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Metalanalyse   

The Night Flight Orchestra vous emmène en voyage avec eux


La chaleur est là ! Son retour nous rappelle que les vacances, elles aussi seront bientôt là. Les étudiants terminent et glissent tout doucement vers la fin de leurs examens, quant aux travailleurs, ils ont déjà déposé leurs deux semaines depuis au moins six mois ! Quant à nous, on prépare les fest qui arrivent. Le moment idéal pour décompresser (fondre un peu, beaucoup !) et secouer nos têtes chevelues sur un bon son toujours rock’n’roll. Alors si vous cherchiez quel serait le son de ces deux ou trois mois de farniente et de débauche, arrêtez toutes vos recherches de suite car on a (peut-être bien) ce qu’il vous faut. Du rock. Du bon rock même. Efficace, expéditif et dont le but est de vous faire voyager et vous accompagner sur la route. Parfait, n’est-ce pas ? Un album qui tombe à point nommé. Mais qui a eu cette bonne idée que de nous apporter ce petit bol d’air frais dans cette chaleur étouffante ?

The Night Flight Orchestra, comme ça, ça ne vous parle peut-être pas beaucoup, cependant il s’agit d’un nouveau projet regroupant le chanteur de Soilwork Björn Strid, le bassiste d’Arch Ennemy et Spiritual Beggars Sharlee D’Angelo, David Andersson guitariste de Mean Streack et le claviériste du même groupe, Richard Larsson ainsi que Jonas Källsbäck, batteur de Von Benzo. Sur le papier tout ce beau monde laissait prévoir quelque chose des plus intéressants. Chose promise, chose dû ! Internal Affairs, le premier album de ce nouveau projet qui sortira le 18 juin prochain via Coroner Records est là pour rappeler qu’un musicien d’extrême n’est pas que voué à cela toute sa vie mais surtout pour rappeler que les choses simples sont souvent les plus savoureuses.

L’idée de cette formation n’est pas neuve puisque qu’elle remonte à 2007 lorsque Björn Strid (Soilwork) et David Andersson (Mean Streak) étaient sur ​​la route quelque part ensemble en Amérique du Nord, un peu ivres, à refaire le monde. Un tableau un peu classique mais qui au final a surpassé l’univers fantasmagorique des deux compères afin de se matérialiser en cet album de onze titres (douze pour la version Digipack) où il ne faut pas s’attendre à entendre quoi que se soit de brutal. Ne vous attendez pas à entendre du Arch Ennemy, ni même du Soilwork. On y retrouve plutôt quelques touches à la Spiritual Beggars des plus appréciables dans un rock 70’s, un peu 80’s, qui cogne sévère ! Un album aux sons très proches de Deep Purple (rien d’étonnant quand le groupe cite celui-ci, comme Bruce Springsteen ou encore Kiss parmi ses influences). Des structures musicales classiques qui ne sont pas là pour vous torturer les méninges et les tympans mais uniquement pour parler à votre imaginations et à vos rêves d’évasions et de libertés sans failles. La fuite sur la route à traverser d’immenses étendues sauvages et vierges sans concession et avec la patate et le sourire. Le groupe parle lui même dans sa biographie « d’évasion classique », de « voyage sur la route sans fin ».

Le voyage proposé par la compagnie Night Flight Orchestra nous évoque d’ailleurs un véritable carnet de route, un journal de bord musical, avec une liste de titres qui, par elle-même, nous fait déjà voyager et donne déjà à imaginer les lieux et le contextes où ceux-ci ont été composés, rappelant, par exemple, la démarche d’un The Fall de Gorillaz, intégralement composé sur une des tournées nord-américaine du groupe, jour après jour, et semblant nous dépeindre musicalement chaque ville ou paysage traversé. Ce voyage-ci débute par une visite à la ‘Siberian Queen’. Un titre s’introduisant par un sample de vent soufflant et par un cri de faucon nous éloignant déjà de la froideur sibérienne et nous rapprochant plus des Rocheuses américaines. Une batterie réverbérée au rythme tribal nous confirme alors que nous sommes bien au cœur des grands espaces américains. Un titre dansant, respirant la bonne humeur avec, surtout, un Björn Strid à la voix reconnaissable prouvant que son timbre vocale est très bien adapté à ce genre musicale. Ha, et une légère disto, une guitare jouée par moments au botleneck et un bon solo à coup de bend par-dessus, ça reste fichtrement efficace. L’album avance sans temps morts : à coup de riffs et de titres efficaces où l’ambiance générale de ceux-ci vous entraîne littéralement dans un voyage, à la fois dans le passé, mais aussi et surtout, dans nos rêves de voyages et de découvertes (quoique le chemin ne soit pas exempts de quelques longueurs qui peuvent être vues comme un point négatif). Un rock percutant, loin d’être novateur, preuve en est avec le titre ‘Glowing City Madness’ grandement inspiré de ce que fait Lynyrd Skynyrd ou encore ‘Wes Ruth Ave’ groovy, avec un Björn Strid au chant charmeur et un morceau assez proche de ZZ Top (dans le groove de la compo). L’album se veut lointain avec l’emploi massif (mais non abusif) de réverbération donnant une musique profonde et résonnante.

Mais toute marche sous un soleil cuisant mérite un minimum de repos. ‘Transatlantic Blues’ vous fera donc traversé cette immensité bleue qu’est l’Atlantique sans que vous ayez le moindre effort à faire hormis vous évader devant cette étendue océanique. Un titre que ne renierait pas Nickleback. Un peu de repos avant que ‘Miami 5:02’ vous réveille avec cette rythmique en double croches introduite par une batterie dont le son de grosse caisse est très doux. Puis en traversant pays après pays vous finirez certainement par tomber sur une belle surprise. Dans ce Internal Affairs, cette surprise – en même temps parfaitement en accord avec l’esprit de l’album mais en total décalage avec l’intensité jusqu’ici véhiculée – apporte une très jolie dose de funk bien sentie. Basse qui slappe, guitare et pédale Wah-Wah, l’ambiance est festive à souhait. Une fracture dans un album qui repart en ‘1998’ avec une toute aussi jolie intensité qui jusqu’ici a été distribuée avec générosité par des musiciens faisant simple mais bien. Tout groove sans « agressivité » (‘Wes Ruth Ave’), chaque plan est à la place qui lui est destiné (‘Stella Aint No Dove’), alliance entre technique et basique (‘Internal Affairs’), justesse vocale (‘Green Hills Of Glumslöv’) et musicale pour résumer de manière grossière cet opus. Celui-ci tente de récupérer la recette de « la mélodie classique ».

Un album qui se savoure en toute légèreté bien qu’on puisse tout de même lui reprocher une certaine forme de linéarité et de temps en temps son côté un peu plus Pop-Rock. Cependant cette même linéarité apporte malgré tout une certaine forme de zénitude et de repos mental, et là est très certainement la force première de cet album : sa capacité à titiller notre imaginaire tout en laissant de côté toute forme de réflexion. Car, au final, lui même n’est que spontanéité. Travaillé, certes, mais accessible et agréable par son style épuré. Un album au final naturel car très directe. Un rock punchy – voire funky -, groovy comme le sont certaines chansons d’AC/DC mais agrémenté d’ambiances évasives (un peu à l’image d’un ‘Green River’ de Creedence Clearwater Revival). Pour les amateurs de jeux vidéos, cet album vous rappellera probablement vos nombreuses escapades dans GTA San Andreas. A l’écoute de cet album on se sent un peu comme Carl Johnson (le héros du jeu), libre comme l’air, voyageant à travers un monde trop grand mais que l’on veut découvrir jusqu’au dernier recoins.

Internal Affairs sortira le 18 juin prochain via Coroner Records.



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