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Interview   

The Living End : la merveilleuse expérience berlinoise


Si un album est ce qu’il est, ce n’est pas que du fait des morceaux qu’il y a dessus. L’inspiration est influencée par un contexte que l’artiste vit, que ce soit conscient ou non, et volontaire ou non. Wunderbar, le nouvel album de The Living End, est ce qu’il est grâce, naturellement, à des décisions artistiques mais aussi à un contexte que le combo Australien s’est créé de toutes pièces. S’il y a toujours une part de hasard, comme en témoignent quelques anecdotes, chaque décision regardant l’écriture et l’enregistrement de cet album visait à développer la meilleure atmosphère possible, du choix de ne pas enregistrer à domicile, à celui du producteur, du studio et du rythme de travail.

Au centre de cette démarche, il y a la ville de Berlin, son ambiance et son climat, sans lesquels ce disque serait bien différent, tant dans le titre que dans la musique. Interview.

« Nous voulions faire quelque chose de différent et d’étranger, et je pense que ça te pousse à faire un meilleur album. Tu dois travailler plus dur, parce que tu as pris ce risque et dépensé cet argent pour venir faire cet album à l’autre bout du monde. Et je crois que c’est important pour n’importe quel artiste de faire cela. Ce n’est pas productif de juste se complaire et s’habituer à son environnement. »

Radio Metal : Ce nouvel album a été enregistré à Berlin et s’intitule Wunderbar, ce qui signifie « merveilleux » en allemand. Apparemment, vivre à Berlin pendant le processus d’enregistrement a eu un rôle sur ce que l’album est devenu. Peux-tu nous en dire plus quant à cette expérience berlinoise ?

Chris Cheney (chant & guitare) : Nous avons décidé que nous ferions l’album seulement aux alentours d’août-septembre de l’an dernier. Nous venions juste de signer chez BMG à l’international et il y avait beaucoup d’intérêt et d’attention venant de BMG en Allemagne, ils aimaient vraiment le groupe. Donc nous nous sommes dit : « Tu sais quoi ? nous aimons vraiment l’Europe, peut-être qu’on devrait juste aller en Europe, genre en Allemagne, pour enregistrer l’album, s’éloigner de Melbourne pour quelque chose de différent. » Nous avons beaucoup d’amis à Berlin qui nous ont recommandé un producteur du nom de Tobias Kuhn. Donc nous lui avons parlé au téléphone et nous avons commencé à échanger des chansons, et nous avons vraiment adoré certaines de ses idées et contributions aux morceaux. Donc nous avons acheté des billets puis volé jusqu’à Berlin et pris un petit risque, et cela a payé car nous nous sommes vraiment amusés, et nous avons passé six semaines à Berlin. Nous avons fait l’album et tout a marché magnifiquement. C’était la meilleure expérience que nous ayons jamais eue. Il faisait très froid, mais c’était sympa.

Quel lien entreteniez-vous avec l’Allemagne auparavant ?

Nous sommes venus de nombreuses fois. Nous sommes venus pour la première fois en 1999 avec Die Toten Hosen – qui est un gros groupe en Allemagne. Nous les avons rencontrés en Australie et ils nous ont vraiment appréciés et ils ont dit : « Eh, vous devriez venir donner quelques concerts avec nous en Allemagne ! » Donc nous nous sommes envolés pour Noël et nous avons joué ces énormes concerts avec eux, c’était fantastique. Donc nous sommes retournés en Allemagne probablement… [Réfléchit] je ne sais pas, peut-être six ou sept fois depuis, pour faire des tas de choses différentes. Nous avons rejoué quelques concerts avec Die Toten Hosen dernièrement. Et vraiment, nous adorons ! Je veux dire, nous aimons l’Europe en général ; c’est juste que l’Australie est lointaine, nous ne venons pas aussi souvent que nous le souhaiterions.

J’ai même lu que l’Air b’n’b où vous résidiez n’avait pas de chauffage. Cette expérience rude et glaciale à Berlin a-t-elle eu un impact sur le ton de l’album ?

Possible, mais quand nous avons logé dans ce b’n’b, nous avions déjà enregistré les pistes de batterie, basse et guitares et une partie du chant, donc nous savions quel album nous faisions à ce moment-là. Mais c’était très inconfortable. Il n’y avait pas de chauffage, l’endroit sentait mauvais, c’était sale, nous n’avons donc passé que trois nuits sur place, je crois, puis nous nous sommes dit : « D’accord, ça suffit, on s’en va ! » [Rires] Parce que je devais m’occuper du chant toute la journée au studio, et je tremblais littéralement la nuit tellement il faisait froid. Mais je crois qu’être à Berlin a aidé à la créativité de ce disque. J’ai trouvé cet endroit très inspirant, ça faisait du bien de marcher pour aller au studio chaque jour, prêt à me mettre au travail et dynamique au sujet de tout le processus.

Vous avez déclaré dans un entretien récent : « Nous tentons de ne pas perdre le fil, de ne jamais rester trop à l’aise dans notre zone de confort. » Dirais-tu qu’aller à Berlin en plein hiver est ce qui vous a fait sortir de cette zone de confort cette fois ?

Oui. Je crois que cela aurait été très facile pour nous de rester à Melbourne, travailler avec un producteur local dans un studio local et avoir la possibilité de rentrer à la maison chaque soir et de voir nos familles. Mais nous voulions chambouler un peu tout ça. Nous voulions faire quelque chose de différent et d’étranger, et je pense que ça te pousse à faire un meilleur album. Tu dois travailler plus dur, parce que tu as pris ce risque et dépensé cet argent pour venir faire cet album à l’autre bout du monde. Et je crois que c’est important pour n’importe quel artiste de faire cela. Ce n’est pas productif de juste se complaire et s’habituer à son environnement. Et je crois que cela n’a fait qu’aider à faire cet album et à l’écrire, de savoir que nous viendrions en Allemagne. Je voulais m’assurer que nous n’arrivions pas en Allemagne avec un tas de chansons nulles, il fallait qu’elles soient vraiment bonnes.

Sur quel aspect de la musique vous êtes-vous focalisés pour le faire sonner vraiment différemment ?

Nous voulions être sûrs que nous avions des chansons avec beaucoup d’énergie et qui n’étaient pas trop complexes. Sur notre dernier album, nous avions une chanson qui avait un passage avec des violons et quelques autres trucs, et nous ne voulions pas de cela cette fois. Nous voulions garder ça très dépouillé, et nous voulions être sûrs d’avoir de l’espace et de la place pour laisser respirer les chansons. Cela voulait donc dire prendre un peu de recul, sans sur-jouer, et permettre à la meilleure partie de constituer la chanson, plutôt que de juste remplir cette dernière avec chacun de nos styles individuels, ce genre de chose. La meilleure chose sur cet album, pour moi, est que toutes les chansons ont leur propre caractère. Chaque morceau possède une très forte personnalité. Et cela vient du choix des morceaux, j’imagine, et de notre état d’esprit lorsqu’elles ont été écrites.

« [Les gens] ne s’attendraient jamais à ce que nous appelions un album Wunderbar [rires]. Je crois que c’était important d’avoir un titre d’album positif, exaltant. Parce qu’il y a des paroles sombres là-dedans et des passages très sérieux et assez moroses, mais au bout du compte, avec un peu de chance, les gens trouveront de quoi se réjouir dans cet album. »

C’est quelque chose que j’étais sur le point de mentionner. L’album est très varié et chaque chanson est différente, il y a de nombreux tempos et sons différents, particulièrement quand on écoute un titre tel que « Death Of The American Dream » qui a une production typique du blues. Cette diversité était-elle quelque chose que vous visiez réellement, quand vous avez commencé à écrire l’album ?

Ouais, mais nous ne voulions pas être trop variés parce cela finit par embrouiller les gens, et nous avons déjà fait cela, c’est-à-dire avoir un tas de styles différents. Nous voulions faire quelque chose où chaque chanson donnait l’impression d’appartenir à un ensemble sur ce disque. C’est quelque chose sur lequel nous avons dû travailler avec Tobias, et c’est une question de choisir les bonnes chansons qui conviennent. Il y avait beaucoup d’autres chansons sur lesquelles nous avons expérimenté et travaillé, elles étaient bonnes mais ce qu’elles contenaient ne convenait pas. C’est important d’avoir de la diversité mais pas trop de diversité. Nous sentions que ces chansons appartenaient toutes à une famille, mais il y a assez de variations pour ne pas avoir dix fois le même morceau.

Apparemment le processus d’écriture était très inspirant. « Wunderbar » a été complété plus rapidement que n’importe quel autre album de The Living End auparavant. À ton avis, qu’est-ce qui a déclenché ce flot d’inspiration ?

C’était en partie dû au fait que nous nous étions mis d’accord pour aller à Berlin en janvier. Initialement, nous voulions sortir le disque en mai, mais ensuite cela a été repoussé car nous croyions dans cet album, nous ne voulions pas nous précipiter. D’abord, nous n’avions que quelques mois pour écrire l’album, normalement nous aurions pris plus de temps mais nous avions décidé de venir en Allemagne en janvier pour enregistrer. Donc j’ai passé chaque jour, quasiment jour et nuit, à écrire des chansons et à essayer de trouver des idées. Et c’était vraiment bien parce que cela m’a forcé à finir le tout. J’étais sous pression pour le faire et c’était un bon moyen d’écrire. Je n’avais pas le temps de m’attarder sur les chansons trop longtemps ; elles devaient toutes être bonnes et elles devaient marcher, ou alors elles étaient mises de côté et ensuite je commençais à travailler sur autre chose.

Comme tu l’as dit plus tôt, le producteur Tobias Kuhn a eu un rôle prépondérant dans l’écriture de cet album. Peux-tu nous en dire plus sur sa participation aux chansons ?

Quand nous lui envoyions les démos des titres, il revenait vers nous avec des commentaires sur ce qui était également nos morceaux préférés, donc nous savions qu’il était sur la même longueur d’onde que nous, il suivait le même chemin. Et une fois sur place en Allemagne, c’est également un guitariste, donc nous avons eu deux semaines de pré-production sur les chansons. Nous nous sommes tous assis dans la salle de répétition, nous nous sommes branchés sur nos amplis, et avons juste joué les titres, et il a lui-même participé. C’était super d’avoir un autre guitariste dans la pièce, nous accompagnant sur les chansons et proposant différentes petites mélodies et paroles, et des choses qui ont fini par être incluses dans l’album. C’est un bon gars avec qui jouer, il est surexcité. Il sautait partout et criait, il nous stimulait, nous motivait. Il était vraiment bon à cet égard, et il a vraiment le truc pour les mélodies et pour garder les choses simples. J’ai tendance à vraiment compliquer les choses parfois avec mes parties de guitare ou les mélodies, mais il m’a enjoint de rester dans les clous, et c’est mieux grâce à cela.

Vraisemblablement, il y a eu une connexion instantanée avec lui. Peux-tu nous décrire l’ambiance quand tu écrivais et travaillais avec lui ?

C’était fun ! C’est pourquoi nous l’avons appelé Wunderbar, vraiment : parce que c’était très simple, une merveilleuse expérience. Il n’y avait pas de pression. C’était du travail acharné, ça l’est toujours, de faire un album, mais ce n’était pas fastidieux. Nous sentions que tout ce que nous faisions sur les chansons les rendait meilleures. Il a maintenu l’ambiance au top. C’est quelqu’un de joyeux et décontracté. Tu sais, les studios d’enregistrement, le fait de passer beaucoup de temps ensemble jour et nuit, cela peut jouer sur les nerfs des uns et des autres très facilement, mais c’est vraiment super d’être avec ce mec, il fait toujours en sorte que ça reste amusant. Il ne s’est pas énervé une seule fois, ce qui était vraiment bien.

Une chose particulièrement intéressante au sujet du titre de l’album Wunderbar est qu’il s’agit d’un titre très positif. À l’inverse, il y a des chansons et paroles plutôt sombres, des paroles personnelles, des paroles politiques. Cherchiez-vous à équilibrer cette obscurité par un titre plus optimiste ?

Oui, car je pense que c’est quelque chose que les gens n’attendent pas venant de The Living End. Ils ne s’attendraient jamais à ce que nous appelions un album Wunderbar [rires]. Je crois que c’était important d’avoir un titre d’album positif, exaltant. Parce qu’il y a des paroles sombres là-dedans et des passages très sérieux et assez moroses, mais au bout du compte, avec un peu de chance, les gens trouveront de quoi se réjouir dans cet album, tout comme nous. Même avec l’illustration de l’album, nous voulions avoir ces vieilles télés avec des palmiers dessus, un moyen de montrer que même si tu es dans une mauvaise passe, tout s’arrange. Assez souvent via nos téléphones et nos télés, je suppose qu’on tente de retrouver cette gaieté. Ça a l’air de marcher !

« Nous ne voulons pas être catalogués comme un groupe punk ou rockabilly, car il y a bien plus de profondeur que cela dans The Living End. »

J’ai mentionné plus tôt le morceau « Death Of The American Dream ». Cette chanson sonne comme un vieil air de blues. Croyais-tu que le thème de ce morceau nécessitait ce son brut et cette ambiance souillée ?

C’est en deux moitiés. La première moitié ressemble à une chanson américaine de pom-pom girl, et nous voulions que ce soit vraiment enjoué et que ça sonne vraiment fou, avec toute l’imagerie, la statue de la Liberté et toutes les icônes, Mickey Mouse et ce genre de chose, comme défoncés, blessés et tout ça. Donc c’était important que ça sonne assez amusant, mais aussi assez tordu. Et la seconde moitié, je l’ai juste enregistrée sur mon iPhone et envoyée à Tobias pour la mettre à la fin. C’était supposé sonner comme un vieux disque de blues. C’est très émotif. J’ai un attachement très émotionnel aux États-Unis car j’ai vécu là-bas pendant sept ans. J’aime l’endroit, mais pour le moment c’est un peu terni et un peu meurtri là-bas. Ils traversent une mauvaise passe, j’imagine, mais je crois qu’ils se relèveront à nouveau. Il se passe un tas de choses dans ce pays.

Sur la chanson « Amsterdam », on peut t’entendre chanter les paroles « ne jamais revenir à Amsterdam ». Peux-tu développer ce que tu veux dire ?

J’aime Amsterdam, la chanson y a été écrite. Mais ça ne parle pas vraiment d’Amsterdam, c’est plus moi étant à Amsterdam et écrivant cette chanson au sujet de certains regrets, de la perte d’un être cher, mon père pour être précis, de ne pas me sentir très à l’aise avec la façon dont les choses se sont terminées, et aussi de gérer la douleur quand on perd un être cher, comment avancer après cela. C’était comme si je parlais à Amsterdam, à la ville, et y mettais tout mon cœur, je suppose. C’est comme dire : « Je ne veux pas revenir à cet état d’esprit dans ma tête ou dans mon cœur. » Mais Amsterdam en soi est magnifique, j’adore cette ville !

Scott Owen a dit en interview : « Chris et moi avons grandi ensemble et, en gros, nous nous échangions des cassettes depuis que nous sommes gamins, et nous pouvons parler notre propre langage parfois quand il s’agit de musique. » Comment écrivez-vous vraiment ensemble et comment la magie opère-t-elle ?

À dire vrai, je suis du genre à écrire tout le temps quand je suis à la maison. Je travaille sur GarageBand sur mon ordinateur ; c’est le moyen le plus simple pour moi d’écrire des chansons. Donc je suis tout le temps en train d’écrire toutes sortes de morceaux différents. J’ai des ballades dessus, j’ai des chansons de country, j’ai des morceaux qui sonnent metal, des morceaux acoustiques… Généralement, ce qui arrive est que j’écris, j’écris, j’écris, puis j’emporte le tout et je le montre aux autres, et je leur joue ce que je crois qui va leur plaire et correspond au groupe, et ils sélectionneront certaines chansons à leur tour, puis nous commençons à jouer. En les apprenant, nous les jouons puis nous tentons d’arranger et corriger quelques passages, ou nous changeons quelques trucs, nous mettons des harmonies dessus. C’est généralement comme cela que ça marche mais c’est toujours un peu différent. Andy [Strachan] et moi avons écrit beaucoup plus sur cet album, trouvant des riffs et des petites choses, puis j’emmenais tout ça et j’en faisais des chansons.

Vous dites souvent à propos du style musical que vous ne vous considérez pas comme un groupe punk, mais plutôt comme un groupe rock inspiré par la musique punk. Pourquoi cette distinction est-elle si importante pour vous ?

Parce que nous ne voulons pas être catalogués comme un groupe punk ou rockabilly, car il y a bien plus de profondeur que cela dans The Living End. Je pense que si les gens se disent « ah, c’est un groupe punk, ils sont comme Green Day ou les Ramones, etc. », alors que… Je pense que nous sommes un groupe de rock ! Nous sommes capables de jouer des titres dans de nombreux styles différents. Regarde tous les albums que nous avons sortis : il y a des morceaux acoustiques, avec du jeu de guitare aux doigts, il y a des chansons avec des passages de cordes, des passages de cuivres, il y a des suites d’accords et harmonies très contemporaines un peu façon jazz… C’est beaucoup plus que de juste se brancher à un ampli Marshall et jouer à cent à l’heure, or je pense que c’est ce que certains imaginent à propos de The Living End, mais si tu connais le groupe, alors tu sais que nous ne sommes pas cela, qu’il y a plus de variété et de diversité dans ce groupe. Donc je n’aime pas trop quand les gens présument que nous sommes comme les Ramones ou autres. Enfin, j’adore ce genre de trucs, mais ce n’est pas nous.

Penses-tu que le punk est un style limité ?

Non, je ne pense pas. Je pense qu’il existe certains groupes punk clichés et les gens ont du mal à voir plus loin. Je veux dire, j’adore les Dead Kennedys, les Clash et les Sex Pistols, mais il y a tellement plus que cela ! J’aime les gens comme Billy Bragg, T.V. Smith, des groupes comme The Jam et Blondie, tout ça va sous l’étiquette punk. Il faut juste chercher des choses différentes. Et je pense que ces groupes n’étaient pas non plus juste punk, ils ont dû tremper dans d’autres styles. Comme les Clash par exemple, des chansons comme « Rock The Casbah », ce sont des super chansons pop très bien écrites. Mais les gens aiment cataloguer les choses et les catégoriser, je suppose. Mais au final, nous ne voulons qu’être jugés sur nos chansons, voilà à quoi ça se résume. Si les gens réagissent à une chanson, alors c’est cool, s’ils l’aiment, c’est cool, je me fiche de comment ils appellent ça, tant qu’ils l’apprécient, et qu’ils l’apprécient pour ce que c’est.

Interview réalisée par téléphone le 20 août 2018 par Philippe Sliwa.
Transcription & traduction : Romain Phay.

Site officiel de The Living End : www.thelivingend.com

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