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Chronique   

The Pineapple Thief – Your Wilderness


The Pineapple Thief Your WildernessThe Pineapple Thief n’a pas exactement la notoriété qu’il devrait avoir en France. Pourtant les anglais font partie des principaux membres de l’écurie de KScope Records depuis 2008, connus entre autres pour Tesseract, Porcupine Tree et Steven Wilson… Mené justement de main de maître par un songwriter/arrangeur/guitariste de grand talent du nom de Bruce Soord (qui a collaboré avec Katatonia lors de la tournée acoustique de 2014 ainsi qu’avec leur chanteur Jonas Renkse dans Wisdom Of Crowds), The Pineapple Thief propose une musique parfois pop, parfois rock, toujours teintée de touches progressives, entre Porcupine Tree et Radiohead en somme. Après un mitigé All The Wars (2012) et le controversé Magnolia (2014), la bande à Bruce revient pour proposer Your Wilderness. Toujours soucieux d’écrire des chansons aux mélodies efficaces, The Pineapple Thief veut en outre revenir à ses racines progressives…

Aussi bien conçu qu’était Magnolia (2014), il pouvait déranger certains habitués du groupe par sa tonalité très pop complètement assumée. Bruce Soord ne souhaitait plus composer des titres à rallonge et voulait privilégier des chansons aisément identifiables. Your Wilderness se présente d’emblée comme un compromis. The Pineapple Thief n’a pas abandonné la volonté de « caresser » l’oreille de l’auditeur et de lui proposer une pléthore de mélodies facilement abordables. Seulement, la recherche de la simplicité n’est plus nécessairement un impératif. The Pineapple Thief a toujours eu un line-up mouvant, et la présence de nombreux guests a sans aucun doute eu un impact sur la direction musicale empruntée par Your Wilderness. Changement sans doute le plus notable, c’est Gavin Harrison (Porcupine Tree) qui se charge des parties de batterie. Autant l’annoncer d’emblée, le travail de ce dernier est remarquable, que ce soit avec un jeu léché sur l’introduction d’ « In Exile » ou une frappe plus lourde qui rappelle l’époque In Absentia de Porcupine Tree sur « Tear You Up ». Bruce Soord l’avait déclaré : travailler avec Gavin Harrison permet d’envisager la musique différemment et de revenir à des arrangements plus complexes, comme en témoigne le titre de 10 minutes « The Final Thing On My Mind ». Outre Gavin Harrison, on retrouve la participation de John Helliwell (Supertramp) pour des parties de clarinette sur « Fend For Yourself », ainsi que Geoffrey Richardson (Caravan) et Darran Charles (Godsticks) qui s’illustre sur certaines parties de guitare.

La grande force de Your Wilderness est justement de proposer l’un des visages les plus radieux de The Pineapple Thief de l’époque Kscope. Exit les voix plaintives à la Thom Yorke et la recherche constante d’arrangements électroniques parfois superflus. Your Wilderness propose une quarantaine de minutes parfaitement organiques. « In Exile » est la vitrine de la musique que propose actuellement le combo, entre couplets délicats et refrains plus énergiques portés par une guitare qui enclenche la distorsion. « Where We Stood » démontre le talent de guitariste de Bruce Soord avec toujours ses accents mélancoliques et ses arrangements qui rappellent un certain Mikael Akerfeldt (Opeth, Storm Corrosion). Le titre « That Shore » est l’un des derniers vestiges du recours aux samples, mais cette fois-ci tout est réuni pour servir la voix de Bruce qui signe là l’une de ses plus vibrantes prestations. The Pineapple Thief ne cesse de cultiver les sentiments d’amertume, de mélancolie, en s’amusant à créer des contrastes avec des rythmes enjoués à l’image du très pop-rock « Take Your Shot » et ce refrain « It’s time to make your move. »… Au final, le titre le plus progressif et le plus long, « The Final Thing On My Mind » est celui qui laisse le plus sur sa faim. Certes, ce sont bien dix minutes portées par un Gavin Harrison magistral, mais le final du titre ne parait pas à la hauteur de sa progression.

Your Wilderness est plus que convaincant. Certains évoquaient All The Wars et Magnolia comme des tâtonnements voire des errances de la part d’une formation qui peine à entériner son identité musicale. Ce nouvel opus balaye les doutes : The Pineapple Thief propose simplement un album touchant, à l’alchimie maîtrisée entre compositions facilement appréhendables et recherche omniprésente du détail ; la musicalité en somme.

Chanson « In Exile » à l’écoute :

Trailer :

Album Your Wilderness, sorti le 19 août via Kscope. Disponible à l’achat ici.



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  • Je l’ai écouté hier et n’ai été frappé par aucun passage. J’ai trouvé tout ça assez lisse, voire plat. Alors que Magnolia avait des moments qui frappaient à la première écoute.

    Je réécoute ça prochainement mais pour l’instant je ne suis pas convaincu 🙁

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