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Live Report   

The Pineapple Thief sur le toit du monde


Après le concert magistral que l’on a eu la veille au Bataclan avec The Devin Townsend Project, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin en ce qui concerne la musique progressive. Rendez-vous donc au Divan du Monde pour The Pineapple Thief, deux ans après leur dernier concert dans cette même salle.

Un concert sold-out, qui va permettre de promouvoir leur très bon nouvel album sorti en septembre dernier : In Your Wilderness. Et c’est avec un invité de marque que le groupe se produit durant cette tournée : Gavin Harrison, batteur notamment de Porcupine Tree et King Crimson, qui a justement enregistré l’album avec la bande à Bruce Soord.

Mais avant ça, pour ouvrir pour les anglais, ce sont de bons amis à eux que le public accueille : Godsticks.

Artistes : The Pineapple Thief – Godsticks
Date : 1er février 2017
Salle : Divan Du Monde
Ville : Paris [75]

Arrivant un peu à tâtons sur scène, on a une certaine impression d’amateurisme de la part de Godsticks. Et c’est un sentiment qui va perdurer sur tout le concert, qui aura manqué cruellement d’homogénéité. Chacun des membres du groupe semble jouer quelque chose de différent de son côté et ne pas former une unité. De plus, le chanteur ne montre pas une voix très maîtrisée, ni un timbre très agréable, pas plus que les solos de guitare, tout du moins ce soir-là. C’est du rock progressif, parfois assez hard rock, mais il n’y a qu’un quart du set qui parvient à motiver l’assistance et à lui faire taper du pied. Car en plus de la prestation assez moyenne, le son n’était pas parmi les plus grandes prestations du Divan du Monde.

Retenons tout de même les effets de lumières de très bonne qualité et visuellement c’est agréable, fait notable car rare pour un groupe de première partie. Cela ne suffit bien sûr pas complètement pour effacer le sentiment d’ennui d’une prestation où on peine à se sentir concerné par ce qui est sur scène, à la limite parfois du pénible, et qu’on aurait aimé voir finir plus tôt. Les applaudissements résonnent d’ailleurs plus comme une politesse, qu’une véritable appréciation globale du set. Alors on clap une dernière fois des mains et on leur dit au-revoir, sachant que suit derrière un groupe à la discographie exemplaire.

On voit encore le guitariste de Godsticks sur scène qui a l’air de faire le roadie pour The Pineapple Thief. Puis il reste relativement longtemps sur scène, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que c’est lui qui servira de guitariste rythmique et choriste pour le groupe. Car, en effet, Darran Charles a participé à l’enregistrement du dernier album. Alors, on sent un peu de gêne car son groupe n’a pas beaucoup ému ni vraiment convaincu la foule. Le claviériste, Steve Kitch, s’installe au fond de la scène, le batteur est derrière ses fûts, Darran reste derrière son micro tandis que le bassiste, Jon Sykes, et le maître de cérémonie, Bruce Soord, entrent en scène, saluant le public.

On est parti pour un peu plus d’une heure vingt de concert. Assez vite on va se poser une question fondamentale : ne vaut-il pas mieux rester chez soi et écouter la version studio au chaud ? La question est légitime car même si l’on est enivré par la version studio lorsque l’on écoute les albums du groupe, ce n’est pas le même effet qui se produit en concert. Malgré l’immense qualité de la composition des titres, cela reste des morceaux très lents et assez peu énergiques. Pour autant, visuellement le groupe arrive encore à nous faire plaisir, avec de belles nuances de couleurs dans les lumières et des motifs apparaissant sur les murs de la salle parisienne. Et durant l’un des rappels, sur « Snowdrops », comme en studio, le public frappe longuement un riff dans ses mains, renforçant la magie que l’on n’a pas de manière si intense dans la version originale.

Ce qui gâche un peu le concert sont les réglementations que l’on nous a annoncées : interdiction pour le public de prendre des photos ou des vidéos de la représentation. Ce qui, en soi, n’est pas forcément un mauvais principe, mais lorsque durant tout le concert on aperçoit le manager du groupe qui déambule sur scène pour éblouir de sa lumière ceux qui prennent des photos, ou même voir seulement sa tête dépasser du rideau durant toute la prestation, c’est quelque chose qui nous sort complètement de l’ambiance et empêche d’apprécier pleinement le show de la première à la dernière note.

Reste qu’en termes de rock progressif, c’est nettement plus agréable que la première partie. Le chanteur parle régulièrement et avec sympathie avec le public, notamment avec humour lorsqu’il se surprend à mal démarrer une chanson ou se trompe dans la setlist. Et, petit tour à Paris oblige, on remarque attaché au pantalon de Bruce un petit porte clef à l’effigie de la tour Eiffel. La présence de Gavin Harrison à la batterie apporte un vrai plus musicalement, vu sa technique irréprochable et son toucher si précis et plein de feeling, mais le fait qu’il ne décroche pas un seul sourire tend à nous éloigner de lui.

Un excellent son, et une excellente setlist qui aura plu aux nombreux fans présents et qui se seront fait entendre. Mais ayant assisté au show de Devin Townsend la veille, on relativise, et on est forcément un peu déçu, en se disant que la performance était loin d’être du même calibre. Reste que les chansons du groupe sont agréables à écouter et le public fut plutôt réceptif. Au final, demeure cette idée, comme nous le disions, que peut-être vaut-il mieux rester chez soi à écouter les versions studios plutôt que, par exemple, être dérangé durant tout le concert par un manager un peu trop protecteur de l’image de son groupe. On ressort tout de même de la salle avec la terrible envie de se refaire la discographie de The Pineapple Thief, afin de s’immerger dans le rêve une nouvelle fois. Impossible de dire vraiment le sentiment que l’on ressent lorsque l’on sort de la salle, si ce n’est qu’il est mitigé, comme chanté sur leur titre Reaching Out : « I can never tell you why… ».

Setlist :

01. Tear You Up
02. The One You Left To Die
03. No Man’s Land
04. Alone At Sea
05. That Shore
06. Reaching Out
07. In Exile
08. Take Your Shot
09. Show A Little Love
10. Fend For Yourself
11. Part Zero
12. Simple As That
13. The Final Thing On My Mind

14. Snowdrops
15. Nothing At Best



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