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Nouvelles Du Front   

The Runaways : à quand la reformation ?


Exister en tant que femme dans le monde du rock (au sens large) est particulièrement respectable. C’est une évidence – même sans tâter du discours féministe de comptoir – plus d’un demi-siècle après les premiers « Be-bop-a-lula » et autres « Tutti Frutti », vivre avec une paire de chromosomes X en évoluant dans cet univers fondamentalement macho amène toujours son lot d’avis divers mais revenant souvent au même constat : il n’est pas aisé de se faire une place dans le rock en tant que femme ; demandez donc à Sean Yseult, ancienne bassiste de White Zombie.

La preuve encore avec l’invention au cours de la décennie passée de l’expression « metal à chanteuse », comme si c’était vraiment une espèce à part, comme si ce n’était pas tout à fait du metal – jusqu’à preuve du contraire – si le taux d’œstrogène est trop élevé dans le corps de la personne qui tient le micro.

Toutes ces femmes, donc, qui ont été pionnières en parvenant à s’imposer comme des figures majeures de cette musique, qui les chante plus comme des conquêtes, comme des ornements ou des partenaires de plaisir, que comme des égales, ces Patti Smith, Janis Joplin ou Suzi Quatro sont donc d’autant plus admirables et c’est pour cela qu’on aime aussi The Runaways.

Ce n’est pas la première fois qu’on vous tanne le bourrichon avec ce groupe mais on va quand même vous refiler les bases. D’abord, ce que vous connaissez le mieux : les célèbres Joan Jett et Lita Ford ont démarré en tant que Runaways. Ce que vous savez peut-être moins : formé au milieu des années 70, The Runaways était le tout premier groupe de hard rock (mais vraiment hard, pas simplement rock) 100% féminin, bien avant les Girlschool, les Crucified Barbara, les Donnas, les Kittie ou autres Indica (mais, bon, là, on dérive peut-être un petit peu). En outre, aucune n’était majeure à l’époque de leur formation, un groupe d’adolescentes californiennes qui rêvaient de mettre le feu au monde du rock, aidée par Kim Fowley, musicien raté du temps du rock psychédélique mais entre temps devenu producteur et manager aux dents longues. Et c’est peu dire qu’elles se sont bien débrouillées étant donné les albums chauds bouillants et bruts de décoffrage qu’elles nous ont servis alors en moins d’une demi-décennie. Et si vous voulez en savoir plus, vous pouvez voir le film consacré à l’histoire du groupe qui vaut au moins pour son côté biographique, plus que pour son apport au Septième Art.

Et maintenant, pourquoi ce titre : « A quand la reformation ? » Ça ne vous aura sans doute pas échappé, on a depuis quelques temps l’impression de vivre la saison des come-back, en plein dans l’œil du cyclone des reformations : de Soundgarden à Black Sabbath, on a eu droit à Coal Chamber, Massacre, Refused, Running Wild, Van Halen, et encore, on ne vous parle que de ces six derniers mois… Du coup, pourquoi pas les Fugueuses ? Surtout que, de déclarations en déclarations, on voit que peu à peu les astres s’alignent. A commencer par la guitariste Lita Ford qui affirmait en novembre dernier sur ce sujet : « J’aimerais ça. Je ne peux répondre à la question mais j’aimerais ça. Nous étions en avance sur notre temps. Les gens le réalisent maintenant. Nous avons inspiré tant d’artistes différents, et pas que des filles. » Et d’enfoncer le clou avec le titre de son nouvel album, Living Like A Runaway, qui sonne autant comme de la nostalgie que comme un clin d’œil adressé à ses vieilles copines.

Il ne manquerait donc qu’une réaction de Joan Jett et de la chanteuse Cherie Currie pour que ce retour se fasse. Oui, au moins ces deux-là puisque, malheureusement la batteuse Sandy West, un des membres fondateurs et stables du groupe, s’est éteinte, frappée par un cancer et dans la misère, en 2005 ; quant aux bassistes, ce poste ayant été le moins stable, elles s’étaient succédé au rythme de quasiment une différente par an, alors on pourrait bien prendre encore une remplaçante pour faciliter les choses en cas de reformation. Et c’est là que le « miracle » se produit et c’est Cherie – qui ne donnait pas beaucoup de nouvelles depuis qu’on attend toujours son album solo produit par Matt Sorum (Velvet Revolver) – via sa page Facebook, qui nous le raconte dans un message publié il y a environ une semaine :

« Les rêves deviennent réalité.

J’avais ce rêve récurrent. Ça a commencé il y a environ vingt-cinq ans et, dans ce rêve, j’étais assise avec une femme avec qui j’avais partagé mon adolescence, avec qui j’ai traversé énormément de choses. Nous parlions, et les rêves étaient plein de bonheur, d’espérances et du besoin que j’avais de lui dire tout ce qu’elle représentait pour moi, à quel point j’étais fier d’elle et de ce que nous avions fait ensemble. Que je l’aimais.

J’ai fait ce rêve encore il y a trois semaines avant de m’éveiller encore pour m’apercevoir qu’il ne s’agissait encore que d’un rêve.

Il y a trois jours, j’ai parlé avec quelqu’un qui avait connu cette femme, comme moi, à l’époque, et qui avait récemment passé du temps avec elle après tant d’années. J’ai dit à cette amie commune combien je souhaitais avoir la même opportunité et à quel point ça comptait pour moi. Elle m’a offert de jouer les intermédiaires et de transmettre en mon nom ce que j’avais essayé de lui dire depuis si longtemps.

Le lendemain, un miracle est arrivé. j’ai reçu un e-mail incroyable de la part de cette amie depuis si longtemps perdue et dont j’ai rêvé toutes ces années, et elle était si heureuse d’apprendre que je voulais la revoir.

Ce soir, le rêve est devenu réalité. Ce fut joyeux, parfois des larmes ont coulé, et cependant si exaltant et plein d’amour. Rien que nous deux, nous sentant à nouveau comme des adolescentes mais avec la maturité que plus de trente années peuvent apporter, ce qu’apporte la vie et le fait d’être une mère.

Nous avons parlé de nos enfants, de nos vies, de notre rêve de faire à nouveau quelque chose ensemble, ce que nous avions si bien fait quand nous n’étions que des gamines.

Elle est tout et plus que ce que j’avais imaginé et je vais la revoir, elle, mon amie, demain, pour lui présenter mon fils, Jake, et pour l’encourager.

Je n’ai plus besoin de rêver. Je vis ce rêve.

Je tiens à remercier cette amie commune qui nous a réunies, Joan Jett.

Et cette sœur depuis si longtemps perdue, que j’ai attendu depuis plus de trente ans ? Lita Ford.

Oui… les rêves PEUVENT devenir réalité. (Ne laissez personne vous dire le contraire.) »

Si c’est Joan Jett qui permet à Cherie et à Lita de se retrouver, et si elles rêvent chacune de faire à nouveau quelque chose ensemble, traitez-moi de vulgaire enthousiaste mais il semble que l’optimisme soit tout de même permis. On n’a plus qu’à patienter… en musique de préférence.



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  • Vu que la relève est inexistante, et que les carrières solos ne réussissent pas à tout le monde, on est plus à une reformation près.

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  • le fil The Runaways, c’est marrant, je l’ai justement regardé hier soir! (le hasard parfois)
    mais bon, le côté biographique n’est pas plus développé que le côté artistique! on les voit juste sur 2 concerts et une fois en studio, on entend 2 morceaux, et jamais un seul nom d’album! si on s’en tient à ce qu’on voit dans le film, elles n’ont jamais rien enregistré parce que Cherry s’est barré du studio… donc bon

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