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Interview   

Todd La Torre (Queensrÿche) : l’homme de la situation


Que l’on accepte ou pas le Queensrÿche d’aujourd’hui, de retour aux sources, musicalement, mais amputé d’une bonne partie de ses membres fondateurs, on ne peut qu’être admiratif devant les multiples talents de Todd La Torre, chanteur de la formation depuis maintenant sept ans. Si The Verdict, le nouvel album, est le plus collaboratif qu’ait connu Queensrÿche depuis des années, c’est clairement La Torre qui y donne le plus de sa personne, officiant à lui seul à deux postes : au micro et derrière la batterie. Et pour cause, depuis trente ans, La Torre est avant tout… un batteur. C’est donc naturellement lui qui, quand Scott Rockenfield est parti en congé paternité pour une durée encore indéterminée, a pris les baguettes pour enregistrer les nouvelles musiques.

Ainsi, dans l’entretien qui suit, il nous raconte tout le cheminement ayant mené à une telle décision et les difficultés de communication qui se sont installées entre le groupe et son batteur de toujours. Il nous parle également de The Verdict, un album qui se veut musicalement mieux équilibré que ses deux prédécesseurs, mais posant également la question de l’avenir de l’humanité. Nous en avons par ailleurs profité pour en savoir plus sur le parcours de celui qui, adolescent, voulait devenir un « célèbre batteur de rock » mais qui, par une succession d’heureux hasards, s’est finalement retrouvé à remplacer l’un des plus grands chanteurs de l’histoire du metal !

« La question logique est : a-t-il ne serait-ce qu’encore envie de faire ça ? Et quand tu vois quelqu’un qui ne compose pas, n’enregistre pas ou ne tourne pas, la réponse est : il est évident qu’il n’a pas envie ! […] Techniquement, [Scott Rockenfield] est toujours le batteur de Queensrÿche mais les actes en disent plus long que les mots. »

Radio Metal : The Verdict est le premier album de Queensrÿche sans Scott Renckenfield ; tu as enregistré la batterie à sa place. Scott s’est temporairement retiré de Queensrÿche afin de passer du temps avec son fils nouveau-né. Faire un album sans lui n’était pas une décision anodine : ne pouviez-vous pas attendre que Scott revienne dans le groupe ou ne savez-vous pas si et quand il reviendrait ?

Todd La Torre (chant) : Je vais répondre à cette question en plusieurs parties. Tout d’abord, ceci n’est pas le premier album sur lequel Scott n’a pas joué de batterie. Il n’a pas joué de batterie sur Operation: Mindcrime 2, donc… On va juste dire ça. Ensuite, pour ce qui est de reporter l’album, nous étions en train de le composer… Il a pris son congé paternité en février 2017 et c’était censé être temporaire. Nous ne savions pas combien de temps ça prendrait mais nous nous disions que ce serait, je ne sais pas, six mois peut-être, ou un petit peu plus long, et nous le soutenions, pas de problème. Et ensuite, nous avons demandé : « Hey, quand penses-tu revenir pour tourner, etc. ? » En gros, il nous a dit, via le management… Il ne nous l’a pas dit directement, le management nous a dit qu’il les avait informés qu’il voulait prendre le reste de l’année. Donc, nous étions là : « Oh, d’accord… » Donc nous avons fait sans lui. Et puis nous avons demandé : « Et qu’en est-il de janvier 2018 ? » Et Scott n’a pas répondu au groupe, il ne parlait qu’aux manageurs et donc il ne nous a jamais donné de réponse pour savoir s’il reviendrait début 2018. Donc, Casey Grillo nous aidait temporairement en tant que batteur de tournée pour remplacer Scott pendant que ce dernier était en congé paternité. Casey s’est retrouvé à jouer avec nous le reste de 2017, puis 2018 est arrivé et Scott ne nous disait toujours pas s’il revenait, donc nous avons demandé à Casey : « Aurais-tu moyen de faire des concerts en 2018 ? Scott devrait bientôt revenir, je ne sais pas quand, mais je ne pense pas que ça durera encore très longtemps. » Et ensuite, encore une fois, Scott n’a jamais communiqué au groupe ce qu’il voulait faire ou s’il revenait, donc nous avons continué à tourner avec Casey. Donc durant tout 2018, nous avons tourné avec Casey.

Quand est venu le moment de faire l’album, nous étions en train d’enregistrer et nous espérions : « D’accord, tu ne tournes pas mais tu vas enregistrer, n’est-ce pas ? » Pour je ne sais quelle raison, il a décidé de ne pas participer avec nous à la composition, à la pré-production et à l’enregistrement ! C’était donc seulement trois ou quatre semaines avant que nous soyons prêts à aller en studio, où notre temps avait été réservé, afin de poser les pistes de batterie, et nous lui avons demandé s’il allait enregistrer et, en gros, il a dit : « Je vous souhaite tout le meilleur. » Il a grosso modo donné au groupe sa bénédiction pour enregistrer sans lui ! Nous étions donc là : « Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Vu que j’avais de toute façon fait toute la batterie sur tous les enregistrements démo, ça paraissait logique que je les enregistre pour de vrai en studio. Voilà pourquoi c’est moi qui ai joué. Si nous avions dû attendre après Scott… Il faut garder en tête qu’il n’a pas dit : « Je peux enregistrer pendant telles heures, tels jours, ou je ne peux pas enregistrer là mais je peux enregistrer là. » Il n’y avait aucun engagement ; il n’y avait aucune communication disant qu’il veut enregistrer et quelles sont ses disponibilités. Je veux dire, nous connaissions tous le calendrier pendant lequel nous devions enregistrer en studio, donc nous nous étions engagés à ça. Il y avait ça et le fait que nous faisions venir notre producteur par avion, et tout le reste que ceci impliquait. Donc si nous avions reporté l’album, on ne sait pas ce qui se serait passé. Ça aurait pu ne jamais se faire ! Ça aurait pu être dans un an. Ça aurait pu être dans deux ans. Nous avions déjà repoussé l’enregistrement à deux reprises parce que les chansons n’étaient pas tout à fait prêtes. Donc arrivé le moment où les chansons étaient prêtes et où nous étions prêts à enregistrer, ça semblait déraisonnable de repousser indéfiniment l’album à une date ultérieure que nous ne connaissions absolument pas. Nous devions continuer de travailler et sortir l’album, et nous avons des contraintes, avec les tournées et ce genre de chose. Il n’y avait pas moyen pour nous de repousser encore l’enregistrement pour quelqu’un qui n’était pas capable ou n’avait pas envie de nous donner une deadline.

Ce n’est pas une situation gênante et même frustrante pour le reste du groupe d’être dans le flou le plus complet au sujet de Scott et qu’il ne communique pas directement avec le groupe ?

Bien sûr ! C’est frustrant pour vous, c’est frustrant pour les fans, car ils veulent des réponses ! Imaginez alors ce que nous, nous ressentons quand nous-mêmes n’arrivons pas à obtenir la moindre réponse ! C’est gênant mais tu sais quoi ? L’album, au final, est super ! Je pense qui si on ne disait à personne que Scott n’a pas joué dessus, si on disait que Scott avait joué sur l’album, tout le monde s’en ficherait, personne ne dirait rien, sauf que la batterie sonne super bien parce qu’ils croiraient que c’est Scott qui l’a jouée. S’ils pensaient que c’est lui qui a joué, les fans auraient accepté la batterie sans broncher parce qu’ils adorent Scott, et nous de même ! Nous voulions qu’il fasse partie de l’album mais le fait est que l’album est super et nous avons plein de concerts qui arrivent en soutien de cet album ; nous allons tourner avec Fates Warning pendant un mois aux US sur la première partie de la tournée, nous serons en Europe pendant trois semaines et demie à la fin juillet, nous allons rejouer au Wacken, nous allons jouer au Rock Of Ages, nous allons jouer au Bloodstock, nous allons jouer à l’Alcatraz… Nous avons donc de jolis festivals et des concerts en salle. Donc, heureusement, le groupe ne souffre pas de ce problème que nous rencontrons. Nous continuons à avancer, jouer de la musique, composer et enregistrer.

Dans le cas de figure où son hiatus durerait encore plus longtemps, prendrez-vous une décision à sa place ou bien vous lui laisserez autant de temps que nécessaire ?

Tout ce que je peux dire est que la porte a toujours été ouverte pour que Scott prenne part à ce que nous faisons. Je veux dire que s’il ne voulait pas tourner, je pourrais le comprendre. Il a un enfant en bas âge chez lui aujourd’hui, peut-être qu’il n’a plus envie de tourner, je ne sais pas, mais on pourrait se dire que, au moins, il prendrait part à l’album. Mais quand il a décidé de ne pas participer à l’album, il faut se demander… La question logique est : a-t-il ne serait-ce qu’encore envie de faire ça ? Et quand tu vois quelqu’un qui ne compose pas, n’enregistre pas ou ne tourne pas, la réponse est : il est évident qu’il n’a pas envie ! Mais il ne nous a jamais dit qu’il ne voulait pas jouer, il ne nous a jamais dit qu’il voulait partir, il n’a jamais été viré du groupe, donc techniquement, c’est toujours le batteur de Queensrÿche et Casey est notre batteur de tournée, mais les actes en disent plus long que les mots.

« Nous avons vraiment une marge pour expérimenter, mais on ne peut pas aller aussi loin au point de perdre la base des fans purs et durs de Queensrÿche qui s’attendent à un groupe dans une veine hard rock mélodique. »

Tu as donc enregistré la batterie pour The Verdict. Penses-tu que c’était l’occasion de faire une déclaration sur l’unité du groupe, plutôt que de demander à quelqu’un d’extérieur au groupe, tel que Casey Grillo, d’enregistrer la batterie ?

Les gens demandent pourquoi Casey n’a pas joué sur l’album, vu que c’est notre batteur de tournée, et la réponse est : ça aurait été déloyal vis-à-vis de Scott de faire intervenir un gars extérieur. Même s’il tourne avec nous, ce n’est pas le batteur officiel de Queensrÿche, c’est le batteur de tournée. Je ne pense pas que ça aurait été juste de faire venir Casey, car il faut garder en tête que nous ne savions pas que nous aurions besoin d’un autre batteur pour enregistrer avant d’être seulement à quelques semaines de l’enregistrement. Il n’y aurait donc jamais eu suffisamment de temps pour apprendre convenablement les chansons de l’album. Et comme je l’ai dit, j’avais de toute façon tout composé pour la batterie sur l’album, j’avais donc une bonne vision de ce qui devait être fait sur les chansons. Et le fait que ça reste au sein du groupe, les membres officiels du groupe, était important pour nous. Nous aurions pu faire appel à un autre célèbre batteur pour qu’il joue sur l’album, mais je pense que si nous avions fait ça, ça aurait détourné l’attention sur ce célèbre batteur qui joue sur un album de Queensrÿche, plutôt que de dire : « Queensrÿche a composé et Queensrÿche a enregistré l’album. » Donc c’était important pour nous que ça reste au sein du groupe et n’avoir personne au-delà de ce cercle sur cet album. Mais je rajouterai que sur les deux titres bonus, qui sont acoustiques, Casey a enregistré toutes les percussions à la main. Donc Casey est crédité sur l’album aux percussions pour « I Dream In Infrared » et « Open Road », les deux chansons acoustiques. Et soit dit en passant, Casey est un être humain extraordinaire, c’est un de mes meilleurs amis et il a fait un boulot incroyable, alors qu’il a été jeté là-dedans un peu par erreur. Je veux dire que c’était censé n’être que temporaire mais il a assuré et les gens semblent l’apprécier.

Tu es de toute évidence un batteur très talentueux, mais malgré tout, n’avais-tu aucune crainte à l’idée d’être à la hauteur du standard que Scott avait établi en presque quarante ans dans le groupe ? Je veux dire qu’il a vraiment une patte à lui qu’on associe facilement au son de Queensrÿche…

Scott est vraiment unique, il n’y a qu’un Scott Rockenfield. Mais parce que j’ai enregistré des albums avec lui et tourné avec lui, et que nous avons fait des choses ensemble sur le kit de batterie, nous montrant des choses l’un et l’autre, je pense avoir probablement une meilleure idée que n’importe qui de ce que sont les parties de batterie d’une chanson de Queensrÿche. Je n’étais pas du tout inquiet. J’étais soucieux de… Bon, normalement j’aurais fait des triolets à la double grosse caisse ou j’aurais fait des roulements plus chargés avec les mains et les pieds, plus dans la veine de ce que Mike Portnoy aurait fait. Mais Scott n’aurait jamais joué comme ça. Il a donc fallu que je pense à ceci : « En temps normal, j’aurais fait ça, mais pas Scott. Qu’est-ce que Scott aurait fait ? Ok, voilà une chanson qui a un feeling similaire, voilà le genre de roulement qu’il a fait ici, je peux calquer ces roulements sur ces autres roulements que Scott a faits. » Je dirais que quatre-vingt-dix pour cent des roulement sur l’album sont des choses que Scott a déjà faites et enregistrées, et je pourrais te montrer : « Oh, tu vois ce roulement batterie sur cette chanson ? Eh bien, voilà le roulement qu’on retrouve dans ‘Jet City Woman’, c’est le même roulement de base. Voilà le roulement qu’on retrouve dans ‘Speak’. Ok, si tu regardes ça, j’ai fait le même genre de chose dans cette chanson. Et puis voilà la double chinoise, voilà le jeu d’alternance entre le charley et la cymbale ride, voilà la chinoise sans grosse caisse et le travail au pied à cet endroit. » Donc, je ne sais pas quel défi ça représentait, autre que le fait que j’ai dû vraiment essayer de réfléchir à ce que Scott aurait fait à tel et tel endroit. Et puis il y avait d’autres passages où j’ai simplement fait ce que je voulais, car je trouvais que ça avait du sens dans la chanson et que ce n’était pas déplacé. J’aurais clairement pu aller beaucoup plus loin niveau jeu de batterie sur cet album, mais je n’avais pas envie. Je ne voulais pas frimer et détourner la batterie de sa fonction première, qui est de tenir le groove, le rythme et le tempo de la musique ; c’est ça le boulot du batteur en premier lieu. Je pense avoir en fait pas mal freiné mon jeu sur cet album pour que ce soit plus simple et savoureux. Mais il y a aussi des parties travaillées intéressantes. Je veux dire que je peux jouer ces chansons exactement comme on les entend sur l’album, car ce sont des parties de batterie délibérément composées telles qu’elles sont, elles sont travaillées d’une certaine manière.

Tu as donc écrit des textes, tu as enregistré le chant et tu as enregistré la batterie, ce qui fait beaucoup de responsabilités pour un seul homme… N’était-ce pas un processus éprouvant ?

Si, c’était très fatigant ! [Rires] Car quand j’ai fait la batterie, le reste du groupe était dans la salle de contrôle, donc je leur disais : « Ok, la guitare fait ceci, Eddy, parlons de tes lignes de basse car il y a le chant qui a tel phrasé, et si on faisait la batterie comme ça et ainsi elle n’empiète pas sur la partie de guitare ou la nouvelle partie de chant qu’on a créée ? Ça permet à la chanson de respirer. » Donc, le fait qu’ils aient été là dans le studio était vraiment génial parce que nous pouvions parler de ces parties de batterie pendant que nous les enregistrions. Autrement, j’aurais pu enregistrer toutes les parties de batterie de mon côté, ils seraient venus, auraient écouté et tout aurait été déjà fait. Je voulais vraiment qu’ils soient là durant tout le processus. Et puis, bien sûr, j’étais là durant tout l’enregistrement des parties de basse d’Eddy, afin de m’assurer que nous étions en phase, car je connaissais la moindre note de grosse caisse que j’ai faite et Eddy et moi voulions vraiment être hyper-soudés sur cet album. C’était donc un processus éreintant parce que j’étais impliqué dans plein d’aspects mais j’étais vraiment honoré de pouvoir le faire et je me sens très reconnaissant, et je pense que le résultat est super et vaut chaque minute de dur labeur que nous avons tous mis dedans. Nous avons vraiment travaillé comme un groupe au complet sur cet album. Parker [Lundgren] a écrit le texte et la musique de « Dark Reverie » tout seul, Eddy Jackson a écrit la musique, le chant et les paroles de « Propaganda Fashion » et « Light Years », et puis Eddy et moi avons coécrit « Portrait », et puis Michael [Wilton] et moi avons fait des choses. Donc tout le monde a contribué de toutes sortes de manières dans cet album.

Ça rejoint ce que disait Michael qui expliquait que cet album était « la convergence créative de ce line-up ». As-tu l’impression que ça a pris deux albums à cette incarnation du groupe pour se sentir vraiment à l’aise en tant qu’unité créative ?

Peut-être. Je veux dire que nous avons travaillé en tant que groupe sur les deux derniers albums mais je pense qu’avec celui-ci, parce que… Sur les deux derniers albums, plein de chansons étaient déjà finies durant la phase de démo. Avec cet album, il y avait bien plus de chansons qui étaient incomplètes. Donc quand nous avons commencé à nous réunir avec Zeuss, notre producteur, pour les pré-productions, nous devions vraiment créer les nouvelles parties qui manquaient. C’est donc là que nous avons tous pu parler avec lui et en tant que groupe, et parce que ces chansons n’étaient pas totalement développées, ça a permis à un travail d’équipe de commencer à émerger, car les parties n’existaient pas ou avaient besoin d’être réarrangées ou autre. Je pense que, parce que les chansons n’étaient pas complètement terminées, ça nous a permis de vraiment travailler sur nos instruments en temps réel en studio et de créer des choses en tant qu’unité.

« Même si quelque chose va à l’encontre de ce que je pense, si on me démontre que j’ai tort, je vais changer ma façon de penser en me basant sur les faits. Il y a plein de gens qui ignorent les faits parce que ça contredit leur vision du monde. La religion en est un bon exemple. »

On peut clairement entendre une progression : de l’album Queensrÿche à Condition Hüman, le groupe a gagné un son plus moderne grâce au travail de Chris « Zeuss » Harris, mais il restait tout de même des sortes de gimmicks musicaux très années 80, et maintenant avec The Verdict, cette modernité progresse dans votre approche des chansons et avec le côté plus lourd. Dirais-tu que, au cours de ces trois albums, Queensrÿche était en train de tâter le terrain pour progressivement aller vers son nouveau son ?

Probablement. On ne sait pas avant d’en arriver à ce stade. Je veux dire qu’on a toujours l’impression de travailler ensemble à chaque fois qu’on fait un album, mais ceci étant le troisième album que j’ai eu à faire avec le groupe, j’imagine qu’on peut entendre cette évolution du groupe et ce développement. Je trouve qu’il y a de super chansons sur ces deux autres albums, mais je crois que celui-ci est mon préféré en tant qu’album complet, à écouter du but à la fin. Il est clairement plus heavy, il est aussi plus progressif à certains égards. Il a une approche moderne mais, d’un point de vue sonore, nous avons fait quelque chose qu’on ne fait plus tant que ça aujourd’hui, comme par exemple avec la batterie. La batterie n’a pas tous ces triggers et trucs qui remplacent le son partout, alors que sur nombre d’albums qu’on entend de nos jours, toutes les caisses claires sonnent identiques, les toms sonnent vraiment compressés, on n’entend pas tellement l’acoustique de la pièce, etc. Nous voulions ouvrir un peu plus tout ça sur cet album, faire que la batterie sonne plus réelle. Je n’ai pas envie de jouer sur une batterie acoustique et ensuite que chaque tom soit remplacé par le son d’une autre batterie. C’est donc un véritable enregistrement organique qu’on retrouve sur cet album.

D’un autre côté, même s’il y a une progression, les trois albums se basent sur une approche ou une formule similaire, avec juste assez de variations pour les différencier, mais aucun changement radical comme on a pu en entendre par le passé de la part de Queensrÿche – si on compare Operation: Mindcrime, Empire et Promised Land, ce sont trois approches très distinctes. Dirais-tu que ce serait trop risqué de faire ce type de changement radical aujourd’hui, dans le type d’industrie qu’on connaît désormais, qui est très différente de ce que le groupe a connu à l’époque ?

Ouais. Enfin, en tant que fan de Queensrÿche avant que je ne rejoigne le groupe, ces changements radicaux… Je veux dire qu’Empire était un changement radical par rapport à Operation: Mindcrime mais j’adore Empire, c’est un album extraordinaire. Je l’aimais malgré tout. Promised Land était bien plus différent. Quand Promised Land est sorti, je n’étais pas vraiment prêt pour ce type d’album de la part du groupe. Ensuite, il y a eu tous les autres albums sur lesquels la direction musicale a tellement changé par rapport à ce que, personnellement, j’adorais chez Queensrÿche que j’ai perdu intérêt. Et je pense que plein de fans ont perdu intérêt dans le groupe ! Je pense que ces éléments hard rock et heavy metal avaient disparu sur une grande partie de ces autres albums. Et il faut se rappeler : des compositeurs extérieurs sont intervenus sur ces autres albums, comme Dedicated To Chaos, par exemple. Ce nouvel album n’a aucun compositeur extérieur et il est propulsé par des membres fondateurs qui faisaient partie du groupe à ses débuts. Donc en n’ayant aucun compositeur extérieur, on obtient un album à cent pour cent authentique dans le style de Queensrÿche. Et même si nous voulions faire quelque chose de différent, je ne pense pas que ça serait la majorité de l’album. Si tu regardes la chanson « Portrait », par exemple, sur The Verdict, c’est une chanson qui sonne comme si elle avait pu apparaître sur Promised Land ou même peut-être Empire, mais tout l’album ne donne pas le sentiment d’un changement aussi radical. Il y a des chansons qui sont très différentes mais elles fonctionnement quand même dans le contexte de cet album qui, selon moi, ne dégoûtera pas l’auditeur. Je pense que c’est plaisant de ne pas entendre dix chansons heavy metal qui tabassent, Queensrÿche n’est pas comme ça. Je pense que nous avons vraiment une marge pour expérimenter, mais on ne peut pas aller aussi loin au point de perdre la base des fans purs et durs de Queensrÿche qui s’attendent à un groupe dans une veine hard rock mélodique.

Ne penses-tu pas que certains de ces fans des débuts, en fait, aimaient Queensrÿche pour ces changements radicaux ?

Je ne crois pas que les fans purs et durs aiment les changements radicaux. Je ne crois pas qu’un fan hardcore adore l’album Tribe. Je ne crois pas qu’un fan hardcore adore Dedicated To Choas. Il y a peut-être quelque chose ici et là qu’ils apprécient, mais si on regarde les fans et on leur demande quels sont leurs albums favoris de Queensrÿche, ces albums n’apparaissent généralement pas dans les listes. Généralement, c’est l’EP, The Warning, Rage For Order, Operation: Mindcrime et Empire, et parfois Promised Land. On n’entend jamais American Soldier, par exemple, cité comme étant un des meilleurs albums de Queensrÿche, parce que je pense que les racines de Queensrÿche ont toujours été plus celles d’un groupe de heavy metal et hard rock mélodique et progressif. Tout ça, c’est subjectif, je peux me tromper, mais je ne crois pas que je me trompe.

Mais peut-être que ce que les fans n’aimaient pas dans ces albums plus récents – Tribe, American Soldier, Dedicated To Chaos, etc. – n’était pas tant les changements radicaux que l’inspiration – ou le manque d’inspiration – à leur origine…

Bien sûr ! Ecoute, il n’y a rien de mal dans le fait de changer et arriver avec de nouveaux sons vraiment créatifs pour ton groupe. C’est génial. Le problème, c’est lorsque tu dévies trop des éléments que les fans connaissent et apprécient ; c’est la raison pour laquelle Iron Maiden est toujours aussi énorme aujourd’hui. Pourrais-tu imaginer si Iron Maiden avait sorti un album qui sonnait comme Promised Land de Queensrÿche, dans ce style ? Ça ne serait jamais arrivé, ça n’aurait jamais marché ! Ou pourrais-tu imaginer si Testament sortait une chanson qui sonnait comme Nickelback ? Ce serait un changement tellement radical qu’aucun fan au monde ne voudrait ça. Il y a des groupes qui sont restés fidèles à leur style, et ouais, il se peut qu’ils aient créé des choses qui sonnaient nouvelles, mais les fans aiment cette musique depuis le début pour une raison. Quand on abandonne le chant acrobatique, quand on arrête de chanter ici et là les trucs aigus vraiment cool, quand on compose des chansons lentes à mid-tempo sur tout l’album, il y a des fans qui aimeront, mais c’est très risqué. Peut-être qu’à l’époque, quand le groupe vendait des millions et des millions d’albums et affichait complet dans des arènes, il pensait qu’il pouvait se permettre de prendre ce risque, mais aujourd’hui, d’un, je ne crois simplement pas que ce soit une décision intelligente d’un point de vue du business, et de deux, nous composons ce que nous aimons composer, nous composons ce que nous apprécions. Et en grande partie, ça correspond à des musiques heavy et progressives, mais tout en ayant aussi des chansons plus lentes, ouvertes et spacieuses qu’on retrouvait sur ces plus vieux albums. C’est un joli et délicat équilibre. On n’est pas obligé de ne composer que des trucs heavy. Mais je pense que quand un album, dans son ensemble, représente un tel écart, ça peut amener des réactions négatives.

« Le titre […] est dirigé vers une question ouverte, demandant : si l’univers pouvait rendre un verdict sur le comportement de l’humanité envers elle-même et envers la Terre, quelle serait la décision ? C’est donc à nous de répondre à The Verdict. »

Tu as déclaré que la seule chose à laquelle vous avez fait attention en faisant cet album était d’avoir plus de chansons rapides. Et c’est le cas, mais sans oublier les chansons plus lentes et mid-tempo. As-tu le sentiment qu’ainsi, cet album est mieux équilibré et plus dynamique ?

Oui, je suis complètement d’accord avec cette affirmation. C’est un album qui s’enchaîne bien, ce n’est pas rapide d’un bout à l’autre, ce n’est pas blindé de chansons mid-tempo au point de s’ennuyer, il a une jolie diversité. Je trouve que c’est un album bien équilibré et bien complet.

Tu as le sentiment que cet équilibre manquait aux deux albums précédents ?

Je pense que sur le premier album, nous aurions pu mettre une chanson rapide en plus. Il y a déjà quelques chansons rapides dessus, comme « Vindication » ou « Don’t Look Back ». Condition Hüman, selon moi, aurait pu en inclure davantage. C’est pourquoi nous étions attentifs à ça pour ce nouvel album : quand nous avons commencé à assembler toutes ces chansons et à essayer de voir quelle chanson allait être en premier, en second, en troisième, en quatrième, en cinquième, etc., nous disions : « Ok, ça c’est un peu mid-tempo, ça c’est plutôt lent, ça c’est plutôt rapide… Où est la chanson rapide ? Où est la chanson heavy qui tabasse ? » Nous voulions que cet album donne le sentiment d’avoir le bon mélange de musique rapide, mid-tempo et lente. Je pense que nous y sommes parvenus.

Dans la plus pure tradition de Queensrÿche, au niveau des textes, les chansons sur cet album sont très liées à des thématiques sociales et politiques sur ce qui se passe dans le monde. Et vu que l’album s’intitule The Verdict, penses-tu que nous soyons actuellement à un tournant ou à un stade déterminant dans le monde et au sein de nos sociétés occidentales ?

Je crois que nous vivons une époque très intéressante, c’est certain. Ouais, l’album est rempli de textes ayant à voir avec les injustices sociales, des choses politiques qui se produisent, plein de perspectives différentes… Il y a tellement de merde aujourd’hui. Aux Etats-Unis, le pays est tellement divisé. Et la façon dont les gens perçoivent notre président : certains le détestent, certains l’adorent. Plein de choses se passent en Europe, en Italie, en Allemagne, il y a les réfugiés, Daech qui continue à faire explorer les gens, il y a le conflit en Syrie, il y a des gens qui sont lapidés à mort et pendus en Arabie saoudite pour apostasie, il y a des gens tués parce qu’ils sont homosexuels… On est en 2019 et on continue à discriminer les gens pour la façon dont ils sont nés, putain, c’est ridicule ! Il y a des tueries de masse ici aux Etats-Unis à chaque fois que tu allumes la télé et il y a le problème d’eau potable dans le Michigan, il y a des sans-abris… Enfin, les problèmes sont si profonds que je crois qu’il est important que nous parlions de certaines de ces choses dans l’album. Donc ouais, nous vivons assurément une époque importante dans notre histoire, de bien des façons, et c’est malheureux. On dirait que l’histoire se répète, en un sens, qu’on n’a rien appris. Il y a des gens qui se tuent au nom de ce qu’ils estiment être l’héritier légitime du trône de Mahomet. Il y a tous ces conflits pour dire quel Dieu est le bon, c’est vraiment malheureux. Et Queensrÿche a toujours écrit au sujet de thématiques faisant réfléchir. Nous ne sommes pas un groupe qui écrit au sujet de sexe, drogue et rock n’ roll.

Les gens se servent souvent de la musique comme d’une échappatoire, mais penses-tu qu’on ne devrait pas laisser l’art détourner les gens de la réalité, mais au contraire, laisser l’art refléter la réalité et la mettre au visage des gens ?

Il existe des musiques que j’aime et qui ne parlent pas de ce type de chose. Je les apprécie parce que justement, c’est une bonne échappatoire. A la fois, c’est notre plateforme pour éventuellement exprimer comment on voit le monde. Je veux dire que, dans le groupe, nous avons tous des points de vue différents sur le monde, donc quand nous parlons d’un sujet politique, nous ne prenons pas parti et ne disons pas à l’auditeur qu’il faut penser d’une certaine manière, mais nous mettons le sujet en avant afin d’en discuter. On peut le balayer et le mettre sous le tapis, ça ne le règle pas pour autant. Donc je pense qu’on peut avoir des conversations intelligentes à propos de ces situations inconfortables, et en parler est ce qui aide à progresser. Je pense que la musique a toujours été un super outil d’expression pour protester, pour s’opposer ou pour réfléchir. C’est de l’art, tout simplement, et chacun voit ça et entend ça différemment. C’est un fil conducteur dans la musique de Queensrÿche de parler de ce type de sujet – l’avidité, la corruption, ce genre de chose.

Bobby Blitz du groupe de thrash metal Overkill nous a dit une fois qu’il ne parlait pas de la politique d’une époque spécifique dans ses textes parce que ça enferme la chanson dans cette année-là, ce qui selon lui réduit sa valeur, ça ne la rend pas intemporelle. Penses-tu qu’il ait tort ? Penses-tu que certains sujet politiques et sociaux que le groupe a abordés par le passé ont toujours de la valeur aujourd’hui et s’appliquent encore ?

Voilà le truc : si tu prends une chanson des années 60 qui protestait contre la guerre du Vietnam, par exemple, on pourrait prendre ces paroles, les mettre dans une chanson de Queensrÿche aujourd’hui et ça marcherait toujours. Donc je ne crois pas que ce soit périodique ; je ne pense pas que ça enferme, car ça fait des milliers d’années, par exemple, que les gens se battent pour les religions. Ça n’est pas près de s’arrêter, selon moi. Je pense qui si on parle de sa Mercedes Benz et ses chaussures Nike, de putes en boîte de nuit, etc., par exemple, comme on le voit dans le rap, pour moi, ça c’est périodique. Les problèmes sociaux… L’esclavage, par exemple, il y a de l’esclavage quand on exploite les ouvriers en les payant moins que le salaire minimum pour leur travail. C’est une forme d’esclavage. Donc, l’esclavage existe toujours dans certains contextes en Amérique, et je ne parle pas d’autres parties du monde.

Soit dit en passant, Overkill est un de mes groupes favoris de tous les temps encore actuellement en activité, j’adore Overkill, mais encore une fois, si tu parles d’une problématique sociale, tu peux toujours le faire de façon à ce que ça reste vague ou à laisser une ambiguïté ; tu peux parler d’un type d’injustice mais sans dire précisément de quoi il s’agit. Par exemple, nous n’en avons pas parlé dans l’album, mais je suis sûr que tu as entendu parler de Colin Kaepernick, qui est un footballeur noir qui s’est agenouillé pendant l’hymne national à un match de football américain, et plein de gens l’ont soutenu et plein d’autres l’ont dénoncé. Si on se mettait à parler de ça, on pourrait en parler d’une certaine façon, sans spécifiquement mentionner le gars s’agenouillant pendant l’hymne national pour protester, on pourrait quand même artistiquement transmettre le message de protestation de cet acte contre l’inégalité de la justice, la brutalité policière et le profilage des minorités ethniques. On pourrait quand même en parler sans jamais dire un mot qui enferme la chanson et dire : « Oh, c’est la protestation qui a eu lieu cette année. » On pourrait quand même dire des choses et ça pourrait s’appliquer à des millions de types de protestations ou d’injustices dépeignant des inégalités sociales, par exemple. Donc je crois que c’est une question d’approche et de comment on délivre le message. Et c’est peut-être seulement lorsqu’on interviewe la personne et qu’elle dit « oh, ça parle de ça » qu’on saura vraiment que ça parle de ce cas précis.

« Mon père m’a acheté mon premier kit de batterie quand j’avais treize ans et ensuite toute ma vie a changé. Tout tournait autour de la batterie dans ma vie. Je voulais être un célèbre batteur de rock, c’est ce à quoi j’aspirais. […] Je n’ai jamais essayé d’être le chanteur de ces groupes. C’est assez bizarre. Ça n’a jamais été quelque chose que j’avais envisagé. »

Étudies-tu ces sujets géopolitiques, socio-politiques, socio-économiques et gouvernementaux afin de les aborder avec justesse dans tes textes ? Je veux dire que ce peut être des problématiques très complexes…

Oh, c’est super complexe ! Je veux dire que je ne suis pas professionnel dans le domaine mais j’essaye de m’éduquer sur toutes les perspectives de certaines de ces situations, que ce soit en matière de science… Enfin, peux-tu croire qu’à notre époque il existe des gens qui pensent que la Terre est putain de plate ? Des gens croient que la Terre est plate ! C’est le truc le plus ridicule que j’ai jamais entendu ! Et il y a des gens qui nient le changement climatique, il y a des gens qui nient l’évolution… C’est un problème en Amérique surtout, on ne voit pas ce comportement de façon aussi répandue en Europe. Je ne vois pas autant de gens en Europe nier l’histoire du vivant inscrite dans les fossiles et le fait de l’évolution. J’essaye de me tenir au courant, de m’impliquer et de m’éduquer au sujet de la politique, y compris celle qui a lieu en Europe, en Allemagne, au Royaume-Uni. Je ne suis pas très à jour sur le Royaume-Uni et tout le truc autour du Brexit mais… Et aussi quand nous partons en tournée, je peux parler aux gens que je connais en Allemagne et leur demander : « Comment est votre système de santé ? Car en Amérique, c’est la merde ! Dites-moi, combien ça vous coûte ? Avez-vous l’impression que ça marche bien pour vous ? » Et ensuite, tu regardes les statistiques des taux de mortalité ou de la santé préventive… Il y a un tas de sujets dans lesquels je m’implique et qui m’intéressent, car je trouve que c’est important. Je n’ai pas envie d’être ignorant vis-à-vis de ce qui se passe. Je n’ai pas envie de simplement choisir un côté parce que c’est en phase avec mes préférences personnelles. Même si quelque chose va à l’encontre de ce que je pense, si on me démontre que j’ai tort, je vais changer ma façon de penser en me basant sur les faits. Il y a plein de gens qui ignorent les faits parce que ça contredit leur vision du monde. La religion en est un bon exemple.

The Verdict, le titre, pourrait tout aussi bien s’appliquer au groupe – je ne sais pas si c’était prévu ainsi : avez-vous le sentiment que cet album, et la façon dont il sera reçu par les fans, sera décisif pour le groupe ?

Je pense que c’est un très bon album, pour être honnête. Enfin, chaque groupe dit ça quand il sort un album : « On le trouve super ! » Mais on ne sait jamais vraiment avant que les gens l’aient entre les mains. Mais je pense que la majorité des fans aimeront cet album. Je suis très fier de cet album et tu sais quoi ? Nous allons en faire d’autres ! Nous commençons déjà à écrire des idées pour le prochain album parce que nous ne voulons pas attendre quatre ans pour sortir le prochain, nous voulons commencer à prendre de l’avance en apportant dès maintenant de nouvelles idées de chansons afin d’être prêts pour le prochain. Mais il y a toujours cette pression : « Condition Hüman a été très bien reçu, sont-ils capables de faire un album aussi bon voire meilleur ? » Je crois que nous l’avons fait. Je ne pense pas qu’il tuera le groupe mais je ne pense vraiment pas qu’il sera mal reçu. Il y aura toujours des gens qui n’aiment pas quelque chose mais je crois que nous sommes sur la bonne voie, et jusqu’à présent, tous les retours que nous avons eus ont été vraiment très positifs. Ça nous donne bon espoir.

Mais le titre en soi n’est pas dirigé vers le groupe, il est dirigé vers une question ouverte, demandant : si l’univers pouvait rendre un verdict sur le comportement de l’humanité envers elle-même et envers la Terre, quelle serait la décision ? C’est donc à nous de répondre à The Verdict. Cette tension, juste avant d’obtenir la réponse, c’est un peu ce que dépeint l’illustration de l’album. Par exemple, il y a des choses que nous considérons comme étant éthiquement morales en Occident, n’est-ce pas ? Et il y a des choses dans d’autres pays que nous considérons comme étant très barbares, ils font des choses horribles. Il y a des tribus qui balafrent le visage de leurs bébés avec de petites lames de rasoir. C’est de la scarification. Et ils trouvent ça magnifique. Mais nous, jamais on utiliserait un rasoir sur le visage d’un bébé pour lui faire des balafres, car on trouve que ce n’est pas éthique. Or, dans ces cultures, eux ils trouvent que c’est éthique. Qui donc détermine ce qui est bien et ce qui est mal ? Chaque société a ses propres règles basées sur ce qu’on considère être moral. Il n’y a pas vraiment de bonne ou mauvaise réponse. Pour autant, il y a des choses qui sont clairement bonnes et mauvaises. On sait que c’est mal de tuer, pourtant on le fait de différentes façons. Si une femme a été violée et souhaite se faire avorter, certains soutiennent ce droit, d’autres pensent que c’est mal. Donc, encore une fois, c’est une question ouverte : comment l’univers jugerait-il le comportement de l’humanité ? Voilà la question qui est posée.

Michael a récemment remarqué dans une interview qu’aujourd’hui vous tournez constamment et que Queensrÿche « c’est vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et de temps en temps, c’est payant… » Dirais-tu que ça ne paye pas assez souvent ?

[Rires] Eh bien, il est clair que ça ne paye pas comme au bon vieux temps des années 80 et 90, n’est-ce pas ? Les gens volent la musique, ils stream la musique gratuitement tant qu’ils ont les publicités, on peut écouter l’album entier sur YouTube gratuitement… La quantité d’argent qu’on nous paye n’est rien par rapport à l’époque où on pouvait aller au magasin de disque et où on devait acheter le CD ou la cassette. Donc, à cet égard, les artistes se font rouler. Et c’est pourquoi on voit tant de groupes tourner, car ils sont obligés, afin de gagner leur vie. Ceci étant dit, nous gagnons bien notre vie, nous vivons des vies confortables sur la base de nos tournées et du merch, et nous avons un super contrat avec le label, Century Media, qui soutient très bien l’album financièrement. Donc ça pourrait être pire. Je connais plein de groupes qui sont loin de se faire l’argent que se fait Queensrÿche et qui prouvent qu’ils font ça par amour, pas parce qu’ils sont millionnaires. C’est une autre époque, c’est sûr, mais je suis quand même très reconnaissant pour la manière dont ça paye, mais certainement, quand tu vois des ventes à treize, quatorze, quinze mille exemplaires dans la première semaine, ça équivaut probablement à cent mille ou deux cent mille à l’époque. C’est relatif à cause du MP3, du partage de fichiers, des sites de BitTorrent, de YouTube, etc. Tout le monde a un téléphone portable et ils filment ton concert, donc si tu as quelque chose de spécial à montrer à un concert, désormais on peut le voir avant même d’aller au concert parce que c’est sur YouTube en live ou sur Facebook, ça arrive en temps réel ! Il y a du pour et du contre. C’est super parce que ta musique est très rapidement exposée ; c’est négatif parce que tu perds le contrôle sur la façon dont cette musique est exposée au monde.

« Après sept ans, j’ai tout entendu, on m’a traité de tous les noms, on m’a menacé, on m’a dit que j’étais nul à chier… J’ai tout entendu ! Donc ça ne me dérange même plus. Je me concentre sur les paroles positives de gens qui disent qu’ils se sont remis à écouter Queensrÿche depuis que j’ai rejoint le groupe. »

L’année prochaine marquera les trente ans de l’album Empire. J’ai appris que le groupe travaillait sur un coffret anniversaire à cette occasion. Même si tu n’as pas fait partie de cet album, tu as dit plus tôt que tu étais quand même fan de Queensrÿche à l’origine. Du coup, que penses-tu de cet album, qui est le plus gros succès du groupe à ce jour ?

Je trouve que c’est un album phénoménal. D’un point de vue sonore, c’est l’un des albums les plus parfaitement enregistrés jamais réalisés. Mais j’ai vu un gros titre qui disait : « Queensrÿche sort un coffret. » Je n’en savais rien ! Donc j’ai appelé les autres gars dans le groupe et personne n’en savait rien. Donc ce n’est pas quelque chose que le groupe Queensrÿche sort, c’est quelque chose que, j’imagine, le label – je ne parle pas de Century Media – sort ; peut-être qu’ils possèdent les droits sur l’album. Je ne sais pas parce que je ne faisais pas partie de cet album et je ne sais pas comment le contrat a été structuré, mais ça n’est pas quelque chose dans lequel nous sommes impliqués. Donc je ne sais rien à ce sujet. De ce que je comprends, ils n’ont pas contacté le groupe Queensrÿche pour faire ça, mais j’ai effectivement lu que Geoff Tate travaillait avec eux pour leur fournir des commentaires pour le livret ou ce genre de chose – peut-être que c’est lui qui les a contactés parce qu’il sait que l’anniversaire approche. Peut-être qu’ils l’ont contacté ou peut-être qu’il les a contactés, mais personne dans le groupe Queensrÿche ne prend part à ça.

Tu es principalement connu comme chanteur, mais tu as été batteur depuis très jeune, et non seulement ça, mais aussi tu peux jouer de la guitare, de la basse et du clavier. Pour certaines personnes, il leur faut toute une vie pour maîtriser un seul instrument. Du coup, peux-tu nous raconter comment tu es devenu un multi-instrumentiste aussi talentueux ?

Ma mère a toujours eu une bonne voix, ainsi que mon père, mais aucun des deux n’était ce que je considère vraiment comment étant de vrais musiciens. Ils n’ont jamais composé, ils ne se sont jamais produits ou quoi que ce soit mais j’ai toujours grandi dans une famille très musicale, exposé au jazz, au classic rock, au RnB, et toute sorte de musique. J’ai donc commencé à jouer de la guitare quand j’avais dix ans, ma mère m’a acheté ma première guitare classique à dix ans et j’ai commencé à prendre des cours, et puis à treize ans, j’ai vraiment adoré la batterie au collège. J’ai toujours eu ce truc pour la percussion en moi, je me sentais vraiment comme un batteur. J’ai toujours aimé la batterie. Donc mon père m’a acheté mon premier kit de batterie quand j’avais treize ans et ensuite toute ma vie a changé. Tout tournait autour de la batterie dans ma vie. Je voulais être un célèbre batteur de rock, c’est ce à quoi j’aspirais.

En aucun cas je dirais que je suis un claviériste ; je suis principalement un batteur, en premier lieu, puis un chanteur, puis un guitariste. Je joue un petit peu de basse, juste pour enregistrer quelque chose de basique pour une idée ou autre, mais principalement, la batterie est mon premier instrument, et j’ai toujours aimé chanter, ce qui m’a été bénéfique depuis que j’ai rejoint le groupe. Car quand nous composons des chansons et parlons de musique, je parle vraiment le même langage que les gars jouant de leurs instruments, au lieu de n’être qu’un chanteur à qui on doit dire quelles notes chanter et ce genre de chose. En fait, je suis également un musicien qui joue des instruments. Je ne suis pas un expert en quoi que ce soit, mais je dirais que je suis un batteur relativement accompli et je peux jouer de la guitare rythmique assez bien ; je ne suis pas tellement un guitariste lead mais il m’arrive de jouer quelques leads pas trop rapides. J’ai d’ailleurs joué le solo de guitare sur « Portrait » ; Michael a vraiment aimé ce que j’ai fait sur la démo, donc il a utilisé mon solo de guitare pour la chanson « Portrait », et la guitare en slide ainsi que quelques leads mélodiques qu’on entend à la fin étaient également ma guitare. C’est juste que je me considère vraiment d’abord comme étant un batteur qui aime chanter, et avec un peu de chance, je parviens à faire quelque chose que quelqu’un apprécie [rires]. Mais je ne me considère pas comme étant extraordinaire dans quoi que ce soit.

Mais du coup, comment t’es-tu retrouvé avec une carrière de chanteur au lieu de continuer à la batterie ?

J’ai toujours apprécié chanter et j’adorais ça, mais je n’avais jamais chanté dans un groupe, à essayer d’être un chanteur. Il a fallu attendre que je fasse quelque chose de musical avec mon ami Matt LaPorte, qui a joué avec Jon Oliva. J’ai fait des trucs au chant qui l’ont vraiment impressionné et ensuite il m’a présenté aux gars dans Crimson Glory. Leur chanteur Wade [Black], à l’époque, était indisponible pour les répétitions, donc il m’a présenté à eux. J’ai commencé à apprendre leur musique et, juste pour aider, j’ai commencé à chanter des trucs avec eux en répétition. Ensuite, ils ont eu un paquet de chanteurs invités au ProgPower à Altanta, dans l’Etat de Géorgie. Je crois que c’était en 2010 si ma mémoire ne me fait pas défaut (il s’agit du 11 septembre 2009, un concert en hommage au chanteur Midnight décédé le 8 juillet de cette même année, NDLR). Ils m’ont demandé d’être l’un de ces chanteurs invités. Ils étaient très impressionnés par ce que je pouvais faire et j’ai fini par rejoindre Crimson Glory. J’ai été avec eux pendant trois ans. Ensuite, j’ai rencontré Michael à une convention, un dîner organisé en Californie, et puis il a entendu certains trucs que j’ai faits… Ça s’est fait un peu tout seul, je n’ai jamais essayé d’être le chanteur de ces groupes. C’est assez bizarre. Ça n’a jamais été quelque chose que j’avais envisagé ou même essayé de faire. C’est juste quelque chose que j’aime beaucoup faire et il se trouve que des personnes importantes m’ont remarqué et m’ont offert de vraiment super opportunités. Voilà pourquoi je me retrouve à cette position.

Ne regrettes-tu pas parfois d’avoir fait davantage carrière en tant que chanteur plutôt qu’en tant que batteur, vu que c’est ton premier amour ?

Non, parce que je peux toujours être musical et créatif. Même sans la notoriété de ces groupes, je peux toujours composer et enregistrer ma propre musique pour moi et c’est satisfaisant. Donc je n’ai aucun regret ou doute. Je trouve qu’être le chanteur apporte d’intéressants challenges que peut-être on n’a pas si on joue n’importe quel autre instrument, car si tu es malade et que ta voix souffre, c’est un gros problème. Cependant, je me suis cassé le bras l’an dernier, et si j’avais été batteur, je n’aurais pas pu faire mon boulot. Donc j’ai quand même pu chanter avec le bras dans un plâtre. Chaque boulot pose ses propres problèmes mais je n’ai strictement aucun regret. Je suis reconnaissant pour tout ce que j’ai pu faire.

En live, quand on est chanteur, on est exposé sur le devant de la scène. Ça ne te manque pas parfois d’être ce gars au fond de la scène ?

Carrément ! [Rires] Oui, ça me manque totalement d’être derrière la batterie sur scène parce que, sur scène, j’ai grandi derrière la batterie ; c’est un peu comme une couverture. Quand tu es chanteur, tu n’as rien autour de toi qui protège ta psychologie. Tu te sens vraiment nu, exposé et vulnérable, mais il faut simplement apprendre à le surmonter et être à l’aise dans sa peau, avec tout le monde qui te regarde, avec un microphone. Ce n’est pas pour tout monde. Surtout quand tu es dans ma position où tu remplaces un chanteur emblématique et que les fans attendent un niveau de prestation que tu espèces pouvoir délivrer. Ça implique certains challenges parfois.

« A quel moment on n’est plus le nouveau gars ? Je veux dire que Brian Johnson n’est pas Bon Scott ; les gens parlent encore de Paul Di’Anno versus Bruce Dickinson, c’est putain de stupide ! »

Comme tu l’as dit plus tôt, être un batteur et un multi-instrumentiste t’aide beaucoup pour communiquer avec les autres membres du groupe, mais comment est-ce que ça t’aide aussi avec ton chant ?

Ça m’aide énormément parce que je comprends l’articulation de ce qu’ils jouent. Ça aide avec l’écriture des textes aussi parce que ce sont des syllabes. Je prends ces syllabes et, pour moi, c’est comme de la batterie. Si tu faisais [chante un plan de batterie], c’est la même chose que si je construis des mots pour que ça colle dessus. Ou [chante un autre plan de batterie], on pourrait parler ou chanter ça. N’importe quelle partie vocale est juste constituée de syllabes. Donc, ça aide d’avoir ce background musical avec ces autres instruments, afin de savoir quand le chant peut compléter tel phrasé à la guitare ou à la batterie, ou peut-être qu’il ne devrait pas y avoir de chant là, peut-être que la batterie et la guitare doivent être entendues sans chant, peut-être que la guitare devient plus puissante sans le chant. Ou peut-être qu’il y a du chant, et puis à la fin de la chanson, tu peux copier ça, arrêter de chanter la partie, et faire en sorte que la guitare fasse cette partie à la place. Dans ce cas, tu conserves la mélodie mais ça devient différent, musicalement, quand maintenant on joue la partie vocale, la mélodie, à la guitare. Donc je pense que ça aide vraiment de plein de façons, et je ne comprendrais pas ces éléments si je ne jouais pas de ces instruments.

The Verdict est ton troisième album avec Queensrÿche mais tu as immédiatement été plutôt bien accueilli par les fans, ce qui n’était pas une mince affaire, étant donné à quel point le chanteur que tu as remplacé était emblématique. Comment te sens-tu maintenant en tant que chanteur de ce groupe. Es-tu plus relax ou bien as-tu toujours été relax ?

Je me sens assez relax. C’est ma septième année dans le groupe et le troisième album ; je me suis produit sur des centaines et des centaines de concerts. Donc je me sens très à l’aise dans le groupe, mais à la fois, je suis mon propre pire critique. Donc même si je ne me sens pas vraiment au top vocalement, j’ai parfois toujours l’impression de devoir prouver que je suis vraiment bon, car encore une fois, les gens s’attendent à entendre ces chansons avec le chant tel qu’il est sur l’album. Ça peut être une grande pression. Quand je me sens bien, ça ne me gêne pas du tout, c’est seulement quand ma voix est un peu fatiguée et que je me sens malade, ce genre de chose, que parfois je m’inquiète. D’un autre côté, ça fait suffisamment longtemps que je suis dans le groupe désormais, donc les gens savent comment je sonne réellement quand je suis bien et je pense qu’ils apprécient que tu fasses de ton mieux. Donc je pense que quand les gens t’acceptent en tant que personne, ils sont un peu plus indulgents si peut-être tu ne fais pas une prestation vocale excellente parce que tu ne te sens pas très bien. Et quand t’es le nouveau, oui, il y a beaucoup de critiques qui te parviennent. Mais après sept ans, j’ai tout entendu, on m’a traité de tous les noms, on m’a menacé, on m’a dit que j’étais nul à chier… J’ai tout entendu ! Donc ça ne me dérange même plus. Je me concentre sur les paroles positives de gens qui disent qu’ils se sont remis à écouter Queensrÿche depuis que j’ai rejoint le groupe et qu’ils apprécient ce que fait le groupe aujourd’hui. Ça c’est cool, je trouve.

Ta voix peut parfois paraître très proche de celle de Geoff Tate. Penses-tu que ça a aidé avec les fans ?

Bien sûr. Ecoute, c’est une épée à double tranchant. Si tu sonnes totalement différent, ils diraient que ça ne sonne pas du tout comme Queensrÿche. Mais si tu sonnes trop proche, alors ils diraient : « Oh, ce gars n’a pas sa propre voix ? Il sonne trop similaire. » Donc t’es baisé quoi qu’il arrive ! Tu ne peux pas gagner. A mon avis, la meilleure combinaison, c’est : « Ce gars sonne similaire, de bien des façons, si bien que j’ai l’impression d’entendre les albums de l’époque. Cependant, j’entends vraiment sa voix aussi là-dedans, que ce n’est pas juste un clone. C’est quelqu’un qui sonne très semblable mais qui a aussi son propre truc et c’est un joli mariage. » Je pense qu’il faut chanter ces chansons avec ces inflexions et ces tonalités que Geoff Tate possède. Je veux dire, si Steven Tyler n’était plus dans Aerosmith, aimerais-tu entendre, je ne sais pas, Steve Perry chanter Aerosmith ou bien Steven Tyler chanter dans Journey ? Ça ne sonnerait pas comme il faut. Il y a certaines caractéristiques dans la voix que tu t’attends à entendre dans ces chansons. Je pense qu’il est important d’avoir cette similarité.

Maintenant que Scott est en hiatus indéterminé par rapport au groupe, ça fait que seuls deux membres originels sont encore dans Queensrÿche. N’avez-vous pas peur que certains fans vous accusent d’illégitimité ?

Tu sais quoi ? Pas vraiment parce que nous avons encore deux membres fondateurs qui composent, enregistrent et tournent. L’album est davantage Queensrÿche que ne l’était Dedicated To Chaos parce qu’il y avait des compositeurs extérieurs, même s’il y avait plus de membres originaux ! On pourrait dire la même chose d’AC/DC, on pourrait dire la même chose de Judas Priest, Accept n’a plus qu’un membre maintenant que Peter [Baltes] est parti, Alice In Chain a deux membres, Iron Maiden a trois membres ou peu importe. Ce n’est pas la fin du monde. Et quelle est l’alternative ? L’alternative c’est juste de s’arrêter ? Alors ils diraient : « Bon, je préférerais voir Queensrÿche avec deux membres originaux. » A quel moment on n’est plus le nouveau gars ? Je veux dire que Brian Johnson n’est pas Bon Scott ; les gens parlent encore de Paul Di’Anno versus Bruce Dickinson, c’est putain de stupide ! Parker est dans le groupe depuis dix à quinze ans ! Shawn Drover est le batteur qui est resté le plus longtemps dans Megadeth. A quel moment tout le côté « nouveau » s’estompe et les gens acceptent qu’il y ait des membres originaux dans le groupe et que ce soit ainsi ? Certaines personnes sont des puristes et n’acceptent Queensrÿche qu’avec les membres originels et rien d’autre. C’est leur prérogative mais je pense qu’ils passent à côté de super musiques et c’est un petit peu injuste envers les autres membres originaux qui veulent encore faire ça. Ils ont également construit l’héritage et le nom de ce groupe.

Interview réalisée par téléphone le 31 janvier 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Nathalie Holic.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Queensrÿche : www.queensrycheofficial.com

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  • L’album est bon , bien écrit et composé mais rien d’exceptionnel . Il s’inscrit directement dans la lignée des 2 précédents avec Todd.
    Je n’ai aucun problème avec le fait que que La Torre est un clone parfait de Tate , d’autant plus que Geoff n’ a vraiment pas été correct juste avant son éviction et même après.
    Les titres s’enchaînent , on attend l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres mais, bien que tout soit bien maîtrisé , (presque)pas d’intro , de solos, de refrains ou d’arrangements qui cisaillent les pattes. Encore une fois , l’album est bon mais pas génial .
    Le fait que Todd soit derrière les fûts, me gêne un peu. Il essaie de coller son jeu sur celui de Scott , tout comme il l’a fait pour Tate.
    La situation décrite de la situation de Rockenfield est compréhensible du point de vue des deux parties mais je suis convaincu que le très talentueux Casey Grillo méritait de participer aux sessions.
    Question exemple de remplaçant perpétuel , Todd prend le pire cas pour illustrer son propos à savoir Bon Scott/Brian Johnson. Faut s’y faire , Scott est irremplaçable. Mais là on est dans la cour des grands.

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