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Chronique   

The Smashing Pumpkins – Monuments To An Elegy


Certains albums s’écoutent d’une traite. Non pas en raison d’une forme de torpeur ou d’un manque d’inspiration. Simplement parce qu’ils sont diaboliquement efficaces. Oui, Monuments To An Elegy, le dernier opus de The Smashing Pumpkins est bel et bien « diabolique ». À croire que Billy Corgan se plaît à susciter une addiction incessante chez ses auditeurs. Si tel était le dessein, la réussite est indéniable.

Monuments To An Elegy fait partie du cycle d’albums intitulé Teargarden By Kaleidyscope initié en 2009 et comprenant à ce jour Song For A Sailor, The Solstice Bare (2010) et Oceania (2012). Monuments To An Elegy précède Day For Night, dernière étape du cycle qui paraîtra courant 2015.

Soyons francs, si chaque opus bénéficie de sa propre identité, aucun ne se distingue réellement de l’empreinte aisément reconnaissable de The Smashing Pumpkins. Ce nouvel album est néanmoins marqué par la participation de Tommy Lee (Mötley Crüe) à la batterie qui remplace ainsi Mike Byrne. Là est le principal changement : exit les rythmiques agressives telles que celles de « Quasar », titre d’ouverture d’Oceania, et c’en devient même paradoxal lorsque l’on connaît la frappe habituellement puissante de Tommy Lee. Même si de grosses guitares bien rock viennent de temps en temps racler les conduits auditifs (« Tiberius », « One And All », « Anti-Hero »), Monuments To An Elegy se veut plus adouci, certains diront plus « pop » pour ce que le terme peut signifier. Le refrain de « Being Beige » n’a rien à envier aux canons du genre. Cette direction est d’autant plus assumée sur des compositions telles que « Run2Me » et « Anaise ! », sans aucun doute l’un des titres les plus aboutis et envoûtants de l’opus. Allant jusqu’à donner une place de choix à des sonorités synthétiques d’une pop vintage comme dans le quasi mystique « Monument ». The Smashing Pumpkins prouve qu’à ce jour, peu de groupes peuvent se targuer d’avoir autant de concision quant aux arrangements mélodiques.

On pourrait cependant reprocher à Billy Corgan de tomber dans une forme de « classicisme » ; « One And All » et « Anti-Hero » figureraient tout aussi bien sur les opus précédents du groupe, tant ils répondent à tous les codes de composition auxquels il nous a habitués. Mais ce serait se voiler la face, The Smashing Pumpkins fait ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire une composition simple, accrocheuse, arrangée au millimètre avec des lignes de chants aisément mémorisables. À l’instar de ce qu’avait prôné Bruce Soord pour la sortie de Magnolia (2014), dernier album en date de The Pineapple Thief, Billy Corgan veut avant tout écrire une « bonne chanson ». Monuments To An Elegy en est rempli.

Rien n’est simpliste dans Monuments To An Elegy ». Pourtant tout se retient. Il est même réconfortant de constater que des groupes savent encore accrocher sans sombrer dans la mièvrerie où la facilité. En ce sens, The Smashing Pumpkins devrait être érigé en tant qu’exemple là où il ne l’est pas déjà. Alors oui, Monuments To An Elegy s’écoute d’une traite. Surtout il s’écoute plusieurs fois. De très nombreuses fois.

Ecouter « Being Beige » et « One And All » :

Album Monuments To An Elegy, sortie le 9 décembre 2014 chez BMG Rights.



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