ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

The Love Machine a un volcan dans son émission


Qui dit émission exceptionnelle, dit invité exceptionnel ! Ce vendredi, pour sa spéciale « Metal et Hard français des années 80 », The Love Machine t’as réservé une grosse surprise dans 80’s Fever : Marc Varez, le batteur du groupe Vulcain, un des leaders de la scène métallique de cette époque, interviendra en direct à l’antenne entre 21h30 et 22h. Oui, tu as bien lu : Vulcain sur les ondes de Radio Metal !

Tu pourras poser tes questions par l’intermédiaire du chat ou de Facebook : on t’attend pour une émission qui va sentir bon le coq et la baguette ! Et oui, chère métalleuse et cher métalleux, le hard français des années 80, c’était bon et on va te le prouver nom d’un fils de Lucifer qui crie « Rock’n’Roll Secours » ! Rendez-vous vendredi soir dès 20h pour 80’s Fever et ses rubriques démentes avec, dès 21h30, l’intervention de Marc Varez.

Long live French metal!

Interview :

Radio Metal : Pour commencer, peux-tu nous expliquer un peu l’actualité brûlante de Vulcain : concerts, album… ?

Marc Varez (Vulcain) : Déjà, je vais te faire un petit résumé rapide de ce qui s’est passé pendant l’année 2010. C’était le retour de Vulcain, on était séparé depuis dix ans quand même. Et il n’y a eu que des bonnes surprises, on a fait plein de dates extraordinaires comme le Hellfest évidemment, ça a été un grand moment pour nous. On a eu la chance d’aller au Canada aussi, à Montréal…

Désolé, je me permet de te couper. Vous avez été au Canada en octobre. Vous avez déblayé la neige pour entrer dans la salle ou pas (rires) ?

Non, on est arrivé juste avant la neige, c’était encore très bien. Ca a été une date terrible pour nous, un bon contact avec notre public canadien en tout cas. On a eu quelques dates et puis on a fini en beauté chez vous, à Lyon avec Motörhead. C’était le 14 décembre à la Halle Tony Garnier.

Un beau cadeau de Noël, c’est ça ?

Voilà ! Ça a été une super année pour nous en tout cas ! Cette reformation de Vulcain, on sentait qu’on était vraiment attendu. On n’est pas revenu pour rien (rires) ! Plein de projets puisqu’il y a eu une date à Paris au mois de novembre au Trabendo et on a enregistré le concert. Sortie prévue le 1er avril en DVD avec très certainement l’audio dans le même package.

Lors d’une discussion qu’on a eu en amont, tu m’as dit que tous les membres du groupe étaient surpris de voir des jeunes dans le public de Vulcain…

Oui, ça c’est une bonne surprise ! D’ailleurs, on a pu constater que même dans le concert de Motörhead, il y avait beaucoup de jeunes. Ça, c’est bien, ça veut dire que des groupes comme nous, qui ont marqué une certaine époque du hard rock, pourraient passer pour des « Has Been » finis, eh bien non ! Les gens continuent de s’éclater sur notre bon vieux rock’n’roll et ça attire les jeunes aussi. Je crois que les gens, au bout d’un moment, ont besoin de choses vraies et il n’y a pas plus vrai que Vulcain (rires) !

Si tu devais faire un comparatif entre la scène de l’époque et la scène de maintenant, qu’est-ce qui te viendrait à l’esprit ?

C’est difficile de réponde parce qu’il y a eu une telle évolution des choses. Si on compare la scène, c’est un peu comme le marché du disque. Il y a eu toute une évolution technologique et forcément, des habitudes de consommation complètement changée, donc ce n’est pas évident. J’ai l’impression que dans les petites chapelles comme nous, on a un peu plus de chance parce que les gens se mobilisent un peu plus qu’ailleurs mais on sent quand même que… Voilà ! On ne fait pas des salles énormes et ce n’est pas super bien fréquenté, même pour les groupes internationaux, ce n’est pas particulier aux groupes français ou quoi que ce soit. On s’aperçoit que les concerts sont devenus chers aussi. On essaie de maintenir des prix très raisonnables à ce niveau-là. Mais on voit que pour les groupes internationaux que les concerts sont chers et ça manque de fréquentation. Moi, j’étais le premier sidéré au concert d’Ozzy Osbourne à Paris – avec Korn à l’affiche en plus – et il n’y avait pas un Bercy archi-plein. Ca prouve qu’il y a une crise mais il y en a toujours eu des crises comme ça. Je ne pense pas que dans les années 80, ça a été vraiment mieux. C’était autrement on va dire.

Justement, on peut rebondir sur le côté promo. Je me souviens que dans les années 80, pour que les médias reconnaissent un groupe français autrement que comme des guignols, ce n’était pas évident alors que maintenant, avec la promo internet et tout, c’est peut-être plus facile…

J’insiste donc sur le fait que tout a évolué et tout a changé. D’accord, il y a des moyens plus faciles pour faire sa promo mais du coup, beaucoup de gens font leur promo. Il y a beaucoup plus de groupes qu’avant en fait. Avant, c’était dur de se faire une place mais on n’était pas si nombreux à donner des coups de coudes (rires) ! Maintenant, on est quand même super nombreux. C’est pour ça que, pour le retour de Vulcain, ça allait, on avait déjà un nom, on arrive un peu plus facilement, les portes sont déjà à moitié ouvertes. Pour les autres groupes, Daniel a pu le voir en montant son projet Mister Jack et moi avec mon projet Black Stone, on avait beau être des ex-Vulcain, c’était dur de monter un nouveau groupe. De nos jours, c’est dur de monter un nouveau groupe. Donc, les moyens de promotion plus simples ne sont pas forcément qu’un avantage en ce moment (rires).

Est-ce qu’on vit bien de sa musique quand on s’appelle Vulcain ?

Que répondre à ça ? On ne fait pas partie des groupes français qui vivent de leur musique. On ne l’a jamais fait même quand on était au top de Vulcain. Non, ça n’a jamais été notre activité principale. C’est peut-être pour ça qu’on est resté des vrais rockeurs intègres (rires) ! J’ai vu le film de Metallica et je crois qu’on est loin de pouvoir payer quarante mille dollars pour nos petits problèmes quotidiens. Voilà, on n’en est pas là (rires) ! On s’arrange quand même chacun pour rester dans le domaine. Vincent est dans la vente d’instruments de musique, moi je fais tourner mon petit studio, je produis des groupes, je fais un tas de choses. Je reste dans la musique mais ce n’est pas que Vulcain notre source de revenu.

Es-tu en train de nous dire que vivre de sa musique serait quelque chose de corrupteur, que ça te transformerait en quelque sorte ?

Non, non ! Après, ça dépend à quelle échelle on parle de vivre de la musique (rires) ! Si c’est pour toucher des salaires raisonnables et vivre de sa musique tranquillement, non, ça ne changera pas grand-chose. Mais quand du jour au lendemain, tu deviens très riche ou qu’il t’arrive des choses d’un coup, je pense qu’il faut avoir un moral d’acier pour résister à une descente aux enfers. Je pense que ça arrive un peu à tous les artistes. Mais non, Vulcain ne sera pas corrompu par l’argent (rires) !

Pour ceux qui ne connaitraient pas le style musical de Vulcain, comment pourrait-on le catégoriser ?

Ça reste très rock, c’est-à-dire qu’on nous a longtemps surnommé les Motörhead français si ça peut vraiment dire quelque chose…

D’ailleurs, ça ne te saoule pas ça ?

Non, parce qu’il y a du vrai (rires) ! On ne va pas cracher sur quelque chose de vrai. Mais bon, je pense qu’on a eu la chance de pouvoir créer notre patte à nous pour ne pas être une pâle copie de Motörhead. D’ailleurs, Motörhead nous le rend bien parce qu’on s’adore mutuellement (rires) ! Voilà, c’est du bon rock’n’roll. On n’a jamais été vraiment concerné par la vague heavy metal, c’est-à-dire les thèmes de flammes, de sorcières, de dragons, ça n’a jamais été notre truc (rires) ! On vient d’une scène beaucoup plus rock ou hard rock que vraiment metal avec, forcément, ce que cela implique. Nos influences dans les très vieux groupes, ce sont les Stooges, MC5, Grandfunk Railroad, des groupes de punk…Ou alors des grands groupes de rock’n’roll comme Led Zep’, les Stones, Purple… On est quand même beaucoup moins classé dans le heavy metal. D’ailleurs, ça a fait partie des trucs qui nous ont démarqué parmi la scène des années 80.

On va parler du mois de mai 1985, l’année de la sortie de l’album « Desperados ». C’est une période particulière pour toi vu que c’est à ce moment où tu as rejoint le groupe…

Exactement ! Moi, j’avais vu Vulcain deux ou trois fois sur scène et je m’étais dit que c’était vraiment dans un groupe comme ça que j’aurais aimé jouer mais que ça m’arriverait jamais (rires) ! J’étais tout jeune en plus à l’époque, j’avais dix-neuf ans et je venais de me mettre à la double grosse caisse. D’ailleurs pour la petite histoire, je me suis mis à la double grosse caisse grâce à Kad Merad.

Pardon (rires) ?

Dans notre adolescence, on a été potes et il m’a revendu une de ses batteries parce qu’il était batteur avant. Et dans cette batterie, il y avait deux grosses caisses donc j’ai été obligé de me mettre à la double grosse caisse, histoire d’essayer. Heureusement que je l’ai fait sinon je ne serais jamais rentré dans Vulcain (rires). Voilà pour la petite histoire. Je rencontre Pierre Guiraud qui était le chanteur de Satan Jokers par l’intermédiaire d’un ami que j’avais à l’époque et un jour, Pierre se pointe en me disant, avec son accent du sud, que Vulcain cherchait un batteur et que je devrais y aller. J’étais un peu réticent car ça ne faisait pas longtemps que je maîtrisais la double et que pour moi, Vulcain était tellement énorme que je flippais un peu (rires) ! Et il m’a poussé à passer cette audition et ces cons-là m’ont pris, c’était parti pour une belle aventure qui a duré une bonne quinzaine d’années.

Rock’n’Roll Secours était considéré comme le premier vrai brûlot mais ce qu’a apporté Desperados était vraiment incroyable. Numéro un de tous les référendums des magazines heavy à l’époque, une première partie avec Iron Maiden sur la tournée Somewhere On Tour en 1986 à Bercy. Sans compter l’enregistrement du live Live Force dans la foulée…

Oui mais tu fais une petite erreur. Le Live Force était après Big Brothers. Mais comme tu dis, superbe année. Pour moi, ce premier album était un disque un peu plus travaillé où Vulcain s’est essayé à des choses beaucoup plus bluesy. Bref, il s’est passé quelque chose, même au niveau de la composition. C’est vrai que cet album, je l’aime particulièrement parce qu’il y a vraiment des bons titres dessus.

Avec des titres émouvants également comme « Richard » super bluesy. Je crois qu’il est dédié à un ami du groupe, le premier batteur non ?

Oui, le premier batteur si on part vraiment des premières répétitions de Vulcain. Oui, c’était bien Richard qui s’était collé à la batterie. Mais Frank Villat jouait beaucoup mieux de la batterie que Richard donc il a gentiment laissé ses baguettes et s’est incliné (rires) !

Après, vient Big Brothers en 1986. Que peux-tu nous dire sur cet album-là ?

Nous avec le recul, on dira que c’est un album qu’on a fait beaucoup trop vite après Desperados. On aurait dû laisser mûrir les compositions un peu plus, faire ça autrement… On a été très déçu par la production que nous avait imposé notre cher producteur de l’époque. On a un petit peu merdé sur cet album ! Il y a des bonnes compos, je suis d’accord mais artistiquement, on aurait dû moins se laisser faire et attendre un peu plus. Par contre, il reste des bonnes compositions de cet album.

Vous considériez donc que vous n’étiez pas libres à cette époque pour faire ce que vous vouliez ?

Oui, oui, pas libres de marquer une pause un peu plus longue, il fallait vraiment enquiller l’album. Cela dit, il y avait des enjeux parce que pour nous, tout partait bien. Il y avait une grosse tournée qui se montait, celle avec Chariot en 1986 sur le Big Tour. Non, c’était 87… Je ne sais plus… Tu vois, j’ai même des trous sur les dates (rires) ! Donc, cette tournée, il y avait la première partie avec Maiden à Bercy. Plein de choses super bien commercialement si on peut dire. Au niveau de la promo du groupe en tout cas, il se passait pas mal de choses autour mais nous, artistiquement, on est un peu déçu par cet album. Surtout au niveau de la production qu’on trouve vraiment à chier.

Tu dis que vous n’étiez pas satisfaits de l’album, notamment au niveau prod’. Le ressentiez-vous déjà au moment où il allait sortir ?

On doutait…

N’était-ce pas trop dur de gérer une promo et de vendre des albums dont on est soi-même pas convaincu du rendu ?

Non parce que, comme je le disais, je sépares les deux choses : d’un côté, les compos nous plaisaient, on était très contents des titres qu’on a fait, mais il y avait le côté réalisation et précipitation des choses. Il y a des morceaux qui auraient dû mûrir un peu plus, peut-être faire évoluer certaines compos qui auraient débouché sur d’autres titres. C’est artistiquement qu’on se sentait précipité à l’époque. Attention, on ne crache pas sur cet album !

Est-ce que ça vous a été reproché à l’époque ?

Non, pas vraiment. Je pense que, avec le recul, il y a sûrement des gens qui nous diront que l’album sonnait à chier. Au niveau du son, on aurait dû rester encore plus brut et ne pas partir dans ces sons avec des réverb’ énormes qui ne nous correspondaient pas. C’est plein de petits détails comme ça.

Comment se passe le retour sur scène après dix ans de séparation ? Est-ce naturel ou y a-t-il de l’appréhension ?

Il s’est passé plusieurs choses : il y a eu la reformation, on a été très content de se retrouver ensemble quand on a vu ce que ça donnait sur les première répet’. On a été confiants pour ce qui était de remonter sur scène. Il n’y avait pas de peurs à ce niveau-là. Des petits doutes peut-être mais surtout beaucoup d’émotion au début. C’était… Ouah ! C’était très fort, ouais (rires) !

On va parler maintenant de Transition. C’est un album qui a surpris beaucoup de monde tant il marque un changement. Qu’est-ce que vous aviez en tête lorsque vous avez enregistré Transition ?

Déjà, il faut savoir qu’il y a eu le Live Force après Big Brothers et là, on arrive dans les années 90 où il se passait beaucoup de choses. D’un côté, il y a le grunge qui débarque avec un truc simpliste un peu comme les punks l’avaient fait en 77 genre « on fait trois accords avec un son crade et voilà ». Et de l’autre côté, il y avait les tricoteurs de manche qui n’arrêtaient pas. Nous, en plus, au niveau du business, on avait vraiment plein de soucis, contrats de maison de disques et tout… On s’est donc dit qu’il fallait vraiment évoluer et prendre une autre direction. On a rencontré un guitariste très branché Steve Vai et tout. On s’est dit d’intégrer ça dans notre musique, pourquoi pas… On a décidé de produire un peu, de faire autre chose que du Motörhead justement (rires) ! Que les gens n’aillent pas croire qu’on s’est laissé embringuer par une maison de disques ou quoi que ce soit parce que cette fois-ci, on était beaucoup plus libres de nos mouvements. Non, ça, c’était vraiment un choix de notre part. C’est un truc qu’on a voulu vraiment et on était très contents de cet album. Là, on en est toujours très contents au niveau des compos et de ce qu’on a tenté. On ne regrette pas du tout.

Vous aviez eu pas mal de changements de line-up à cette époque et aussi durant Big Bang. Est-ce que ça n’a pas, quelque part, gêné un peu votre progression ?

Non, non parce qu’avec Big Bang, on a voulu essayé des choses un peu plus chiadées. C’est vraiment là qu’on s’est aperçu qu’avec tout ce qu’il s’était passé, tout ce qu’on a vécu avec Vulcain, le noyau dur était les deux frangins et moi à la batterie. C’était donc super dur de réintégrer quelqu’un dans ce clan. Le clan Vulcain, il faut y rentrer, ce n’est pas évident pour un tas de raisons. Justement, tout le vécu de la route avec des guitaristes plus jeunes, on sentait vite un décalage entre les deux clans. Par contre, c’est pour ça qu’on a décidé de rester en trio et ça a duré quelques années. Mais là, on était trop fatigué par ce putain de business et on a décidé de raccrocher.

Est-ce que ce côté un peu clanique tu l’as ressenti quand toi, tu as rejoint le groupe ?

Non, parce que musicalement, on était vraiment sur la même longueur d’onde. Oui, il y avait un petit décalage d’âge mais pour moi, c’était des grands frères et moi, ils me prenaient comme un petit frère. C’était rigolo (rires) ! Non, il n’y avait pas de soucis artistiques en tout cas ou de compréhension musicale, ça a toujours été une évidence. C’est pour ça qu’on est toujours resté le noyau dur et quand on s’est reformé, cela n’a été que nous trois sans prendre quelqu’un d’autre.

Suite à un problème technique, l’interview n’a pas pu être récupérée en entier.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Trivium @ Villeurbanne
    Slider
  • 1/3