt justifié : bassiste, compositeur principal et membre fondateur de Candlemass, connu aussi pour d’autres projets tels que Krux et Avatarium, on imagine que sans lui ne se serait jamais développée cette facette épique, sentencieuse voire volontiers grandiloquente du doom metal, avec la postérité que l’on sait. C’est donc avec impatience et curiosité que les amateurs du genre guettaient l’évolution de ce nouveau projet dont un avant-goût avait été donné en fin d’année dernière avec l’EP Never Machine. Au programme : un « metal des catacombes » où l’on entend des échos des premiers Candlemass et une bonne dose de NWOBHM. Avec l’album éponyme The Doomsday Kingdom, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Edling enfonce le clou.

Désormais signé chez Nuclear Blast, le groupe n’a pas changé sa formule d’un iota : en huit titres articulés autour de « The Spectre », récit d’une bataille épique entre deux reines déjà présent sur l’EP, il propose un véritable voyage dans le temps qui emmène l’auditeur au tournant des années 70 et 80. Edling nous confiait avoir profité de sa convalescence pour se replonger dans les discographies foisonnantes de Manilla Road, Witchfinder, Iron Maiden ou d’Ozzy Osbourne, et ça s’entend : du timbre presque anachronique de la voix de Niklas Stålvind (connu pour ses performances dans Wolf) aux solos grandioses – on pense à celui de « A Spoonful Of Darkness », par exemple – de Marcus Jidell, avec qui Edling collabore depuis des années, en passant par une production très organique et vintage à souhait, tout évoque les grandes heures du heavy metal.

Mais entre un « The Never Machine », certes moins menaçant que dans la version demo de l’EP, mais au riff écrasant toujours très Epicus Doomicus Metallicus, et un « Hand Of Hell » survolté à la Judas Priest, des passages plus atmosphériques sont développés et dotent l’album d’une épaisseur qui en fait un peu plus qu’une simple échappée nostalgique bien troussée. Ainsi, au centre de cet album qui met définitivement l’accent sur la démesure, quitte à frôler le kitsch (les étranges métaphores culinaires de « A Spoonful Of Darkness », morceau au demeurant assez irrésistible, par exemple), on trouve en guise de respiration bienvenue un instrumental plus délicat et très réussi, « See You Tomorrow », porté par des claviers et une guitare acoustique. De la même manière, The Doomsday Kingdom se clôt sur une note plus sobre et mélancolique avec, d’abord, le refrain lancinant et élégiaque de « The Silence », qui se détache du reste de l’album, et enfin, le seul titre chanté par Edling himself, « The God Particle ».

Car on ne se refait pas : même si The Doomsday Kingdom sonne finalement plus heavy que doom, c’est toujours du côté le plus obscur et le plus douloureux de l’existence que le Suédois trouve son inspiration. En l’occurrence ici, dans une visite des catacombes de Paris, temple de la mort et des âmes égarées, et dans son expérience de la maladie, le burn-out dont il a été affligé lui ayant imposé pendant des mois apathie, solitude et même un silence que l’on trouve mentionné de manière paradoxale dans deux titres de chansons plutôt tonitruantes, en début et fin d’album. Maintenant que Leif Edling a surmonté ces épreuves et semble bel et bien remis en selle, on peut supposer que ce projet a de belles heures devant lui, et surtout espérer le revoir enfin sur scène : rendez-vous au Roadburn fin avril pour découvrir ce Royaume du jugement dernier en chair et (surtout!) en os.

Lyric video de la chanson « Hand Of Hell » :

Chanson « A Spoonful Of Darkness » en écoute :

Album The Doomsday Kingdom, sortie le 7 avril 2017 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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