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Interview   

The Treatment : une meute de chiens fous qui a les crocs


Quelle fulgurance dans l’ascension des Anglais de The Treatment, passés d’une première partie d’Alice Cooper – pour leurs premiers pas en dehors de leurs frontières – à celles de Steel Panther puis de Kiss et Mötley Crüe outre-Atlantique, le tout en trois ans ! Dopé au rock’n’roll, son seul traitement actuel, le combo dégage son impressionnante énergie partout où il va. Prêt à se sacrifier et à bouffer vaches maigres ou vaches enragées pour sa réussite, The Treatment c’est la nouvelle vague du hard rock old-school et cela nécessite un certain travail, comme nous le rappelle Matt Jones, chanteur du combo. Les temps ont malheureusement changé et la culture « sexe, drogues et rock’n’roll » est ébranlée ! Tout est aujourd’hui plus dur et nécessite aussi une meilleure hygiène de vie. Pourtant, pas question de lâcher le morceau avec Running With The Dogs, son nouvel et (seulement) second opus.

Cette bande de chiens fous, aidée par Laurie Mansworth, père de Dhani Mansworth (batteur du groupe) et manager de ces derniers qui leur apprend toutes les ficelles, compte bien profiter des bons plans offerts par la vie, jouir de sa réussite et de sa chance – comme quand Jones évoque cette rencontre avec Airbourne dont ils se sentent particulièrement proches. Cependant, la vie n’est pas toujours rose. Ainsi, Jones revient avec nous sur le départ de leur guitariste Ben, parti s’occuper de son père mourant et, découlant de ce fait, raconte le recrutement atypique de Jake Pattison, leur nouvel acolyte.

« Il y a des nuits où nous avons dû dormir dans le van, des jours où nous n’avions rien à manger et moi je dis qu’il faut être capable de tout abandonner dans l’espoir de voir ton groupe réussir. »

Radio Metal : Il y a encore peu de temps, vous étiez un jeune groupe peu connu. En seulement quelques années vous êtes parvenus à rencontrer un grand succès et même à faire une tournée en tête d’affiche. Comment expliques-tu cela ?

Matt Jones (chant) : Je ne sais pas vraiment, on a été embarqué par une espèce de tourbillon. Une chose en a entraîné une autre et la première tournée que nous avons faite ici en Europe c’était avec Alice Cooper, ensuite nous avons fait la première partie de Steel Panther et tout de suite après, nous avons tourné aux États-Unis avec Kiss et Mötley Crüe. Tout cela s’est enchaîné et nous avons vraiment eu beaucoup de chance jusqu’à maintenant.

Ces trois dernières années, vous avez fait les premières parties de beaucoup de très grands groupes comme Alice Cooper, Thin Lizzy, Steel Panther et Motörhead. Comment avez-vous eu toutes ces opportunités ?

Je pense que notre manager est simplement fantastique dans ce qu’il fait ! Il fait ce métier depuis une bonne trentaine d’années et nous avons vraiment de la chance car il a beaucoup de contacts dans le milieu. Mais nous sommes aussi fiers de ce que nous faisons, le groupe a parcouru du chemin ces trois dernières années et nous ne cessons de nous améliorer. Je pense que c’est aussi parce que nous nous améliorons que nous avons eu toutes ces opportunités. Je crois que beaucoup de gens aiment simplement notre musique et au final, c’est ce qui compte alors nous continuerons à jouer tant que cela sera le cas.

Le père de Dhani (Laurie Mansworth), qui est votre manager, fait ce métier depuis longtemps. Dirais-tu que son expérience a aidé le groupe à plus vite devenir professionnel ?

Oui, sans aucun doute, nous avons beaucoup appris – en fait, nous avons tout appris de Laurie ! Comme tu l’as dit, il fait ce métier depuis longtemps, il est très expérimenté et il a l’envie de nous enseigner ce qu’il sait, c’est ça le plus important. Il passe du temps avec nous pour nous dire comment faire les choses et comment nous pourrions nous perfectionner. Nous serions fous de ne pas écouter ses conseils parce qu’il est très bon dans ce qu’il fait et il le fait depuis de nombreuses années. Il est notre arme secrète (rires) !

Quels conseils donnerais-tu à de jeunes groupes qui débutent ?

Je dirais seulement qu’il faut aimer cela et y prendre du plaisir. Si ce n’est pas leur cas, alors ce n’est pas le métier qu’il leur faut. Nous, nous sommes prêts à tout pour arriver au sommet. Tu sais, il y a des nuits où nous avons dû dormir dans le van, des jours où nous n’avions rien à manger et moi je dis qu’il faut être capable de tout abandonner dans l’espoir de voir ton groupe réussir. Si tu y crois et que tu es prêt à travailler dur, alors tu peux y arriver.

Le style de hard rock que vous jouez est plutôt old-school, c’est un genre de musique que l’on s’attend à entendre habituellement chez des musiciens assez âgés, et vous, vous êtes très jeunes. Comment en êtes-vous venus à jouer ce genre de musique ?

Je crois que c’est une musique avec laquelle nous avons tous grandi et je ne me souviens pas vraiment avoir vécu sans. Mon père est un grand fan de rock et je crois que les parents des autres sont eux aussi de grands fans de rock. Nous avons toujours baigné dans ce style de musique alors quand nous avons commencé à faire de la musique nous-même, c’est là que nous nous sommes naturellement tournés. Lorsque nous faisions des jam-sessions, on débutait avec de vieux morceaux d’AC/DC, Led Zeppelin ou d’autres choses de ce genre. Et quand nous avons commencé à écrire des chansons c’est ce qui nous est venu naturellement, je ne pense pas que nous aurions pu faire autre chose.

« C’est un petit milieu alors si tu te mets quelqu’un à dos parce que tu es saoul, la nouvelle se propage vite et tu vas te retrouver mis à l’écart. »

Ces dernières années, on assiste à un retour en force du hard rock et du classic rock. Comment expliques-tu cela ?

Je ne sais pas, je pense qu’aujourd’hui, les jeunes de notre âge bouclent la boucle ; cela s’est transmis à notre génération. Les gens de notre âge ont, d’une certaine façon, l’âge idéal pour se tourner vers ce qui se faisait avant, ils ont entendu ces disques toute leur vie parce que c’est ce que leurs parents aimaient. Il y a des gens qui semblent en avoir un peu assez de la scène metal, il y a beaucoup de groupes qui ont le même genre de son et beaucoup de groupes qui font tous exactement la même chose. Je pense que les gens ont besoin d’un peu de nouveauté, d’un peu de fraîcheur. Et même si cela implique d’entendre des choses qui sonnent un peu comme ce qui se faisait avant, au moins c’est différent de ce que l’on entend actuellement et je pense que c’est peut-être pour cela qu’on assiste à ce renouveau ces dernières années.

Dirais-tu que cette nouvelle génération en a assez de ce qu’elle entend à la radio et se tourne vers l’authenticité qu’elle trouve dans le classic rock ?

Oui, je pense que quand on en a assez de ce que l’on entend actuellement, on trouve de la musique ailleurs. Je crois que c’est pour cela que les gens reviennent vers des choses plus classiques et que cela leur plaît et ils s’en inspirent lorsqu’ils écrivent eux-mêmes de la musique.

Apparemment vous ne buvez pas, vous ne prenez pas de drogue ; penses-tu que, dans le monde du rock, c’est plus important de nos jours que dans le temps, d’avoir une vie saine et une vraie discipline de travail ?

Oui, je pense. Faire partie d’un groupe c’est plus difficile de nos jours que ça l’était à l’époque. Il faut être réactif et il faut être capable de jouer sur scène tous les soirs alors si tu bois ou que tu prends de la drogue tous les soirs, tu n’es pas en état de jouer. Et puis c’est un petit milieu alors si tu te mets quelqu’un à dos parce que tu es saoul, la nouvelle se propage vite et tu vas te retrouver mis à l’écart. Ça ne se passe plus comme avant, malheureusement. Mais nous ne sommes pas non plus totalement irréprochables, on va boire une pinte à la fin de la tournée, mais on choisit simplement de le faire à la fin parce que c’est le bon moment au bon endroit.

Votre nouvel album s’intitule Running With The Dogs. Airbourne a sorti un album intitulé Black Dog Barking l’année dernière. Étant tous deux des groupes de hard rock jeunes et plein d’énergie, vous vous sentez proches d’eux ?

Oui, nous venons de faire toute une tournée avec eux au Royaume-Uni et ça a vraiment été une bonne tournée. Nous les avions rencontrés avant la tournée et avions passé du temps avec eux, bu une bière – enfin, sans doute plutôt une dizaine de bières (rires) – on a fait la fête avec ces mecs. Nous nous entendons vraiment très bien, nous nous ressemblons beaucoup, nous avons les mêmes goûts musicaux et une vision des choses similaire, nous sommes dans le même état d’esprit. Donc oui, nous avons beaucoup de choses en commun avec Airbourne. Ça se passe vraiment très bien à chaque fois que l’on se voit.

Vu ce qu’évoque le titre de votre album, considérez-vous le groupe comme une meute ?

Oui, c’est tout à fait ça, c’est ce que l’on a voulu dire avec le titre de cet album. Il évoque notre unité, notre putain de gang, tu vois. Et on court avec les chiens comme si on était un genre de gang, tu vois. Il parle simplement des bons moments que l’on passe pendant les tournées et autre ; c’est le thème de l’album. C’est vraiment un album qui met de bonne humeur, je pense.

« En tant que musiciens, je pense que ce qui est le plus naturel c’est d’être sur scène et c’est clairement ce que nous aimons le plus. »

Vous avez l’air très à l’aise sur scène. Dirais-tu que la scène est un milieu plus naturel, pour vous, que l’enregistrement en studio ?

Oui, c’est clairement ça, comme tu l’as dit c’est là que nous sommes le plus à l’aise. L’enregistrement est un autre aspect de ce que nous faisons et cela nous plaît aussi, on peut toujours être un peu plus créatif et un peu plus expressif en studio. Mais en tant que musiciens, je pense que ce qui est le plus naturel c’est d’être sur scène et c’est clairement ce que nous aimons le plus.

Ben [Brookland, guitariste] a récemment quitté le groupe pour s’occuper de son père malade. Êtes-vous toujours en contact avec lui ? Sais-tu s’il va bien et si son père va mieux ?

Oh non, malheureusement, il ne va pas mieux, non. Son père est vraiment très malade, donc Ben voulait évidemment être auprès de lui pour profiter des derniers moments. Pour lui, c’était la meilleure chose à faire à ce moment-là. Mais oui, nous sommes toujours amis et nous sommes toujours en contact. C’est malheureux, mais ce sont des choses qui arrivent parfois dans la vie ; on se prend des coups et il faut les encaisser. Maintenant nous avons Jake à la guitare et il s’en sort vraiment très bien, c’est un mec bien et tout se passe parfaitement. C’est regrettable… C’est le destin, malheureusement.

À ce propos, comment avez-vous recruté Jake Pattison ?

On l’a trouvé sur Facebook !

Vraiment ?

Oui, on a rédigé un statut qui disait « Nous recherchons un guitariste alors si vous êtes intéressé et que vous avez entre 19 et 25 ans, envoyez-nous un message et on vous écoutera. » Il nous a envoyé un message, nous avons dû parcourir des centaines et des centaines de messages et nous sommes tombés sur celui de Jake. Nous avons aimé sa façon de jouer, son look et lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons accroché. Il a tout de suite trouvé sa place parmi nous, nous n’avions aucun doute, c’était le mec qu’il nous fallait. Tout se passe vraiment bien.

Dernière question : Puisque vous vous appelez The Treatment, vous pensez être un remède contre quoi ?

(Rires) Je pense plutôt que le c’est le rock’n’roll qui est le remède à tout ! Que tu te sentes mal ou heureux ou peu importe, tu sais que le rock’n’ roll sera toujours là pour toi. C’est clairement le remède à n’importe quelle maladie (rires) !

Interview réalisée par téléphone le mercredi 22 janvier 2014 par Amphisbaena
Retranscription et traduction par Judith
Introduction : Alastor

The Treatment sur Facebook.

Album Running With The Dogs, sorti le 3 février 2014 chez Spinefarm / Universal Records



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