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Interview   

The Night Flight Orchestra : la tête dans les nuages


Quand sortait Internal Affairs (2012), ils étaient peu à croire en The Night Flight Orchestra et son classic rock joué par des pointures du death mélo. Huit ans et cinq albums plus tard, le collectif suédois est désormais signé sur le prestigieux label allemand Nuclear Blast et n’a cessé d’élargir ses rangs et d’étoffer son concept pour proposer une musique rétro plus vraie que nature, gorgée de mélodies catchy, d’un sentiment d’évasion et d’un romantisme mélancolique. La mode du revival des années 80 est entre-temps passé par là, rattrapant The Night Flight Orchestra au vol. Tous les voyants sont désormais au vert pour le groupe et rien ne semble arrêter son ascension.

Avec Aeromantic, The Night Flight Orchestra fait une nouvelle démonstration de son amour et sa maîtrise d’un âge d’or de la musique populaire, à cheval entre les années 70 et 80, mettant un peu plus l’accent sur les claviers, mettant à profit un kit de batterie hautement symbolique ayant servi à Abba et intégrant la participation d’une violoniste. L’objectif des Suédois est clair : devenir un orchestre classic rock jouant dans les stades et les plus grandes salles. Certes, l’objectif est encore loin d’être atteint, mais The Night Flight Orchestra a déjà prouvé que quand on croit en ses rêves, ces derniers pourraient bien finir par se réaliser. On discute de tout cela, et plus encore (le féminisme, le départ du claviériste Richard Larsson, des nouvelles de Soilwork, etc.), avec le guitariste-compositeur-parolier (et gastroentérologue) David Andersson.

« C’est assez ennuyeux de faire les choses comme on est supposé les faire. C’est plus marrant de faire les trucs et d’en abuser [rires]. […] Moins, ce n’est jamais plus ! »

Radio Metal : En novembre de l’année dernière, vous avez sorti le morceau instrumental « Cabin Pressure Drops », qui annonçait l’album Aeromantic, mais sans y figurer. Quelle était l’idée là-derrière ?

David Andersson (guitare) : L’idée était de créer de la confusion [petits rires]. Non, nous essayons toujours d’avoir une approche différente. Quand les groupes sortent des teasers pour leur nouvel album, c’est généralement des studio reports, genre : « Salut, on est en studio. Tout se passe super bien. » Et on déambule dans le studio, on voit des gens jouer de l’air-guitar, boire de la bière, etc. Au lieu de ça, nous voulions créer un ambitieux court-métrage sur une hôtesse de l’air déprimée qui rêvasse, avec un monologue à la Abba par-dessus. Ce court-métrage résume le thème d’Aeromantic, mais c’est aussi un morceau plutôt sympa. C’est donc notre version d’un teaser. Je suppose que ça a embrouillé les gens mais, au moins, nous essayons de faire des choses intéressantes, car on a déjà vu des tonnes de studio reports et ce genre de choses, où les gens glandent en studio, en disant : « Ça sera le meilleur album de tous les temps ! » C’est assez ennuyeux, donc nous avons décidé d’être un peu plus ambitieux et de faire quelque chose d’artistique et prétentieux.

Vous avez qualifié Aeromantic de « soap opéra en aérien » et votre musique de « mélodrame classic rock suédois ». Du coup, comment avez-vous abordé ce soap opéra ou ce mélodrame ?

La façon dont nous précédons toujours est que nous écrivons un paquet de chansons – principalement moi. J’écris quatre-vingts pour cent des chansons, la musique et les textes, Björn [Strid] et Sebastian [Forslund] font deux ou trois chansons chacun pour l’album, et ensuite nous essayons de trouver un thème global. Enfin, tout ça c’est un peu… J’écris tous nos communiqués de presse. Ça a l’air un peu plus intéressant d’appeler l’album un « soap opéra aérien » plutôt qu’un « super album de rock », n’est-ce pas ? [Rires] Mais oui, il y a un fil rouge thématique, comme toujours. Le thème de la plupart de nos albums consiste à trouver divers moyens d’échapper à la réalité, et évoque le fait d’atteindre un âge mur et de commencer à rêvasser sur ce qu’on aurait pu faire différemment – peut-être qu’on voulait devenir une rock star mais on est devenu une hôtesse de l’air déprimée [petits rires]. Il y a beaucoup de romance, de rêvasserie, de vols long-courriers, d’opportunités manquées, et tout ça est traversé par une grande mélancolie scandinave sous-jacente. Mais cette fois, ça a lieu sur Terre ou plutôt quelque part dix mille pieds dans les airs, au lieu que ce soit dans l’espace comme sur les deux derniers albums. Donc nous sommes en train de redescendre. Peut-être que nous irons ailleurs pour le prochain album ; quelqu’un a suggéré que nous allions sous l’eau [rires].

Les mélodrames étaient effectivement très populaires dans les années 80 : es-tu un fan des mélodrames de cette époque ?

Je suis né en 1975 – maintenant je révèle mon âge [rires]. Nous ne sommes plus jeunes. Mais dans les années 80, on grandissait en regardant des films comme St. Elmo’s Fire, Top Gun, Flashdance, Fame, ce genre de trucs, et quand on allait au cinéma, les films avaient une certaine esthétique à cette époque. Je ne suis personnellement pas un grand cinéphile aujourd’hui, donc je lis des livres à la place, mais je reste encore très influencé par l’esthétique de ces films, par ces énormes émotions et ces impressions visuelles très dramatiques qu’on ressentait en les regardant. Quand j’écris des chansons, j’ai envie de créer quelque chose qui te donne une image intérieure ressemblant à un film d’action romantique des années 80, si ça a du sens. Chaque chanson devrait être un petit univers en soi et créer un ensemble unique d’images dans notre tête. Les textes devraient être spéciaux et intéressants, mais ils devraient aussi avoir un attrait universel, de façon à ce que tout le monde puisse y reconnaître quelque chose auquel ils s’identifient, et peut-être créer leur propre petit film dans leur tête en nous écoutant.

Dirais-tu que c’est ce qui était si bon dans les années 80, le fait que tout était exagéré et tellement mélodramatique ?

Oui, absolument. C’est ce que j’aime dans cette époque-là, les années 80 et les années 70. On avait le droit d’aller trop loin et d’exagérer. A un moment donné, dans les années 90, tout s’est arrêté et il fallait être discret et déprimé. Donc nous voulons ramener ce côté exagéré dans la musique. Nous voulons faire preuve de bon goût, nous voulons être bons, mais en allant un peu trop loin, car c’est assez ennuyeux de faire les choses comme on est supposé les faire. C’est plus marrant de faire les trucs et d’en abuser [rires]. Donc quand on a un refrain accrocheur, il faut toujours essayer de le rendre encore plus accrocheur. Quand on a un solo de guitare, il faut essayer d’en faire des caisses. Quand on a une introduction grandiloquente, il faut la rendre encore plus dramatique. Moins, ce n’est jamais plus !

Tu as mentionné que tu étais né en 75 : quel genre d’enfant étais-tu dans les années 80 ?

J’étais plutôt bon à l’école. J’étais assez timide. J’ai eu les cheveux longs assez jeune. Je restais posé chez moi à jouer de la guitare et lire des livres… C’était surtout de la littérature fantastique, comme le Seigneur Des Anneaux et ce genre de choses, mais ensuite je suis passé à la science-fiction, donc j’étais un ado assez intello, qui passait le plus clair de son temps à s’entraîner à la guitare, à lire des livres, et comme je collectionnais les albums, j’écoutais des albums.

« Comme l’espace, nous sommes en constante expansion. »

Au fil des années, vous avez progressivement ajouté de nouveaux éléments dans The Night Flight Orchestra, comme un percussionniste sur Skyline Whispers, puis vos choristes les Airline Annas, et maintenant vous avez en invité spécial une violoniste et un autre claviériste. Est-ce que vous vous demandez à chaque fois ce que vous pourriez bien ajouter pour élargir votre son ?

Oui ! Comme l’espace, nous sommes en constante expansion. Oui, nous avons d’abord ajouté nos choristes, Anna-Mia [Bonde] et Anna [Brygård], parce que nous pensions qu’elles apporteraient une autre dimension à nos concerts. Il est clair qu’elles apportent une toute nouvelle dimension et atmosphère à nos concerts. En studio, également, c’est toujours bien d’avoir ce… Même si Björn est capable de chanter quasiment tout, il peut sonner comme une femme noire s’il le veut, il y a quand même un truc dans la brillance d’une voix féminine qui fait que c’est spécial. Et oui, pour cet album, nous avons aussi Rachel Hall du groupe de prog rock britannique Big Big Train qui joue du violon sur la plupart des chansons. C’est toujours sympa d’avoir de vraies cordes sur un album, ce qui apporte également une certaine brillance. Nous avions de vraies cordes pour le premier album, mais ensuite, pour diverses raisons, nous n’avons pas pu réitérer l’expérience. Mais là, cette fois, nous avons impliqué Rachel, ce qui a encore donné une autre dimension à notre son. Nous sortons notre nouveau single aujourd’hui, « Transmissions », sur lequel on retrouve un solo de violon épique en outro.

Votre but dans The Night Flight Orchestra serait-il de devenir plus qu’un groupe, c’est-à-dire une sorte d’orchestre rock ?

[Rires] Oui, absolument ! Malheureusement, c’est assez onéreux de partir en tournée avec plein de gens. Je veux dire que si nous avions le budget, nous emmènerions plein de gens en tournée avec nous, mais financièrement parlant ça n’est pas encore possible. J’espère qu’à l’avenir nous pourrons agrandir nos concerts et devenir un énorme collectif classic rock. Tu connais bien Joe Cocker ? Il a fait une tournée de dingue et un album live baptisés Mad Dogs & Englishmen en 1972 ou dans ces eaux-là. Il avait emmené un énorme groupe avec genre trois batteurs, huit choristes, deux pianos, Leon Russell qui était le leader du groupe… Il existe un excellent documentaire à ce sujet. C’était très décadent et tout le monde a dû partir en désintox après [rires]. Evidemment, nous ne voulons pas aller jusque-là [petits rires], mais ce serait sympa de franchir un palier et pouvoir avoir un plus gros budget, jouer dans des salles de plus grandes capacités et avoir l’argent pour embaucher plus de musiciens pour faire de nos concerts une expérience encore plus intense.

Vous êtes déjà huit dans le groupe aujourd’hui, et je me souviens vous avoir vus il y a deux ans : la scène paraissait bien trop petite pour le groupe !

Oui ! [Rires] nous n’arrêtons pas de nous marcher sur les pieds. C’est aussi assez drôle, parce qu’en première ligne, il y a Björn, le bassiste Sharlee D’Angelo et moi. Je veux dire que je suis déjà assez corpulent, mais ces deux gars prennent encore plus de place ! Sharlee mesure environ deux mètres et Björn fait presque deux mètres, alors que je ne fais qu’un mètre quatre-vingt-quatre, mais nous pesons tous plus de cent kilos. Nous sommes donc tous les trois devant et sur une toute petite scène… C’est assez serré parfois quand tu as trois géants devant ! [Rires] Mais pour cette tournée qui arrive en mars, je crois que nous jouons dans des salles plus grandes. En fait, nous avons ajouté une clause dans notre fiche technique, qui est que la scène doit être d’une certaine taille, car c’était assez encombré parfois par le passé [petits rires]. Avec un peu de chance, nous aurons plus de place sur cette tournée. Enfin, la taille des scènes sur lesquelles nous jouons augmente légèrement à chaque fois, donc… Le rêve serait de jouer dans des stades et des arènes pour pouvoir avoir un jumbo-jet grandeur nature sur scène. Donc peut-être qu’après encore deux ou trois albums, nous y arriverons.

Je me souviens que le batteur avait été relégué dans un coin…

Oui, mais il est petit, donc ça va. Nous avons un petit batteur, ce qui nous permet de le mettre partout. Mais Björn et Sharlee ont besoin de leur espace, tout comme moi [petits rires].

Les claviers prennent encore plus de place dans Aeromantic. On peut se souvenir qu’après les années 80, certains groupes allaient jusqu’à écrire dans le livret des choses comme : « Certifié sans clavier ». Comment expliquer que les claviers aient été aussi bien réhabilités dernièrement, en particulier avec le succès de la musique synthwave ?

Personnellement, j’adore la façon dont on peut utiliser les claviers pour les faire sonner comme presque n’importe quoi. Même quand tu n’as qu’une connaissance basique des logiciels de musique – par exemple, j’utilise Logic –, tu as tous ces super logiciels de synthétiseurs avec lesquels tu peux te poser, t’amuser avec les sons et obtenir toute sorte d’atmosphère. C’est plus que dans les années 80, je suppose, les gens voyaient les claviers comme un truc assez kitsch et les sons étaient un peu… Ça ne sonnait pas aussi bien à l’époque, car c’était noyé dans de la réverb, des delays et autres, alors qu’aujourd’hui, on a appris à utiliser les claviers avec plus de goût. Pour ma part, j’ai joué de la guitare toute ma vie, ça fait probablement environ trente-cinq ans, et la guitare est un instrument parfois un peu unidimensionnel. J’en ai marre d’entendre tout le temps trop de riffs de guitare. Donc c’est sympa d’essayer de trouver d’autres sons et parfois d’autres… Car beaucoup de sons qu’on entend dans notre dernier album proviennent en fait des guitares mais elles sonnent comme du clavier, car je trouve de nouvelles techniques pour jouer de la guitare et bidouiller un peu le son.

« Le rêve serait de jouer dans des stades et des arènes pour pouvoir avoir un jumbo-jet grandeur nature sur scène. Donc peut-être qu’après encore deux ou trois albums, nous y arriverons. »

Il faut savoir aussi que pour cet album, nous avons viré notre claviériste, Richard [Larsson], car nous avions des différends que nous ne parvenions pas vraiment à surmonter, mais il joue quand même sur quelques chansons de l’album, et puis nous avons un nouveau gars qui s’appelle John Lönnmyr, qui va tourner avec nous également. Il fait plein de merveilleux solos et tout, c’est un pianiste et claviériste de jazz très qualifié. Sebastian et moi jouons aussi beaucoup de clavier. Donc même si nous avons viré notre claviériste, ça reste un album très chargé en clavier [petits rires]. Comme tu l’as dit, le truc avec la synthwave, j’aime beaucoup ça. Il y a un certain type d’atmosphère qu’on ne peut obtenir qu’avec des synthétiseurs.

Ne faut-il pas beaucoup d’humilité pour un très bon guitariste comme toi de se mettre en retrait et laisser autant de place au clavier ?

Je ne suis pas un guitariste typique. Je me vois plus comme un compositeur qui, il se trouve, joue de la guitare. Evidemment, j’avais des rêves de guitar hero étant jeune et je me suis entraîné des dizaines de milliers d’heures. En fait, je suis un guitariste plutôt bon, mais à la fois, pour moi, le plus important, c’est la chanson. Ça ne me dérange pas de me mettre en retrait pour que d’autres instruments passent devant. Et comme je l’ai dit, une grande partie des claviers qu’on entend viennent de moi aussi, que ce soit en les jouant ou en les programmant. Donc je n’ai pas un gros ego par rapport à la guitare. Je pense qu’un des secrets derrière le son de The Night Flight Orchestra est que quand nous avons lancé le groupe, j’ai toujours adoré les jeux de batterie et de basse intenses et aventureux. L’un de mes plus grands héros quand j’étais gamin était Malcolm Young d’AC/DC, avec sa façon de jouer une rythmique solide à la guitare pendant que tout se passait autour de lui. Il offrait une base pour tout le reste. Si tu écoutes nos albums, quand je joue de la guitare rythmique, mon but est d’être comme Malcolm Young, c’est-à-dire de jouer une guitare rythmique servant de base, permettant à la basse, à la batterie et au clavier de faire des trucs intéressants autour.

Je déteste les guitaristes qui ne savent pas quand se taire. Je déteste les guitaristes bavards ! Enfin, j’adore les solos de guitare, mais quand il s’agit de poser un groove, le guitariste doit être solide et fournir une base sur laquelle la basse, la batterie et les claviers peuvent faire preuve d’inventivité. Je suppose que c’est une approche à part que nous avons si on nous compare à de nombreux autres groupes qui jouent une musique similaire, car souvent les guitares font tout un tas de choses, sans laisser de place aux autres musiciens pour faire leur truc. Je déteste les guitares au son moderne, hyper-épais, avec plein de basses, couvrant tout le spectre des fréquences. Je veux que la guitare soit petite, au milieu, et très médium. Ça devrait être comme un métronome. Et aussi, vu que je suis compositeur… Si j’écris une chanson qui ne contient pas beaucoup de guitare, ça n’a pas d’importance, parce que ça reste ma chanson, donc je suis quand même reconnu pour ça, n’est-ce pas ? [Petits rires]

Soit dit en passant, pourquoi avez-vous viré Richard ?

C’est une longue histoire. Disons que nous n’étions pas d’accord sur la façon dont nous voulions… Le reste du groupe voulait aller dans une direction et lui voulait faire totalement autre chose. Enfin, c’est un fantastique claviériste, un excellent musicien, nous nous sommes beaucoup amusés ensemble et il a fait du merveilleux boulot sur nos albums, mais il était évident que ça n’allait pas marcher. C’était inévitable, malheureusement. Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais ça avait plutôt à voir avec la politique du groupe et ce genre de chose. C’est compliqué d’être dans un groupe. C’est comme un mariage mormon [rires], ou un mariage polygame. Quand on passe autant de temps ensemble, il y a forcément des conflits. Parfois, on peut les résoudre, et parfois on ne peut pas bien les résoudre, alors il faut se séparer. Je lui souhaite tout le meilleur pour ses entreprises futures. Il joue quand même sur quelques chansons de l’album. Il fait toujours du super boulot, c’est un super musicien, mais c’est comme ça. C’est toujours triste quand il faut laisser partir quelqu’un. Comme je l’ai dit, on a un gars qui s’appelle John Lönnmyr qui joue aussi beaucoup de clavier sur le nouvel album et qui va tourner avec nous, y compris sur les festivals cet été. C’est un musicien super talentueux. Nous nous connaissons depuis longtemps. Avec un peu de chance, il finira par devenir un membre à plein temps, s’il le souhaite, mais on va voir comment ça se passe et s’il apprécie. Ça va aller au final. Comme je l’ai dit, même sur les anciens albums, une grande partie des claviers ont été joués par Sebastian et moi aussi. Donc le son est toujours là.

« J’ai joué de la guitare toute ma vie, ça fait probablement environ trente-cinq ans, et la guitare est un instrument parfois un peu unidimensionnel. J’en ai marre d’entendre tout le temps trop de riffs de guitare. »

Pour l’enregistrement d’Aeromantic, vous avez utilisé le kit de batterie qui a été utilisé durant l’enregistrement de l’album Super Trooper d’Abba. A quel point est-ce symbolique pour vous ?

C’est très symbolique ! [Petits rires] C’était plus une coïncidence. Ce n’est pas que nous avons activement essayé de trouver un kit de batterie d’Abba. Le studio dans lequel nous enregistrons généralement s’appelle le Nordic Sound Lab, à Skara, une petite ville suédoise proche d’où j’ai grandi et proche d’où Jonas [Källsbäck], notre batteur, et Sebastian, notre guitariste/percussionniste, ont grandi également. Le propriétaire du studio, Bengan Andersson, est un ami à nous. C’est aussi le cousin de Jonas, notre batteur, et quand il était jeune, c’était un musicien pas mal demandé en Suède dans les années 80. Il a donc fait plein de grosses productions en studio et plein de tournées. C’est aussi un ami de Per Lindvall, qui a joué la batterie sur Super Trooper d’Abba. Je ne sais comment, où et quand dans les années 80 ou 90, mais il a mis la main sur ce kit de batterie – je ne sais pas s’il l’a acheté, emprunté ou volé… Bref, il a cette énorme collection de batteries. Il a un tas de kits de batterie qui traînent partout, et il était là : « Les gars, j’ai ce kit de batterie que Per Lindvall a utilisé pour Super Trooper d’Abba. Ça vous dit de l’essayer pour le nouvel album ? » Nous étions là : « Oh, oui ! Oui ! On signe où ? » [Rires] Evidemment, il fallait que nous l’utilisions. C’est un super kit de batterie, il sonne très bien. Nous l’aurions de toute façon utilisé même s’il avait sonné comme de la merde, simplement parce que c’était le kit de batterie d’Abba, mais ça reste un super kit de batterie. Je ne sais pas si… Enfin, une batterie sonnera toujours comme une batterie, donc ce n’est pas comme s’il elle avait quelque chose de super spécial. C’est plus que c’est toujours sympa d’utiliser du matériel qui a un peu d’histoire. C’est plus un joli symbole ou une mascotte. Peut-être qu’un peu de l’esprit de Björn [Ulvaeus] et Benny [Andersson] s’est insinué dans le résultat final, j’espère.

Abba est évidemment le plus gros groupe international à venir de Suède. Quel impact leur succès a-t-il eu sur la culture et l’éducation musicale en Suède ?

Evidemment, on ne peut pas vraiment échapper à Abba, surtout ici en Suède. Peu importe à qui on parle aujourd’hui, personne ne dira qu’il n’aime pas Abba. C’est impossible de ne pas aimer Abba. Je pense qu’on a un langage mélodique unique en Suède par rapport aux autres pays. Enfin, chaque pays a son propre héritage et langage musical. Björn et Benny étaient très influencés par la musique folk traditionnelle suédoise, et une grande partie des musiques folk traditionnelles en Suède cultive une ambiguïté entre les modes majeurs et mineur, en utilisant beaucoup de modes mineurs mélodiques et harmoniques. Si tu écoutes Abba, c’est quelque chose qu’ils ont aussi beaucoup utilisé. Ils ont créé leur propre formule pour les refrains pop accrocheurs, en mettant l’accent sur leurs racines dans la musique folk suédoise. Si tu écoutes de la pop anglaise ou américaine de la même époque, on n’entend pas beaucoup de mineur mélodique ou harmonique. C’est quelque chose qui, je suppose, m’a influencé ainsi que plein d’autres gens en Suède. Même si tu as une mélodie très joyeuse, il y a toujours un petit rebondissement avec une touche mineure quelque part. Je n’ai jamais entendu de chanson d’Abba sans une légère mélancolie sous-jacente dans la mélodie. Même si c’est super joyeux, super accrocheur, il y a un brin de tristesse quelque part, et je pense que c’est une caractéristique propre à la Suède dans l’écriture des mélodies. J’essaye aussi de le faire. J’ai du mal à écrire des chansons uniquement avec des accords majeurs. Il faut qu’il y ait une petite touche de chagrin et de « mort » quelque part là-dedans [petits rires].

Dans le passé, Björn nous a dit que « certains trucs sont enregistrés live en studio à cinq heures du matin lorsque [tu peux] à peine voir correctement mais [que tu as] quand même un feeling incroyable ». Quel est ton moment ou contexte préféré pour enregistrer et être inspiré ?

Tout dépend. Le meilleur, c’est quand nous sommes tous en studio ensemble à faire des overdubs, et nous buvons un coup, ouvrons une bière et regardons d’étranges vidéos sur YouTube de divers groupes juste pour nous inspirer, et après ça, nous jouons, et arrive ce qui arrive. Donc les débuts de soirée avant que nous perdions le contrôle des choses sont probablement les heures les plus productives. Puis ces trucs expérimentaux que nous faisons vers cinq ou six heures du matin sont aussi très excitants. Si on peut en utiliser certains, c’est généralement assez barré et très intéressant. Nous avons plein de trucs expérimentaux que nous allons probablement sortir un jour.

Aeromantic, évidemment, mélange deux des grands thèmes de The Night Flight Orchestra : les femmes et les voyages. Fantasmes-tu sur les hôtesses de l’air ?

Non, pas vraiment. C’est plus que lorsque nous avons commencé le groupe et que nous discutions des noms de groupe possibles, Björn et moi parlions tout le temps du mot « classique », genre qu’est-ce qui est véritablement « classique » ? Le mot « classique » peut vouloir dire plein de choses, mais dans le contexte du rock n’ roll, « classique » c’est quelque chose d’exagéré et qui va un peu trop loin, et qui implique de la drogue, des voyages dans les airs et la mort. Paul Kossoff, le guitariste de Free, est mort dans les toilettes d’un avion lors d’un vol entre Los Angeles et New York en 1976. C’est très tragique mais c’est aussi très classique. Il y a donc quelque chose de très classique dans le fait de voler, et ce nouvel album Aeromantic, c’est un jeu de mots entre romantique et aérien. Le livret du CD et du vinyle est un peu un hommage à l’âge d’or des avions commerciaux durant les années d’après-guerre, quand voler était quelque chose de très luxueux et prestigieux. Il s’agit de s’évader de la réalité et de capturer ces moments magiques sur lesquels on peut tomber de temps en temps.

« Mon but est d’être comme Malcolm Young, c’est-à-dire de jouer une guitare rythmique servant de base, permettant à la basse, à la batterie et au clavier de faire des trucs intéressants autour. Je déteste les guitaristes qui ne savent pas quand se taire. Je déteste les guitaristes bavards ! »

De nombreuses chansons de The Night Flight Orchestra parlent de femmes. Dans les années 80, les musiciens étaient un peu obsédés par les femmes. Mais qu’est-ce qu’elles représentent pour toi ?

As-tu lu Simone de Beauvoir ? Le Deuxième Sexe ? [Rires] C’est plus que je déteste la musique politique, je trouve ça très ennuyeux. Donc si on ne veut pas être politique, si on ne veut pas faire des déclarations sur le monde, alors je suppose… Toutes les musiques vocales que j’aime, généralement, ont une forme de thème d’amour dans les textes. C’est un challenge d’écrire un texte sur le désir, les voyages, l’évasion et autre, et quand on veut avoir cette connotation mélancolique que nous recherchons, c’est dur de l’obtenir quand on parle d’armes nucléaires ou de désastres et de catastrophes. Généralement, je me retrouve avec une sorte d’histoire d’amour sous-jacente dans les textes, et comme nous sommes tous des mâles hétérosexuels, les protagonistes de nos paroles ont tendance à être des femmes. Voilà, pour faire court.

On avait posé cette question à Björn il y a quelque temps, il avait répondu que les hommes et les femmes sont différents et « on voit beaucoup en Suède qu’ils essaient de neutraliser les sexes, ce en quoi [il] ne croi[t] pas du tout, car [il] considère qu’on est différents et c’est ce qui rend les choses intéressantes. En fait, [ils ont] même créé un mot pour ne pas dire ‘il’ ou ‘elle’, c’est quelque chose entre les deux, et selon [lui], c’est ridicule. » Et il a aussi dit qu’il se peut que tu ne sois pas d’accord avec lui…

Non, nous ne sommes pas d’accord là-dessus. Je me considère comme un féministe. Enfin, lui aussi est pour l’égalité des sexes, mais nous voyons ce conflit un peu différemment. Au final, nous sommes quand même d’accord, c’est plus sur des détails et sur la terminologie qu’il peut parfois s’énerver, alors que je suis un peu plus… J’abonde grosso modo dans le sens de la terminologie féministe. On a effectivement un mot en Suède qui est « hen ». « Il », en Suède, se dit « han », et « elle », c’est « hon », et maintenant on a le mot « hen », qui est un terme sexuellement neutre, que j’utilise beaucoup et que mes enfants utilisent beaucoup aussi. Car traditionnellement, quand on décrit quelque chose sans faire référence à quelqu’un en particulier, on utilise « il » ou « lui », et je ne trouve pas ça bien. Je trouve que c’est bien d’avoir un mot neutre. Donc j’utilise beaucoup « hen », un mot entre deux qui peut désigner autant un homme qu’une femme, ou peut-être une personne LGBTQ qui n’a pas une appartenance à un genre défini. Mais Björn est un peu plus old school ; ça l’agace un peu parfois quand les choses vont trop loin dans cette direction [petits rires], parce que… Je ne sais pas, il faut qu’il se défende dans ce cas. Je veux dire qu’au final, il veut que tout le monde soit traité équitablement aussi. C’est plus que je suis un peu plus à gauche et extrême dans mes opinions sur le féminisme et les droits des LGBTQ que lui.

Il a justement dit que tu étais très féministe, mais que lui aussi l’était à bien des égards, et que c’était difficile de définir le mot « féminisme ». Du coup, que mets-tu derrière ce terme ?

Je pense que beaucoup de problèmes dans le monde découlent du fait que les hommes sont trop compétitifs et manquent un peu de sensibilité. Les hommes, en situation de groupe, ont tendance à faire des choses pas très sympas. Si nous avions plus de femmes ou un équilibre dans le pouvoir avec plus de femmes dans des positions influentes dans le monde, je pense que le monde se porterait mieux.

Dans le dossier de presse, il est écrit que pendant des années, tout le monde n’a eu de cesse de dire « vous ne pouvez pas faire ça » à The Night Flight Orchestra. Est-ce vrai ? Avez-vous dû subir beaucoup de réticences ?

Oui. C’est encore moi qui ai écrit ça – j’écris toujours les dossiers de presse, et ensuite je dois les expliquer en interview [rires]. Enfin, parfois c’est un peu ironique, mais oui, quand nous avons commencé ce groupe en 2009 ou 2010, nous avons dit : « D’accord, Björn et moi sommes dans Soilwork, Sharlee est dans Arch Enemy, nous sommes plutôt bien établis. Ça ne devrait pas être si dur d’obtenir un contrat avec une maison de disque, n’est-ce pas ? » Nous avons donc fait quelques démos et les avons envoyées à tous ceux que nous connaissions dans l’industrie musicale. Ils étaient là : « Ouais, super les gars. Ça sonne super, super chansons, super jeu et tout, mais on ne sait pas quoi faire avec ça. Donc désolé, on ne peut rien en faire, c’est trop étrange. » Il nous a fallu environ deux ans pour trouver une maison de disques qui voulait nous signer et les gars de Coroner Records ont finalement été intéressés. C’est un petit label italien et Björn les connaissait, parce qu’ils avaient sorti des trucs de Disharmonia Mundi – Björn pas mal chanté en tant que qu’invité avec eux. Même si c’est un label plus orienté metal extrême, ils étaient là : « D’accord, on vous aime bien et on va sortir votre album. » Je serai toujours super reconnaissant envers les gars de Coroner Records pour avoir sorti nos deux premiers albums, car autrement, nous n’existerions probablement pas aujourd’hui.

Evidemment, nous n’avions pas beaucoup de budget pour la promotion et tout, mais ça nous a quand même permis de sortir notre musique. Nous ne nous attendions à rien, mais après le second album, tout d’un coup Nuclear Blast nous a contactés et a dit : « Salut, on a écouté vos albums et on veut vous signer. On croit pouvoir faire quelque chose avec ça. » Nous avons sorti Amber Galactic et il s’est hissé dans le top 20 des ventes en Allemagne. Nous avons embauché un tourneur et commencé à faire des tournées en tête d’affiche en Europe, nous avons embauché un management sérieux et tout. Ça démontre bien que si tu es sincère dans ce que tu fais… Je veux dire que même si Nuclear Blast ne nous avait pas signés, je pense que nous aurions quand même continué, simplement parce que nous adorons vraiment ça et c’est toujours aussi marrant. Tout ça pour dire que si globalement tu aimes ce que tu fais et que tu es vraiment sincère dans ce que tu fais, si tu te fiches des intérêts commerciaux et essayes de faire la meilleure musique dont tu es capable, de bonnes chosent peuvent arriver. Et je ne me souviens plus vraiment de ta question ! [Rires] C’était quoi la question à l’origine ? Désolé.

« Nous sommes un peu pionniers, car de nos jours, il y a pas mal de groupes de metal qui commencent à faire des projets parallèles dans lesquels ils jouent du classic rock et de l’AOR. Je pense qu’ils n’auraient pas fait ça sans nous. »

A savoir si vous avez subi beaucoup de réticences…

Oui, nous avons subi beaucoup de réticences. Pour les deux premiers albums, personne ne croyait en nous, excepté nous-mêmes. Tout le monde disait qu’on ne peut pas vraiment faire ça : « Vous êtes censés jouer du death metal mélodique. Pourquoi est-ce que vous jouez ce truc classic rock ? » Mais nous leur avons donné tort ! C’est notre douce revanche contre tous ceux qui ont douté de nous. Je suppose que nous sommes un peu pionniers, car de nos jours, il y a pas mal de groupes de metal qui commencent à faire des projets parallèles dans lesquels ils jouent du classic rock et de l’AOR. Je pense qu’ils n’auraient pas fait ça sans nous, car on peut entendre un peu de notre influence dans pas mal de choses que ces groupes font. Aussi, si tu écoutes un groupe comme Ghost, son évolution depuis son premier album, et la façon dont il sonne, il se pourrait bien qu’ils nous aient écoutés, peut-être [petits rires]. Voilà pour l’explication du communiqué de presse. A la fois, ce n’est pas dit avec amertume. C’est un simple fait : quand nous avons commencé, tout le monde a dit que c’était impossible et que personne dans l’industrie ne pourrait jamais faire quoi que ce soit avec ce que nous faisons, mais aujourd’hui, ça semble plutôt bien marcher ! Pour reprendre les mots de Steve Perry : n’arrêtez pas de croire [rires].

Est-ce que le revival années 80 actuel, non seulement en musique mais aussi dans le cinéma et les séries, joue en votre faveur pour attirer l’attention ?

Je ne sais vraiment pas. Peut-être, oui. Je suppose. J’imagine que nous avons eu de la chance. Enfin, tout fonctionne par cycles. Je pense que nous étions un petit peu en avance sur notre temps, et nous avons commencé à ajouter ces éléments années 80 dans notre musique avant toute l’arrivée du mouvement synthwave, Stranger Things et ce genre de chose. C’est une question de timing. Evidemment, ça nous a facilité les choses, mais quand la BO de Stranger Things et le mouvement synthwave ont commencé à apparaître, nous avions déjà commencé à emprunter ce chemin. De même, dans le climat musical actuel, même si nous ne… Enfin, il y a toujours de la place pour n’importe quel genre ou sous-genre aujourd’hui. Si tu aimes le grindcore ou si tu aimes la bossanova ou autre, tous ces sous-genres coexistent. Une fois qu’on s’est fait un nom, je pense qu’on peut continuer, parce que l’industrie musicale est très différente de ce qu’elle était il y a trente ou vingt ans quand les gens vendaient encore des albums. Aujourd’hui il y a tellement de sous-genres exotiques et ésotériques que tu trouveras toujours une place pour toi quelque part, tant que tu es passionné par ce que tu fais et que tu fais des choses de qualité.

Avez-vous déjà été contactés par des réalisateurs de films ou de séries pour des BO ?

Non, mais nous adorerions. Nous avons demandé à notre maison d’édition d’essayer de vendre notre musique auprès de la production à Hollywood, mais c’est assez dur d’entrer là-dedans. Tout est une question de contacts et peut-être qu’être sur un label de heavy metal allemand n’est pas la manière la plus facile de faire une BO pour une superproduction hollywoodienne, mais ce serait fantastique. Donc malheureusement, non. Ce serait super marrant d’avoir la chance d’écrire une BO ou de la musique pour un film. Donc si tu connais des producteurs indépendants français qui veulent une BO de Night Flight pour leurs mélodrames, dis-leur que tu sais où l’obtenir !

Vous définissez la musique de The Night Flight Orchestra comme étant inspirée par les années de 77 à 83. Du coup, je vais te poser la même question que j’ai posée à Björn la dernière fois : peux-tu me citer cinq albums de cette époque qui ont eu un impact majeur sur toi ?

Il faut que je remonte à 75 jusqu’à 85, peut-être. Quand j’étais gamin, je dirais Teaser de Tommy Bolin, qui je crois date de 75. Slide It In de Whitesnake, qui date de 84. Eye Of The Tiger de Survivor, Four de Foreigner et Screaming For Vengeance de Judas Priest. Tu restes attaché aux albums que tu achètes en grandissant. Je veux dire qu’à l’époque, on n’avait pas… Aujourd’hui, on peut écouter tout ce qu’on veut en un clic, mais à l’époque, quand tu achetais un album, tu voulais en profiter un maximum, et tu essayais vraiment de l’apprécier. Donc ces albums m’étaient très chers quand j’étais jeune.

Il y a une chanson dans l’album qui s’appelle « Divinyls », qui est un mélange des mots « divine » et « vinyls ». A quel point le format vinyle est précieux pour toi ?

Ça a été très précieux pour moi. Aujourd’hui, je n’ai pas de platine fonctionnelle, malheureusement. Je possède toujours une grande collection d’albums mais j’utilise surtout les services de streaming, justement parce que je n’ai pas de platine, mais un jour, quand j’aurai le temps, l’argent et l’énergie, je me procurerai à nouveau un bon système hi-fi avec une platine vinyle. Mais la chanson « Divinyls », c’est une chanson de Björn. Divinyls était en fait un super groupe australien qui était actif dans les années 80 et 90. Ils avaient une fantastique chanteuse qui s’appelait Chrissy Amphlett et qui est morte d’un cancer bien trop jeune. Ils sont surtout connus pour une chanson intitulée « I Touch Myself », qui était un hit sur MTV au début des années 90. Avant ça, au début des années 80, c’était un peu plus un groupe de new wave/punk et ils ont fait une chanson intitulée « Boys In Town », qu’ils ont jouée au US Festival en Californie en 83, où Chrissy Amphlett a fait une prestation incroyable, couverte de sang, à headbanger. Je crois que cette chanson est ce qui a inspiré Björn à écrire la chanson « Divinyls ». Il a utilisé « Divinyls » en tant que titre de travail pour la chanson et puis c’est resté, donc nous avons conservé le titre de travail [petits rires]. Tu peux le voir comme un hommage aux Divinyls et à Chrissy Amphlett.

« Quand nous avons commencé, tout le monde a dit que c’était impossible et que personne dans l’industrie ne pourrait jamais faire quoi que ce soit avec ce que nous faisons, mais aujourd’hui, ça semble plutôt bien marcher ! Pour reprendre les mots de Steve Perry : n’arrêtez pas de croire [rires]. »

J’ai vu que Soilwork était de retour en studio dernièrement. On dirait que toi et Björn ne vous arrêtez jamais ! Tu n’es jamais en panne d’inspiration ?

Pas pour l’instant, je touche du bois ! Nous allons sortir quelques singles indépendants avec Soilwork cette année et peut-être que nous sortirons un vinyle aussi avec ces chansons. Pour l’instant, tout est un peu flou et rien n’est encore arrêté, mais Soilwork est très actif. Nous espérons peut-être aller en studio en début d’année prochaine pour enregistrer un nouvel album. Nous avons sorti une chanson intitulée « Feverish » l’année dernière, donc nous avons fait deux ou trois chansons en plus qui continuent sur ce thème et nous allons sortir deux chansons juste avec des clips, et ensuite peut-être quelque chose d’un peu plus élaboré après l’été, mais on verra. Nous allons sortir des trucs d’une manière ou d’une autre, donc on verra où ça atterrit.

Pourquoi choisissez-vous de sortir des singles indépendants maintenant ?

Ça peut paraître un brin cynique mais je pense que de nos jours, il est important de rester présent sur internet. Les gens semblent avoir la mémoire courte aujourd’hui. Je pense que c’est bien de rappeler aux gens qu’on existe toujours, qu’on est toujours actif et aussi, c’est plutôt amusant de… Enfin, pour ma part, quand j’étais gamin, ma mère avait une jolie collection de singles en vinyle qui n’étaient pas inclus dans les albums. C’est sympa d’aller en studio pour enregistrer une chanson ou deux et les sortir en tant que singles. Aujourd’hui, même si on aimerait qu’ils le fassent, les gens n’écoutent pas des albums comme je le faisais étant gamin. Ils écoutent plus des playlists et des chansons indépendantes, donc je suppose que nous essayons de combiner les sorties de chansons indépendantes avec les sorties d’albums pour nous-mêmes, parce que nous aimons toujours le format album. En plus, c’est toujours amusant de créer de la musique et être en studio pour jouer du rock n’ roll !

As-tu déjà une idée d’à quoi ressemblera le prochain album de Soilwork ?

Oui. J’ai déjà des idées, mais je ne vais pas t’en parler. C’est encore un secret [petits rires]. Mais ce sera différent ! Comme tout ce que nous faisons, nous essayons toujours de faire quelque chose de différent à chaque album. Avec un peu de chance, vous serez agréablement surpris.

Comme toi et Björn alternez entre The Night Flight Orchestra et Soilwork, est-ce que les deux groupes se nourrissent mutuellement ? Je pense notamment à la chanson « You Acquiver »…

Oui. Björn a un faible pour le death metal disco. Evidemment, c’est dur de ne pas… Comme Björn et moi sommes les deux compositeurs principaux dans les deux groupes, c’est dur de ne pas influencer… Enfin, bien sûr, il y aura toujours du NFO qui s’infiltrera dans la musique de Soilwork et vice versa. Je pense que c’est un peu inévitable, mais ça ne me dérange pas. Ça reste de la musique. Je pense que c’est bien que nous continuions à nous inspirer mutuellement.

J’ai vu Soilwork plusieurs fois ces dernières années, mais tu n’étais jamais là, et c’est notamment à cause de ton travail en tant que médecin. En revanche, je t’ai vu avec The Night Flight Orchestra. Est-ce que ça veut dire que tu priorises ce dernier sur Soilwork ?

Non, c’est plus que pour diverses raisons, il a fallu que je sois à la maison et disponible pour ma famille. Comme le planning de tournée de Soilwork était bien plus chargé que celui de Night Flight, il a fallu que je choisisse, et Simon [Johansson], qui est mon guitariste remplaçant dans Soilwork, était disponible, c’était plus facile de faire comme ça et le laisser faire la tournée. Maintenant je suis de retour dans Soilwork en live aussi, donc j’ai fait les tournées en Asie et en Australie l’an dernier, ainsi que la tournée finlandaise, et je vais faire les festivals cet été également. C’était donc pour des raisons personnelles et familiales que je ne pouvais pas faire ces longues tournées avec Soilwork.

Soit dit en passant, quel type de médecin es-tu ?

Je suis gastroentérologue.

Est-ce que certains de tes patients savent que tu es aussi guitariste de rock ?

Certains, oui ! J’ai quelques fans de metal qui sont aussi mes patients, ce qui est un peu étrange [petits rires].

Interview réalisée par téléphone le 7 février 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.

Facebook officiel de The Night Flight Orchestra : www.facebook.com/thenightflightorchestraofficial.

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