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Live Report   

The Great Old Ones : le cauchemar de Paris


Lorsque l’on s’intéresse à la scène metal française, difficile désormais de passer à côté de The Great Old Ones. Rapidement, le groupe est devenu un incontournable du black metal français. Et après deux albums qui auront mis d’accord la critique et le public, pour démarrer l’année en beauté, les Bordelais ont sorti EOD : A Tale Of Dark Legacy. Nouveau label, nouvelle renommée et nouvelle tournée permettant enfin de les voir dans un set complet. Un nouveau chapitre pour le groupe qui veut nous faire plonger dans l’univers horrifique de l’auteur américain du XXème siècle H.P. Lovecraft. Et pour contenter les nombreux fans, une tournée a été lancée, qui passe bien sûr par Paris, en ce jeudi 2 mars.

Et en ouverture du groupe, ce sont d’autres talentueux français, et anciens collègues du temps où ils étaient signés chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, que nous avons la joie de pouvoir apprécier sur scène : Déluge.

Artistes : The Great Old Ones – Déluge
Date : 2 mars 2017
Salle : La Boule Noire
Ville : Paris [75]

Sorti en 2013, leur premier album AEther, a fait l’unanimité chez ceux qui ont pu y poser une oreille. Voir donc ces jeunes lorrains accompagner The Great Old Ones nous conforte dans l’idée d’une soirée de qualité. On remarque quelques ampoules sur la scène, et sur les coups de 19h30 la salle de La Boule Noire déjà bien remplie est prête à apprécier la formation. Une formation qu’il va falloir se préparer à voir de plus en plus, étant donné la force du visuel qu’elle propose ainsi que celle de ses compositions brutales et envoûtantes. C’est souvent même plus intense que le groupe en tête d’affiche, mais les mélodies de Déluge tendent à alléger le tout. Même si la composition des morceaux semble laisser le public perplexe, ou alors est-il simplement concentré dans l’atmosphère dégagée, applaudissant peu aux moments propices, celui-ci préfère, un peu comme lors d’un concert de musique classique, applaudir comme il se doit la prestation à son terme.

On peut se dire que les subtilités du studio manquent en live mais on oublie presque cela étant donné la puissance et la passion que les membres déploient. Entre atmosphère calme, bleue, enfumée, telle une brume sur l’océan, et les lumières les plus épileptiques nous gardant éveillés et attentifs. Le tout éclairé quelques fois par les phares des ampoules qui jonchent la scène, amenant un peu de lumière. La fin est assez brute, le groupe quitte la scène sans ménagement, comme si une tornade venait de passer dans la salle et qu’elle s’arrêtait net. Violent, passionnant, destructeur, plusieurs adjectifs sont possibles pour décrire Déluge, mais on ne pouvait pas rêver meilleur choix de première partie pour cette tournée.

Setlist Déluge :

01. Bruine
02. Melas / Khole
03. Avalanche
04. Naufrage
05. Houle

Il est l’heure d’attaquer le récit Lovecraftien, et de plonger dans la sombre cité d’Innsmouth, le tout surveillé par la grande entité qu’est Chtulhu. L’avant de la scène est surplombé d’une tête assez massive de ce dieu venu de très loin. La fumée gagne toujours la salle et nous plonge de la meilleure des manières dans une version scénique des nouvelles horrifiques de Lovecraft que beaucoup dans la salle auront lu, grâce (ou non) au groupe. Cette ambiance sera ainsi présente sur tout le concert, impossible de ne pas être captivé par cette créature tentaculaire, autant que par les musiciens, encapuchonnés tels une secte des récits dont ils s’inspirent.

Et plus que simplement écouter de la musique, on se sent transporté dans leur univers, ce malgré (ou grâce à) la froideur dégagée, malgré le côté visuellement terne et sombre du concert. Aspiré par les riffs, et en dépit de la brutalité et la lourdeur de certaines chansons, le public respecte l’ambiance et ne s’agite pas ; il s’agit de profiter de ce qu’indéniablement on peut trouver de mieux dans la scène black metal française actuellement. Et c’est un tour de force quand on sait que le groupe ne s’est créé qu’en 2009. En moins de dix ans, une véritable communauté s’est constituée autour de The Great Old Ones.

Principalement basé sur le dernier album, le set n’oublie pas pour autant Tekeli-li (2014) et Al Azif (2012), avec les chansons « Antartica », « Visions Of R’lyeh » ou encore « My Love For The Stars ». « The Shadow Over Innsmouth » et ses cordes de violoncelles résonnent dans la salle comme un crépitement macabre en début de concert « I’m finally here… in Innsmouth ». Ces mots retentissent dans un grand calme avant que le chaos ne se déchaîne.

Un concert de The Great Old Ones, c’est semblable à la sensation de passer dans un maelstrom. Tout un mélange de musique et d’ambiance, allant des lumières aux nombreuses nuances de bleu, à ces quelques effets de jets de fumée derrière le groupe qui renforcent l’aspect imposant de la musique. On pourrait presque se croire dans un concert de Sunn o))) ou de Mayhem. D’autant que, voulant rester dans une certaine sobriété, entre les morceaux, pour remercier le public, le groupe ne fait que lever un poing en l’air en signe de reconnaissance, afin de ne pas briser l’expérience. Cette austérité fait évidemment partie du show, car le groupe prendra le temps après le concert de venir parmi les fans pour discuter et signer des albums ou autres ouvrages de Lovecraft.

Plus d’une heure de concert où chaque instrument a eu sa place, où les membres des groupes se sont réunis autour de la batterie à chaque fin de morceau, à offrir des explosions de riffs et de décibels. Le set principal se conclut, comme sur l’album, sur la merveille que constitue « Mare Infinitum », puis en guise d’au revoir, The Great Old Ones gratifie le public de « Jonas », tiré d’Al Azif.

Aucun autre groupe ne ressemble à The Great Old Ones, peut-être est-ce là la clé de son succès, ou peut-être est-ce le thème choisi. Dans tous les cas, cela fait plaisir de voir un groupe aussi méritant enfin prendre un statut de tête d’affiche. Et même si on espère que le combo repassera par la capitale, et que l’on attend de pied ferme de les voir en festival cet été, on aura toujours d’ici là le plaisir de réécouter ses albums et d’y découvrir encore tant d’autres subtilités. Car comme a pu l’écrire Lovecraft : « Labeur sans chanson est comme un voyage sans fin et fatigant ».

Setlist :

01. The Shadow Over Innsmouth
02. When The Stars Align
03. The Ritual
04. Antartica
05. Visions Of R’lyeh
05. The Ascend
06. My Love For The Stars (Cthulhu Fhtagn)
07. In Screams And Flames
08. Mare Infinitum
09. Jonas



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