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Live Report   

The Offspring à Vienne : méga teuf, excellent !


Dans le live report sur le concert de The Offspring le 31 août dernier à Paris réalisé par notre estimé confrère Stan, certains points ont été relevés qui méritaient qu’on les vérifie aussi par nous-mêmes. Enchaînement des morceaux sans vraiment de communication avec le public, un groupe se contentant sur scène du minimum syndical, une durée du concert bien en-deçà des espérances des fans. Tout cela méritait une contre-expertise.

Direction donc, huit jours plus tard, le Théâtre Antique de Vienne. Une splendide soirée en perspective a priori, principalement grâce à un tel cadre qui avait servi d’écrin, il y a un peu plus d’un mois, à un concert de Deep Purple avec orchestre de grande classe.

La route que nous empruntons vers le site ne se fait pas sans souffrir des bouchons entre Lyon et Vienne, heure de pointe oblige. C’est donc quelque peu en retard que nous arrivons pour assister aux derniers morceaux du groupe de première partie : Simple Plan.


Artistes : The OffspringSimple Plan
Date : 7 septembre 2011
Lieu : Vienne
Salle : Théâtre Antique

Avouons-le tout de suite : Tonton Animal ne se serait pas plaint d’arriver trop tard pour assister ne serait-ce qu’un tant soit peu au set de Simple Plan : un groupe qu’il pensait avoir chassé de sa mémoire en cessant d’écouter la radio FM ou en esquivant les chaînes à clips à la téloche. Leur pop-rock qui ne ferait pas tomber grand-mère de son rocking-chair et leurs airs sans prétention, à même de séduire une part peu exigeante du public adolescent, s’annonçait comme l’épreuve à traverser avant le morceau de choix de la soirée.

Les quatre morceaux que nous avons eu le temps de voir interprétés n’ont clairement pas bouleversé notre manière d’appréhender la musique mais une partie du public a semblé ravie à en juger par les bras levés dans la fosse, se balançant aux rythmes des chansons. On se souvient d’ailleurs en les entendant chanter en français leur dernier single « Jet Lag » que les p’tits gars sont québécois. Ce qui représente un vrai avantage pour communiquer avec le public français, ce dont ils ne se privent pas ; et ce qui sera un vrai point de comparaison avec la tête d’affiche de ce soir.

Probablement l’instant le plus rock’n’roll de la soirée.

Simple Plan aura tout de même donné naissance à l’instant le plus rock’n’roll de la soirée. Le bassiste du groupe repérant une demoiselle dans le public mimant, semble-t-il, à leur intention le geste caractéristique d’un rapport bucco-génital qu’une femme peut offrir à un homme (« tu es sûr qu’elle ne veut pas dire qu’on suce des queues ? » lui demande le chanteur), il la fait monter sur scène. Une fois à côté de lui, elle lui murmure à l’oreille quelque chose qu’il ne manque pas de partager avec le reste de l’audience, à savoir que la première fois qu’elle expérimenta les plaisirs solitaires, ce fut en pensant à lui. Elle gagna ainsi le droit d’assister au reste du show des Montréalais depuis le côté de la scène. Groupies are not dead!

Entracte. Le Théâtre Antique est plein à craquer et on cherche tant bien que mal à trouver une place assez près de la scène avant la venue de The Offspring. Mais la forte densité du public dans la fosse atteignant un seuil où explose la probabilité des rapports homosexuels et où il faut rejeter toute idée de vouloir déplacer le moindre membre propulse le chroniqueur de ce concert vers une zone plus excentrée mais néanmoins idéale : pile dans l’axe du centre de la scène (même si cela devait parfois nous obliger à observer – plus que le concert lui-même – les omoplates d’une blondinette bondissante dressée devant soi).

Dexter Holland (The Offspring)

Let the show begin! Dès le départ, on voit bien que le concert prend la même voie que le set parisien : démarrage sur « All I Want », suivi de « You’re Gonna Go Far, Kid ». Le public est surexcité tous les bras sont levés dans la fosse, les spectateurs sont immédiatement très remuants, quelques slammeurs émergent déjà de cette marée bouillonnante. Après ces deux morceaux, les musiciens (entendez surtout par là Dexter et Noodles) saluent le public (normal), s’émerveillent devant le cadre dans lequel on les fait jouer (tu m’étonnes, t’as vu comme il est beau le Théâtre Antique ? Z’avez pas ça en Californie, vous, pas vrai ?) puis annoncent le prochain morceau : une nouvelle chanson intitulée « November Song ».

On s’aperçoit déjà là de deux choses. Primo : comme en avait témoigné le live report du concert parisien, la communication est déjà réduite à son plus simple aspect (bonjour – c’est super d’être ici – insérez le nom de la ville – voici le prochain morceau). D’ailleurs, on n’aura plus droit au moindre mot avant une dizaine de morceaux joués. Secundo : il va y avoir des longueurs. Cette toute nouvelle chanson n’est pas mauvaise mais n’accrochera le public que par instants, bloqué qu’il est par la découverte. Cela aurait pu casser le rythme du concert dès le début (mais, après tout, y avait-il UN bon moment pour la placer, cette nouveauté ?) mais heureusement, le premier gros hit arrive : « Come Out And Play (Keep ‘Em Separated) » qui relance la fête de plus belle.

Noodles (The Offspring) : même les punks peuvent prendre un coup de vieux…

A mesure que le concert défile, on se rend compte que ce schéma établi en seulement quatre titres va se répéter : entre deux tubes (des morceaux comme « Bad Habit », « Genocide », « Hit That », « Why Don’t You Get A Job? » ou « Pretty Fly (For A White Guy) » ) on trouve des instants durant lesquels le public continue à s’amuser mais semble attendre ces moments où il pourra se déchaîner et hurler les paroles à tue-tête. Heureusement que la chose survient assez souvent pour ajouter du mouvement à cette soirée.

Car, de mouvement, qu’avons-nous eu ? Peu de chose sur scène où chaque membre du groupe s’est cantonné dans son petit 3 mètres carré personnel. Pas très punk, ça… Il n’y a que Noodles pour enfin courir dans tous les sens à partir de « Pretty Fly ». Par contre, dans le public, nous avons vu tout le déballage d’énergie possible, l’une des fosses les plus agitées qu’on ait vu cette année avec un moshpit s’étalant sur toute la largeur de la scène, en effervescence quasi constante et toujours des slammeurs en l’air. Les gradins jubilaient aussi, chantaient et dansaient. Une sacrée fiesta ! Preuve en est encore quand, au moment de crier pour exiger les rappels, la foule fait un bruit assourdissant comme on n’en entend que très (trop ?) rarement.

Dexter Holland

Les rappels passent. Trois titres, pas un de plus, comme à Paris. On termine sur une excellente note avec « Self Esteem » mais il est seulement 22h passées. Le concert n’a pas duré plus d’1h20, certains membres du public tirent la tronche. On pense quand même à Dexter Holland qui n’aurait sans doute pas pu faire plus que ça pour cette dernière date française avec une voix qui montrait quelques faiblesses par moments. Un petit coup de froid, on dirait. Dommage tout de même car les fans étaient partis pour faire une méga teuf pour des heures encore.

Public heureux ?

Setlist :

All I Want
You’re Gonna Go Far, Kid
November Song
Come Out And Play (Keep ‘Em Separated)
Have You Ever
Staring At The Sun
Stuff Is Messed Up
Bad Habit
Genocide
Hit That
Kristy, Are You Doing Okay?
Why Don’t You Get A Job?
Americana
Gone Away
Pretty Fly (For A White Guy)
(Can’t Get My) Head Around You
The Kids Aren’t Alright

Rappels :

Original Prankster
Want You Bad
Self Esteem

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt



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  • J’y étais, et votre live report est des plus vrais. Même si j’ai passé un super moment, je suis déçu que The Offspring n’ait pas tenté de communiquer plus avec le public. Sur ce point, même si je ne suis pas fan de la musique de Simple plan, au moins ils se donnent du mal pour accrocher le public.

    Quant au « moment le plus rock’n’roll de la soirée’, c’est vrai que c’était drôle xD

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  • ça confirme bien ce que j’ai vu à Paris alors. Par contre je suis presque « soulagé » qu’il ait eu des faiblesses vocales, parce que je m’étais demandé si offspring n’était pas systématiquement en playback: à paris j’avais été impressionné par la fidélité du chant par rapport aux albums, même 20 ans plus tard

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