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Interview   

The Smashing Pumpkins : Billy Corgan ne renonce pas


« Au bout d’un moment, un groupe arrête d’être un groupe et devient plus comme une institution » affirme Billy Corgan dans l’entretien ci-dessous. Et c’est avec cette institution qu’est devenue The Smashing Pumpkins, détaché des musiciens d’origine à l’exception de lui-même, qu’il réduit lui même à un « concept de groupe », que Corgan est bien décidé à poursuivre la construction de son oeuvre. Il est aujourd’hui l’âme de ce « concept » et peut-être l’a-t-il toujours été.

Fort d’un nouvel opus, Monuments To An Elegy, avant dernier du cycle baptisé The Teargarden By Kaleidyscope, Corgan partage avec nous ses sentiments sur son groupe – l’un des plus grands emblèmes du rock des années 90 -, sa musique et l’état actuel des musiques rock. Un musicien, un artiste, qui se refuse au renoncement, autant en ce qui concerne son investissement dans The Smashing Pumpkins qu’au sujet de ceux qui prétendent aujourd’hui que tout ce qui pouvait être fait dans le rock a été fait. Un personnage très réfléchi, lucide et intègre, passionnant à écouter et lire.

« C’est quoi le rock’n’roll, maintenant ? Quand des pop stars font des albums avec du rock’n’roll dedans, ce n’est plus de la contre-culture, c’est certain ! »

Radio Metal : Le nouvel album des Smashing Pumpkins, Monuments To An Elegy, formera un diptyque avec le prochain, intitulé Day For Night, qui sortira un peu plus tard. Comment les deux disques s’articulent-ils l’un à l’autre, et pourquoi ne pas les sortir sous forme de double album ?

Billy Corgan (chant & guitare) : Ici aux États-Unis notamment, parvenir à maintenir l’attention de qui que ce soit ne serait-ce que sur la longueur d’un album est quasi impossible, donc je me suis dit que si j’en sortais un double, il se perdrait très rapidement dans les médias tels qu’on les connaît aujourd’hui, les réseaux sociaux. Je me suis donc dit que j’allais séparer les deux albums. Nous avons écrit plein de nouvelles chansons puis nous les avons réparties en deux piles, en quelque sorte : le premier et le deuxième album. Nous sommes actuellement en train de travailler sur le second et bien sûr, maintenant que nous sortons celui-ci, nous le changeons un peu. Nous sommes toujours en train de travailler dessus, il n’est pas près d’être fini. Mais les deux sont définitivement liés spirituellement, et certaines des chansons proviennent de la première cuvée.

Monuments To An Elegy et Day For Night font tous deux partie du cycle d’albums The Teargarden By Kaleidyscope qui était censé compter quarante-quatre chansons. Est-ce que dès le début, tu avais une grande vision avec ce projet ?

Oui. J’espérais, en sortant à l’époque de la musique gratuitement, parvenir à trouver un nouveau public pour le groupe, tout en redynamisant son public vieillissant qui se plaignait tout le temps que notre musique n’était plus comme dans leurs souvenirs. Donc mon plan, c’était qu’en sortant ce projet Teargarden, j’arriverais à la fois à créer un nouveau public et à ré-enthousiasmer celui que j’avais déjà.

Et d’un point de vue artistique, quelle était ton idée initiale ?

Vraiment, savoir où j’en étais avec les Smashing Pumpkins sans le line-up d’origine. Où que j’aille, les gens me demandaient – peut-être moins maintenant, mais à l’époque : « Pourquoi tu continues le groupe, pourquoi toi tout seul ? » etc. C’est une question que je dois me poser moi-même : pourquoi est-ce que je continue ? Qu’est-ce que je recherche ? Parfois, on dit que nous cherchons tous à retourner à notre mère… Pour moi, c’était un cheminement où je me demandais : « Pourquoi ça c’est toujours important à mes yeux ? »

Day For Night sera censé en être la conclusion. Est-ce que ça veut dire que ce sera une page qui se tourne pour le groupe, ou même sa fin, comme tu l’as récemment insinué ?

Non, c’est un de ces trucs très pénibles avec la presse… Je n’ai jamais dit que ce serait la fin du groupe ! [Rires] Ils en ont fait un gros titre où ils s’arrangeaient pour que j’aie l’air d’être prêt à mettre fin au groupe, mais je ne suis pas du tout prêt à faire ça ! Je ne ferais pas tout ça si j’étais prêt à mettre fin au groupe ! Je pense que la réponse est plus dans la première partie de ta question : ce devrait être la fin d’un chapitre.

Et est-ce que tu as une idée de la suite ?

Non. Je pense que ça va dépendre du public. Si le public voit les Smashing Pumpkins comme un groupe qui fait de la musique contemporaine, je pense que nous continuerons à faire de la musique contemporaine, mais si le public pense que le groupe est un vestige du passé, alors je crois que nous devrons trouver une autre manière de faire de la musique, sans doute une manière moins commerciale.

Nicole Fiorentino et Mike Byrne ne font plus partie du groupe. Que s’est-il passé ?

Nous étions juste en désaccord sur le niveau d’attention que le groupe devrait recevoir, pas tant au niveau de l’orientation musicale qu’au niveau émotionnel. Voilà comment je décrirais ça.

Tommy Lee a enregistré la batterie sur Monuments To An Elegy. C’est un peu surprenant à première vue puisqu’il est connu pour jouer du gros glam rock, ce qui n’est pas du tout ce que jouent les Smashing Pumpkins… À vrai dire, les gens ont même tendance à dire que les groupes comme les Smashing Pumpkins ont tué les groupes comme Mötley Crüe dans les années 90…

[Rires]

Comment as-tu eu l’idée de travailler avec lui et comment êtes-vous entrés en contact ?

Je connais Tommy depuis 1982, donc je l’ai appelé et je lui ai dit : « Nous nous disions que ce serait chouette de ta part si tu pouvais jouer certaines de ces chansons », ce à quoi il a répondu : « Est-ce que tu peux me les jouer ? » Je me suis aussitôt retrouvé chez lui à lui jouer les démos, et il m’a dit : « Je veux jouer toutes ces chansons ! » Donc c’était très bien, un processus très marrant, et il a fait un super boulot ! C’est très simple de travailler avec lui. Tommy est super drôle, c’est une bonne personne et il adore la vie, c’est facile de s’enthousiasmer pour la musique et pour la vie quand tu traînes avec lui.

Il devrait être disponible après la tournée d’adieu de Mötley Crüe ; est-ce que vous avez envisagé de continuer votre collaboration et de l’avoir sur les prochaines tournées des Smashing Pumpkins ?

Je ne sais pas, ce serait sans doute trop demander, mais jouer ensemble et composer ensemble à nouveau seraient super. Ça ne me poserait aucun problème et de son côté, il semble avoir l’air d’en avoir envie aussi.

« Je n’ai jamais essayé [de satisfaire les fans], et je ne crois pas que ce soit quelque chose que je pourrais faire, même si j’essayais ! »

Sur un autre sujet, comment comparerais-tu le jeune Billy Corgan des années 90 avec celui que tu es maintenant ? Comment as-tu évolué ?

[Rires] Quelle étrange question ! Je ne sais pas… Je ne sais pas qui était cette personne, donc je ne sais pas comment me comparer à lui. Je ne sais pas ! Je pense que la question devrait plutôt porter sur les différences au niveau du monde, tu sais ? Le monde a tant changé ! Quand j’ai commencé le groupe, il n’y avait pas internet, pas de réseaux sociaux, les gens ne réagissaient pas immédiatement à tes nouvelles sorties ; à l’époque, tu sortais une chanson ou un album, il mettait un peu de temps à se faire puis il y avait une sorte de vague. Maintenant, la vague est instantanée, et si elle est mauvaise, pas moyen de s’en remettre. C’est un monde très étrange. Peut-être que je suis la même personne et que c’est juste le monde qui a tant changé…

Peut-être qu’une autre manière de tourner la question serait : comment comparerais-tu les Smashing Pumpkins d’aujourd’hui et d’alors ?

Encore une fois, je pense que c’est totalement lié à la culture. Je me souviens de la première fois que nous sommes venus à Paris en 1992, je crois. Nous jouions notre premier album, Gish, qui était très heavy, avec des riffs et des solos. Le public français nous regardait comme si nous venions d’une autre planète. Ils n’avaient pas la moindre idée de ce que nous étions en train de faire. Nous avons eu des critiques désastreuses, et de tous les pays d’Europe où nous sommes allés, le public parisien était le plus réduit… Il aura fallu du temps aux Parisiens et aux Français pour comprendre ce que nous faisions, parce que nous ne jouions pas tout ce jeu du rock’n’roll, c’était en fait très différent. Tu fais de la musique en réaction à une culture, ou pour cette culture, et ensuite la culture décide, à ce moment ou plus tard, si ça a de la valeur ou pas. Donc les Smashing Pumpkins des années 90 étaient une sorte de marteau : un marteau contre ces Français très intellectuels, ces Britanniques très intellectuels et ces intellectuels new-yorkais qui croyaient savoir ce que c’était que le rock’nroll. Nous représentions quelque chose de différent. Ensuite, nous avons commencé à avoir beaucoup de succès, et c’est évidemment une autre histoire. Maintenant, le monde est complètement différent, le rock’n’roll n’en est plus où il en était dans la culture musicale, et même mondiale, devrais-je dire. Donc être un marteau, en 2014, c’est presque une perte de temps, parce que tu es un marteau qui détruit quoi ? Les réseaux sociaux, toi-même, ton passé, le rock’n’roll ? Et c’est quoi le rock’n’roll, maintenant ? Quand des pop stars font des albums avec du rock’n’roll dedans, ce n’est plus de la contre-culture, c’est certain !

Tu as déclaré que tu aurais dû laisser tomber le groupe lorsque Jimmy Chamberlin l’a quitté en 1996. Qu’est-ce qui t’a poussé – et continue à te pousser – à continuer, presque 20 ans plus tard ? Est-ce que tu penses que les Smashing Pumpkins sont dans une situation plus favorable en ce moment ?

Je pense qu’au bout d’un moment, un groupe arrête d’être un groupe et devient plus comme une institution. Je dis ça un peu pour rire, mais aussi de manière littérale. Pour moi, il n’y plus de groupe… Il y a un concept de groupe, mais plus de véritable groupe. En ce moment, le groupe, ce n’est que Jeff [Schroeder] et moi en studio avec Howard [Willing], le producteur. Donc pour moi, c’est plutôt l’idée de ce que la révolution représente plutôt que la révolution elle-même. À une époque, le groupe en soi était révolutionnaire. Cette période est révolue et maintenant, le groupe n’est plus qu’une super entité musicale.

Dans quelle mesure as-tu réussi à faire accepter l’incarnation actuelle du groupe et tes sorties récentes parmi vos vieux classiques ?

Je ne sais pas quoi te dire parce qu’il est impossible de répondre à cette question, vraiment. Parce que je n’essaie pas de satisfaire les fans, tu vois ce que je veux dire ? Je n’ai jamais essayé, et je ne crois pas que ce soit quelque chose que je pourrais faire, même si j’essayais !

Tu as travaillé sur des bandes originales de film (Spun, Lost Highway pour en citer quelques uns). Est-ce que c’est différent pour toi de travailler pour un film plutôt que pour un album ? Qu’est-ce qui te plaît là-dedans ?

Ce qui est intéressant dans le fait de composer pour un film ou pour, comme je le fais en ce moment, une petite comédie musicale, c’est que tu écris dans une direction d’une idée en particulier, alors que quand tu écris de la musique pour un groupe, tu écris pour un public alors que tu ne sais même pas s’il est là. C’est comme si tu avais une conversation dans ta tête avec quelqu’un qui sera peut-être intéressé par ce que tu as à dire. C’est très étrange, de faire de la musique pour des étrangers. Au moins, dans un contexte théâtral, il y a la dimension physique, la danse, les mouvements, et au cinéma, il y a ce qu’il y a sur l’écran évidemment, donc au moins, il y a une relation à ce niveau-là, alors que quand tu es dans un groupe et surtout que tu es le chanteur, tout tourne autour de toi, même si tu ne veux pas que ce soit le cas. Tu es un personnage dans cette pièce de théâtre.

« Intérieurement, il y a une sorte de renoncement : le public ne croit plus en la capacité des groupes à créer quelque chose de nouveau et les groupes n’y croient plus non plus. »

Tu parles très ouvertement de cette tendance actuelle de groupes qui s’appuient surtout sur leur passé et rejouent leurs albums mythiques en entier. Est-ce que tu penses que ça en dit long sur leurs ambitions créatives ou la pertinence de leur musique actuelle ? Et est-ce que tu penses que ça en dit long aussi sur l’état de la musique de nos jours ?

Oui, complètement, je pense que ça veut dire qu’intérieurement, il y a une sorte de renoncement : le public ne croit plus en la capacité des groupes à créer quelque chose de nouveau et les groupes n’y croient plus non plus. C’est vital, tu sais. Tout le monde peut faire de la bonne musique ; ils devraient pouvoir faire de la bonne musique, c’est pour ça que ce sont des professionnels. Mais faire de la musique qui soit vitale, qui change la manière dont les gens voient le monde, ou se voient eux-mêmes, ça demande beaucoup de patience et d’énergie. Et je pense qu’en ce moment, on a une situation où à la fois le public et beaucoup de groupes ont décidé que la grande époque du rock’n’roll est terminée et que maintenant, il n’y avait plus qu’à se poser et regarder le paysage défiler en attendant la fin du voyage. Je ne suis pas ce genre d’artiste. Je préférerais mourir en essayant ou échouer, et ne plus avoir de revenus de mes concerts du tout en tant qu’artiste plutôt que de faire du sur-place avec quelqu’un qui m’écoute jouer Siamese Dreams en entier. J’espère qu’un jour, je serais à l’aise avec l’idée de jouer Siamese Dreams dans des circonstances qui s’y prêtent, mais pas parce que je n’ai rien de mieux à faire ou parce que je n’y crois plus. Pour moi, c’est ça la différence.

Ces dernières années, tu as travaillé sur les rééditions de tout votre catalogue. Ça semble représenter une quantité de travail énorme, étant donné la quantité de chanson que cela représente. J’imagine que ça doit être un travail passionné, mais est-ce que ce n’est pas un peu vain dans un monde où les ventes physiques de musique diminuent de plus en plus ?

J’envisage plus ça comme le ferait un conservateur de musée. Je présente une version complète de mon travail pour que quelqu’un dans le futur l’entende ou l’écoute. Qu’on l’écoute de nos jours ou pas, ce n’est pas aussi important que le fait que ça existe. Ça existe sous forme physique et sous forme émotionnelle, c’est là, c’est tout. Je ne m’aventure pas trop loin au-delà dans les questions commerciales parce que ça rend fou de penser à ce genre de chose.

Est-ce que te replonger dans cette musique t’a inspiré pour celle que tu fais en ce moment ?

Non… [Petits rires] Les gens me demandent ça tout le temps et ça me fait toujours rigoler… Non, pas du tout !

Quand on entend les Smashing Pumpkins sous leur forme actuelle, il y a un côté années 70 qui prend le dessus sur les années 90 dont vous venez. Vous avez une spontanéité, des improvisations, des reprises de classiques des années 70 comme « Space Oddity » ou « Immigrant Song »… Est-ce que tu te sens plutôt branché années 70 bien que tu sois l’un des rois du rock des années 90 ?

[Il réfléchit] Je ne sais pas. Je n’y ai jamais vraiment pensé en ces termes. Je pense que la forme des groupes des années 70 est toujours pertinente en réaction à tous ces groupes qui ne savent pas bien jouer du tout. Dans ce sens-là, si tu as un créneau de 90 minutes pendant un festival pour jouer devant un très jeune public, il y a des chances qu’ils ne voient jamais un groupe qui sait jouer comme les Smashing Pumpkins, ou alors il faudrait qu’ils voient d’autres groupes qui savent vraiment jouer aussi, comme Queens Of The Stone Age… La plupart des groupes qu’ils vont aller voir jouent sur des bandes pré-enregistrées, ils ne jouent pas vraiment bien de leur instruments. Ils jouent beaucoup de rythmes disco et ce genre de chose, et je n’ai pas de problème avec ça, mais ils ne jouent pas de manière expressive ou émotionnelle où chaque performance est différente. C’est important de pouvoir souligner en public que ce que tu fais est différent et qu’il y a une raison qui fait que tu n’es pas comme les autres musiciens.

Au début de l’année, tu as fait une performance qui était une interprétation musicale de huit heures du Siddhartha d’Hermann Hesse. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Comment ça s’est passé, qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ça, et pourquoi Siddhartha ?

Ouais. Ça fait plusieurs années que j’étais intrigué par l’idée de faire des performances musicales improvisées. Pour moi, le synthétiseur modulaire est une manière très intéressante de travailler parce que tu mets tes câbles, tu créés tes patches, tu es presque dans une situation d’ignorance. Lorsque je joue de la guitare, je dois savoir en jouer, et lorsque je joue du piano, je dois savoir en jouer aussi. Avec le synthé, je ne sais pas toujours ce que je fais, donc je réagis de manière presque enfantine : tu tournes un bouton et quelque chose se passe. Pour cette performance, j’ai eu cette idée des huit heures parce que j’avais un livre audio, et je faisais de la musique sur ce livre audio, que j’enregistrais parce que j’espère toujours en sortir un album. Ça a créé une grosse controverse aux États-Unis, ce qui m’a semblé très bizarre, je ne m’y attendais pas du tout. L’un des journaux locaux à Chicago a écrit un article assez dégueulasse sur moi avant le concert où il disait que c’était vraiment complaisant et stupide et que le mec préférait rester chez lui à regarder des rediffusions à la télé… J’ai fait ce concert dans mon salon de thé à Chicago qui ne peut contenir qu’une quarantaine de personnes, gratuitement, ce n’est même pas comme si j’avais fait payer l’entrée ! Toute cette controverse m’a semblé très bizarre, mais ensuite je me suis dit : « Bon, je suis toujours capable de faire des trucs qui repoussent une forme de limite d’une manière ou d’une autre parce que dans le milieu du rock, tout le monde fait comme s’il avait déjà tout vu et tout fait, et plus personne ne pouvait plus rien faire de neuf. » Depuis, j’ai fait d’autres performances et ça a plu aux gens. C’est comme s’immerger dans un bain de musique et en ressentir des émotions. Et puis tu peux entrer ou sortir quand tu veux, la porte est ouverte.

« J’aime croire qu’il y a un principe organisateur dans l’univers qui agit par ces trois concepts – Dieu, Amour et Vérité – et c’est la seule clarté que je suis parvenu à avoir dans ma vie. »

En ce moment, tu écris un livre qui apparemment s’appelle God Is Everywhere From Here To There (« Dieu est partout, d’ici à là-bas »). Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ?

Je voulais devenir écrivain bien avant de vouloir devenir chanteur, c’est l’ambition de toute une vie. J’imagine que j’ai voulu commencer avec l’histoire de ma vie. Avec un peu de chance, après avoir fini ce livre j’en écrirai d’autres, mais je me suis dit que ce serait le meilleur moyen de commencer.

Tu l’as décrit comme « des mémoires spirituelles ». Est-ce que tu peux nous dire ce que tu entends par là, et ce à quoi on peut s’attendre ?

Bien sûr ! Je trouve que l’idée d’une célébrité qui écrit un livre à propos d’être une célébrité est assez ennuyeuse, donc j’écris le livre du point de vue d’une personne qui a fait un voyage très bizarre. J’écris aussi en partant du principe que la mémoire est fausse. Même si je raconte des histoires dont je me souviens ou crois me souvenir, je ne prétends pas qu’elles soient vraies, parce qu’il n’y a rien de vrai dans la mémoire. Donc mon livre est plutôt une sorte de fable.

Par rapport au titre du livre, est-ce que tu parles de Dieu au sens religieux du terme ou comme une métaphore pour quelque chose d’autre ?

Pour moi, ces deux mots sont synonymes de Dieu : Amour et Vérité. Donc pour moi, Dieu, c’est l’Amour et la Vérité, comprends ça comme tu veux ! J’aime croire qu’il y a un principe organisateur dans l’univers qui agit par ces trois concepts – Dieu, Amour et Vérité – et c’est la seule clarté que je suis parvenu à avoir dans ma vie. Si je me tourne vers les hommes ou les femmes pour trouver la vérité, je ne la trouve pas du tout [rires]… Donc il faut que je puisse aller quelque part où je peux au moins me concentrer sur le fait qu’il y a une clarté morale absolue quelque part dans le monde, qu’il y a une justice morale dans le monde, parce que je peux pas la trouver ici sur Terre.

Après la fin des Smashing Pumpkins en 2000, tu as sorti un album avec un groupe qui s’appelait Zwan. Est-ce qu’il y a une chance d’entendre à nouveau quelque chose de neuf de ce côté ou est-ce que c’est hors de question ?

C’est hors de question, je n’aime pas les autres membres du groupe en dehors de Jimmy Chamberlin, le batteur, qui a aussi été le batteur des Smashing Pumpkins. Récemment, j’ai fait un concert acoustique à Chicago où j’ai joué certaines chansons de Zwan et je pense que c’est là que je jouerai cette musique, dans le contexte d’un concert acoustique.

Interview réalisée par téléphone le 5 novembre 2014 par Chloé Perrin.
Retranscription et traduction : Chloé Perrin.
Introduction : Spaceman.

Site internet officiel de The Smashing Pumpkins : www.smashingpumpkinsnexus.com.



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