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Interview   

The Gathering se met à nu


Ce nouvel album de The Gathering ne pouvait qu’être différent du précédent, The West Pole. Ce dernier était le premier avec Silje Wergeland au chant, un disque déjà écrit avant son intégration donc lui laissant peu de latitude, un disque à l’orientation définie au préalable.

Disclosure est donc le premier disque véritablement écrit par cette nouvelle entité, libérée du poids de la pression ressentie à l’idée de présenter une nouvelle voix. Comme son nom l’indique, il se veut plus honnête, car reposant sur la spontanéité de l’écriture musicale et des textes sans retenue. Un album sur lequel les collègues de Silje ont même passé le cap de se mettre à pousser la chansonnette.

Silje Wergeland, chanteuse de The Gathering, nous en dit plus sur cette nouvelle dynamique.

Radio Metal : L’album précédent, The West Pole, était ton premier en tant que nouvelle chanteuse du groupe. C’était avec cet album que tu as dû convaincre les fans. Comment t’ont-ils accueillie ?

Silje Wergeland (chant) : Eh bien, c’était… Comment dire ? Tout le monde était plus concentré sur mon identité et sur la façon dont j’allais m’en sortir que sur quoi que ce soit d’autre. Mais c’était excitant. J’ai reçu beaucoup de retours très gentils.

Tu ressens donc moins de pression pour ce nouvel album ?

Oui, bien sûr. Il n’y a plus de secret autour de la chanteuse, tout le monde sait qui je suis ! Cette fois, j’étais beaucoup plus détendue. Je pouvais me concentrer sur le chant et la musique, au lieu de penser à toutes les attentes qui planaient au-dessus de moi.

« Cette fois, j’étais beaucoup plus détendue. Je pouvais me concentrer sur le chant et la musique, au lieu de penser à toutes les attentes qui planaient au-dessus de moi. »

Peux-tu expliquer la façon dont le groupe travaille et compose ? Quelle est ton rôle ? Les choses ont-elles changé entre The West Pole, qui était ton premier album, et celui-ci ?

Pour The West Pole, la plupart des chansons étaient écrites avant que le groupe ne sache qui allait être la chanteuse. Au niveau de l’instrumentation, en tous cas ; il n’y avait pas de paroles et pas de lignes de chant. Je me suis occupée de ça. Mais la plupart des chansons étaient déjà écrites, je n’ai eu qu’à ajouter les paroles et le chant, et à leur renvoyer le tout. Cette fois, ils savaient qui était la chanteuse, ils connaissaient ma voix et nous avons travaillé ensemble dès le départ sur toutes les chansons. Pour certains titres, Frank [Boeijen, claviers] et moi avons simplement travaillé avec le piano et la voix. D’autres ont été composés avec tous les instruments et j’ai ajouté le chant après. J’ai été beaucoup plus impliquée dans le processus de composition cette fois-ci.

Cet album est très différent du précédent. Peut-on dire que c’est toi qui as apporté cette nouvelle orientation au groupe ?

Je pense que c’est un mélange. Tout le monde était plus détendu, on se connaissait mieux. Nous nous sommes inspirés les uns les autres. C’était un processus beaucoup plus collaboratif dès le départ. C’est plus un « meltdown », une fusion, si on peut dire !

Cet album présente de nombreux instruments, notamment sur « Meltdown »…

Nous avons des violons, des cordes, des trompettes. Frank, le claviériste, qui a écrit cette chanson avec René [Rutten, guitare], a utilisé beaucoup d’effets de clavier.

Penses-tu que vous pourriez faire appel à de vrais musiciens plutôt qu’à des effets de clavier pour les albums à venir ?

Nous avons de vrais violons, de vraies trompettes et quelques cordes. Mais ce serait très bien de faire appel à un vrai saxophoniste. On le ferait, c’est sûr. Nous n’avons aucune limite pour l’utilisation de vrais instruments. On aime les sons organiques.

« Nous n’avons pas essayé de faire quelque chose de particulier, nous avons juste créé quelque chose. Rien n’était forcé, tout était très pur et naïf. Nous avons créé ce qui nous est venu. The West Pole, par exemple, avait un certain cadre.

Sur la pochette, on voit ce qui ressemble à un oiseau qui contrôle ce que dit la personne dans la tête de laquelle il se trouve. Quel est le message derrière cette image ?

C’est le travail d’un artiste chilien, Carlos Vega. Je ne suis pas très sûre de savoir ce qu’il avait exactement à l’esprit ! Mais nous avons notre propre interprétation de la pochette. Quand on a vu ce qu’il avait créé pour nous, on s’est dit que ça collait parfaitement au titre « Heroes For Ghosts ». C’est un peu brouillon en apparence, et puis ça finit par rentrer dans la tête et créer quelque chose de sympa, de positif et de créatif, si je peux me répéter. Ça ressort sous forme de fleur, d’une chose positive. C’est tout un processus, si tu vois ce que je veux dire.

Ce qui est intéressant dans cet artwork, c’est le contraste entre innocence et complexité.

Ça reflète un peu l’album dans son ensemble. Nous sommes d’avis qu’il s’agit de l’un des albums les plus honnêtes que The Gathering ait jamais faits. C’est aussi valable pour moi, parce que je faisais partie d’un autre groupe avant de rejoindre The Gathering. Pour les paroles, je me base sur des situations compliquées, brouillonnes. Quant à la musique, elle est très honnête, très dépouillée, voire courageuse. Sur cet album, on a vraiment posé notre cœur sur un plateau. C’est un peu ce que tu as décrit à propos de l’artwork.

Cette pochette correspond parfaitement à la musique. Ce nouvel album comporte les mélodies douces auxquelles The Gathering nous a habitués, mais il y a aussi un côté plus compliqué, plus progressif, presque expérimental. Quand on regarde l’artwork, on y voit une bonne illustration de la musique présente sur l’album.

C’est super ! On peut également y voir les nombreuses couches de notre musique, d’une certaine façon. Il y a beaucoup de détails, beaucoup de couches différentes, ce qui est typique de The Gathering. Nous sommes très satisfaits de la pochette. Je ne sais pas si tu as vu les illustrations du vinyle que nous avons postées sur Facebook. C’est tout simplement génial.

Tu as souligné que cet album était l’un des plus honnêtes de The Gathering ; pourtant, le groupe a toujours proposé des disques très intimistes. En quoi celui-ci est-il si spécial, plus personnel que les autres ?

Bonne question. Musicalement, nous n’avions aucune limite. Nous n’avons pas essayé de faire quelque chose de particulier, nous avons juste créé quelque chose. Rien n’était forcé, tout était très pur et naïf. Nous avons créé ce qui nous est venu. The West Pole, par exemple, avait un certain cadre. Nous nous sommes dit : « Cet album-là sera plus orienté rock, alors il faut faire ceci et pas cela ». Cette fois, il n’y avait aucune limite.

La spontanéité totale en somme.

Exactement. Au niveau des paroles, je ne voulais rien cacher. J’ai écrit ce que j’avais envie d’écrire. Généralement, j’essaie de cacher certaines choses, mais cette fois-ci, j’ai décidé de me dévoiler complètement.

N’as-tu pas peur d’être aussi honnête ?

Si ! (rires)

« Généralement, j’essaie de cacher certaines choses, mais cette fois-ci, j’ai décidé de me dévoiler complètement.

C’est la première fois depuis les tout premiers albums de The Gathering qu’on entend un chant masculin. Les concerts donnés par le groupe avec le line-up de Always auraient déclenché cette idée ?

Je ne suis pas sûre. C’est une chose à laquelle nous avons commencé à penser il y a un moment. J’ai demandé aux garçons : « Pourquoi vous ne chanteriez pas ? Pourquoi on n’essaierait pas quelque chose ensemble ? » J’ai encouragé Frank à chanter quand nous travaillions avec le piano et la voix. Nous avons chanté quelques titres de Pink Floyd et nous avons également fait d’autres reprises. Je lui ai dit : « Tu as une belle voix, très juste ! Pourquoi on ne ferait pas ça ? Ce serait une nouvelle couche, une autre nouveauté ». Il a répondu : « Peut-être… » Je pense qu’il aime chanter, mais il n’osait pas le faire avant. Ce n’était jamais le bon moment, peut-être, je ne sais pas. Quand il a eu l’idée de « Meltdown », je lui ai dit : « C’est super cool, on fonce ! » (rires) J’espère qu’on pourra retenter l’expérience. Hans et René chantent aussi sur l’album, mais ils font les chœurs, on ne les entend pas bien !

Ils sont trop timides ?

Ils ont besoin de travailler un peu, d’abord. Ensuite, peut-être qu’on pourra entendre Hans en solo, je ne sais pas ! (rires)

Penses-tu que The Gathering pourrait devenir un groupe avec deux chanteurs, à l’avenir ?

J’aime penser que The Gathering est un groupe qui ne s’impose aucune limite. Je ne sais pas, pourquoi pas. Mais pas pour l’instant. J’adore que Marjolein [Kooijman, basse] chante avec moi ; et j’ai hâte de chanter avec Frank. C’est très sympa.

Les garçons avaient l’air assez enthousiaste concernant les concerts avec le line-up de Always. Peut-on compter sur d’autres shows avec ce line-up ?

Ils vont en donner quelques-uns en septembre. Je ne suis pas sûre qu’il y ait d’autres projets. Peut-être dans cinq ans, d’après ce que j’ai entendu. Ils vont en faire quelques-uns maintenant, et ils recommenceront dans cinq ans, pour le prochain anniversaire. C’est très inspirant de jouer avec d’autres personnes et de se laisser influencer par elles.

« J’aime penser que The Gathering est un groupe qui ne s’impose aucune limite.

Avez-vous déjà planifié certains concerts pour cette tournée ?

Nous allons commencer aux Pays-Bas en janvier, et nous continuerons sur février et mars, je pense. On organise actuellement des concerts pour promouvoir l’album en Europe. Ça va venir, mais je ne peux rien annoncer d’officiel pour l’instant.

Il y a environ deux ans, vous avez joué en acoustique dans un magasin de musique à Lyon. Aimeriez-vous retenter l’expérience ?

Oui, bien sûr ! C’était génial, je m’en souviens très bien. Déjà à cette époque, nous avions essayé de convaincre Frank de chanter ! (rires) Mais c’était trop tôt. Oui, tout à fait. On a donné d’autres concerts dans le même genre, dans des bars, ce genre de chose. Ça pourra se refaire, oui.

Avez-vous pensé à enregistrer un CD ou un DVD live pour immortaliser un concert avec toi dans le rôle de la chanteuse ?

On en a parlé. Nous n’avons pas de projet pour l’instant, mais ça pourrait être une bonne idée. Ça pourra se faire, mais rien n’est décidé pour l’instant.

Avez-vous l’intention de sortir d’autres albums sur votre label, Psychonaut Records, ou uniquement les disques de The Gathering ?

À l’origine, le label était destiné uniquement au groupe. Il s’est étendu à d’autres projets que menaient les garçons, comme Drive By Wire, avec René, et le projet solo de Frank, Grimm Limbo. Je ne pense pas que Marjolein l’ait utilisé, mais les garçons ont sorti leur propre musique sur le label. En gros, c’est uniquement destiné à The Gathering, parce que ça prend beaucoup de temps et que les membres du groupe veulent être des artistes, pas des businessmen de la musique.

Es-tu toujours en contact avec les membres d’Octavia Sperati, ton ancien groupe ?

Oui, nous sommes très bons amis. Nous l’avons toujours été, c’est d’ailleurs pour ça qu’on a monté le groupe. On se revoit de temps en temps. Bodil, le guitariste, était d’ailleurs là le week-end dernier.

Quel est le statut actuel du groupe ? Vous faites une pause depuis 2008. Avez-vous l’intention de revenir avec un nouvel album ?

Ce n’est pas en projet. Tout le monde est très occupé. Gyri, l’autre guitariste, fait partie de Tristania. Tout le monde a des enfants, à part Tone et Gyri, et est très occupé avec d’autres projets, donc je ne pense pas que ça se fera avant un bout de temps. Il ne faut jamais dire jamais, mais il n’y a aucun projet.

Interview réalisé par téléphone en septembre 2012
Retranscription et traduction par Saff’

Site internet officiel de The Gathering : www.gathering.nl

Album Disclosure déjà sorti chez Psychonaut Records



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