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Interview   

The Haunted élargit son champ de vision


« Faire un album de vendu, ce serait faire ce qu’ils veulent qu’on fasse » affirme Per Möller Jensen, batteur de The Haunted, pour défendre l’évolution du groupe face aux sempiternelles accusations de « revirement commercial ». Des accusations auxquelles font face tout groupe qui, soit ralenti le tempo, soit atténue son agressivité, soit augmente la composante mélodique de sa musique, soit présente un chanteur qui cherche davantage à… chanter, soit s’inspire d’un peu plus de musiques extra-métalliques. Et The Haunted avec son nouvel album, le bien nommé Unseen, fait un peu tout ça à la fois. Alors forcément, bien avant que l’album n’atterrisse dans les mains des fans, il était évident qu’il allait faire des grincheux. D’autant plus que nombreux sont les fans de Made Me Do It ou le jouissif Revolver a réclamer corps et âmes un retours au thrash à la suédoise.

Mais en vain. De toutes manières The Haunted commence à avoir l’habitude comme l’avoue Per, « ce n’est pas nouveau. C’est juste un autre jour au bureau » et qui par ailleurs reste lucide : « pour faire plaisir à quelqu’un, il faut décevoir quelqu’un d’autre » affirme t-il très justement. Et Per a bien raison de défendre Unseen, le nouvel album du groupe, car non seulement la surprise est là, à presque chaque tournant, mais en plus la réussite est totale. Que ce soit la lourdeur sudiste de ‘No Ghost’, l’entêtant titre éponyme, ‘Motionless’ et son passage jouissif au possible emprunté à Tool ou ‘All Ends Well’ et son travail vocal impressionnant.

Voilà, d’ailleurs, la grande vedette de cet album : Peter Dolving qui s’est littéralement transformé en un monstre vocal aux multiples facettes et à la maîtrise jusqu’alors insoupçonnée par beaucoup. Assurément un très grand chanteur. Comme quoi, l’audace est risquée mais, si on ose s’y frotter, elle peut révéler le meilleur de nous même. En tout cas The Haunted, lui, a assurément révélé le meilleur de lui même.

Un pari réussi dont Per nous fait part ci-après.

« Je pense que prendre une nouvelle direction était pour nous, en tant que groupe, un mal nécessaire pour survivre, pour pouvoir continuer à faire ce qu’on fait et satisfaire notre curiosité de musiciens. […] 2011 a été le moment où on pouvait avancer et faire cet album : on avait enfin les couilles, les outils et le talent nécessaire pour le faire. »

Radio Metal : À la première écoute, ce qui est frappant dans votre nouvel album Unseen, c’est l’évolution remarquable du groupe vers un style plus mélodique et plus subtil. Il y a vraiment un grand écart entre Unseen et votre album précédent. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire un tel pas en avant ?

Per Möller Jensen (batterie) : Je pense qu’il faut sans doute le concevoir comme une suite de The Dead Eye. Versus a juste été une sorte de détour avant Unseen. C’est comme ça que je vois les choses. Peut-être que Versus était un album dont on avait besoin pour avoir plus de temps pour pouvoir faire celui-là. Il nous a fallu quelques années pour être suffisamment sûrs de nous et pouvoir être fier de ce dernier album.

Vous avez sorti un album et un DVD live intitulés Road Kill. Souvent, quand un groupe sort un live, c’est pour matérialiser un point de repère dans sa carrière avant de prendre une nouvelle direction. Est-ce que c’est à quoi on doit s’attendre ? Un nouveau The Haunted qui fait ses débuts avec Unseen ?

Je pense que prendre une nouvelle direction était pour nous, en tant que groupe, un mal nécessaire pour survivre, pour pouvoir continuer à faire ce qu’on fait et satisfaire notre curiosité de musiciens. Je ne pouvais pas imaginer notre groupe essayer d’imiter ce qu’on a fait par le passé. Je ne peux pas concevoir une chose pareille. Cela n’aurait pas été sincère, ce n’aurait pas été bien ni pour nous, ni pour nos fans. La seule chose à faire, c’est continuer et ne pas se contenter de faire ce qu’on a toujours fait. Ça nous permet de rester fidèles à nous-même et de faire à tout moment ce que notre cœur nous dit de faire. 2011 a été le moment où on pouvait avancer et faire cet album : on avait enfin les couilles, les outils et le talent nécessaire pour le faire.

OK, donc vous ne reviendrez jamais à un style purement thrash ?

On ne sait jamais… Tout peut arriver. De toute façon, The Haunted n’a jamais sorti deux albums à la suite qui se ressemblaient, donc… Personne ne peut prédire ce qui va arriver dans le futur. Quoi que tu vives, ce sera toujours un ingrédient présent dans ta musique. Il y a toujours du thrash metal dans le nouvel album, ce sera toujours un élément de notre musique. Peut-être qu’on ne fera plus d’albums avec dix morceaux thrash rentre-dedans mais ce sera toujours là, quels que soient les styles qu’il y aura autour. Tout s’inscrit toujours dans une continuité. Je ne vois pas ça comme simplement tirer un trait sur notre passé, comme si on démissionnait d’un job pour en commencer un nouveau. Je vois ça comme une progression naturelle, une continuation de ce qu’on a déjà fait. On a déjà sorti des albums thrash, des albums qui ont compté dans ce genre, on s’est imposé, puis beaucoup d’autres groupes ont suivi et fait le même genre de musique. Maintenant, c’est à nous d’avancer et de proposer d’autres choses.

Tu viens de dire que maintenant, vous êtes suffisamment sûrs de vous pour sortir un tel album. Est-ce que cela signifie que maintenant vous avez suffisamment de courage pour réinventer votre style à chaque CD ?

Oui, exactement. C’est ce qu’on a fait depuis The Dead Eye, à mon avis. Ça a été très libérateur de faire cet album. On a fait des versions de nos chansons qui ressemblaient plus à ce qu’on a pu faire par le passé, sans vraiment réussir à s’affranchir de certaines choses. Là, notre dernier album nous a permis de nous débarrasser de ces dernières choses qui nous empêchaient d’essayer certains trucs. Ça a été vraiment libérateur, c’est comme si on avait dégagé la voie pour la suite de notre carrière. Maintenant, on aura le spectre en entier pour s’amuser.

La première chanson de l’album, « Never Better », est sans doute celle qui ressemble le plus au style thrash classique de vos albums précédents. Est-ce que c’est pour cette raison qu’elle ouvre l’album ? Pour ne pas trop déstabiliser vos fans dès le début ?

Non… Avant tout, la raison pour laquelle cette chanson est la première de l’album, c’est parce qu’on essaie toujours de choisir une bonne chanson d’ouverture. Il n’y a pas tant de choses que ça qui rentrent en compte. Pour moi, cette chanson est une sorte de longue intro au reste du CD. On s’y prend toujours à peu près de cette manière. Cette fois, c’est juste construit différemment. C’est un peu comme conduire sur une autoroute : l’autoroute est l’ensemble de notre carrière, et là, on en est au 500 derniers mètres. C’est là que commence l’album, ensuite, il t’emmène dans ce nouveau monde que nous avons créé.

« Maintenant, on était tous suffisamment sûrs de nous, matures, confiants en nos capacités, et prêts à faire un album audacieux, auquel les gens ne s’attendaient pas. Je pense que c’est le rôle qu’on a à jouer dans ce business. On doit être le groupe qui prend des risques. »

L’un des autres aspects remarquables de cet album est le chant : Peter chante bien plus qu’il ne crie. Il y a beaucoup de chant mélodique, d’harmonies, de variété. On a rarement entendu un tel niveau de maîtrise vocale dans The Haunted. Qu’est-ce qui cette fois vous a poussé à utiliser toutes les facettes de son chant ?

Nous en avons parlé, et nous avons laissé à Peter les mains libres pour commencer à écrire sans faux-semblants, sans avoir à se soucier de règles ou de quoi que ce soit. Le fait de jouer du metal empêche de faire certaines choses, c’est pour cela qu’on a insisté sur le fait qu’il était libre d’écrire comme il l’entendait. Ensuite, on regardait ce qu’il avait fait et on commençait à travailler. Je pense que, en ce qui concerne son chant, les vocalises, les harmonies, ça a toujours été là, même avant qu’il rejoigne le groupe en 1998. Déjà à l’époque, il était chanteur, il écrivait des chansons, donc ce n’est pas une nouveauté, ce n’est pas comme s’il avait laissé son chant de côté toutes ces années, ça a toujours été là. Maintenant, on était tous suffisamment sûrs de nous, matures, confiants en nos capacités, et prêts à faire un album audacieux, auquel les gens ne s’attendaient pas. Je pense que c’est le rôle qu’on a à jouer dans ce business. On doit être le groupe qui prend des risques.

Est-ce que tu penses qu’il n’était pas complètement à l’aise avec sa manière de chanter avant ?

Oui, bien sûr ! À l’époque, ça l’aurait vraiment surpris de voir comment on utilise sa voix maintenant et il n’y aurait probablement pas eu toutes ces harmonies et les mélodies qu’on peut avoir dans ce dernier album. Cette fois, beaucoup d’idées sont venues de la voix, avec quelques accords en dessous, ce que les guitaristes pourraient faire dans les grandes lignes, etc. Ensuite, Anders [Björler] regardait tout ça et écrivait ses parties de guitare en s’inspirant de la mélodie du chant. C’est exactement l’inverse de la manière de composer de pas mal de groupe de thrash metal, où on trouve les riffs en premier, puis on ajoute la batterie et la basse, et enfin on essaie de caser la voix où on peut. Pour beaucoup de nos idées sur cet album, ça a été exactement l’inverse de ça. C’est une manière de travailler différente.

Est-ce que toutes ces harmonies qu’on entend dans l’album vont être reproduites en live, avec des chœurs des autres membres du groupe par exemple ?

Je crois que pour le moment, l’idée est de jouer avec un backtrack pour les nouveaux morceaux. Je suis vraiment content parce que j’aime beaucoup jouer avec un backtrack. Quand je répète chez moi, j’en utilise souvent.

Il y a beaucoup de diversité dans cet album. La chanson « No Ghost » fait penser au style sudiste, le genre de chose qu’on peut entendre dans le dernier Corrosion Of Conformity ou chez Down, dans « Motionless », un passage fait vraiment penser à Tool, vers la fin, où le chanteur chante exactement comme Maynard James Keenan… Il y a aussi des passages grunge, rock… Est-ce que cette diversité était quelque chose à quoi vous aspiriez ?

Oui, exactement. À la fin de la journée, quand on rentre chez nous, c’est ce genre de musique que chaque membre du groupe écoute. Ce serait vraiment absurde de ne serait-ce qu’imaginer qu’on écoute que du thrash metal. Ce serait complètement incompréhensible, quand on sait à quel point les goûts musicaux sont personnels. C’est évident que notre groupe a beaucoup de sources d’inspiration différentes, même au-delà du metal, c’est donc très naturel pour nous d’essayer d’aller dans cette direction maintenant. On a joué du thrash metal pendant des années et on a fait des albums déterminants dans ce style, mais on est plus que ça. On ne va pas passer notre temps à répéter notre passé jusqu’à s’y noyer. On est un groupe inscrit dans le temps présent, c’est en ce moment qu’on est actifs, et c’est pour ça qu’on a fait cet album. On ne veut pas finir par devenir un groupe qui donnerait l’impression de ne faire que des reprises de The Haunted. Cependant, ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’éléments thrash dans notre musique, que ça ne sera plus toujours là. On a joué notre rôle, on a fait des albums importants, et maintenant, on passe à autre chose.

Vous aviez besoin de prendre des risques ?

Exactement ! On cherche de nouveaux challenges.

Dans son ensemble, votre album fait preuve d’une diversité qui fait penser à ce qu’on a toujours trouvé chez des groupes progressifs comme Rush ou King Crimson. Est-ce que ces groupes vous ont influencés ?

Tout à fait, surtout King Crimson. La plupart d’entre nous adore King Crimson, c’est une grande source d’inspiration pour nous. De plus, la culture musicale des jumeaux [Björler] comprend pas mal de musique classique et une grande conscience de la mélodie et de la mélancolie qu’on peut trouver dans la musique celte, la musique celte suédoise, etc. Tout cela est toujours présent, on peut même entendre du The Cure, un mélange de styles très différents. J’irai même jusqu’à dire qu’une partie de tout ça a véritablement fusionné dans notre musique. Certaines des mélodies que Peter a trouvées… On n’entend pas ce genre de choses dans du metal. Bien sûr, il y a quelques groupes qui peuvent sonner comme ça, Tool et A Perfect Circle de temps en temps par exemple. Le groupe avait besoin d’arriver à un certain stade de maturité pour pouvoir produire de telles mélodies. Ce n’est pas le genre de chose qu’on entendra dans un album d’In Flames ou de n’importe quel autre groupe de metal contemporain. Ce n’est pas le même genre de mélodies. Elles viennent d’ailleurs.

Cet album est donc une sorte d’équilibre parfait entre la férocité du metal et l’aspect mélodique des autres genres ?

Oui, je trouve. C’est toujours aussi brut, spontané et puissant. Ça a toute la force que nous avons toujours eue. Ça concentre tout ce qu’on a toujours fait, mais présenté d’une nouvelle manière. Je trouve que c’est une évolution logique en tant qu’humain, que musicien et que groupe. Je suis très content de ce nouvel album.

L’opus est intitulé « Unseen » : est-ce qu’on peut dire que ce qu’on entend sur cet album est nouveau pour le groupe, et donc inédit, et même inouï ?

Oui. C’est quelque chose qui relève d’une démarche du groupe, mais qui a aussi quelque chose à voir avec ce qu’est le monde en ce moment, avec la manière dont on a appris à fermer les yeux sur tout ce qui nous entoure pour réussir à avoir une vie normale, et à quoi on est forcé de tourner le dos, d’ignorer tant de choses qui se passent autour de nous juste pour préserver notre santé mentale. Ça parle aussi, sur un plan plus personnel, de combien les gens sont prêts à fermer les yeux sur toutes sortes de choses : certains passent leur vie à se faire souffrir sans jamais changer. Il y aurait seulement quelques petits détails à changer, la solution est peut-être sous leurs yeux mais ils préfèrent ne pas voir. Tu vois ce que je veux dire ? Le titre peut aussi être compris comme ça. La chanson « Unseen » en elle-même traite plutôt de familles éclatées, qui ne fonctionnent pas et de tout ce que ça peut coûter.

Les gens se sentent trop en sécurité pour véritablement voir les problèmes qui les entourent ?

Oui… Enfin, pas en sécurité, mais trop stressés. Ils sont trop occupés, ils ont des crédits à payer, la maison, la voiture… Ils ont tout ces faux petits problèmes. Ils se mettent la pression et ça vient de la société moderne, des grandes villes, de la quête éternelle de nouvelles possessions… Ils courent après des choses censées les rendre heureux et s’endettent pour avoir tout ce qu’ils veulent mais, en réalité, ça ne leur apporte rien de plus que le simple fait de posséder. Ils mettent de côté pour toutes ces choses à acheter. Je trouve que les gens ont bien assez de merdes comme ça à essayer de survivre, donc…

« La seule chose que je peux leur dire, c’est : « bordel de Dieu, essayez de vous y connaître un peu en musique avant de parler. Là, vous sauriez à quel point c’est complètement absurde de faire ce genre d’accusation ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on ferait plus de fric si on ne jouait pas trop rapidement ou trop fort ? […] Ralentir serait plus rentable ? C’est ridicule, c’est vraiment absurde. »

Ce genre d’album sophistiqué ne semble pas laisser de champ à beaucoup de spontanéité dans la composition. Est-ce que cette composition a été spécialement méticuleuse ?

Comme je l’ai dit, une grande partie de cet album a été conçue en commençant par le chant et, en cela, c’est différent de ce qu’on a pu faire par le passé. Pas mal d’idées sont venues du chant, avec quelques riffs en dessous qui constituaient une base pour Anders. Il a écrit ses parties de guitare là-dessus. Ensuite, on se voyait, je venais jusqu’à Göteborg, chez Anders, et on s’installait là pour mettre au point les parties de batterie et échanger des idées. On l’a fait quelques fois, mais on n’a pas beaucoup répété. Ces quelques fois où on s’est retrouvés pour jouer un peu ensemble, on réfléchissait surtout à certaines idées. On s’est envoyés beaucoup d’e-mails, on a beaucoup travaillé par ordinateur. On est très créatifs de cette manière. Ensuite, quand toutes les chansons ont été finies, quand tout a été en place, prêt à être joué, il nous a resté un mois avant d’entrer en studio pour enregistrer l’album. Un mois entier pendant lequel on a tout préparé et pendant lequel tout le monde s’est préparé de son côté. Du coup, dès qu’on est rentré en studio, tout est allé très vite. Tout a été enregistré incroyablement rapidement.

Est-ce que les méthodes de travail du groupe ont changé avec Unseen ?

Oui, ça a été un peu différent, mais en même temps… Dans certains cas, on a travaillé à partir de la voix, mais dans d’autres, on a fait comme on faisait par le passé, en partant d’une idée générale pour une chanson ou de quelques passages de guitare, des choses comme ça. La grande différence est qu’on a passé moins de temps tous ensemble dans une pièce que pour les autres albums. On était plutôt cinq personnes enfermées chacune dans une pièce quelque part à essayer d’être créatives. Cette méthode a définitivement fait ses preuves. Ça a été vraiment, vraiment mieux de travailler comme ça, sans avoir à être forcé d’être ensemble dans une pièce et de sortir tout de suite un truc génial. C’est une pression différente de devoir être créatif de manière immédiate comme ça. Il est plus productif pour nous d’avoir une idée, de laisser les autres l’écouter pendant quelques jours et ensuite seulement avoir leur avis, au lieu de leur demander de se faire un jugement en ayant entendu la suggestion cinq secondes plus tôt. Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour donner son avis. Ça a vraiment bien marché pour nous, tout le monde a eu plus de temps pour écouter ce qu’on était en train de faire et y penser avant de se faire son opinion. Ça a été vraiment bien.

J’ai entendu dire que la batterie avait été enregistrée dans une piscine. Est-ce que c’est vrai ?

Oui, c’est vrai !

Comment le groupe a-t-il eu l’idée de ne serait-ce qu’essayer d’enregistrer la batterie dans une piscine ?

En fait, ça fait partie du studio de Tue [Madsen], le studio Antfarm. Je pense que, quand il a essayé de faire ça, il y avait pensé depuis un moment déjà. Il a essayé quelques albums avant nous. Il avait mis un canapé et d’autres trucs dans la piscine pour que le son soit plus chaleureux et que ça ressemble moins à une acoustique de piscine municipale. Il nous en a touché un mot, quand j’en ai entendu parler, je l’ai appelé, et il m’a fait écouter quelques CD qu’il avait faits avec différents groupes dans une piscine et ça sonnait super bien. Ensuite on y est allé, on a commencé à enregistrer et ça sonnait vraiment putain de bien. C’est vraiment une bonne pièce pour la batterie, c’est très adapté. Ce n’est pas du tout comme on pourrait s’y attendre : quand tu es à la piscine, tu entends des petits bruits aigus qui résonnent, des sons horribles, mais là, ce n’était pas du tout le cas. C’était bien plus chaleureux, c’est vraiment un chouette endroit pour jouer de la batterie.

Ces derniers temps, on a pu voir venant des fans une demande croissante : ils vous supplient de jouer les vieilles chansons thrash de The Haunted. Je suppose qu’ils vont avoir une sacrée surprise avec le nouvel album, vu le tour que prend le groupe musicalement. Qu’est-ce que tu en penses ?

Il y aura bien évidemment des gens à qui ça ne plaira pas. C’est comme ça que ça marche. Pour faire plaisir à quelqu’un, il faut décevoir quelqu’un d’autre, ça marche comme ça, et pas seulement pour la musique. C’est la vie. Quand on prend une décision, ça affecte des gens ; certains en mal et certains en bien. En dehors du monde de la musique, ça se passe exactement de la même manière. Ça fait pas mal d’années maintenant qu’on n’a pas fait d’album complètement thrash, donc ça m’embête que les gens soient aussi obstinés : « pourquoi vous ne faites plus de CD thrash », etc. Ils viennent toujours aux concerts, ils nous demandent à chaque fois pourquoi on ne joue pas plus d’anciennes chansons et ils ont l’air déçus. Pourtant, ils reviennent à chaque fois, donc je ne sais pas. Peut-être qu’ils aiment bien certaines choses des albums plus récents. C’est difficile de savoir.

D’accord, mais généralement lorsqu’un groupe extrême évolue vers un style plus mélodique, il est systématiquement accusé d’être un groupe de vendus par ses fans. Est-ce que ça vous fait peur ?

[Il rit] Oui, on est habitués à ça, on l’a déjà entendu pas mal de fois. Ce n’est pas nouveau. C’est juste un autre jour au bureau. Tu vois ce que je veux dire ? La seule chose que je peux leur dire, c’est : « bordel de Dieu, essayez de vous y connaître un peu en musique avant de parler. Là, vous sauriez à quel point c’est complètement absurde de faire ce genre d’accusation ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on ferait plus de fric si on ne jouait pas trop rapidement ou trop fort ? Ce n’est pas si simple. Ralentir serait plus rentable ? C’est ridicule, c’est vraiment absurde. Selon moi, faire un album de vendu, ce serait faire ce qu’ils veulent qu’on fasse.

Je ne sais pas si tu es au courant, mais Peter, votre chanteur, a récemment insulté David Draiman de Disturbed. Est-ce que tu es d’accord avec lui ?

Qu’est-ce qu’il a dit ? Je ne connais même pas Disturbed. Je ne suis pas au courant du tout.

OK, parce que vous allez jouer au Hellfest, et ce groupe y sera aussi [ndlr : depuis cette interview, la venue de Disturbed a été annulée], donc on a peur que votre chanteur essaie de se battre avec David Draiman…

Non, Peter n’est pas un mec violent, il n’est pas comme ça du tout. Je ne sais pas ce qu’il a dit…

En fait, il a dit : « Je déteste ce merdeux qui soutient la guerre, cet enfoiré d’extrême-droite. Ce type est vraiment un putain d’abruti. Je veux juste lui pisser à la raie. En fait, je pourrais même l’enc*ler juste pour être sûr qu’il me comprenne bien. »

[Il rit] En effet, c’est assez insultant…

Est-ce que ton chanteur est toujours comme ça ? Avec tous les musiciens ?

Disons qu’il a ses moments. Je ne sais pas pourquoi, peu importe… Ça a l’air d’être quelque chose de très politique. Selon moi, ça ressemble beaucoup à un désaccord politique, quel qu’il soit. Je ne peux pas savoir puisque je ne connais ni Disturbed, ni le gars en question, ni ce qu’il a dit, donc je ne peux rien dire. C’est vrai que ça a l’air vraiment… vraiment injurieux. J’espère que ça ne deviendra pas un règlement de compte trop personnel !

Interview réalisée en février 2011 par phoner.
Traduction : Chloé
Site Internet The Haunted : www.the-haunted.com



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  • Chouette interview.
    Par contre, il manque un « t » à élargi. 😉

    [Reply]

    Doc'

    Putain dans le titre ce truc de fou !!!

    Merci à toi j’ai rectifié, incroyable surtout quand tu vois que cet article a été relu et corrigé par 3 personnes dont moi !

    Pfff… notre activité est dure : soutenez-nous ! 😉

    merci Phil’

    Phil'

    Je t’en prie, ça arrive même aux meilleurs (la preuve :D).
    Je suppose que c’est volontaire pour une histoire de redirection vers la page, mais l’adresse contient toujours l’erreur.

    Bonne continuation \m/

    Doc'

    Oui tu as tout compris 🙂

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