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Chronique   

The Sword – High Country


The Sword - High CountryAvec Apocryphon qui avait plafonné dans le top 20 du Billboard 200 en 2012, lors de sa sortie, le nouvel opus de The Sword en fait évidemment saliver plus d’un. Plutôt méconnu en Europe au regard de sa carrière déjà bien remplie (cinq albums) et de ses faits d’armes outre-Atlantique mais aussi sur notre continent (le groupe a notamment tourné avec Metallica), The Sword s’est imposé comme l’un des piliers de la scène stoner/doom US aux confins d’un heavy metal aux relents sudistes. Détachés d’un style en particulier, les Texans d’Austin peuvent se targuer de délivrer simplement du… rock’n roll, efficace parfois, planant en d’autres occasions, et surtout, sur ce nouveau High Country, diablement groovy, une facette que l’on connaissait moins du groupe, quand Warp Riders (2010) était franchement heavy et l’illustre Apocryphon beaucoup plus direct.

Cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, l’histoire commence dans des sphères synthétiques… « Unicorn Farm » et ses nappes de clavier presque électro surprend l’habitué des brûlots à la Kyuss qu’avait souvent l’habitude d’envoyer The Sword. Pourtant, l’univers connu des Texans revient très vite dès les excellents et « désertiques » « Empty Temples » ou « Tears Like Diamonds » et leurs gros riffs sanguinolents, mais la première impression était définitivement la bonne : The Sword va essayer tout au long des quinze, oui quinze, titres que contient ce High Country, d’utiliser une perspective différente pour envisager leur manière de faire remuer les foules. Les guitares, à la composition – comme au mix d’une précision et d’une élégance fort à propos – se réservent toujours la place du chef, bien en avant, mais quand les Américains privilégiaient sur les deux précédents opus un aspect plutôt rentre-dedans voire complètement heavy, on découvre cette fois-ci une facette plus subtile et sophistiquée, à la manière d’un Queens Of The Stone Age version post-Songs For The Deaf. Des nappes de clavier par-ci par-là, des rythmes plus chaloupés, des intermèdes instrumentaux (l’énigmatique « Agartha », la printanière « Silver Petals », l’énergique « Suffer No Fools »), du gros blues rock qui tâche (« Mist And Shadow ») dans la lignée de certaines inspirations d’Apocryphon… Le propos de The Sword se veut définitivement plus varié et ouvert.

Même si on retrouve encore un peu du The Sword époque Age Of Winters (2006), dans des titres comme « Buzzards », et des morceaux typés Blue Öyster Cult ou Black Sabbath, qui comptaient parmi leurs influences initiales, tels que « The Dreamthieves », le groupe essaie franchement de lorgner vers d’autres territoires et perdre toute forme d’étiquette, comme peut en témoigner l’aspect très électronique de « Seriously Mysterious » ou, dans une moindre mesure, les cuivres qui viennent s’immiscer sur la fin d’ « Early Snow » pour donner un petit côté big band. Mais cette escapade vers d’autres horizons n’est pas sans risques d’écueils. Ainsi, on pourrait regretter que les vocalises et divers refrains manquent de ce côté accrocheur nécessaire pour imprimer ces nouveaux titres dans l’esprit du public, les guitares mises en avant participant à cet effet peut-être non désiré. A l’exception de, par exemple, « Tears Like Diamonds », on a en fait du mal à mémoriser les ritournelles de ce nouvel album.

A vouloir diversifier la donne, The Sword perd un poil en cohérence, voire en efficacité, bien qu’une partie des titres reste dans la concision et la tradition des compositions du groupe (« Empty Temples »). Mais il ne faut point se méprendre : High Country reste un album très agréable à l’écoute, sans défaut majeur, réalisé par un groupe qui montre une sensible propension à l’évolution, empêchant ainsi celui-ci d’être catégorisé comme un simple et unique groupe de stoner influencé par Kyuss, ou de doom à la Black Sabbath. Les Texans s’affirment en tant que valeur solide d’un rock US désormais aux couleurs différentes, et le pari, s’il se veut un peu risqué aujourd’hui, peut définitivement s’avérer payant sur le long terme.

Ecouter les chansons « Empty Temples », « High Country », « Mist And Shadow », « The Dreamthieves » et « Early Snow » :

Album High Country, sorti le 4 septembre 2015 chez Razor & Tie.



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