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Chronique   

Thomas Giles – Modern Noise


Modern Noise est l’affaire d’un complètement. Un projet solo est souvent considéré comme une entreprise parallèle par les auditeurs par rapport à un groupe « référence » tel que l’est Between The Buried And Me. Pour Thomas Giles, c’est avant tout l’accomplissement essentiel de sa vision de la musique. Son précédent opus, Pulse (2011), affirmait ce que l’on pressentait à propos de l’artiste : à l’instar d’un Steven Wilson, il n’y a rien de « secondaire » dans son entreprise individuelle. Thomas Giles revient donc avec Modern Noise, se reposant fondamentalement sur les acquis de sa première expérience.

À l’inverse de Pulse, Thomas Giles n’est pas seul à l’ouvrage. Will Goodyear lui a prêté main forte, batteur de leur ancien groupe Prayer For Cleansing et sur l’album éponyme de Between The Buried And Me, ainsi que Jamie King, producteur attitré de ce dernier. Modern Noise est ainsi le résultat d’une alchimie parfaite entre des collaborateurs de longue date. Modern Noise est avant tout un travail vocal. Thomas Giles se permet d’explorer des approches différentes de son chant; en résulte une identité très forte de chacun des titres. « I Appear Disappear » est l’exemple même du refrain dynamique et entraînant, succédé par le jazzy-bluesy « Blueberry Queen », incarné par une voix murmurée désabusée. Thomas Giles se plaît à manier et mêler les nombreuses pistes vocales au sein d’un même titre, le tout avec une humilité et une pertinence déconcertante. Le constat est très simple : Modern Noise est en premier lieu l’album d’un excellent chanteur.

L’impression prégnante à l’écoute reste avant tout celle d’une vision pleine et entière : celle de la musique rock moderne, accordant une grande place à l’électronique, à l’image d’une référence comme Radiohead souvent présente (l’intro d’album « Wise And Silent », « The Devil Net »). Thomas Giles se permet d’aborder une diversité de registres sans jamais les dissocier entre eux. « M 3 » reprend l’énergie de certaines compositions de Between The Buried And Me et vient immédiatement côtoyer l’atmosphérique « Lkcvjvhljbvjâ?ɏЁOeâ^ + Ё?Nnnjmkjijm » (c’est effectivement un titre de chanson…). Thomas Giles évite avec brio l’écueil trop souvent présent dans la musique progressive : il conserve une simplicité de composition et une efficacité mélodique sans rendre son propos superficiel. « Wander Drug » rappelle que les rythmiques les plus élémentaires sont parfois les plus pertinentes. Le titre éponyme vient conclure justement l’opus, avec une puissance cathartique qui n’a rien à envier aux performances de Nordic Giants.

Modern Noise est en définitive un album indéniablement personnel tout en restant accessible. Pour Thomas Giles, le « son » que l’on produit devient notre propre souvenir. Aussi abstrait que ce constat puisse être, il en devient étrangement compréhensible à l’écoute de cet ouvrage. L’artiste avait déclaré : « La musique est toujours du ‘bruit’ moderne. Je suis juste une personne dans le temps présent essayant de créer quelque chose de nouveau ». C’est réussi.

Ecouter les chansons « Mutilated World », « I Appear Disappear » et « Siphon The Bad Blood » :

Album Modern Noise, sorti le 21 novembre 2014 chez Metal Blade.



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